Deux fois plus de retards scolaires dans les territoires les plus défavorisés

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Le redoublement se révèle être un révélateur fort des inégalités sociales dans les différentes zones géographiques françaises. Un tour d’horizon de la question.

Par Alice Tiounine.

imgscan contrepoints 979 repenser l'écoleChaque année la rentrée scolaire suscite de nombreux débats, toujours passionnés, et notamment celui du redoublement. Celui-ci est effectivement le reflet d’importantes disparités sociales et économiques entre les régions françaises.

Selon une étude de l’Insee, publiée ce mardi 2 septembre, à l’entrée en 6ème, 12,3% des élèves étaient concernés par un retard scolaire d’au moins un an en 2001. Plus alarmant, la probabilité du retard scolaire double selon la situation géographique de l’élève : la difficulté est plus fréquente dans les territoires marqués par une forte précarité économique et sociale de leurs habitants. L’étude constate que parmi les élèves de 6ème qui résident dans une zone urbaine sensible (ZUS), 21,7% sont en retard scolaire, contre 11, 6% des élèves hors ZUS.

Parmi les académies métropolitaines, Paris et Versailles sont les plus faiblement touchées par le retard scolaire (10%). Les académies de l’Ouest (Rouen, Rennes, Nantes, Bordeaux) sont relativement peu touchées. Le taux de retard le plus important s’observe dans le Nord, plus particulièrement l’académie de Lille (14,8%), et dans les académies méditerranéennes (à l’exception de Nice). Les départements d’Outre-mer sont eux aussi fortement touchés par le phénomène (18%).

L’étude pointe ainsi une forte association entre le retard scolaire et la précarité économique et sociale, suggérant un lien entre le contexte géographique de vie des enfants et leurs résultats scolaires. De fait, plus le milieu social de l’enfant est favorisé et son environnement aisé, moins il a de risque de redoublement. Cette double influence du milieu de l’élève et de son voisinage peut expliquer le retard scolaire à l’échelle d’un quartier, d’une commune ou d’une ville.

Le redoublement se révèle un révélateur fort des inégalités sociales dans les différentes zones géographiques françaises. Depuis longtemps, cette pratique fait l’objet d’un débat au ministère de l’Éducation nationale, autour de ses effets contestés et de son coût budgétaire. Récemment encore, le sujet de sa suppression était évoqué à l’horizon 2015. Il revient désormais à la ministre Najat Vallaud-Balkacem de décider de son sort.

Source : Insee Premier « Le retard scolaire en 6ème : plus fréquent dans les territoires les plus défavorisés »

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