Transition énergétique : où va-t-on ?

Centrale nucléaire du Tricastin (Crédits : Sancio83, Image libre de droits)

Les écologistes attendent de la nouvelle loi qu’elle impose les énergies renouvelables au détriment de l’atome. Mais les deux sources d’énergie sont-elles équivalentes ?

Par Michel Gay.

Centrale nucléaire du Tricastin (Crédits : Sancio83, Image libre de droits)

La transition énergétique se dirige vers quoi ? Le gouvernement semble vouloir s’acheminer vers une consommation moindre de combustibles fossiles remplacés par de l’électricité, particulièrement dans les processus industriels et la mobilité, en excluant… le chauffage1.

Il serait donc judicieux de chercher à accroître significativement la production d’électricité non carbonée nucléaire qui est plus que jamais d’actualité. Alors, pourquoi questionner la pertinence de cette production nucléaire, prévoir de la plafonner à son niveau actuel (63,2 GW2) et même vouloir diminuer sa quote-part pour la réduire à 50% de la production ?

Les écologistes attendent de la nouvelle loi qu’elle impose les énergies renouvelables (aléatoires, intermittentes et chères) au détriment de l’atome (production massive de base et bon marché).
Affichant clairement leur volonté idéologique de faire reculer l’électronucléaire, ils oublient sciemment que les productions variables éoliennes et photovoltaïques ne rendront pas le même service que l’atome, puissant et stable. De plus, ces énergies intermittentes nécessiteront le développement d’une énergie carbonée d’ajustement comme le gaz ou le charbon, ce qui réjouit les Russes (pour le gaz) et les Américains (pour le charbon) qui exportent déjà tous deux vers l’Europe.

À force de prendre des références biaisées à l’étranger et de s’interdire de regarder les résultats catastrophiques (coûts, émissions de CO2, réseaux fortement soumis aux productions aléatoires…), des « directeurs de conscience » ont finalement réussi à convaincre les Français que l’usage massif des énergies renouvelables était l’unique voie pour l’avenir.

éolienne rené le honzecPar clientélisme politique, le projet de loi sur la transition écologique engagerait-il la France sur la voie d’un avenir déjà périmé ? Aurait-il pour objectif de saborder le succès de la politique énergétique efficace mise en œuvre depuis 30 ans ? Il propose de déclasser des outils performants de production électrique comme la centrale de Fessenheim alors que, jadis, un effort considérable a été fourni pour améliorer l’indépendance énergétique avec ce remarquable parc nucléaire. La façon de conduire cette politique (standardisation, effet de série, savoir-faire pérenne) a permis de produire un kilowattheure à un coût compétitif pour les ménages et notre industrie par rapport à nos voisins européens.

Il semblerait plus avisé de ne pas détruire le potentiel existant mais, au contraire, de le soutenir pour réussir cette transition. L’orientation actuelle visant à réduire drastiquement la production nucléaire et la consommation globale d’énergie par tous les moyens, y compris par la loi, ne va pas dans ce sens. Nos dirigeants réfléchissent même à capter la « rente nucléaire » (qui existe donc), en complément de nos impôts et taxes, pour la dilapider dans les énergies renouvelables qui enchaînent les revers industriels.

Concernant ce projet de transition énergétique, il est urgent de le modifier pour favoriser l’essor du nucléaire avant de faire une… erreur monumentale.

  1. La réglementation thermique 2012 (RT 2012) exclut de fait l’électricité au profit du gaz par le jeu de coefficients à appliquer.
  2. GW = gigawatt = million de kilowatt (kW).