Réduire les déficits : les manœuvres de Hollande pour y échapper

François Hollande en 2011 (Crédits : Parti Socialiste, licence CC-BY-NC-ND 2.0), via Flickr.

François Hollande milite pour un sommet d’urgence de la zone euro en vue de redéfinir le rythme de réduction des déficits publics.

Par Nicolas Nilsen.

François Hollande en 2011  (Crédits Parti Socialiste licence Creative Commons)

Il y a deux jours, devant la Conférence des Ambassadeurs réunie à l’Élysée, François Hollande a annoncé qu’il demanderait aujourd’hui lors du Conseil européen à Bruxelles, la tenue « dans les meilleurs délais », d’un sommet de la zone euro, en vue de définir une nouvelle trajectoire de réduction des déficits.

Le but de la manœuvre, pour le chef de l’État, est de bénéficier d’un nouveau répit compte tenu de ses difficultés politiques manifestes et de la faiblesse de l’activité économique. Michel Sapin a d’ores et déjà avoué cet été que le déficit public dépasserait 4% cette année (bien au-delà des 3,8% prévus). Ramener le déficit sous la barre des 3% du PIB en 2015 devient un objectif irréalisable pour l’exécutif qui finira bien par demander officiellement à Bruxelles un délai supplémentaire.

« Parce que la reprise est trop faible, parce que l’inflation est trop basse, parce que l’euro est trop cher, et parce que l’Europe est menacée par une longue et peut-être une interminable stagnation si nous ne faisons rien », a déclaré François Hollande. Bref, tous les prétextes semblent bon pour repousser les réformes structurelles nécessaires et continuer de dépenser et de s’endetter.

Pour ceux qui douteraient de l’urgence à réduire les déficits, rappelons que :

  • la dette publique est à plus de 2000 Mds d’euros,
  • les caisses de l’État sont vides,
  • les comptes sociaux sont dans le rouge,
  • les retraites ne sont plus financées,
  • à partir du 15 septembre les fonctionnaires seront payés à crédit,
  • le chômage a encore explosé en juillet : on est maintenant à 1000 chômeurs de plus par jour et à 5,4 millions de chômeurs au total,
  • les particuliers ont été matraqués par la fiscalité et ne peuvent plus consommer,
  • les constructions de logement s’effondrent,
  • les entreprises ne peuvent pas embaucher parce qu’elles croulent sous les charges, les contraintes, les normes, les formulaires, les contraintes de seuils etc.

Bon, j’arrête la liste, ça m’épuise.

Mais Hollande, Valls et Macron continuent à penser « politique » et refusent obstinément de voir qu’il y a urgence à tailler dans les dépenses de l’État – massivement, et à la hache – pour réduire la dette, les déficits et les dépenses publiques, ainsi que la Cour des Comptes le répète inlassablement, et redonner de la liberté aux Français et aux entreprises.

Mais pour eux, l’austérité c’est toujours pour les Français – jamais pour l’État qui refuse toujours de réduire son poids, ses missions, son train de vie. On n’a pas besoin de tous ces ministères, de toutes ces Préfectures, de toutes ces sous-Préfectures, de toutes ces Commissions Théodule. Qu’ils les suppriment au lieu de continuer, pour les payer, à faire les poches des contribuables !

Finalement c’est peut-être Montebourg qui avait raison en disant : « François Hollande, je lui dis tout mais il n’écoute pas. » « Avec François Hollande, on ne peut pas discuter, donc on ne discute plus. Ça ne sert à rien, les discussions avec lui sont inutiles. Sympathiques mais inutiles. »

On a donc un Président qui est à la fois aveugle et sourd. Il sera évidemment emporté aux prochaines élections, mais des jours très sombres s’annoncent malheureusement pour les Français qui se retrouveront ruinés quand ils l’auront chassé… Tragique quinquennat qui aura mis la France à genoux.


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