Quelles réformes pour relancer l’économie ?

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Le gouvernement songe à de nouvelles baisses d’impôt. Ce n’est pas une solution.

Le gouvernement songe à de nouvelles baisses d’impôt. Ce n’est pas une solution. Les entreprises et les ménages ont surtout besoin de moins de carcans, de plus de liberté, et d’un peu de bon sens.

Par Jacques Bichot

imgscan contrepoints 2013-2103 croissance hollandeCroissance nulle en France pour le second trimestre comme pour le premier, l’annonce faite par l’Insee est une douche froide pour le Gouvernement, qui du coup envisage une baisse d’impôts. Mais, si discutables soient les augmentations réalisées dans ce domaine depuis deux ans, il y a déjà eu trop de changements : les Français ont besoin d’un peu de stabilité, et les finances publiques ne sont pas en situation de réduire, globalement, le taux d’imposition, donc évitons d’inventer un nouveau jeu de chaises musicales dans le domaine fiscal. En revanche, il y a beaucoup à faire en dehors de la fiscalité.

Commencer par ne pas nuire

D’abord, s’abstenir de certaines bêtises, à commencer par l’ouverture d’une guerre économique avec la Russie. Les guerres provoquent des dégâts ; les embargos, artillerie de campagne de la guerre économique, en font dans les deux camps. Les « chômeurs pour la France », à la différence des « morts pour la France », ne seront pas tous identifiés, mais on peut être certain qu’il y en aura. Il ne faut donc ouvrir une guerre économique, comme une guerre militaire, qu’à bon escient, et il n’est pas évident que le gouvernement ukrainien actuel mérite ce soutien coûteux.

On peut ensuite, en faisant vite, revenir sur certaines sottises récentes avant qu’elles n’entrent vraiment en application. Par exemple, les comptes pénibilité, dont la mise en place et le fonctionnement vont imposer une lourde charge aux entreprises, et donc diminuer la propension à développer celles qui existent et à en créer de nouvelles. L’heure est trop grave pour faire mumuse avec des gadgets sociaux au détriment de l’emploi.

La ridicule contrainte portant sur les contrats de travail à temps partiel (pas moins de 24 heures hebdomadaires !) pourrait également passer à la trappe, même si, hélas, le travail inutile de négociation des dérogations est amorcé. La devise des médecins devrait s’étendre aux hommes politiques : primum non nocere, commencer par ne pas nuire.

En matière de lutte contre la délinquance, certaines mesures dont l’encre est à peine sèche pourraient avantageusement être rapportées. On sait que la police judiciaire, les magistrats et les greffiers, et une partie du personnel pénitentiaire (y compris les personnes chargées du suivi des condamnés non incarcérés) perdent un temps considérable du fait de dispositions iréniques : tout ce qui diminue la productivité des services publics doit être revu et corrigé.

Adopter une politique de vérité des prix plutôt que de subventionnement et d’imposition

Il y a ensuite beaucoup à faire pour éviter les augmentations d’impôts, notamment sur les entreprises, et enclencher des diminutions. Par exemple, il vient d’être décidé la création d’une taxe sur les entreprises établies hors des grandes agglomérations, pour financer le subventionnement des TER par les Régions. Rapportons cette décision stupide avant que le mal ne soit fait !

La vérité des prix est une condition essentielle du bon fonctionnement de l’économie : que la SNCF augmente les prix des lignes déficitaires, et fasse des gains de productivité ! Et programmons une diminution des taxes sur les entreprises destinées à financer les transports en commun urbains : là encore, c’est le prix du billet et de l’abonnement qui, au terme d’une période de transition, devrait suffire à la RATP et à toutes ses petites sœurs.

Desserrer les contraintes règlementaires pour plus d’efficacité économique

Renonçons aussi au projet de réduction de notre parc de centrales nucléaires. Cette forme économique de production de l’électricité est un atout dont nous serions idiots de nous priver partiellement. On ne se prépare pas à courir un marathon en se tirant une balle dans le pied, en renonçant bêtement à ce qui marche bien.

Travaillons aussi à desserrer les contraintes relatives à la gestion de l’immigration. Le carcan normatif, en partie imposé par Bruxelles, en partie par la Cour européenne des droits de l’homme, produit l’effet contraire de ce que veulent les gens bien intentionnés qui l’ont mis en place et qui ne cessent de l’augmenter : des centaines de milliers de pauvres gens trainent en attente de décisions judiciaires ou administratives et deviennent inaptes au travail, au lieu d’être soit renvoyés d’où ils viennent, soit convenablement aidées pour s’insérer et travailler en France.

Alors que, comme Charles Aznavour le faisait judicieusement remarquer, il y a pléthore de petits villages français quasiment abandonnés où ces personnes pourraient vivre de leurs propre travail tout en redonnant vie à nos campagnes.

S’attaquer aux pouvoirs établis

Et puis certaines malfaisances doivent être stoppées. Le triste sort de la SNCM, et celui du port de Marseille, ce sont des milliers d’emplois fichus en l’air ou non créés parce que des agitateurs irresponsables sont assimilés à des représentants de la classe ouvrière. Nous n’avons déjà plus de quoi payer des personnes à ne rien faire ; a fortiori sommes-nous devenus trop pauvres pour entretenir des personnes à empêcher les autres de travailler.

Avoir une politique de vérité des prix plutôt que de subventionnement et d’imposition ou de déficit public ; avoir une législation et une réglementation soucieuses de l’efficacité économique ; s’attaquer aux pouvoirs établis par la complaisance des autorités qui paralysent l’activité : voilà des domaines dans lesquels il y a pléthore de réformes à réaliser en vue de rendre plus facile le développement de l’activité sans dépenser de l’argent public que le Trésor ne possède pas.


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