France : une croissance nulle, nulle, archi-nulle !

Sur les trois dernières décennies, le PIB français n’a augmenté que de 75% contre 143% aux États-Unis.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Croissance Sapin (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints.org, licence Creative Commons)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

France : une croissance nulle, nulle, archi-nulle !

Publié le 22 août 2014
- A +

Par Jean-Pierre Chevallier.

La croissance du PIB réel de la France a été quasiment nulle au deuxième trimestre par rapport au premier mais en fait elle a été en baisse de 100 millions d’euros soit -0,06% en taux annualisé !

Alors que celle des États-Unis avec 3,9% a été légèrement supérieure à sa tendance lourde :

Chevallier2.1

La croissance américaine a été handicapée par un premier trimestre exceptionnellement très froid qui a paralysé les producteurs et les consommateurs alors qu’inversement la croissance allemande a été exceptionnellement très forte grâce à un hiver particulièrement doux, ce qui perturbe ce type de statistiques car elles sont corrigées des variations saisonnières habituelles.

D’une année sur l’autre, la croissance française est là encore quasiment nulle à +0,1% tandis que celle des États-Unis a été de 2,4%, c’est-à-dire proche de son potentiel optimal sans inflation et celle de l’Allemagne de 0,8% :

chevallier2.2

Sur la longue période, la croissance française tend clairement vers zéro…

chevallier2.3

… tel est le résultat de 30 ans de socialisme larvé en France contre le retournement impulsé par les Reaganomics au début des années 80 aux États-Unis.

Chevallier2.4

Depuis le 1er trimestre 1983, le PIB français n’a augmenté que de 75% contre 143% aux États-Unis !

Les dépenses de consommation des ménages (271,5 milliards d’euros au 2e trimestre) ont été inférieures à ce qu’elles étaient au dernier trimestre 2010. Au moins trois ans et demi de serrage de ceinture !

Pire encore : les investissements des ménages (23,7 milliards) ont été inférieurs à ce qu’ils étaient au dernier trimestre de… 1999 ! Au moins 15 ans de serrage de ceinture !

Les Français peuvent être satisfaits de ces chiffres car les dépenses des administrations publiques (147,1 milliards au 2e trimestre) augmentent de 1,5 à 2% par an, ce qui prouve une fois de plus la supériorité du modèle social français vanté par la nomenklatura de droite et de gauche qui en profite !

Ça va : tout le monde est en vacances, ça baigne.


Sur le web.

Voir les commentaires (11)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (11)
  • Y’a Attac qui va être content. La décroissance arrive.
    D’après eux nous allons enfin connaitre le bonheur.

    En plus ça fait plaisir de savoir que la décroissance ce sont nos impôts qui permettent d’y arriver quand on voit la liste des financiers de la décroissance que l’on trouve sur leur site:

    Que des associations croqueuses de deniers de l’état:

    AC ! (Agir ensemble contre le chômage) ;
    Agir ici ;
    AITEC (Association internationale de techniciens, experts et chercheurs) ;
    Alternatives économiques ;
    Les Amis de la Terre ;
    APEIS (Association pour l’emploi l’information et la solidarité) ;
    Artisans du Monde ;
    Association Gunter Holzmann ;
    CADAC (Coordination des associations pour le droit à l’avortement et à la contraception) ;
    CEDETIM (5) ;
    Charlie Hebdo ;
    Confédération générale des SCOP ;
    Confédération paysanne ;
    CRID (Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale) ;
    DAL (Droit au Logement) ;
    ESCOOP (Economies solidaires et coopératives) ;
    Fédération des finances CGT ;
    FGTE-CFDT ;
    FFMJC (Fédération Française des Maisons de Jeunes et de la Culture) ;
    FSU (Fédération syndicale unitaire) ;
    Golias ;
    Le Monde diplomatique ;
    MNCP (Mouvement national des chômeurs et précaires) ;
    MODEF (Mouvement de défense des exploitants familiaux) ;
    MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) ;
    Les Pénélopes ;
    Politique (Revue européenne) ;
    Politis ;
    Raisons d’agir ;
    Réseaux services publics européens ;
    SNES (Syndicat national de l’enseignement secondaire) ;
    SNESup (Syndicat national de l’enseignement supérieur) ;
    SNPTAS Equipement CGT ;
    SNUIPP (Syndicat national unifié des instituteurs et professeurs des écoles) ;
    Solidaires finances publiques ;
    SUD-PTT (Solidaires unitaires démocratiques PTT) ;
    Survie ;
    Syndicat de la magistrature ;
    Syndicat de la Médecine Générale ;
    Témoignage chrétien ;
    Transversales ;
    UFAL (Union des Familles Laïques) ;
    UGICT-CGT (Union générale des ingénieurs, cadres et techniciens CGT) ;
    UNEF (Union nationale des étudiants de France) ;
    Union syndicale Solidaires

  • En voilà un article que j’aime bien : de beaux graphiques et des chiffres 😀
    D’ailleurs merci de bien nous préciser que le PIB français a bien diminué (bien que très très faiblement) et non pas stagné ! Vu le niveau de la dépense publique c’est assez hallucinant et ça montre bien que le secteur marchand doit pas être en grande forme, en joli récession même.

    Concernant les USA ils sont très loin devant en termes économiques c’est très net, ces graphiques nous le montre bien, surtout celui sur base 100. Et ça va pas s’arranger vu qu’on prévoit une croissance de 3 à 3,5% aux USA sur les 2 prochains semestres sur un an contre une stagnation en France (au 3ème trimestre en tout cas). L’an prochain on prévoit une croissance française de 1% (et encore ça paraît optimiste) et une croissance US de 3%, donc le fossé va très rapidement s’accroître.

    Les USA grâce à leur compétitivité et leur capacité d’innovation méritent des louanges, même si tout est loin d’être parfait, et sont assurés d’aller de l’avant et vers une grande prospérité. La révolution énergétique en cours dans le pays n’en est qu’au début et les effets commencent seulement à se voir, avec des investissements industriels massifs prévus dans les prochaines années.

  • Comparer 2 pays n’est pas fondalement indicatif : cela ne nous dit pas si la France va mal ou si les US vont bien (même si on a une petite idée sur la question).

    J’aimerais avoir les mêmes comparaisons entre la France et les pays développés, les pays développés et l’ensemble du monde, la France et les pays émergeants, etc …

    • Vous vous contredisez, vous dites que comparer 2 pays n’est pas indicatif mais comparer des pays en développement avec des pays développés n’est pas non plus indicatif.
      2,5% de croissance dans un pays développé c’est très bien, dans un pays en développement c’est médiocre. Il est plus facile de croître quand on est pas développé et avec une population très jeune que quand on est déjà développé et avec une population vieillissante, la comparaison a peu de sens. Et encore certains pays arrivent à gâcher cela avec des politiques nocives et sont donc en récession (Vénézuela,Argentine, la Russie si on en croit les derniers indicateurs).
      La comparaison entre France et autres pays développés a du sens.

      Si l’on prend la période 1983-2014 je crois que seule l’Italie a fait pire, peut-être le Japon aussi même si la stagnation n’a commencé que dans les 90s.

      • « 2,5% de croissance dans un pays développé c’est très bien, dans un pays en développement c’est médiocre. »

        Tout à fait d’accord. C’est pourquoi les tendances et la comparaison avec des groupes sont plus intéressants que les chiffres bruts.

        A propos de l’Italie, je dirais que c’est la principale raison pour laquelle je n’ai pas parlé de comparer avec l’Europe.

        • Même une comparaison avec l’Europe n’est pas facile (France – UE ou USA – UE) parce que l’Union Européenne n’est pas un ensemble développé, il inclut de nombreux pays en développement (Croatie, Pays Baltes, Bulgarie, Pologne même si cette dernière rejoindra bientôt le club des pays développés) donc cela fausse les comparaisons, et encore même avec ça les USA avaient une croissance supérieure à l’UE.

          D’ailleurs, truc intéressant : j’ai regardé un peu les dernières statistiques de la CNUCED sur l’Investissement Direct Etranger (IDE) dans le monde, et la France n’était même pas dans le top 20 en 2013 😮
          La France est passée de 25 milliards de $ d’IDE en 2012 à environ 5,7 milliards en 2013 (-77%), ça fait une sacrée chute…Pendant ce temps les IDE aux USA (1ère destination) sont passées de 161 milliards à 188 milliards (+17%), celles de la Chine de 121 milliards à 124 (+2,5%), celles de l’Allemagne de 13 à 27 (nous passant devant), le Mexique nous passant aussi devant, passant de 18 milliards à 38 (preuve que ce pays monte et bénéficie de ses réformes pro-marché)..etc…Ce genre d’indicateurs ne trompe pas.

  • Excellente description de la situation. Pire, le PIB réel a progressé encore plus lentement. On parle ici du PIB déflaté des dépenses des administrations, quasi administrations et autres excroissances de l’Obèse par nature improductives et indûment comptabilisées dans le PIB alors qu’il s’agit d’une charge. Si en plus, on rapporte le PIB à la croissance de la population sur la période, alors la croissance de la richesse réelle par tête tend vers le zéro absolu depuis des décennies.

    Mais désormais, elle est devenue clairement négative et si elle demeure encore quelques temps officiellement à zéro uniquement par le fait des dépenses publiques financées par une dette publique colossale, cette situation précaire est évidemment insoutenable et non durable. Sans réduction majeure et rapide de la taille de l’Etat, la récession est maintenant inéluctable. Au bord du précipice, le socialisme périmé, le fameux modèle social que le monde entier ne nous envie pas, est arrivé au bout du chemin. Avec ses conséquences bien connues : multiplication des pénuries diverses et variées, pauvreté économique généralisée, anarchie sociale, radicalisation des agressions de l’Obèse contre la population pour essayer de survivre encore un peu.

    On note que le PIB US, s’il reste plus élevé que le Français, affiche également une pente de tendance négative, exactement pour les mêmes raisons qu’en France, mais avec retard du fait des « Reaganomics » qui n’ont pu que ralentir la chute. C’est pourquoi il aboutira à terme à la même impasse. Les USA n’échapperont pas aux réformes indispensables, eux non plus.

    • Oui mais non.
      Avec 4% de croissance en rythme annuel au 2ème trimestre et 3% prévus l’an prochain l’économie US reste au-dessus de sa moyenne des années 2000.

      Ensuite vous dites que les US devront faire les réformes indispensables, mais vous raisonnez de manière très franco-française : le gouvernement US a moins de poids et d’importance que l’Etat central en France, le coeur économique de l’Amérique ce sont les Etats, qui sont des laboratoires de la démocratie US.

      Alors certes Obama n’est pas un réformateur, il a autant de courage que notre François, et donc rien n’a été fait comme par exemple une réforme de l’impôt sur les sociétés ou même une réforme des dépenses sociales et il faudra bien qu’ils le fassent.

      Mais les Etats US, pour une partie d’entre eux en tout cas, ont déjà réalisé les réformes nécessaires.

      -Le Texas est très compétitif et très dynamique avec une croissance de 6,9% en 2012, de 3,7% en 2013 et 4,5% prévus en 2014, comparé à ce que nous avons en Europe (et même en Amérique latine d’ailleurs) c’est énorme.Cela a pu se faire grâce à des impôts en baisse (pas d’impôts locaux sur le revenu, pas d’impôt local sur les sociétés, et une baisse de la « Franchise tax » est au programme). L’Etat a effectué une réforme légale qui protège médecins et entreprises contre des plaintes au pénal dont un grand nombre d’Américains raffolent pour un oui ou un non. Le Texas a également des excédents budgétaires chaque année et qui sont conséquents, l’argent est mis dans un fonds d’urgence (déjà 8 milliards dedans, 16 milliards prévus en 2016) et surtout l’Etat fait très attention à ses dépenses, faibles et qui ont peu augmenté depuis 1987. L’Etat est un havre pour les entreprises et travailleurs qu’il attire par dizaines de milliers chaque année, et en dépit de sa forte croissance de la population (+1.8% chaque année soit 4,5 fois plus forte qu’en France) son taux de chômage baisse continuellement et atteignait 5% en Juin (contre 6,2% en Juin 2013).

      La Floride a également baissé les impôts et réformé son éducation avec des résultats probants, des régulations plus favorables ont été mises en place. La Floride devrait avoir 3,5% de croissance cette année, contre 2,5% l’an dernier, des taux qui feraient rêver en France. L’Etat s’est relevé de la crise immobilière qui l’a sévèrement touché en 2008/2009 et a su se diversifier.

      D’autres Etats US se sont réformés tels que l’Indiana (le 1er du Midwest à le faire, réussissant dès 2006 à conjurer les effets du déclin industriel qui a hanté la région pendant des décennies et à redevenir un lieu prospère, les Etats de l’Ohio,du Wisconsin et du Michigan en ont fait de même, avec succès. Le Michigan a même fait passer une loi Right to Work, réduisant l’influence néfaste des syndicats.

      Bref je vais pas tout détailler ce serait bien trop long, mais croyez-moi ça bouge, c’est l’avantage du système US qui est décentralisé : les réformes peuvent se faire et les choses peuvent bouger. 😀

      • Je vous rejoins sur les atouts des US à travers leurs Etats en concurrence. En confirmation de votre message, les Etats qui ont fait les bonnes réformes sont aujourd’hui (comme c’est étonnant !) parmi les principaux contributeurs de la croissance US. Pour ceux que cela intéresse, voici le détail :
        http://www.bea.gov/newsreleases/regional/gdp_state/2014/pdf/gsp0614.pdf

        Il ne faut pas trop se polariser sur la croissance de 1% du dernier trimestre, à pondérer par la baisse de 0,5% du précédent (les chiffres étant encore provisoires pour les 2). Les estimations de croissance pour 2014 ont été révisées à la baisse, autour de 2%. Sur une période plus longue, la tendance générale de la croissance reste à pente négative comme le graphique le montre (croissance de moins en moins rapide dans le temps). En outre, en dépit des gestions locales, les citoyens des divers Etats devront assumer d’une manière ou d’une autre, chacun pour leur part, les conséquences des programmes (militaires, sociaux) et de la dette imposés au niveau fédéral. Là, il n’y aura pas de miracle.

      • @Sweeping Wave Emballer l’Amérique latine dans un paquet cadeau comme vous le faites n’est pas juste.
        Dans le pays où je vis, la prévision est d’entre 5 et 7% pour chacune des deux prochaines années 😉

        • Ahaha oui vous avez raison 🙂 Entre la Colombie / Pérou d’un côté et le Vénézuela et Argentine de l’autre y a un gouffre :p Ce n’est qu’une moyenne ^^ Mais en termes de croissance le Texas est très méritant face à ces pays dynamiques car ses taux de croissance rivalisent en dépit d’être un Etat développé et avec un pays déjà élevé (1400 milliards de $ pour 26 millions d’habitants… c’est comme si la France avait,avec ses 66 millions d’habs, un PIB de 3500 milliards comparé à 2600 milliards maintenant soit 36% plus riche que la France) alors que ces pays d’Amérique Latine bénéficient de l’avantage que tout reste à construire et que leur population soit jeune 🙂

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Le pouvoir d'achat a été un sujet central lors des campagnes électorales qui viennent de se dérouler. La NUPES, première force d'opposition qui a obtenu 137 sièges à l'Assemblée, s’est fait le parti de l’amélioration de ce dernier avec un SMIC  qui serait porté à 1500 euros, le dégel du point d’indice des fonctionnaires et le blocage des prix sur les produits de première nécessité.

Il faut donc examiner comment se situe le pouvoir d’achat des Français par rapport aux autres pays européens. De nombreuses études existent en ce domaine. M... Poursuivre la lecture

Par Saul Zimet.

Les chiffres de la croissance économique pour le premier trimestre de cette année sont tombés, et ils sont lamentables. Dans l'économie très réglementée des États-Unis, nous en sommes venus à nous attendre à des taux de croissance faibles. Mais une croissance négative est particulièrement mauvaise, ne se produisant que dans des conditions économiques terribles. Et pourtant, décroître est précisément ce qu'a fait l'économie américaine au cours des trois premiers mois de 2022.

Selon un communiqué du département du ... Poursuivre la lecture

À partir du moment où l’on admet qu’il existe des « limites à la croissance » comme l’a théorisé le rapport Meadows publié par le Club de Rome en 1972, ou lorsqu’on pense comme Jean-Marc Jancovici que « la planète n’acceptera pas d’avoir 10 milliards d’habitants », dans le droit fil des prédictions apocalyptiques sur l’impossibilité d’obtenir une production alimentaire en phase avec la croissance démographique formulées aux alentours de 1800 par l’économiste britannique Thomas Malthus, on en vient assez rapidement à vouloir imposer un mode de... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles