Angoisse, anxiété, quelles défenses ?

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Stress anxiété angoisse (Crédits Mike Hoff, licence Creative Commons)

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Angoisse, anxiété, quelles défenses ?

Publié le 21 août 2014
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Par Bénédicte Cart.

Stress anxiété angoisse (Crédits Mike Hoff, licence Creative Commons)

Au journal télévisé du soir, j’apprends qu’une cordée a dévissé au sommet de l’aiguille du midi. Ayant déjà emprunté le passage où le drame s’est produit, je me demande si je serais capable de repasser à nouveau par ce petit chemin. Il est vrai que le stress envahissant, la peur du vide ou l’angoisse d’un faux-pas sont particulièrement présents. Je me demande d’ailleurs : qu’est-ce qui nous pousse à avancer malgré l’angoisse ou le stress ?

L’individu met en place tout un panel de stratégies pour faire face à ces situations et ne pas se laisser submerger. On les appelle stratégies de coping ou mécanismes de défense.

Allons-y pour quelques définitions.

« Défense et coping décrivent les réponses inconscientes et conscientes du moi face aux dangers internes et externes. ». Les mécanismes de défense sont inconscients et involontaires alors que les processus de coping sont conscients, volontaires et intentionnels.

Coping

Commençons par le premier concept, le coping. Ce mot se traduit littéralement par « faire face ». Cette notion est nouvelle et reste à un stade où les définitions sont différentes et ne font pas consensus entre les chercheurs. Il faudrait distinguer ici la différence entre la conceptualisation du coping, c’est-à-dire sa définition globale élaborée dans un cadre scientifique par des chercheurs, et les définitions classiques du coping, qui intègrent des comportements spécifiques utilisés pour faire face à ou résoudre un problème.

L’une des caractéristiques du coping est sa fonction adaptative. Il peut être utilisé de façon souple, adaptée, mature, contribuant à la bonne santé physique et bien sûr psychologique.

Mécanismes de défense

Les mécanismes de défense ont, eux aussi, une fonction adaptative. Ils sont variés, hétérogènes et parfois complexes. Nous pouvons néanmoins les diviser en 7 niveaux (ou grandes familles) de fonctionnement défensif :

  • Le niveau adaptatif élevé (adaptation optimale aux facteurs de stress) avec l’humour, la sublimation, la répression, l’anticipation (ici réaliste), l’altruisme, l’auto-observation et l’affirmation de soi par l’expression des sentiments. Pour Vailland par exemple, la sublimation « permet une résolution d’un conflit sans conséquences négatives et sans perte de plaisir ».
  • Le niveau des inhibitions mentales ou de la formation de compromis avec le refoulement, le déplacement, l’annulation, l’isolation, la formation réactionnelle, la dissociation et l’intellectualisation. Cette dernière permet de maîtriser ses affects en évitant de confronter sa propre implication dans une situation problématique.
  • Le niveau de distorsion mineure de l’image de soi, du corps ou des autres est représenté par des mécanismes utilisés pour réguler l’estime de soi. Avec l’idéalisation, la dépréciation et l’omnipotence. Ces 3 défenses permettent de protéger l’estime de soi pouvant être fragile.
  • Le niveau du désaveu qui correspond au déni, la projection, la rationalisation, le clivage. Le déni peut concerner la réalité interne (émotion, pensée) aussi bien que la réalité externe mais peut être pronostic d’un bon état de santé.
  • Le niveau de l’agir avec le passage à l’acte. Dans ce cas l’individu agit pour ne pas penser, ressentir et ne plus savoir. On trouve aussi l’agression passive et le retrait apathique (repli sur soi).
  • Et enfin le niveau de la dysrégulation défensive.

Tous les mécanismes de défenses recensés, notamment dans le DSM IV, peuvent permettre à un individu de fonctionner normalement mais peuvent aussi être sources de souffrance. Chacun d’entre nous utilise les mêmes mécanismes, que nous perfectionnons pour qu’ils nous apaisent de mieux en mieux. Sauf que toute bonne chose ayant une fin, nous usons nos stratégies de défense jusqu’à ce qu’elles ne fonctionnent plus. À ce moment-là, nous nous laissons déborder par l’angoisse ou le stress sans pouvoir nous défendre. Il nous faut réapprendre à les utiliser, à ne pas toujours contenir nos angoisses pour éviter d’être débordé et pour ménager notre corps et notre esprit.

Reprenons notre exemple du début. Maintenant, je dois descendre de l’aiguille du midi, je n’ai pas le choix, alors je respire un grand coup et j’avance concentrée, me remémorant mes capacités physiques, la maîtrise que j’ai de mon esprit, mon expérience en haute-montagne et la confiance que m’accordent ceux avec qui je suis encordée. À vous de trouver vos marques !

Voir aussi sur Contrepoints : « Stress, anxiété, angoisse, quelles différences, quelle importance ? » et « De la peur »

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  • Je suppose que vous avez lu le billet que j’ai écrit sur le « gène du suicide » qui figure toujours au sommaire de la présente édition de Contrepoints. Tout semble se passer au niveau de la régulation du taux de cortisol dont je vous rappelle le lien sur mon blog :
    http://jacqueshenry.wordpress.com/2014/08/15/le-gene-du-suicide-peut-etre/

  • Il y a aussi ce qui nous fait humain..Car que serions nous, sans être « manichéen », dans un monde où l’on nous enferme trop (mais c’est un autre débat), dans des stratégies, des pratiques trop planifiées….L’enfant que nous restons tous en partie, s’éveille au monde en prenant des risques terribles à nos yeux d’adulte..Et il aime se faire peur….Et encore heureux !!!! Pourquoi escalader cette aiguille sinon pour vivre le bonheur de la vue de tous ces massifs et de l’effort pour y arriver..L’accident accompagne l’alpiniste, et donc la mort aussi en cette circonstance, et c’est en partie pour cela qu’il pratique et se confronte à son sport favori…Tout en respectant bien sûr les consignes de sécurité élémentaires.

  • Je ne comprends pas 1 phrase sur 2 de cet article.

  • mon dieu ces anglicismes….

  • Les commentaires sont fermés.

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