Taxis et voitures avec chauffeurs : trois questions à Yan Hascöet

Portrait Yan Hascoet

Les aspects les plus anti-concurrentiels de la loi sur les voitures de transport avec chauffeur semblent avoir en partie disparu. Il convient cependant de rester vigilant.

Portrait Yan HascoetMercredi 23 juillet 2014, le Sénat adoptait la proposition de loi sur les taxis et voitures de transport avec chauffeur dite « loi Thévenoud ». Au cœur d’une polémique houleuse qui a provoqué la colère des taxis et mobilisé les VTC contre un projet jugé anti-concurrentiel, le texte a cette fois-ci été adopté non sans modifications substantielles. L’amendement 116 de cette loi désormais adoptée impose aux voitures de transport avec chauffeur un retour à la base sauf « si elles justifient d’une réservation préalable ou d’un contrat avec le client final ». Contrepoints a interrogé Yan Hascoët, pdg de Chauffeur-Prive.com et secrétaire général de la Fédération française du transport de personnes sur réservation (FFTPR) sur ce sujet qui n’a pas fini de faire parler de lui.

Contrepoints : Le Sénat a adopté mercredi la proposition de loi sur les taxis et voitures de transport avec chauffeur. Pouvez-vous nous dire ce qui ne vous plaisait pas dans le projet initial proposé au débat ?

Yan Hascöet : Premièrement, le retour « à la base » entre deux courses, qui forçait les VTC à polluer inutilement, et encombrer Paris.

Deuxièmement, la modification adoptée par le Sénat devrait permettre l’interdiction d’afficher les véhicules disponibles autour du client ! C’est de l’ingérence ergonomique !

Troisièmement, la capacité financière des chauffeurs, c’est-à-dire la nécessité d’avoir une certaine somme d’argent bloquée sur le compte du chauffeur pour pouvoir devenir VTC. C’est une barrière à l’entrée artificielle et injustifiée !

Pour vous, la modification de l’amendement 116 se traduit-elle par une avancée notable pour plus de liberté dans le domaine des transports ?

A priori, mais nous restons vigilants pour le passage en seconde lecture du texte.

Qu’attendez-vous du Conseil constitutionnel, qui vient d’être saisi par le Conseil d’État sur le sujet épineux de l’égalité entre VTC et taxis devant le code du tourisme ?

Qu’il fasse appliquer les lois de la République, notamment la liberté d’entreprendre, et la concurrence équitable entre deux acteurs d’un même marché : en l’occurrence, la réservation préalable d’un véhicule avec chauffeur (Taxi ou VTC).