Voyager avec la France ferroviaire

Vous vous apprêtez à prendre le train des vacances ? Petit avant-goût des péripéties qui vous attendent.

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Paris Gare de Lyon (Crédits : The Nick Page, licence Creative Commons)

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Voyager avec la France ferroviaire

Publié le 17 juillet 2014
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Par Jacques Henry

Paris Gare de Lyon CC The Nick Page

Quand on a perdu l’habitude de vivre en France et qu’on désire aller en train d’un endroit à un autre de l’Hexagone on n’est pas déçu !

D’abord la correspondance à Châtelet-Les-Halles entre lignes B et A aiguise la patience car la fréquence de passage des trains est pour le moins aléatoire. Malgré les indications figurant sur un écran de télévision digne d’être exposé dans un musée, il faut attendre au moins dix minutes pour voir arriver un train poussif, tagué, sale à l’intérieur comme à l’extérieur où il n’y a nulle part un moyen de se tenir, je pense à des poignées ou à des barres. La gare du RER de Paris-Gare de Lyon manque critiquement d’indications claires pour se diriger et en imaginant être un étranger, autant dire que c’est un véritable labyrinthe inextricable pour qui ne comprend pas le français et arrive pour la première fois dans cet endroit.

À la Gare de Lyon les choses commencent à devenir carrément sérieuses. Si on n’arrive pas avec au moins 15 minutes de marge de sécurité pour trouver son train, on a de très fortes chances de tout simplement le rater car l’organisation est monstrueusement inadéquate et les ingénieurs qui ont pensé et conçu cette espèce de piège ont fait très fort dans l’incompétence crasse. Il existe deux grands panneaux d’affichage des trains aux points de rencontre et la localisation des trains en partance est mise à la disposition des voyageurs moins de 15 minutes avant le départ. Il y a deux halls pour ceux qui ne connaissent pas cette gare dans sa partie non souterraine, parce que la zone trains de banlieue en sous-sol est pire et strictement réservée aux habitués qui n’ont pas le goût du risque. On doit donc faire le poireau soit dans le hall A soit dans le hall B. Si on se trouve dans le hall A, ce qui était mon cas, et que le train part du hall B, ce qui était aussi mon cas, on doit immédiatement réagir car la distance entre les deux points est respectable, en gros la longueur d’une double rame de train. Si la place attribuée au prix fort sur internet se situe en tête de train la distance à parcourir correspond très exactement à deux fois cette longueur, ce qui était mon cas également, voiture 18 en tête de train.

Après avoir donc atteint presque au pas de course le quai, la numérotation des voitures ne suit pas un ordre logique et le voyageur qui a oublié d’être zen a toute les chances de souffrir de problèmes de tension artérielle et ressentir irrésistiblement des sueurs froides dans le bas du dos. La numérotation des voitures ne suit aucun ordre logique puisqu’elle débute à 8 pour revenir jusqu’à 1, en partant du butoir en fin de quai et recommence de 11 pour aller jusqu’à 18. Il est probablement impossible de modifier cette numérotation apparemment figée depuis la sortie d’usine du train. La voiture 18 est la voiture 18 et ne peut en aucun cas devenir la voiture 1 ce qui serait logique comme il serait logique que les sièges tournent afin que tous les voyageurs soient assis dans le sens de la marche comme c’est le cas dans les Shinkansen au Japon. Bref, l’électronique n’a pas encore atteint les méninges tant des concepteurs d’Alstom que des agents de la SNCF.

Dans les voitures, l’espace pour ranger les bagages est plus que parcimonieux, voire inexistant, à tel point que j’ai été obligé de poser ma petite valise (petite pour une fois) sur le siège vide à côté du mien.

Comme je m’étais muni de quelques bières, au bout d’une petite heure je me suis mis à souffrir d’une envie impérieuse d’uriner. Alors là, si on n’est pas zen et qu’on a des défaillances de sphincter, ce qui n’est pas encore mon cas, autant oublier tout de suite ! Première toilette au niveau inférieur hors d’usage ; toilettes situées au sommet des escalier hors d’usage également ; je me suis hasardé vers la voiture 17, même topo, les toilettes du haut hors d’usage et les toilettes du bas hors d’usage également. J’ai donc décidé de maintenir mes sphincters dans un état de tonicité tétanique pour survivre jusqu’à la gare de Lyon-Part-Dieu. Le voyageur assis en face de moi, ayant probablement vécu la même galère m’a signalé que les premières toilettes en état de fonctionnement se trouvaient dans la voiture 15 : une bonne occasion d’attirer les voyageurs vers le bar hors de prix qui se situe dans ladite voiture où je ne me suis pas hasardé. J’imagine des Japonais arrivant dans ce truc, ils sont bons à la fin de leur voyage pour la cellule de déchoquage à l’hôpital le plus proche. Au passage, j’ai remarqué que la moquette des escaliers des voitures partait carrément en lambeaux. Ce n’est qu’un tout petit détail mais ça fait désordre.

Arrivé à la gare de Lyon-Part-Dieu, je me suis mis en quête de toilettes, de plus en plus préoccupé par ce besoin insatisfait. Normalement, dans toute gare normalement pensée et équipée, il y a des indications claires précisant la localisation de ces endroits nécessaires à tout un chacun, mais dans cette gare d’une ville prétendant jouer un rôle de métropole européenne, détrompez-vous tout de suite : il y a un unique chiotte payant pour aller se vider la vessie, du moins c’est ce que j’ai pu constater. Coût du soulagement : 50 centimes d’euros. Ça renchérit carrément le prix de la canette de bière ! Mais après avoir fait la queue trois minutes, voire plus – je n’ai pas précisément chronométré – il est surréaliste de constater que la moitié des urinoirs est hors service !

Je passe sur l’absence d’escalators pour accéder au quai, ce n’est qu’un détail, – je n’avais qu’une petite valise de moins de dix kilos – mais qui n’en est pas un pour qui se charrie une valise de 30 kilos. Bref, c’est n’importe quoi, sans oublier que le hall de la gare est criblé de trous, le pavage part en morceaux et il est dangereux pour les roulettes d’une valise.

Bon voyage en France !


Sur le web.

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  • Le TGV : le seul train grand lignes avec moins de place pour les valises qu’un train de « pendulage » (commuting).

  • Cet article est une véritable caricature. Je suis moi aussi très déçu par l’offre ferroviaire et de fait un covoitureur très régulier, mais ce n’est pas en exagérant à outrance que vous rendrez vos propos crédibles….
    On touche ici d’ailleurs au grand mal de Contrepoints.

    • Il se trouve que je fais régulièrement exactement les mêmes trajets que ceux décrits dans ce billet : même voyage Paris Lyon, même trajets RER. Je me suis totalement identifié aux propos de l’auteur : il n’y a de mon point de vue strictement aucune exagération dans ce billet (malheureusement). Je pourrais même en rajouter sur la Gare de Lyon (de Paris) : impossibilité de trouver un endroit où s’asseoir dans les halls à certaines heures, impolitesse des agents de la SNCF quand on souhaite un renseignement, saletés et odeurs nauséabondes dans la gare, bornes SNCF pour échanger les billets qui dysfonctionnent, etc., etc.

      Quant au fait de devoir courir d’un hall à l’autre, je ne connais pas un seul voyageur qui pratique régulièrement cette gare qui n’ait pas été confronté à cette désorganisation totalement délirante.

      • Tiens, autre exemple de situation ubuesque connue à la Gare de Lyon dernièrement :

        En raison des grèves sncf, j’avais dû reporter un voyage et échanger un billet. Le jour du départ, je me retrouve à la Gare de Lyon avec 2 heures d’avance sur l’horaire prévu, je décide donc de profiter de cette avance et de prendre le premier train en partance. Je cherche à échanger une nouvelle fois mon billet sur les bornes automatiques. Première borne : dysfonctionnement. Je change. Deuxième borne : impossibilité d’échanger mon billet. Eh oui, un billet déjà échangé ne peut plus l’être une seconde fois ! (Je me demande bien pourquoi !!)

        Il faut donc se rendre au guichet. Il faut alors parcourir toute la gare puisque bien sûr les guichets ne sont pas à proximité des halls (ce serait trop simple). Arrivé à la salle des guichets, là il faut faire une première queue. Temps d’attente de 5 mn. Une personne me demande la raison de ma venue. J’explique et elle me délivre un ticket avec un numéro d’attente pour être reçu par un guichetier. Elle me dit d’aller m’entasser dans un groupe devant un écran et de surveiller quand mon numéro sera appelé. Je lui demande de me dire grosso modo combien durera l’attente. Elle est incapable de me réponde.

        Temps d’attente devant cet écran, avant que mon numéro soit appelé : 45 minutes !!! Évidemment dans le groupe autour de moi, plein de gens ont fini par abandonner. Vu que j’avais 2 heures à tuer je suis resté. Mais j’ai déjà loupé un premier train en partance pour ma destination. Mon numéro est finalement appelé. Il y a deux salles de guichets et évidemment je ne suis pas dans la bonne et je dois me précipiter dans l’autre salle. Arrivé devant le guichet, il y a déjà un client ! J’aurais trop tarder pour venir au guichet, le guichetier a donc appelé le numéro suivant !!! Discussion. Finalement le guichetier, désagréable et impoli, décide de me recevoir avant l’autre client.

        Échange de billet : le guichetier m’annonce que je devrai 20 euros supplémentaire pour ce train qui ne me fera gagner qu’une heure sur l’horaire prévu initialement. Il me déconseille de changer de billet ! Je dis que ce n’est pas grave mais il insiste pour ne pas m’échanger le billet ! Incroyable, je dois argumenter pour obtenir un billet qui me coûte un supplément ! Finalement il finit par m’échanger le billet. Je lui demande dans quel hall je dois me rendre. Il me répond d’aller voir sur les panneaux !

        Évidemment je dois finalement courir d’un hall à l’autre pour pouvoir monter juste à temps dans le train.

        • C’est le parcours du combattant votre histoire. Il y’a plus simple, aller sur le quai avant le départ du TGV que vous voulez prendre, trouver le contrôleur et exposer votre situation( avec un sourire charmeur ça fonctionne plutôt bien!), il vous laissera monter et même vous trouvera une place ( pour les plus gentils).

    • Je fais plus de 30000 km en train par an. Est-ce que j’ai déjà vécu la situation décrite par l’auteur ? Oui, plusieurs fois en 2014, certes rarement en un seul voyage. Je dois admettre que l’auteur n’a pas eu de chance avec les toilettes du train, mais de telles situations arrivent effectivement.
      Oui, la gare de Lyon est imbitable, et oui Part Dieu est lamentable.
      Quelle solution ? Connaitre les gares, anticiper, utiliser les applicatipns mobiles, réussir à récupérer les numeros de telephone fixes des gares (pas les 08, hein, les directs, les vrais…), et surtout prendre une carte grand voyageur pour flexibiliser les billets et accéder aux espaces privatifs dans grandes gares.

      • Ce qu’il y a de terrible, c’est de se rendre compte de la médiocrité (ceci est un euphémisme) d’un service, d’y intégrer des aménagements individuels contraignants – allant de l’arrivée 2h avant le départ, à l’arrêt de la consommation de boisson pour éviter les envies pressantes – et de trouver tout cela NORMAL.
        Quelle zénitude !
        Quelle tristesse !

  • Moi qui fait aussi ce trajet, je dirais que la premier classe règle le problème de place, le sport : les problèmes de distance à la gare, pour les transports en commun, j’ai qu’une seule solution : le taxi et pour les problèmes de vessie, le mieux c’est de voyager sans s’hydrater ( partir à jeun…)! Un peu exagéré tout de même ce petit billet.

  • Allons allons ne critiquer ce bastion communiste que le monde entier nous envie, vous pourriez etre accusé de racisme envers les cons et encourerez 9 mois de prison ferme.

  • Absolument d’accord et même, vous en oubliez. Le train en France est un cauchemar, nous détestons. Ajoutez l’arrogance du personnel qui parle un français approximatif et méprisant (réponses sèches, regards ailleurs…), des escaliers partout (quelle honte quand on connaît le Japon…), de la saleté, des quais défoncés, des prix qui font du yoyo, des trains très rares (aucun après 20h00 pour Paris-Tours !), des correspondances disparues, des retards énormes, des annulations qui méritent une pendaison ou deux, la liste est longue !

    • Vous oubliez les trains qui « oublient » de s’arrêter à certaines gares aux horaires prévues, les trains supprimés sans raison valable, les trains mal dimensionnés (rame courte aux heures de pointe dans le sens « province => grande ville », mais rame longue dans le sens « grande ville => province »), les changements de quai à la dernière seconde, les retards de préparation des trains, les « manque de personnel », …

      L’an dernier, la ligne de TER que j’utilise au quotidien fonctionnait à peu près correctement, mais cette année, on est content quand le train n’a que 5 minutes de retard…le seul retard excusable ayant été qu’une maison en bord de voie a eu le malheur de prendre feu, obligeant les pompiers à condamner les voies temporairement…

      Sinon, en parlant de ce retard précis, ce sont les pompiers de ma ville de résidence qui sont intervenus plutôt que ceux de la ville la proche du sinistre…aggravant de fait l’étendue des dégats et les sinistres subits…enfin, les dysfonctionnements chez les pompiers sont aussi courants que ceux de la SNCF, malheureusement…

  • Exactement…le pire étant qu’ils ont le culot de prédendre qu’iDTGV est une companie ne dépendant pas de la SNCF…l’autre jour, notre train, rattaché à un iDTGV est parti avec 40 minutes de retard de Bordeaux…et tant pis pour ceux qui avaient des correspondances, la SNCF ne garanti strictement rien sur les iDTGV…et même avec un billet de première, vu que le dernier (bus) TER pouvant me ramener à mon domicile était parti depuis longtemps, la SNCF m’a royalement offert le choix entre une nuit d’hôtel et 70€ de taxi…ce qui revenait à me poser en plein cambrousse, pour un retard leur étant imputable à 100%…

  • Une petite vidéo pour illustrer l’article ? https://www.youtube.com/watch?v=bKv0j9WKjJI

    Pour le reste, l’article est tellement en dessous de la vérité.

    Dernière expérience :
    Pour un trajet Paris Saint-Lazare/Rouen. Juste après le départ de mon train, je me rend compte que mon billet a expiré deux jours auparavant, honnête je me signale au contrôleur, après lui avoir couru après puisqu’à la vitesse à laquelle il traverse les voitures. Probablement à moitié sourd, et ne réagissant pas à mes appels. Ayant finalement réussi à l’intercepter, je lui expose mon problème. Réponse : « c’est comme si vous n’aviez pas de billet ». Je me suis alors permis de lui faire remarquer que ça ressemblait franchement à du vol. Longue discussion, sous entendu je l’ai traité de voleur, ce qui n’était pas exactement le cas, même si on rappellera que la main armée d’une mafia, même si elle ne fait qu’exécuter les ordres de ses supérieurs reste une bande de criminelle. Énervé, je lâche alors « Puta***, un contrôleur c’est vraiment con ». Se sentant une nouvelle fois insulté (à raison cette fois-ci), il me menace si je ne m’excuse pas de me faire intercepter par la police ferroviaire dans la gare suivante. cinq nouvelle minute à l’écouter parler sans pouvoir en placer une. Je finis par lui poser la main sur le bras. Réaction : « Je ne vous permet pas de me toucher ». Là enfin, je peut m’excuser. Encore cinq minute de parlote alors qu’il rédige le procès verbal, je finis par conclure en lui disant que je m’en fous, que je veux bien payer mais qu’il s’en aille.

    Merci pour le service.

    Cinq minute plus tard, le train s’arrête en pleine voie. 45 minutes de retards. Repassant en gare plus tard dans la journée (Un entretien d’embauche auquel je suis bien évidemment arrivé en retard, m’ayant empêcher de m’en occuper immédiatement), je patiente près d’une demi heure au guichet attendant qu’un agent de la SNCF n’arrive, puis demande un bon pour essayer d’obtenir une remise sur mon trajet. Réponse : Sur les trajets en TER, pas de remise à moins d’une heure de retard. Je leur fait remarquer qu’à cause d’eux j’ai probablement manqué une embauche. Réponse « Ce n’est pas la fin du monde ».

    Salope. Tes privilège t’accordent un emploi à vie et du coup tu t’imagine que c’est pareil pour les autres.

    Je ensuite pris mon train de retour sur Paris et chanceux n’ai eu que 20 minutes de retard.

    Brieuc.

  • J’ai très récemment pris le train entre Lille et Montpellier.
    Déjà très surpris de constater qu’il n’existe pas de train direct.. Pour l’aller, mais pour le retour oui… Comprendra qui veut.
    Donc je débarque à Paris Gare du Nord. Je cherche l’entrée du métro… Obligé de demander à un quidam en gilet rouge : heu… je crois que c’est par là (il m’indique un recoin sombre de la gare)… Finalement je demande à un simple voyageur. Qui m’indique gentillement la bonne direction, avec un petit rire sous cape (du style  » ‘tain ses provinciaux, ils savent rien »)… Ben oui, moi je suis pas Mandrake pour deviner où se trouve le métro dans ce capharnaüm crade de panneaux aux couleurs criardes… mais qui n’indique que la bagagerie, la billetterie !!
    Donc j’arrive enfin au métro. Il faut prendre un ticket (je dois allé gare de Lyon). Dix machines qui vendent des tickets… 5 en rades. 100 personnes qui attendent… Un bureau de vente avec un gentil préposé qui vous réponds : pour acheter un billet c’est le distributeur !!!

    Après 20 mn d’attente j’achète enfin mon sésame (je comprend maintenant ceux qui resquillent) !!! Et aide au passage une pauvre américaine complétement paumée (elle comprend rien à ces histoires de petite ou grande couronne, ticket et pass navigo) qui allait prendre un pass navigo pour changer de gare…

    Je me rue sur le premier métro (merci aux portes automatiques, aussi large qu’un biafra anorexique, quand tu as un gros sac). On est coincé les uns contre les autres… Encore heureux que je suis grand, je plains les enfants ou les personnes âgées !! Il faut chaud, çà pue (l’urine, la promiscuité, la saleté…). Je sens une pression sur mes fesses. J’attrape une main qui essayait de fouiller ma poche arrière, là où se trouve mon portefeuille. Pas de bol, la poche est petite, le portefeuille difficile à sortir. J’écrase férocement la main inconnue dans la mienne (je vous garantie qu’une main de montagnard cela fait mal !!).

    Au bout de 10 mn de ce calvaire, qui me paraissent une journée complète de chantier, j’arrive à gare de Lyon… Et là … aucune indication pour sortir du métro. Je demande alors à un préposé du quai, qui me répond goguenard « c’est juste derrière vous ». Je me retourne et fais face à un … mur !!! « Je m’excuse monsieur, mais j’ai du mal comprendre, parce que derrière moi il y a un mur »… « Vous le faites exprès, c’est derrière le mur qu’il y a la sortie ». « Merci de votre diligente réponse (et ou j’aime me foutre de la gueule des ignares qui m’insulte). Par contre il faut bien reconnaitre Monsieur, que question indications c’est plutôt une thébaïde votre quai… Je n’imagine pas un simple touriste japonais ou américain survivre bien longtemps dans un tel désastre »…

    Arrivé Gare de Lyon… Hall A ou Hall B (j’ai eu la chance d’entendre quelqu’un dire qu’il fallait consulter les tableaux ici en souterrain avant de monter sur les quais)… Bingo (miracle, je vais jouer au loto) je suis dans le bon hall : enfin une lueur de vie dans ce monde froid et incohérent. Froid c’est vite dit. On crève de chaud, à croire que personne n’a coupé le chauffage depuis la fin de l’hiver… 54 !!! Pas un brin d’air, et toujours cette moiteur à odeur de produit de miction…

    Affichage : TGV pour Montpellier voie xxx… Il est moins de 10 mn avant l’heure de départ sur mon billet… et toujours aucune voie d’affichée… H – 5 mn la voie est enfin affichée. Les gens se rue sur l’escalator. Qui là encore est assez large pour faire passer un éthiopien au régime pour un obèse… Je me retourne et vois un petit escalier à l’ancienne (si si vous savez, un truc avec des marches immobiles et en pierres). Personne dessus, et un ridicule petite panneau indique le même numéro de quai que l’affiche… Et hop je me téléporte sur le quai comme par magie…

    Il faut donc maintenant trouver le bon wagon. Affichage de la composition des trains : je me demande bien pourquoi les wagons sont toujours à l’autre bout du quai par rapport aux accès… C’est à croire que la SNCF à passer un accord avec le ministère la santé pour obliger les gens  » Manger-Bouger » … Mais je m’égare (c’est le cas de le dire !!), il ne me reste que 2 mn pour sauter dans mon wagon…

    Place 34 assise coté couloir (j’ai de grandes jambes): « heu, veuillez m’exciser madame, mais je crois bien que vous êtes assise à ma place ». « Désolé, Monsieur, mais je suis à la bonne place, vous êtes déjà le troisième à me dire la même chose »…. Surbooking à la SNCF… Non Impossible… Ils sont trop au top avec leur système de réservation par internet… « Ah bon… Permettez moi de regarder votre billet – Bien sur allez y – Ah en effet, même voiture, même siège, même date, même train…Parfait je vais aller squatter une autre place ».

    Je trouve une place de libre. Le train s’ébranle. Je me dis : normalement tout le monde est monté dans le train, je devrais donc être tranquille… Et par miracle… OUIIII !!!

    Après un périple de plus de 5 heures depuis mon départ de Lille… je me propose à moi-même et en accord avec moi-même de prendre une collation au bar-restaurant (je sais c’est encore plus cher qu’au Fouquets ou Chez Laurent ou à La Table d’Eugène, mais la faim justifie les besoins !!!).
    je me lève pour me rendre au fameux wagon. Le train doit dater de Mathusalem tellement il tangue et bouge. La dernière révision des suspensions a été faite au Crétacé supérieur… Ce qui est normal vous allez me dire vu le dinosaure qu’est la SNCF… J’arrive enfin au fameux bar. FERME !!! (problème d’approvisionnement en gare). Au final cela tombe bien. J’ai fini par avoir le mal de mer pour venir jusqu’ici !!!
    Mais pas question d’aller aux toilettes; pour paraphraser Coluche : quelqu’un n’est pas repasser pour la seconde couche !!!

    Arrivée à Montpellier à 20h34 (plutôt 20h45).
    Vite L’hôtel. En facee de la Gare : il y a un beau panneau.
    Accueil sympathique. Remise des clés, réponse à mes questions : le wifi, un bon resto proche, le petit dèj à quelle heure, où est l’acès au tram pour demain matin, quelle ligne prendre…
    J’arrive dans le chambre, propre, salle de bains nickel…

    Un journée de m…e dans le service public qui se termine bien dans un hôtel privé avec un personnel accueillant…

    • Vous m’avez tenu en haleine avec votre histoire 🙂 J’ai toujours pris le train et le TGV, j’avoue que le rapport qualité/prix est largement déséquilibré pour moi et j’avoue que subir le service public parce que vous y êtes contraint est un supplice.

    •  » veuillez m’exciser madame ».
      Sans commentaire…

  • « J’imagine des Japonais arrivant dans ce truc, ils sont bons à la fin de leur voyage pour la cellule de déchoquage à l’hôpital le plus proche. »

    Vous ne croyez pas si bien dire: ça porte même un nom, le « syndrome de Paris » ( http://news.bbc.co.uk/2/hi/6197921.stm )

  • Le hasard fait bien les choses quand même… Je suis actuellement en quai à Évreux, dans un train Ter à destination de Paris, qui partira dans une durée indéterminée, à cause d’un problème d’alimentation électrique.

    Premièrement ce qui est magnifique, c’est la qualité de l’information. Oui, un problème d’alimentation électrique… Nous voilà bien avancé. Est il en train d’être résolu, que va t’il se passer, est-ce un changement de câble ?
    Nous voilà libre d’imaginer n’importe quel scénario.

    Deuxième, les agents de la gare ne prennent pas les devants. Personne ne nous parle directement, si ce n’est la voix off criarde des haut-parleurs. Aucun agent ne réagit face à la température digne d’une canicule ! Dans un train, pleinement exposé au soleil qui tape à 31°C… Rien de plus normal, que de ne pas offrir de bouteilles d’eau, voyons ! Manquerait plus que ça…

    Et enfin, il y a toujours ce mépris du client… Parce qu’il n’est pas lié par contrat à la sncf lorsqu’il achète un billet. Effectivement, la sncf n’a aucun devoir de vous amener en temps et en heure à la destination que vous cherchez, désespérément, ou pas, à atteindre. Et ce mépris passe par ce que je viens de dire : un flou entretenu volontairement, pas de service client (bouteille d’eau). Et puis le principal : le mépris de ce qu’on voit et de ce qu’on ne voit pas… Comme si tous les usagers n’étaient que de simples client voyageurs, s’arrêtant seulement à Paris, n’ayant aucune obligation professionnelle, aucune obligation de délai (correspondances, vol…).

    On se fout vraiment du monde !

  • Merci pour ces infos, je trouve les prix des billets de train bien trop élevés et cela me conforte une fois de plus a ne plus me déplacer par train tant que ce moyen de transport ne sera pas ouvert a la concurrence…

  • la prochaine fois ,le covoiturage c est bien mieux et c est tros fois moins cher ..!!

  • Les étrangers l’ont aussi compris:

    Habitant a Londres et ayant de la famille en Bretagne, j’ai 2 solutions
    ->Prendre l’avion jusque Roissy, marcher un quart d’heure pour ensuite payer une fortune pour un train « direct » jusqu’a la gare la plus proche, de laquelle je recupere un bus pour ma ville natale
    ->Louer une voiture au depart de Roissy et me taper 5h de route, peu ou prou le meme temps de trajet, pour le meme prix et un confort plus certain, des pauses toilettes a l’envie, et un estomac rempli. De plus, si je fais voiture pleine en covoiturage dans les deux sens, cela compense largement le prix de la location, essence, peages. De plus, pas de stress a louper son train(en general le dernier de la journee)

    seul probleme, de plus en plus de touristes se sont rendus compte du « probleme train », ce qui fait progressivement grimper les prix des loueurs…


  • Privatisation.

    On ne devrait pas laisser les cheminots jouer au train électrique.

  • difficile de faire ce que l’on veut dans une gare classée monument historique. ..
    suffit juste d’avoir toutes ces neurones et rien n est bien compliqué finalement

  • Bonsoir;

    Je vis aux USA, à Amherst Massachusetts, et viens de rentrer d’un séjour en France, fait essentiellement mes voyages en train (je dois paraitre maso pour l’auteur de l’article), et mon épouse a fait aussi un voyage en train.
    Nous voyagions en première classe, et pour être complet, j’ai 65 ans et mon épouse 60. Donc pas des gamins « gambadeurs ».

    Dans mon cas:
    Paris Montparnasse-Toulouse: TGV. Départ à l’heure mais…. service à bord inexistant, que ce soit au sujet des bagages ou des places. Arrivée avec 20 mn. de retard à Toulouse-Matabiau.
    Le pire: celui qui a dessiné les sieges de ces TGV (vieilles unitées) devrait être condemné à un long voyage!

    Toulouse- Antibes: Train intercité (rame tractée). Même Remarque que ci-dessus: confort et informations inexistants.

    Mon épouse: TGV 2N, place individuelle dans le « salon » inférieur, confort possible d’après ce qu’elle m’a dit. Mais ces TGV sont plus récents…

    En ce qui concerne les toilettes: 2 euros à Paris gare de l’Est. Ça coûte cher de vouloir uriner à Paris, mais c’était très propre.

    Pour le RER: mon épouse a pris le meme itinéraire que l’auteur de l’article, avec le meme changement à Chatelet-Les Halles sans le moindre probleme, et avec une grosse valise… La signalétique est correcte, si on se donne un peu la peine d’essayer de la comprendre. Le seul point àvec lequel je suis d’accord avec l’auteur, c’est l’absence de main-courantes pour se cramponner. Mais cela, ce n’est pas la SNCFqu’il faut blâmer mais la RATP. Et c’est bien pire dans les rames de metro articulées.

    Je peux être joint à l’adresse email donnée ci-dessus.

    Cheers, Claude R. Bersano
    clbersano@comcast.net

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