De la peur

L’être a peur du monde dont il fait partie. Il s’érige des murs intellectuels, moraux ou physiques, pour ne pas avoir à l’affronter.

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De la peur

Publié le 29 juin 2014
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Par Emmanuel Brunet Bommert.

Psycho (1960)Directed by Alfred HitchcockShown: Janet Leigh (as Marion Crane)Il se fait peu d’expériences plus déplaisantes, plus terribles, que d’affronter la peur pour la première fois. Non pas ces craintes qui nous animent au quotidien envers les petites choses mais celle, plus primordiale, qu’est la peur de l’infinité. L’univers est vaste, bien plus que tout ce que notre conscience peut embrasser, que ce que nos théories peuvent assimiler et c’est cette immensité qui, parmi l’ensemble des vérités, nous terrifie. L’être a peur du monde dont il fait partie. Il s’érige des murs intellectuels, moraux ou physiques, pour ne pas avoir à l’affronter. Pourtant il demeure, figé tout autour de nous. Il ne cesse de paraitre plus grand à mesure que l’on s’en approche.

Il en est beaucoup pour penser que le concept de « libre arbitre » serait une grande illusion créée par l’Homme. Mais qu’il la désirerait pourtant de toutes ses forces, la rechercherait, la défendrait : rien n’est plus faux. L’espèce humaine ne souhaite pas de libre arbitre, c’est au contraire sa plus immense crainte. Elle rêve du destin, souhaitant ardemment une grande main invisible pour guider ses pas, elle supplie le ciel qu’il puisse se faire un bon chemin, qui puisse être opposé à un mauvais. Par-là peut s’indiquer une direction, même vague, à prendre. Un chemin « fini » dans un univers si illimité et si incompréhensible qu’il en semble d’autant plus abstrait.

Notre espèce rêve de dictateurs. Elle supplie qu’il se fasse des gens plus « grands », plus clairvoyants pour guider ses pas, dans une si éclatante lumière qu’elle l’aveugle complètement : elle désire des gens capables de la conduire à l’abri dans les ténèbres. L’on peut reprocher de nombreuses choses aux sectes et religions, mais pas leur immense talent à exploiter les peurs primordiales de l’espèce humaine. Il s’en est fait des « prophètes » et des « grands hommes » pour répondre à cet appel de la terreur. Tous accomplirent cette tâche et protégèrent leurs semblables de la réalité d’un monde au-delà de l’imagination, en échange de quoi ils furent gratifiés de gloire et d’adoration.

La mort et l’oubli sont des « peurs primordiales » parce qu’elles représentent deux facettes de l’infinité, de l’inconnu pour la première et du néant pour la seconde. Alors, les Hommes prirent précaution de cette vérité et conçurent des illusions pour se protéger de la brillance mortelle du soleil qui se trouve à l’intérieur même de leur tête : ils créèrent des barrières à leur conscience. Se rendant capables d’exclure la compréhension du Monde comme quelque chose d’illimité.

Nous avons inventé la « grandeur », en oubliant qu’un concept ne peut être grand que relativement à quelque chose. Nous avons imaginé que ceux qui nous protégeaient de la peur étaient de « Grands Hommes », l’exemple ultime auquel devrait aspirer l’intellectuel. Nous nous sommes créés des despotes de l’esprit, des murs, dans l’immense désert de l’infini. Mais comme ceux-là ne suffirent pas, nous nous tournâmes vers les créateurs. Ces personnes capables de modeler l’infinité, de lui donner une forme finie, à même de réaliser leurs visions. Les créateurs et les artistes, devinrent des dieux, ces créatures hors normes ayant le pouvoir de donner une fin au monde infini : aux murs s’ajoutèrent les miradors.

Les Hommes contemplèrent alors la magnificence de ce petit monde « limité », créé depuis le chaos. Ils décrétèrent comme sommet de la civilisation humaine que de bâtir des frontières et des limites à l’immensité. La frontière devint l’ultime symbole de la cité, l’horizon indépassable de l’esprit humain, la barrière qui protège de la terreur. L’on voit, tout autour de nous, ces millions de gens se gargariser de leurs limites, se vanter de leurs fins et de leurs cloisons. Ils s’imaginent comme des rois sur des milliers de trônes, hurlant que la compréhension « modérée » leur octroit une supériorité sur toutes les choses et tous les êtres.

Le monde des Hommes, cloisonné de petits remparts divisant les gens en autant de catégories possibles, nous donne l’illusion d’une réalité finie. Les gens s’imaginent « grands » ou « petits » par leurs emplois, ils se voient « immenses » ou « insignifiants » par leurs certificats, s’estiment au-delà de leurs semblables par leurs pouvoirs ou leurs biens. Tous sont terrifiés à l’idée que cette infime poussière leur soit retirée et qu’ils se retrouvent seuls, au pied d’un monde démesuré, à tâtonner sur un chemin sans certitudes.

Un monde « fini », dans un univers « infini », est toujours insignifiant et misérable par rapport au reste. Telle est la peur de l’humanité : qu’un jour elle soit forcée de faire face de nouveau à la réalité de l’immensité. Qu’elle soit obligée de se voir comme une enfant ignorante et chétive, qui lutte pour sa survie dans un océan déchainé. Car il n’existe pas de « bon chemin », seule une terreur quant à l’infinité des possibles. S’il se fait un destin, il nous indique toutes les directions à la fois.

Alors, nous élevons de nouvelles idoles, nous créons de nouveaux tyrans, pour qu’ils nous sauvent de l’infinité, qu’ils nous ramènent aux ténèbres. Nous faisons de chaque homme, de chaque femme, qui nous permet d’oublier la réalité du monde, une idole. La valse peut ainsi continuer, encore et encore.

Pourtant, cette attitude n’est pas la seule possible. Céder à la terreur n’est pas l’unique option. On devient un adulte non pas le jour où l’on est grand, que l’on est marié ou que l’on a une famille, mais le jour où l’on apprend à affronter sa peur en face, à lui tenir tête et à lui résister. Ce moment-là, où l’on acquiert la responsabilité, cette capacité à affronter l’incertitude et la peur, là seulement on peut se libérer d’elle.

Ce n’est pas une petite lutte, étant donné que la frayeur est aussi immense que peut l’être la conscience : elle s’étend aussi loin que l’esprit peut aller. Le gigantisme de cette hydre nous emprisonne dans un immense brouillard et si on lui cède, elle nous manipulera jusqu’à la destruction. Car ce n’est pas tant à la peur, que l’on imagine comme une puissance mystique, que l’on se laisse aller, mais à la panique de l’esprit lui-même.

Si l’univers est au-delà de la structure, cela n’implique en rien qu’il n’en a pas : l’infinité a des principes. Elle a une infrastructure, des piliers, des poutres, des arches… Mais contrairement à l’Homme se laissant vagabonder à la terreur, elle ne s’enferme pas dedans : elle s’appuie dessus. Sans quoi elle s’effondrerait entièrement dans une masse sans forme ni fond.

La peur est le plus grand ennemi de l’être, son adversaire le plus farouche. Ceux qui y cèdent font facilement reproche à ceux qui la combattent, aussi nul n’est plus seul que la personne qui doit lui faire face : rien ne viendra l’y aider. Par contre, nombreux viendront soutenir celui qui décidera d’y céder.

L’ignorance n’est rien face à l’effroi, l’Homme est bien plus angoissé à l’idée d’avoir raison que d’avoir tort. Il a bien plus peur d’ouvrir une porte que de la fermer, de naviguer sur les eaux de l’océan que de conduire sur une route bien droite. L’incertitude est une infinité de possibles alors que la certitude est une unique option, précise et finale.

Aussi, les gens rêvent de lois, d’arrêtés, de frontières et d’interdictions. Ils se font une utopie avec des murs et des chemins. Ils s’imaginent comme vivant dans une forteresse de carton, d’où l’inconnu se trouverait écarté par la seule terreur. L’humanité se rassure avec des doudous, qu’elle serre fort contre son cœur : l’illusion de la grandeur et l’illusion du contrôle. Alors que nul ne peut contrôler ce qu’en même temps, il se refuse à regarder en face.

La tyrannie se meut dans la peur, elle répond par-là à un besoin. Pour des millions, elle est préférable au point de pouvoir se battre pour elle. Aussi, il vaut mieux avoir l’illusion d’être grand, parmi les acariens, que de s’imaginer insignifiant parmi les étoiles, malgré le caractère navrant d’une telle attitude.

Mais la peur n’est que ce qu’elle est : une simple émotion humaine, qui est à la hauteur de ce que nous sommes. Si nous craignons d’avancer, elle nous abattra. Si nous sommes terrorisés par le combat, elle nous vaincra. La peur est l’ensemble de ce que nous nous nous imaginons incapables et que nous craignons donc d’avoir à faire.

Si l’on arrive à accepter d’en faire une partie de nous-même, que l’on peut regarder en face l’infinité de lumière, alors nous nous rendrons compte que nos yeux peuvent s’y adapter et que, finalement, elle n’est plus si terrifiante.

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  • Analyse intéressante, merci!
    Et pour la personne qui a comme doudou l’infinité du monde mais qui a peur du monde dans lequel elle vit?
    Mais je ne comprends pas, pourquoi nous devrions la combattre cette peur, c’est une émotion, on ne bat pas la colère ou la joie, pourquoi la peur devrait être traiter différemment?

    • Chez l’enfant le SENTIMENT de peur ne se développe qu’à un certain stade de la maturation (au-delà des instincts primaires de sa survie). En avez-vous fait l’expérience ? Dès alors, cette émotion constitue un rempart protecteur contre ce qui est « perçu » tel une agression. Celle-ci est réelle (potentielle) ou fictive (obéissant à des schémas purement mentalisés). L’émotion première est salvatrice. La seconde peut devenir ravageuse, obsédante, compulsive, dangereuse. Voir ainsi l’influence du contexte éducatif et du vécu chez chacun…

      Des milieux « spécialisés » désirant subordonner la personne (et les foules) instrumentalisent cette seconde tendance, ravageuse. Les dictatures abondent dans cette pratique, assortie de leurs violences. Des dictatures « soft » en usent plus beaucoup plus subtilement : les Greenpeace, le GIEC, les extrêmes politiques à gauche comme à droite. M^me certains dits « centristes » en usent sur l’électorat. Et ça marche sur les masses malléables (plus dangereusement encore sur de prétendus meilleurs et nos Z-élites dirigeantes). Tout reste donc une question de mesure…

      • Je comprends parfaitement ce que vous dites et ce qui est dit dans cet article.
        Mais attention, le sentiment vient avec la pensée, les concepts, donc nous ne parlons pas de maturation au sens physio.
        L’expérience physiologique de la peur est pour moi, une réponse non pas à une agression mais à une incompréhension de son monde direct. Par exemple, je ressens de la peur quand il y a de l’orage. Non parce que je me sens agressée, mais parce que je ne comprends pas ce phénomène ( et aussi parce que depuis que je suis toute petite on me dit que c’est le bon Dieu qui est en colère après moi…). Du coup, je l’ai étudié d’un point de vue scientifique, je ressent la peur, c’est tout, je le dis, mais ça s’arrête là.
        Je suis consciente que ma conception de la peur est liée à ma propre expérience, celle de la peur « précoce » ( ou mise à mal des instincts primaires, pour vous), mais je comprends parfaitement celle de l’article et qui va être source de pleins de commentaires par la suite, j’en suis certaine!

      •  » Voir ainsi l’influence du contexte éducatif et du vécu chez chacun… »

        Vrai! En fait, j’ai le sentiment qu’on éduque nos enfants à avoir peur, c’est du conditionnement sans blague. Si souvent on entend les parents menacer « arrête tu vas tomber », « cesse de courir partout tu vas te faire mal », « tu vois je te l’avais dit », etc, etc etc.

        • Non, n’est-ce pas montrer à l’enfant que l’on a des émotions ?
          S’il se produit :
          a) l’enfant qui veut absolument voir la casserole et son contenu, et toucher le tout
          b) l’enfant qui met les doigts dans l’encoignure de la porte
          c) l’enfant assis sur le rebord de la fenêtre au-dessus du vide

          Vous avez plusieurs solutions, mais vous même ne devez pas trop avoir peur pour avoir la bonne réaction. Mais faut-il occulter ses craintes et ne rien dire, ne pas fournir d’explications, tout en disant que l’on préfère telle situation à telle autre ?
          Il y aura bien un moment ou l’enfant sera à l’écoute.

    • Nous avons tous tendance à classer les émotions dans des cases « positif », « négatif », et même à les hiérarchiser. Oui, il y a des émotions qui semblent meilleures que d’autres, ça parait évident que la joie c’est plus sympa que la peur.
      Je ne suis pas d’accord avec cette façon de voir, qui est réductrice: ce serait plutôt notre absence de compréhension de nos émotions, et notre incapacité à les utiliser à bon escient qui fait que nos émotions peuvent être néfastes.

      Par exemple, la joie peut être exagérée, débordante, incessante, et peut finir pour vous causer du tort! La colère inappropriée, et comme mode continuel de relation à l’autre est évidemment néfaste, mais une colère qu’on ne veut pas reconnaitre, qu’on refoule, c’est néfaste pour soi-même: une colère juste et exprimée justement, est une colère bénéfique, utile, nécessaire. La peur face à un danger réel et imminent est nécessaire: elle active une attention, une décharge d’hormones qui vont nous soutenir dans l’effort à fournir pour échapper ou combattre la menace. En revanche, toutes sortes de situations peuvent générer une peur irrationnelle par la seule force de nos pensées, de nos croyances.

      Donc il ne s’agit pas à proprement parler de « combattre » nos émotions, mais d’apprendre à en avoir conscience quand elles se manifestent, et à s’en servir à bon escient. Les émotions, c’est comme un sens, elles nous avertissent psychiquement qu’il y a quelque chose qui se passe et qui requiert notre attention. Et trop souvent, nous n’en sommes pas conscient, sans doute parce que nous ne sommes pas éduqués à le faire, et nous les laissons nous mener par le bout du nez en toute ignorance et inconscience, avec tous les dommages qui en résultent.

      • Ce que vous dites est valable pour la plupart des personnes, c’est vrai.
        Je ne suis pas forcément d’accord sur un détail, nous pouvons choisir de nous laisser mener par le bout du nez par nos émotions, si nous les comprenons, acceptons, alors nous avons le choix de les exprimer dans l’ici et maintenant, ou pas, avec les conséquences que cela aura dans les 2 cas ( exprimer ou non).
        Après votre réalité et vérité sur les émotions n’est pas la mienne, c’est une autre histoire!

        • Je ne prétends pas détenir toute la vérité sur la question… et je serais intéressé par votre point de vue, si vous souhaitez le partager.
          Si vous n’êtes jamais sous l’influence de vos émotions, si vous ne réagissez jamais par réflexe inconscient sous l’empire d’une émotion quelconque, alors vous pouvez en être félicitée, pour ma part, je confesse sans honte que ce n’est pas mon cas!

  • Très belle illustration de la sublime janet leigh dans « Psychose » d’Alfred Hitchcock.

    La peur n’a de sens que lorsqu’elle se manifeste pour défendre sa vie si elle est en danger, dans tous les autres cas ce n’est que de la lâcheté.

    « La lâcheté est presque toujours due à la simple incapacité de suspendre l’activité de son imagination. »
    [Hemingway]

  • Intéressant article.
    Parole du fondateur de la communauté de l’Arche (J Vannier) »ne pas avoir peur de nos peurs, il faut les étudier bien au contraire, elle nous apprennent beaucoup sur nous mêmes, bien plus que nos joies » .
    Jean Paul II « N’ayez pas peur! »

  • Je cherche mon JJ! J’exige j ai besoin de JJ! Vous connaissez pas JJ?? Bah Jim Jones!

  • Tout à fait d’accord avec cette vision des choses. On ne peut être libre si on ne prend pas conscience de ses peurs, et si on ne travaille pas à les apprivoiser. En revanche, vous dites:

    « Il s’en est fait, des « prophètes » et des « grands hommes » pour répondre à cet appel de la terreur. Tous accomplirent cette tâche et protégèrent leurs semblables de la réalité d’un monde au-delà de l’imagination, en échange de quoi, ils furent gratifiés de gloire et d’adoration. »

    Ca, ce n’est pas vrai de tous les prophètes et grands hommes! Par exemple, Jésus, Bouddha, leur message est une exhortation à voir en faces ses peurs et s’en libérer, oui, contrairement à ce que l’on pourrait en penser, le message chrétien invite à se libérer de ses chaînes, dont la peur. Après, ce qu’en a fait l’église et son clergé, c’est une autre histoire. Le bouddhisme nous enjoint continuellement d’observer la réalité telle qu’elle est, et en particulier nos peurs, émotions et désirs, par le biais de la méditation.

    Quant aux grands hommes, je pense par exemple à Gandhi, ou à Krishnamurti, qui chacun à leur façon, n’en faisaient pas moins. Plus anonymement, les curanderos en Amérique du sud, les chamans, les tradipraticiens africains, en fait beaucoup de peuples indigènes ayant gardé leur culture traditionnelle, incitent leurs enfants à s’émanciper, naturellement, sans programme d’éducation: il suffit de voir la différence d’autonomie et de hardiesse entre un gamin occidental et un gamin pygmée, c’est juste le jour et la nuit.

  • « L’être a peur du monde »
    Il a surtout peur du nombre
    Même s’il suffit de deux hommes sur un même territoire pour qu’y règne l’antagonisme, voire la discorde, notre propre nombre augmente notre peur par la disparité des opinions qui s’y expriment, les conflits d’intérêts qui s’y manifestent et les désordres qui s’ensuivent ; par la transformation en cacophonie du moindre débat, par une ingouvernabilité conduisant à employer tôt ou tard la force au détriment de la raison ; par la difficulté que ce nombre ajoute aux conditions du partage revendiqué par les plus démunis ; par la réduction de la part des richesses disponibles susceptible de revenir à chacun – à commencer par les libertés, tant individuelles que collectives.
    Pour approfondir cette réaction :
    http://claudec-abominablepyramidesociale.blogspot.com

  • Si pour la grande majorité, sortir de sa zone de confort, c’est a dire du milieu connu et bien rodé est un effort sur-humain, pour quelques autres, c’est leur raison de vivre…. ils sont de deux types, ceux qui prennent des risques physiques, via le sport extrême aujourd’hui et ceux qui aiment les défis intellectuels et généralement arbore le risque physique…
    Dans notre pays, la dictature des fonctionnaires bisounours a tenté d’abattre ces personnes car elles n’ont généralement pas l’humble déférence que l’on attend face au « Pouvoir » et elles ont la critique facile…
    Ces personnes ce sont alors épanouies dans des domaines hors de visibilité de la doxa officielle…. L’informatique par exemple….. l’un des domaines les plus créatifs de notre époque, là où il n’y a ni école, ni diplôme, ni label, uniquement la liberté et la reconnaissance de notre mérite par nos paires…
    Maintenant, devons-nous tous être des hommes libres qui aiment le risque? Certainement pas, car c’est ingérable, ces personnes créent et finissent rarement le boulot, il faut alors trouver de bons bisounours, on dira des manager.. puis leurs écrire des procédures, les peaufiner un peu avec eux et ensuite il ‘y a pas plus grande satisfaction que de voir une belle usine bien organisée où les bisournous bataille pour être le chef du chef mais sont tout heureux et peaufinent leur usine, l’améliore voir inventent de nouvelles choses…. Pour ceux qui bâtissent, il est alors temps de partir, discrètement par le petite porte de derrière.
    Dans notre pays, il n’y a tout simplement plus de place pour ces gens là…

    • Mordor,

      Vous utilisez deux fois le mot de « Bisounours » : une fois pour désigner les fonctionnaires que nous nourrissons et qui pour beaucoup nous pourrissent la vie, et une autre fois les managers qui font tourner les affaires courantes. Cette assimilation fait trop d’honneur aux premiers.

      Il n’y a de fait plus beaucoup de place pour les défricheurs qui ne se satisfont pas d’une vie routinière, mais le monde capitaliste ne tournerait pas sans eux. C’est leur création destructrice qui permet d’échapper à la loi des rendements décroissants.

      L’URSS est morte de sa bureaucratie …
      Et seulement accessoirement d’une confrontation qu’elle ne pouvait pas gagner.

      Ceux qui bâtissent n’ont effectivement plus rien à faire chez les Bisounours, car le jeu qui leur est offert est un mélange de course en sac semée d’embûches, et de « pile je gagne, face tu perds », où ils se mangent leurs pertes et doivent partager les résultats.

  • Merci.

    Et je confirme : la peur disparaît le jour où on a largué les amarres.

    Quand le référentiel est devenu le navire sur lequel on navigue au lieu du bout de terre auquel on s’accrochait, alors le vent, la pluie, les éléments ne sont plus que des composantes du voyage.

    Je conseille à tous cette magnifique allégorie de Bertrand Piccard :
    https://www.ted.com/talks/bertrand_piccard_s_solar_powered_adventure/transcript?lang=fr

    « Il y a tant de gens qui préfèrent souffrir sous la glace qu’ils connaissent plutôt que de prendre le risque de la traverser pour voir ce qu’il y a de l’autre côté. Je pense que c’est l’un des principaux problèmes de notre société. Nous apprenons, peut-être pas le public averti de TED, mais tant de gens apprennent que l’inconnu, le doute, les points d’interrogation sont dangereux. Nous devons résister aux changements. Nous devons tout garder sous contrôle. Eh bien, l’inconnu fait partie de la vie.
    1:19
    Dans cette optique, le vol en ballon est une magnifique métaphore. Dans un ballon, comme dans la vie, on avance très bien dans des directions non prévues. On veut aller dans une direction mais le vent nous pousse dans une autre – comme dans la vie. Tant qu’on se bat horizontalement, contre la vie, contre les vents, contre ce qui nous arrive, la vie est un cauchemar.
    1:45
    Comme dirige-t-on un ballon? En comprenant que l’atmosphère est faite de plusieurs couches de vent qui ont toutes une direction différente. On comprend que, si on veut changer de trajectoire dans la vie ou en ballon, on doit changer d’altitude. Changer d’altitude, dans la vie, c’est atteindre un autre niveau psychologique, philosophique ou spirituel. Comment faire?
    2:13
    En ballon ou dans la vie, comment change-t-on d’altitude? Comment aller de la métaphore à quelque chose de plus pratique dans la vie de tous les jours? En ballon, c’est facile, on a du lest. Quand on lâche du lest, on monte : du sable, de l’eau, des équipements devenus inutiles. Je pense que la vie devrait être exactement pareille. »

    • j’ai une question, pour moi il y a la responsabilité qui rentre en jeu aussi, on ne vit pas seul sur la terre, dans le ballon non plus?
      La vie est un voyage, fait de nouvelles expériences, si c’est cela la métaphore, je suis plutôt d’accord.
      PS: qu’est-ce donc que la TED?
      Merci!

      • https://www.ted.com/about/our-organization

        Je ne vois pas je rapport avec la responsabilité.
        De fait on n’est pas seul, ou rarement. En quoi cela affecte-t-il la pertinence de la métaphore.

        Préférez- vous l’expression « nager avec le courant » ?

        La métaphore de BP est plus puissante, car elle implique de faire des choix irréversibles. C’est aussi vrai dans le monde réel.

        Le « lest » ce peut être beaucoup de choses. Rien que de se poser la question de savoir ce à quoi on est prêt à renoncer est un exercice révélateur.

        • « Nager avec le courant », oui, ce qui rejoint le fameux « lâcher prise » des philosophies asiatiques, concept très compliqué à expliquer à un occidental dont les références ont été bâties sur le cartésianisme, avec l’idée de la progression « verticale », donc du contrôle. Pour eux, le plus souvent, « lâcher prise » signifie « laisser-aller », au sens de l’abandon (couard) du combat face à l’adversité, là où, en réalité, il faut y comprendre la notion d’adaptation aux circonstances pour mieux lutter sans présumer de ses forces. Pourtant, dans la fable « Le chêne et le roseau », La Fontaine avait tout dit : ce qui ne plie pas rompt.

          • Asymmetric warfare, guerre de harcèlement pour détruire le moral de l’ennemi, en attendant le moment favorable …

            La fortune rend fous ceux qu’elle veut perdre.
            (qui foncent tête baissée dans des combats perdus d’avance, ou s’épuisent pour des causes dont ils ont oublié la finalité)

        • Je dis juste que cela nécessite d’être courageux, responsable et qu’ensuite il faut assumer les conséquences!
          Je comprends parfaitement sa métaphore.

        • Choisir c’est renoncer, tout le monde le sait. Je ne m’emballe pas de cette métaphore, que je ne trouve pas aussi puissante que vous, et je n’ai pas de préférence concernant l’expression utilisée (je ne m’emballe que très très très rarement)!
          Je ne sais pas si nos choix sont irréversibles, je pense que oui mais j’entends souvent des gens me dire que non.

          • De fait la seule chose vraiment et indubitablement enthousiasmante que représente BP est son projet « Solar Impulse », destiné à promouvoir à la fois l’usage de l’énergie solaire et celui de techniques économes en énergie.

            Un avion mû par la seule énergie solaire, et qui peut faire le tour du globe jour et nuit sans aucun autre apport d’énergie est un défi à l’imagination. La réussite de ce projet sera un « moment décisif » dans l’histoire de l’humanité. Icare sera né pour de bon.

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