L’absolue nécessité de la peur

Les gouvernants ne font plus qu’une chose : surfer sur les peurs pour accroître leur pouvoir. Le pire ? Cela semble marcher.

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Electricity BY Dinka Cherkezova (CC BY-NC-ND 2.0)

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L’absolue nécessité de la peur

Publié le 9 septembre 2022
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Alors que l’automne n’est même pas encore entamé, tout le monde semble vouloir parler déjà d’hiver. À commencer bien sûr par nos élites qui nous rappellent, par leur incroyable talent prévisionniste, que gouverner c’est prévoir, vous allez voir ce que vous allez voir.

D’ailleurs, on a vu : ayant su prévoir – avec un brio inégalé – que la France pourrait largement se passer de nucléaire grâce à sa batterie de moulins à vent et de petits panneaux solaires, nos formidables politiciens arrivent à présent et très progressivement à la conclusion que les premiers mois de 2023 pourraient être marqués par autant de tensions dans les rues qu’il n’y en aura plus aucune dans les câbles EDF.

Cornaquant le mammouth administratif français avec le cure-dent de leur bravoure, Macron et sa brochette d’ahuris ne ménagent donc pas leur peine pour nous expliquer que nous aurons vraisemblablement froid dans les prochains mois. De façon étonnamment synchrone (!), les hommes-troncs de la tribu télévisuelle n’hésitent pas à passer en boucle de palpitants reportages sur toutes ces sources cachées d’économies d’énergie que nous allons tous devoir trouver ou sur les meilleures façons d’isoler son logis. Eh oui, il est bien loin le temps où ces mêmes présentateurs frétillants nous expliquaient, la lippe tremblante, que nous allions tous mourir de chaud, et que le réchauffement climatique – indéniable m’ame Ginette – nous garantissait sur facture des hivers futurs aussi dénués de neige que de températures négatives.

Las : Poutine a sévi et a tout détraqué la météo avec ses satellites, ses batteries d’artilleries et ses robinets de gaz fermés ! À cause de lui, nous aurons froid, c’est quasi-certain.

Et si nous n’avons pas froid (ou disons, pas assez au goût de nos dirigeants), nous risquons l’accident nucléaire, là encore à cause de Poutine qui a aussi détraqué la stratégie militaire en décidant bizarrement de bombarder une centrale nucléaire pourtant située dans les territoires que son armée occupe.

Le tableau ne serait pas complet si, aux indispensables covideries qu’une poignée d’hypocondriaques continuent de colporter avec gourmandise, l’on oubliait d’ajouter les inévitables pénuries (alimentaires ou pire encore, de papier toilette) qui affameront certainement les plus pauvres et nourriront goulûment la chronique des prochaines semaines.

Autrement dit, le maître-mot de cette rentrée et des mois qui viennent sera la peur.

Car oui, vous n’y couperez pas : vous aurez peur de manquer de chaleur, de nourriture, de lumière. Vous aurez peur que l’Europe soit irradiée ou qu’un conflit nucléaire éclate.

Mais cela ne suffira pas : vous devrez aussi avoir peur à l’idée d’être jeté jeté en prison si vous vous chauffez trop, ou qu’on vous colle une furieuse amende pour avoir pris des douches trop chaudes. Vous aurez d’autant plus peur que Macron l’a précisément assuré : non, a-t-il déclaré, il n’y aura pas de « police des températures ». Ce qui garantit qu’il en mettra une en place (ou quelque chose d’équivalent), exactement comme pour le pass infâme.

Et comme pour cette pandémie, pour laquelle il fallait aplatir la courbe des décès, puis des hospitalisations, puis des cas, voilà qu’on évoque sans rire d’aplatir la courbe de consommation d’énergie avant de trouver d’autres indicateurs de plus en plus contraignants jusqu’à ce qu’il s’agisse enfin de vous aplatir vous, si vous sombrez dans la dissidence factieuse.

Vous allez devoir vivre isolé, dans le froid, la faim et le bilan carbone instantané, traqué minute après minute, pour garantir votre obéissance.

Car tout est là : si Macron, sa clique et ses congénères insistent tant sur tous ces aspects, si les médias, devenus complètement veules et assujettis à la plus basse des propagandes, enfilent sujet sur sujet, documentaire idiot sur reportage niais pour montrer que nous allons manquer, grelotter et gargouiller, si tout ce petit monde veut que vous ayez peur, c’est parce qu’il réclame avant tout votre soumission et votre obéissance (et de préférence aveugle).

Si vous vous opposez, vous êtes un traître au collectif, un gaspilleur ou un égoïste voire, pire que tout, un négationniste du climat et de la nécessité d’abandonner toutes les énergies fiables.

Vous trouvez que la rhétorique et les gimmicks communicationnels sont étrangement semblables à ceux de la précédente crise, sanitaire celle-là ?

Ce n’est pas un hasard : comme cela a suffisamment bien marché avec un virus, la caste avide de pouvoir illimité remet donc le couvert sur le thème d’une crise énergétique pourtant parfaitement artificielle et du reste largement prévue, voire planifiée. Sans montrer la moindre crainte que les peuples finissent par voir clair dans leurs petits jeux psychologiques pervers, elle reproduit donc le même schéma de crescendo pétochard pour faire trembler les foules. Une fois ces dernières transies d’effroi, placées devant un problème présenté comme insoluble, il suffira de leur offrir facturer une solution sans la moindre alternative pour que, cherchant à tout prix à revenir à un état de moindre anxiété, elles acceptent tout, n’importe quoi et surtout les privations les plus iniques de libertés.

L’étape suivante est connue : cette crise énergétique va bien attendrir le moutontribuable et ne sert que de tapis roulant pour l’amener sans efforts (de la part des gouvernements) vers la soumission complète à leurs lubies écologiques qui seront présentées comme l’unique solution à la crise suivante, climatique celle-ci.

Ces crises (sanitaire, énergétique, atomique ?, climatique) n’ont qu’un but : vous maintenir dans un présent de peur.

Le ciel va, assurément, nous tomber sur la tête : trop ou pas assez de pluie, trop ou pas assez de chaleur, trop ou pas assez de neige, de toute façon, le ciel tombera. Dès lors, vous devrez vous passer de voiture (tout le monde à vélo, les gueux !), de viande (les insectes seront parfaits d’autant qu’on ne peut les préparer au barbecue viriliste) et de toute liberté qui pousse toujours à des folies carbonogènes et facilement prohibées grâce à un pass !

Il n’y a aucun doute : les prochains mois seront, résolument, placés sous le sceau de la peur, la vôtre, que les phoboculteurs gouvernementaux vont s’escrimer à faire germer puis à développer en pousses vigoureuses aptes à cristalliser les rancœurs, les jalousies puis les haines et, enfin, à déclencher la traque puis la suppression le recyclage des déviants.


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Sur le web

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  • Mais vous me faites peur……..

  • « pour nous expliquer que nous aurons vraisemblablement froid dans les prochains mois »
    Macron fervent adepte de Coluche:
    « Dites moi ce dont vous avez besoin, je vous expliquerai comment vous en passer! »
    Sauf qu’il n’explique rien et surtout pas COMMENT nous pourrons nous en passer!
    Son petit confort et le pouvoir d’abord, le nôtre il s’en fout!

    11
  • On n’attendra pas longtemps maintenant avant de voir les résultats de cette politique de la peur: j’ai entendu récemment que les stations de sports d’hiver avaient PEUR de ne pouvoir honorer leurs factures d’électricité et que de ce fait, beaucoup n’ouvriraient pas cet hiver. Déjà que ça va impacter les municipalités dans leurs rentrées d’argent annuelles ( taxes diverses), cela va mettre sur le flanc toute l’industrie touristique ( commerces, hébergements, restauration) qui sera privée de clients ( comme pendant la pandémie ou les stations étaient ouvertes et les remontées fermées).
    Gouverner c’est prévoir qu’ils disent? Et à part les mots, ils font quoi?

    13
  • Bravo H16 pour cet article !
    L’illustration avec le père de la nation distillant ses conseils est un chef d’oeuvre !

    11
  • Y’a de quoi avoir peur avec ces pieds nickelés. Avec certitude l’euro va s’écrouler, l’electricte manquer et encore plus dur, la moutarde.
    Ils tiennent vraiment à sanctionner la Russie, c’est le bon plan pour sauver la planete….les européens, ils s’en foutent. Sans énergie, l’ue va faire quoi, même le boulanger va mettre la clé sous la porte… Même pas, porte ouverte, sa boutique ne vaut plus rien.

  • Que dire de plus? Changer de mode de réaction (accepter tout avec humour) ?Quelles sont les frontières de l’inacceptable? Jusqu’où peut-on rigoler de l’échec économique, de la faillite des idées, de la collusion des pouvoirs, de la privation des libertés?

    • Excellente question !
      Je crains que la seule alternative ne soit l’humour ou la violence.

      12
      • On va commencer par l’humour, et s’ils ne comprennent pas, la violence viendra naturellement!

        • C2MR
          Bonjour,
          Ils ne comprennent pas et ne comprendront pas que nous riions d’eux. Ils accrochés à leurs privilèges comme deux bouts de ferrailles soudés entre eux. Ils ne comprendront même pas le pied de biche.
          Quant à la violence, ils l’ont tellement catégorique comme extrême droite que quiconque résistera il se sera qualifié d’extrémité et subira une autre violence, celle de l’Etat,la seule qui soit « légitime » donc « juste ».

          L’URSS et l’Occupation auront l’air de cœur de récré comparées ce qui nous pend au nez.
          Ils n’ont plus que la peur t la violence d’Etat tyrannique comme cartes.

          • La paix n’engendre pas forcément la paix, mais la violence appelle la violence! TOUJOURS!
            Regardez l’histoire du monde, rien de nouveau aujourd’hui!
            Mais l’humain apprendra-t-il un jour de ses expériences? On peut en douter non?

    • Le PSG a montré que l’humour ne passe plus.

      • Pas d’accord. Il y a autant de Français qui ont bien rigolé que d’électeurs qui n’avaient pas voté Macron : une immense majorité.

  • S’il n’avait pas la peur pour naviguer à vue et assoir sa position comme on va aux toilettes, le roi républicain (soit le pire des souverains) serait nu comme un ver. J’aime bien la phrase de Pompidou pour illustrer une méthode à angle droit avec Macron 1er : « Arrêtez d’emmerder les Français ! Il y a trop de lois dans ce pays, on en crève, laissez-les vivre, et vous verrez ça ira beaucoup mieux. » Mais on en est loin, très/trop loin malheureusement…

    14
  • pas seulement avoir peur.

    mais se soumettre à la solution du chef..

    sauver le climat à tout prix en somme;.

    au prix de la mort de froid de quelques emmerdeurs.

  • Celui qui contrôle la peur des gens devient le maître de leurs âmes
    Nicolas Machiavel.

    • que veut dire « contrôler » la peur …
      j’ai plutôt l’impression que macron joue avec des peurs qu’il ne CONTROLE pas..

  • Rien à ajouter, c’est exactement ça !

  • Conforme au plan dictatorial, après vu que son livre de chevet est le Prince de Machiavel, plus rien ne m’étonne…..

  • Les commentaires sont fermés.

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