Les créations d’entreprises sans salariés, inutiles pour l’emploi ?

95% de toutes les créations d’entreprises sont des entreprises sans salariés, alors qu’il faudrait encourager les créations d’entreprises avec salariés.

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Les créations d’entreprises sans salariés, inutiles pour l’emploi ?

Publié le 22 juin 2014
- A +

Par Valérie, d’Emploi 2017.

Les chiffres officiels sur les créations d’entreprises en France sont artificiellement gonflés par la prise en compte d’entreprises sans salariés. Par ailleurs, les autres pays, comme par exemple les États-Unis ou l’Allemagne, publient leurs statistiques uniquement pour les entreprises employeuses puisqu’elles seules comptent pour la création d’emplois. Les entreprises sans salariés ne sont que des zombies avec une chance minime de grossir et de devenir un jour des entreprises employeuses.

À chaque fois que nos politiques se félicitent des succès de l’entrepreneuriat en France et de l’augmentation du nombre de créations d’entreprises, il faut s’en méfier, puisque les chiffres qu’ils ont eu sous les yeux étaient sûrement ceux qui incluent les entreprises sans salariés.

C’est pratiquement devenu un lieu commun de parler de plus de 500.000 entreprises créées chaque année en France. Les chiffres sur les créations d’entreprises tels que publiés par l’INSEE sont présentés en base mensuelle, et tous les médias les reprennent régulièrement sans trop regarder dans les détails, d’où l’affirmation que nous créons chaque mois près de 45.000 entreprises nouvelles. Vraiment ?

Certains médias vont un peu plus loin et font la remarque que, selon l’INSEE, près de 50% de toutes les entreprises créées sont celles des auto-entrepreneurs, qui avec tous les autres régimes d’entreprises individuelles représentent 70% dans l’ensemble des créations.

Mais aucun média, ni l’INSEE elle-même, ne met en avant le fait que 95% de toutes les créations sont des entreprises sans salariés. Par conséquent, le véritable nombre d’entreprises employeuses créées en France est d’environ 30.000 par an, chiffre certainement peu connu par nos politiques.

Cas américain

Comme en France, les entreprises sans salariés représentent une part considérable de toutes les entreprises créées aux États-Unis. Mais contrairement à leurs homologues françaises, elles ne sont pas répertoriées dans les statistiques officielles, leur véritable nombre étant difficilement connu jusqu’au début des années 2000 où les administrations américaines ont commencé à faire des rapports plus poussés pour connaître davantage ce type d’entreprises.

La Small Business Administration (SBA) a fait en 2009 une demande spéciale auprès du Census, qui ne considère comme création d’entreprise que celle créée avec au moins 1 salarié, d’effectuer exceptionnellement les dépouillements du nombre de créations et de destructions d’entreprises sans salariés pour pouvoir comparer leur évolution à celle d’entreprises avec salariés.1

Le principal argument de la SBA consiste à dire que les entreprises sans salariés sont très difficiles à identifier puisque souvent elles représentent une activité secondaire de leur créateur, en complément de son travail rémunéré, et par ailleurs le potentiel de croissance de ces entreprises est extrêmement faible.

Entreprises sans salariés et entreprises individuelles

Les entreprises sans salariés sont des entreprises qui n’ont aucun salarié, et qui sont dirigées par une ou plusieurs personnes dans le statut de créateur(s). Souvent les entreprises sans salariés représentent une activité à temps partiel, basée au domicile d’un de ses créateurs qui y consacrent moins de 40 heures par semaine. Dans la définition officielle, le Census ajoute aussi une obligation d’avoir au moins 1.000 dollars de chiffre d’affaires (ou 1 dollar dans le cas de la construction) pour être reconnue dans les statistiques des entreprises sans salariés.

Contrairement aux entreprises sans salariés, les entreprises individuelles sont dirigées par une seule personne, mais n’ont pas de personnalité morale. C’est un concept légèrement différent de celui d’entreprises sans salariés dans le sens où les entreprises individuelles représentent souvent l’activité principale de cette personne, qui est par conséquent répertoriée dans les statistiques du marché du travail.

Les entreprises sans salariés sont donc des businesses, et les entreprises individuelles représentent des personnes. Mais dans la plupart des cas les entreprises individuelles n’emploient aucun salarié, et par conséquent on peut parler d’équivalence entre les deux termes.

L’intérêt que portent les organismes comme la SBA aux entreprises sans salariés est que ces dernières représentent une vraie masse, mal identifiable et peu explicable, d’où un jour peuvent émerger quelques chanceux avec des salariés qui vont immédiatement apparaître dans toutes les statistiques officielles sur l’évolution des entreprises et de l’emploi. Mais quelques chiffres découverts récemment par cette même SBA mettent en doute la possibilité de cette réussite.

Il se trouve que parmi les entreprises sans salariés seules celles dirigées par plusieurs personnes ont une chance de grossir ; les entreprises avec un seul créateur vont rester dans la plupart des cas sans salariés. Pourtant, d’après plusieurs études conduites par la SBA, 90% des entreprises sans salariés ne possèdent à la création qu’un seul créateur.

Cette certitude avec laquelle l’INSEE continue de comprendre les entreprises sans salariés, ainsi que les entreprises individuelles représentées notamment par les auto-entrepreneurs, dans toutes ses statistiques officielles, nous laisse stupéfaits. Est-ce vraiment sur des zombies que nous plaçons tous nos espoirs ?

Créations d'entreprises avec et sans salariés

Sur le web

  1. Il se trouve que les entreprises sans salariés se caractérisent par la turbulence schumpetérienne trois fois plus forte que celle d’entreprises avec salariés.
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  • Sylvia Pinel en avait tiré toutes les conséquences : décourager toutes les créations d’entreprises, surtout si elles ne créent pas d’emploi.

  • Merci pour les zombies.

    L’auteur de cet article n’est certainement pas créateur d’entreprise avec ou sans salariés . Il saurait sinon que créer son propre emploi dans le cadre d’une entreprise individuelle est déjà une prouesse en France.

    • Vraiment Esteld? Vraiment? Tu penses vraiment que Contrepoints chargerait les entrepreneurs? On n’est pas des communistes! Essayez un peu de tenir compte du contexte!

      • Je ne vois pas où il faudrait chercher un contexte :

        « Les entreprises sans salariés ne sont que des zombies avec une chance minime de grossir et de devenir un jour des entreprises employeuses »

        Je crains qu’il soit difficile de ne pas trouver le terme « zombie » péjoratif…

        Article à côté de la plaque, heureusement les commentateurs ont fait de justes remarques :

        – un emploi pour soi est un emploi qui assure en général un certain sérieux, mais un emploi avant tout, qui plus est un non-chômeur qui va être prélevé à mort, cotiser, et ne rien couter à la collectivité!
        – sans blague, avec la réalité douloureuse de la conjoncture/niveau de la fiscalité/code du travail, se lancer, c’est déjà être couillu, mais embaucher, c’est de la quasi-inconscience (et c’est une salarié qui le dit)
        -assez cocasse sur ce site de trouver un jugement sur ce qui est bon ou pas. Où qu’il est l’ordre spontané?

  • Inutile de mépriser ainsi les entreprises sans salariés.
    Il aurait été plus pertinent de se demander en quoi la politique française met des bâtons dans les roues des entrepreneurs… L’Etat veut qu’on plante un arbre et qu’on le taille de 50-70% chaque année… et s’étonne que ça pousse mal.

    Enfin, je regrette la sacralisation du salariat qu’on devine dans l’article. Le salariat n’est pas une fin en soi : si la société se complait à attendre des autres (employeurs) qu’on lui offre un destin, comment lui en vouloir quand cette même société vote pour la gauche qui va dépouiller « les autres » pour son soi-disant bénéfice?

    Le salariat est sans doute une nécessité, mais pas un modèle idéal de travail, loin de là.

  • Bonjour Monsieur Zimmern :

  • l’article le plus stupide jamais lu sur contrepoint !

    l’auteur de l’article devant être fonctionnaire ou émargeant dans une officine glauque payée avec de l’argent public oubli entre autre que les entrepreneurs individuels créent de l’emploi : le leur, et c’est déjà pas si mal en france : 1 million d’Ei = 1 million de chômeurs en moins.
    quand à leur croissance trop faible, et bien essayer de lancer une entreprise quelle qu’elle soit en france en ce moment et on en reparlera

    • Je ne vois pas non plus l’intérêt de cet article. Toute activité économique est bonne, qu’elle soit réalisée avec des salariés, avec seulement un entrepreneur à temps complet, ou même avec un temps partiel. Il n’y a pas qu’un seule modèle économique pour créer de la richesse.

    • +1
      Un créateur d’entreprise, même sans salarié, à au moins le mérite de créer son propre emploi. Quant aux « entreprises avec au moins 1 salarié », elles ne sont pas plus représentatives : il suffit de créer une SARL en s’associant avec des membres de sa famille et de d’auto-salarier.

      • Et j’ajoute rais que l’auteur de l’article est issue de la,pure vision socialiste française : une entreprise est forcément « grosse ». Small is beautiful, surtout à l’heure d’Internet…

  • j’ai , comme beaucoup , crée mon propre emploi en étant auto entrepreneur ; c’est quand même mieux que de rester à rien glander en attendant aprés le rsa ou autre allocs ; et si ça déplait aux glandu d’en haut , c’est pas grave , ce n’est pas pour eux que l’on fait ça , c’est pour nous , on leur montre ainsi que l’on a le courage de faire ce que eux n’ont jamais fait et ne feront jamais ;

  • Mais j’aimerais bien avoir des employés. .. Mais ça, l’état veut pas.

  • C’est quoi cet article?
    Tout le monde sait parfaitement que le nombre d’entreprises créées prend en compte les autoentrepreneurs et autres entreprises individuelles.

    D’abord un petit tour de passe-passe:
    1. 95% des créations d’entreprises sont sans salariés
    2. aux US la majorité sont des entreprises individuelles qui sont des activités d’appoint
    3. si ce sont des activités d’appoint (généralisation du cas US sans analyse) elles ne créeront jamais d’emploi
    Beau raisonnement totalement biaisé.

    Mais où sont les sources? On aimerait bien les avoir pour comprendre un peu mieux ce qui est avancé.
    Ainsi: ces affirmations (création d’emploi ou non) sont valables à quel terme? Quel est le profil de création pour les entreprises à n+1 +2 +3 etc.?

    Pourquoi sur le tableau (non sourcé) qui compare les créations d’entreprises et postes de salariés entre France Allemagne et RU, trouve-t-on un écart aussi fort en faveur des entreprises françaises quant au nombre de postes créés par entreprise? ( 3.14 pour la France, 2.41 pour le RU et 1.85 pour l’Allemagne)

    Quelles sont les principes de mesure? Le travail du créateur/entrepreneur ne compte-t-il pas?
    Quel est l’impact de la disponibilité capitalistique sur la création avec salariat?
    Quel est le coût relatif des législations (effets de seuil, droit du licenciement, mode de règlement des impôts et charges, frais fixes non productifs obligatoires non compressibles (forfaits) etc.)?
    Quel est le nombre de créations qui correspondent pour chaque pays à une filialisation? (en relation au soit disant mystère des créations avec plus d’un associé) etc.
    Comment se situe la pérennité des entreprises individuelles par rapport à celles qui ont un employé?

    Et au final: quel est donc l’objet de ce texte?
    Incompréhensible.

  • Bonjour à tous. Il me semble que nous ne devrions pas faire de faux procès à l’auteur…

    Son propos n’est pas tant de s’attarder sur les micros ou auto-entreprises que de dévoiler un élément du discours propagandiste des élus, martelé avec très grande complaisance par les médias: à savoir la vigueur de la création d’entreprise en France soi-disant à hauteur de 500 000 / an quand la réalité des chiffres pour les entreprises au sens où le public l’entend (donc avec création d’emploiS à la clef) est plutôt de l’ordre de 30 000 / an. Donc 10 x moins.

    Ce diagnostic est particulièrement important car 1) tout le monde ne veut pas, ou ne peut pas, pour des raisons diverses être auto entrepreneur et créer son propre emploi et 2) la micro-entreprise n’est pas adapté à de nombreux types d’activité et ne saurait répondre aux besoins de croissance d’une économie développée à elle seule.

    Or, ainsi que de nombreuses études (relayées par Contrepoints notamment) l’ont montré, la création d’emploi nette a lieu au sein des entreprises jeunes… Donc notre potentiel de création d’emploi ne peut s’exprimer -tous comptes faits- que sur une base 10x plus faible que celle fièrement exhibée par les clowns à roulette du cirque politico-médiatique. Ce pays est donc bien foutu, comme le dirait h16.

    Le terme de Zombie employé par l’auteur pour exprimer le fait que nous n’avions pas ici affaire à des PME supposément « fécondes » en termes de génération d’emplois… a manifestement choqué certains lecteurs dont des auto-entrepreneurs méritants et courageux à n’en point douter. Il ne me semble pas qu’il faille y voir de jugement de valeur sur les mérites respectifs des individus acteurs économiques. Certes, ce vocable est probablement d’un emploi pas très bien inspiré ici du fait de ses connotations très négatives.

    Cela dit, au delà des éléments de forme du débat, nous, libéraux, devrions nous unir et nous rejoindre sur le constat que l’auteur veut nous faire partager: la vigueur de la création d’entreprise en France est une mesure en trompe l’oeil, bien plus fortement corrélée avec la croissance des chiffres de Pole-Emploi qu’à un véritable dynamisme de l’activité économique et de la création d’emplois net….

    • Je suis d’accord évidemment sur votre constat quant à la manipulation que permettent les chiffres ainsi donnés.
      Ce qui me déplait, pour le dire crument, c’est le titre auquel il n’est pas répondu finalement, au terme d’une analyse dont on ne sait ni sur quoi elle repose, ni où elle nous conduit. Il est sous-entendu que le fait qu’une entreprise n’embauche pas serait en défaut: selon quels critères? Est-ce le but d’une entreprise? Si l’objet de l’article est de critiquer un habillage artificiel des chiffres, quel besoin d’aller chercher les chiffres US de la SBA? Pourquoi comparer des projets qui n’ont aucun rapport à l’aune d’un critère discriminant arbitraire? Etc.
      Quant au ton, il est inutilement désagréable et condescendant: allez dire au type qui se crève pour ne pas sombrer et garder en lui la force de tenter à nouveau que son aventure est un zombie. En quoi serait-il méprisable ou non rentable socialement d’avoir des entreprises qui ne font vivre que partiellement leur animateur? C’est à la fois injurieux, à côté de la plaque et totalement contraire à toute vision libérale.
      Pouvez-vous vraiment prétendre que le changement de paradigme actuel n’augure pas d’une généralisation de ce modèle (entrepreneur individuel qui recouvre ainsi sa liberté de contracter)? Pouvez-vous vraiment prétendre que les nouveaux maillages de compétences ne laissent pas une place grandissante aux organisations horizontales?
      Est-il vraiment objectif de supposer le modèle de l’individu libre de contracter inférieur à celui du salariat tel qu’en place? Pensez-vous que la sécurité tant vantée de ce dernier modèle ne soit pas tout aussi qualifiable de « zombiesque »? Pensez-vous vraiment que les entreprises intégrées que nous connaissons, et en particulier les plus grandes, sont à même de faire évoluer les règles du jeu actuel, de faire sauter les monopoles indus de représentation par des corps constitués qui ne représentent plus que leurs propres intérêts?
      Tout le monde a bien compris qu’en particulier les AE sont majoritairement des gens qui choisissent ce statut faute de mieux. Mais le mieux en question n’est jamais évoqué. Je ne parle pas de salariat, mais de réelle liberté d’entreprise et ce qu’elle nécessite, qu’il s’agisse de législation, de libre concurrence ou de capital disponible.
      Ce dernier point qui est rarement évoqué autrement que pour les entreprises déjà matures ou ayant déjà décollé, est essentiel. Tout concourt actuellement à un assèchement du capital disponible chez les particuliers. Or ce sont eux et eux seuls qui sont les prêteurs de premier ressort quand il s’agit de faire démarrer une activité.

      • Simple citoyen, votre analyse est intéressante sur un plan intellectuel…

        Mais elle fait fi n’une réalité entêtante qui touche 5 000 000 de personnes officiellement en France et DOM/TOM, probablement beaucoup plus quand vous ajoutez tous ceux qui ont renoncé, à savoir: le chômage. Lorsque vous déclarez « il est sous-entendu que le fait qu’une entreprise n’embauche pas serait un défaut: selon quels critères ? », il conviendrait que vous vous rendiez dans une agence Pole Emploi rencontrer la file triste et ininterrompue de demandeurs d’emplois, jeunes, quadras, vieux, hommes, femmes, cadres ouvriers AMT, bien-portants et autres, qualifiés ou non, licenciés ou simplement désireux d’entrer sur le marché du travail pour que vous leur posiez cette question.

        A ceux qui auraient une opinion tranchée sur la question, vous voulez objecter qu’ils pourraient se réinventer en auto-entrepreneurs, échanger sur les mérites respectifs du salariat et de l’auto-entreprise, et explorer le changement de paradigme que vous évoquez ? Soyons sérieux.

        Le problème posé par l’auteur est très valide et celui-ci, du reste, ne cherche pas à dénigrer les auto-entrepreneurs en tant que personnes ni leurs projets, mais à mettre en lumière le fait que les statistiques présentées mélangent dans un même agrégat des objets de nature très différentes, en particulier sur le plan organisationnel et social, sous couvert de similitudes juridiques, comptables et fiscales.

        …Et dans cet agrégat, les objets très désirables, pour les demandeurs d’emploi, que sont les jeunes entreprises employeuses, sont infinimment moins nombreuses que ne le laissent croire les statistiques et le discours ambiant.

        • Mon analyse n’a rien d’intellectuelle. Elle est au contraire ancrée dans le concret:
          1. les gens qui créent de la richesse (car après tout qu’est un emploi?) en montant une activité individuelle, que ce soit par choix ou non, en autoentreprise ou non sont-ils à mettre à l’index? Non.
          2. les mêmes contribuent-ils à l’amélioration de la société et à la résorption du chômage? Oui.
          3. quel rapport entre le fait qu’un nombre important de gens trouvent leur emploi en le créant et le fait que tous ne puissent le faire? Aucun.
          4. Lorsque je déclare « il est sous-entendu que le fait qu’une entreprise n’embauche pas serait un défaut: selon quels critères? » Je maintiens: selon quel critère? Et me faire la liste des demandeurs d’emploi n’y changera rien. Vous préférez 1 million de personnes qui restent actives par ce moyen (ne parlons que ce ceux qui n’embauchent pas) ou qu’elles embauchent et se plantent à 90%? Ne parlons même pas de la contradiction évidente à parler des autoentrepreneurs dont le statut rend quasiment suicidaire d’embaucher qui que ce soit.
          Ayez la courtoisie de ne pas me faire de procès d’intention en dénaturant mes propos, en particulier lorsque vous vous contentez de ne répondre qu’aux objections qui vous arrangent.
          5. Pour le reste: oui les entreprises qui créent des emplois de manière significative sont très peu nombreuses. Oui ces agrégats sont de la com publique et inappropriés. Donc quoi? Les chercheurs d’emploi feront quoi. Dans 6 mois? Dans 1 an? Dans 5 ans?
          Au bout du bout, car c’est de ça qu’il s’agit quand on parle pragmatiquement: vous pensez que leur emploi viendra de l’état? Non. Vous pensez qu’il viendra des entreprises existantes? Non. Il viendra effectivement de nouvelles entreprises, y compris celles qu’ils auront eux-mêmes créées.
          Un dernier point que je voulais abordé et auquel vous m’avez fait penser en lisant votre réponse: l’employabilité est-elle meilleure pour un chômeur de longue durée ou pour un demandeur d’emploi qui a créé en parallèle sa propre activité, quitte à ce qu’elle vivote? Je penche facilement pour la seconde, et pas seulement du point de vue de l’employeur, mais surtout de celui qui a ainsi gardé un pied dans une activité.

          • @simple_citoyen : +1000
            Indéniablement, il n’est écrit nulle part qu’une entreprise ait pour objectif d’embaucher. C’est toute cette vision pourtant qui sous-tend l’analyse de l’auteur…

          • Personne ne dénigre les auto-entrepreneurs ni la création de richesse induite par leur activité, ni les intérêts de leur démarche… Arrêtez donc de les victimiser et de vouloir sauver la profession, c’est parfaitement inutile, nous somme ici sur un forum libéral, donc par nature favorable à la liberté économique et la prise d’initiative des individus.

            La question soulevée par l’auteur est autre, puisqu’il s’agit de mettre en lumière le décalage entre les besoins de création d’emploi et la création d’entreprise génératrice nette d’emploi -autre que l’emploi salarié ou non du fondateur.

            En effet, même si une partie des chômeurs peut créer son activité, il restera une partie significative dont la préférence individuelle ou les aptitudes seront pour le salariat ; disons quelques petits millions, dont chacun des cas est un drame individuel et familial.

            Concernant les attentes de cette partie là, le constat de l’auteur semble double: 1) les autoentreprises ne sont que très peu créatrices d’emplois au delà de l’emploi du fondateur, et 2)il faudrait donc concentrer l’attention et les efforts sur les entreprises qui sont susceptibles de créer des emplois, donc a priori pas sur celle qui ne semblent relever que d’un projet d’autoemploi.

            Le point 1) pourrait être challengé -comme vous l’avez fait ainsi que d’autres contributeurs- en arguant du fait que les AE contribuent indirectement à baisser le chômage en créent de l’activité sur un plan macroéconomique et de ce fait participent au renforcement de la demande intérieure ; l’objection sur la difficulté à embaucher pour une petite structure est aussi parfaitement valide, notamment dans le cadre fiscal et social kafkaïen français ; toutefois, l’auteur semble poser la question de la nature individuelle / unipersonnelle du projet initial des AE qui semblerait faire obstacle, sur un plan statistique, à une croissance en emploi ultérieure.

            Le point 2) est légitimement sujet de débat pour des libéraux car plutôt que « d’encourager les créations d’entreprises avec salariés » comme l’auteur le propose dans son accroche, ne conviendrait-il pas plutôt à la puissance publique de rester neutre quand au mode d’organisation que les entités économiques désirent retenir pour elle mêmes (entreprises unipersonnelles ou collectives) au lieu de vouloir « encourager » par des privilèges ou de l’argent des contribuables. En résumé, au lieu de rêver à des encouragements dont l’expérience montre qu’ils sont toujours des marchés de dupes, il faudrait déjà simplement commencer par ne pas décourager, bloquer, ni contraindre…. en desserrant réellement le carcan réglementaire et fiscal.

            Bien à vous

            • Pas d’accord: je travaille à mon compte, sans employé pourtant j’ai embauché à titre personnel une nounou pour garder mes enfants et je fournis du travail à ma comptable et ses employés: bien que ma societe n’emploie pas directement, mon travail est pourtant source de deux emplois.

              • Mais si, nous sommes d’accord, et vous avez raison.
                J’ai évoqué l’effet que vous décrivez en mentionnant la contribution indirecte des AE à la croissance économique et à la création d’emploi (§5 de mon post).

  • Que 95% des entreprises crées soient sans salariées montrent surtout que c’est l’Etat, le Zombie.
    Cette stat reflète bien l’état actuel des choses : créer une entreprise est facile, la développer et embaucher est un calvaire.

    • Un article provocateur et d’un refoulé de la société !
      J’ai été artisan pendant 35 ans avec et sans ouvrier, c’est un choix à un certain moment de la vie, et contraint pour des raisons divers.
      Mais le gros problème en France c’est que nos chambres de métiers et de commerce n’ont aucune capacité à faire évoluer les PME, j’ai innové pendant plus de 10 ans dans le secteur des EnR, en 2005 ils ne connaissaient même pas le mot éolien ou PV et non que très peu évolué depuis, idem pour les conseils généraux. Une véritable catastrophe pour le pays que de ne pas s’occuper de la petite PME avec ou sans employé, c’est un trésor endormi .

      • ballo:  » Une véritable catastrophe pour le pays que de ne pas s’occuper de la petite PME avec ou sans employé »

        La catastrophe est justement qu’ils s’en occupent: Ponctions mortelle, réglementation ubuesque.

  • TAFDA !!!

    un salarié , c’est un  » mis sous tutelle « , et un espèce d’untermenschen , ça ne devrait pas avoir droit de voter , juste de regarder la une , avec pernod au millieu de la journée …

    depuis la deuxième geurre mondiale, on a détruit en france , 5 millions d’indépendants ( agriculteurs, commercant … ) et aujourd’hui , il y a 5 millions de chomeurs et impossibilité d’élir un parti qui dit franchement que les caisses sont vide et que l’on va devoir baisser les salaires …

    ce pays est foutu !

  • La concurrence est faussée entre les entreprises sans salariés et les autres:pas d’exonération de charges sociales quand on travaille tout seul,par contre si on embauche un smicard…

  • Oui, c’est un fait. 95 % des entrepreneurs créent pour un objectif d’emploi et non développer une entreprise, créer des richesses pour son territoire.
    Ne crachons surtout pas sur ces auto-entrepreneurs ou entrepreneurs individuels qui bossent durs pour tenir la rampe…

    Posons-nous surtout la question : combien ont été dupés en se lançant souvent vite et seul dans un business qu’ils croient plus facile parce qu’administrativement plus simple ?
    Combien sont heureux de vivre cette indépendance certes inconfortable mais libre.
    Quelle responsabilité les experts, prestataires, financeurs et intermédiaires portent dans ces chroniques d’un cimetière annoncé ?
    Combien, isolés, ne révéleront pas leurs vrais potentiels et leurs capacités à se développer ?

    L’entrepreneuriat progresse parce que le salariat est malade.
    Et l’entrepreneuriat devient malade parce que 70 % des entrepreneurs ne se font pas accompagner vraiment au moment de leur premiers pas et surtout avant.
    Il y faille de légitimité des réseaux d’accompagnement qui n’ont su parler suffisamment clair, vrai et pro pour s’attirer la confiance des candidats à l’entrepreneuriat. Qui n’ont pas su être vraiment compétents pour certains.
    Valorisons donc les réseaux qui font du vrai bon boulot, avec des chefs d’entreprises bénévoles qui viennent partager leur expérience et donner de leur temps et des permanents expérimentés, formés, acceptent d’être challengés ou certifiés, plutôt que de se cloîtrer derrière des monopoles…

    Il y a responsabilité des entrepreneurs eux même de se lancer tête baissée en n’écoutant que des publicités, organismes publics ou politiques leur faire miroiter que demain ils seront riches et libres … Combien préparent avec plus de soin leurs voyages de vacances que ce grand plongeon dans la jungle de l’économie et de la concurrence ???

    Bien détecter les potentiels et bien orienter les porteurs de projet doit être l’action de professionnels indépendants de tous réseaux, financeurs ou prestataires.
    Ceux qui s’intéressent à ce sujet peuvent suivre l’actualité des initiatives en la matière http://ww7.fr/e9sj
    Encourager aussi l’action de la http://www.fnpae.fr

  • Bizarrement je trouve l’article tres juste. Je n’y vois ni ne perçois aucun dénigrement de l’importance du salarié, bien au contraire
    Mais il touche le sujet de l’information et peut-être avec trop de subtilité, ce qui est peut-être tout ce que l’on peut lui reprocher. Puis-je essayer un raccourci?
    – les chiffres INSEE devraient être la référence du volume d’entreprise crées (en net augmentation : bravo belle réussite du nouveau statut d’auto entrepreneur) et devraient rajouter un simple ratio #entreprises créées / # salariés impliqués – la ratio montrant par fait qu’il faut que l’etat encourage, favorise et soutienne beaucoup plus les nouveaux entrepreneurs dans leurs capacité d’engagement de salarié
    Merci à l’auteur et merci à tous pour vos commentaires de qualité

  • Les commentaires sont fermés.

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