Création d’entreprises : la France sur la bonne voie ?

Des créations d’entreprises plus importantes, davantage tournées vers l’industrie, plus « classiques », appuyées sur une meilleure adaptation de la main-d’œuvre, seraient des facteurs importants de succès.

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Création d’entreprises : la France sur la bonne voie ?

Publié le 23 janvier 2020
- A +

Par Yves Buchsenschutz.
Un article d’Entrepreneurs pour la France

Nous avons eu droit récemment à des statistiques de l’INSEE sur la création d’entreprises en France. Il paraît intéressant, dans la mesure où nous pensons qu’elles sont une composante basique de la création d’emplois et de la lutte contre le chômage, de les examiner de plus près.

À première vue, c’est cocorico : la création d’entreprises, voire d’emplois est en plein développement. La croissance en France en 2019 a été de 1,3 %, le nombre d’entreprises créées de 815 000, les emplois créés de 260 000 et le chômage serait désormais à 8,6 %. S’agit-il de poudre aux yeux ou d’un véritable changement ?

La création d’entreprises

La création d’entreprises est en croissance significative en France depuis maintenant au moins quatre ans :

  • en 2016, la France avait créé 554 000 entreprises dont 330 000 « classiques » (les micro-entrepreneurs ne créent en général que leur propre emploi et il est assez peu pérenne)
  • en 2017 elle en a créé 591 000, dont 343 000 classiques
  • en 2018 elle en a créé 691 000 dont 382 000 classiques
  • en 2019 elle a créé 815 000 entreprises dont environ 410 000 classiques

Ceci représente une croissance de 47 % au total et de 25 % pour les entreprises « classiques ».

Si l’on se rappelle que la France affichait historiquement un retard de 5 à 6 millions d’entreprises, cela commence à être significatif.

La création d’emplois

La courbe des créations d’emplois a été plus chahutée :

  • en 2016, 212 000 créations
  • en 2017, 338 000 créations
  • en 2018, un ralentissement surprenant, 106 000 créations seulement
  • en 2019, reprise 263 000 créations

Ces emplois redeviennent progressivement « industriels ».

Depuis 2017, la France a cessé de détruire de l’emploi industriel recommençant à créer ce type d’emplois après un point bas cette année-là tout juste supérieur à 3 000 000 d’emplois dans ce secteur fondamental de l’activité. Nous étions auparavant sur une tendance de perte d’emplois industriels de l’ordre de 25 à 30 000 par an. Il est encore trop tôt pour crier victoire, mais la tendance s’est inversée dans cette catégorie.

Le chômage

Le chômage dont le dernier pic date de 2015 à 10,2 % redescend certes trop lentement mais baisse à 9,3 % en 2016, et 8,6 % en 2017.

Il semble par contre bloqué depuis cette date aux environs de 8,5 % même si des améliorations partielles apparaissent comme un moindre chômage des jeunes.

Il y a encore beaucoup à faire, en particulier sur les seniors en corrélation avec le report progressif de l’âge de la retraite.

Les postes à pourvoir et les apprentis
2016 2017 2018 2019
Postes vacants bruts 140 000 170 000 170 000 195 000
Postes vacants nets 120 000 150 000 135 000 175 000
Apprentis (entrée en) 290 000 295 000 310 000 nd

La tendance sur les postes à pourvoir augmente mais assez lentement. Ce pourrait être une satisfaction, car cela peut anticiper des emplois.

Une explication possible : la formation ne suit pas la création d’emplois potentielle. Les chiffres semblent moins fiables et le suivi des apprentis est encore plus flou (DARES) et publié avec des délais plus importants. Il y a certainement encore des progrès à faire dans la machine formation.

Conclusions

Il est trop tôt pour tirer des conclusions mais il est évident que ces tendances, lourdes, ne s’inverseront pas facilement. Il faudrait que l’année 2020 confirme largement ces chiffres pour reprendre espoir et espérer une nouvelle baisse du chômage, laquelle aiderait la France à reprendre un chemin budgétaire un peu plus vertueux.

La création d’entreprises se trouve au croisement des conditions favorables créées par l’environnement et de l’envie d’innover des individus qui a beaucoup progressé ces dernières années. Des créations d’entreprises plus importantes, davantage tournées vers l’industrie, plus « classiques », appuyées sur une meilleure adaptation de la main-d’œuvre, seraient des facteurs importants de succès.

Nous en avons besoin.

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  • Une nouvelle baisse du chômage n’aiderait pas plus que la précédente la France à reprendre un chemin budgétaire plus vertueux ! Les chemins vertueux résultent d’une motivation sans faille pour utiliser la dite vertu pour redresser la situation, ils ne sont pas spécialement favorisés par des améliorations conjoncturelles, lesquelles flattent au contraire la paresse et le laxisme.

    • ce qu’on appelle « baisse du chomage  » en france c’est en réalité ‘baisse des chiffres du chomage »
      ainsi si on exclut de indemnisations des millions de chômeurs , les chiffrent y voient une baisse massive du chomage !
      Méfiez vous des chiffres concoctés par les fonctionnaires de L’INSEE, ils doivent etre a la base de certaines promotions ;))

  • La statistique brute sur la création d’entreprises ne suffit pas à elle seule. Il convient de la compléter par les défaillances d’entreprises, notamment par le taux de survie à 2, 5 ou 10 ans. A 5 ans, 50% des entreprises nouvelles auront disparu. Combien survivront au-delà de 10 ans ?

    Quand on observe l’évolution du nombre total d’entreprises, stagnant à environ 4,5 millions, dont plus de 3,2 millions sans salarié et 1,1 million avec moins de 10 salariés, le constat reste à l’absence de dynamique entrepreneuriale, les entreprises ayant à l’évidence d’énormes boulets attachés aux pieds encore aujourd’hui.

    L’effet absolument dévastateur des seuils sociaux et fiscaux sur la croissance de l’activité, de même que les difficultés d’accès aux capitaux en phase de croissance sont largement documentés. Peu a été fait (pour ne pas dire rien) pour alléger ces fardeaux et l’URSSaf n’est toujours pas l’amie des entrepreneurs.

    L’Etat obèse pèse encore 56% du PIB, sans compter ses multiples excroissances cachées par les statistiques. Tant que l’Etat contrôlera directement ou indirectement les 2/3 de l’économie, il n’y aura pas de place pour une économie vivante et saine. Dans ce contexte, chômage, pauvreté et dépendance sociale persisteront à des niveaux élevés et la France continuera à s’enfoncer dans les classements internationaux, dépassée par ses voisins et concurrents, épuisée à mort par son parasite.

    Un immense gâchis.

  • Concernant la création « d’entreprise » il s’agit pour une écrasante majorité d’entreprise unipersonnelle, il faudrait plutot parler de « création de son propre emploi ». Contrairement à ce que l’on pourrait croire en voyant la cohorte des braillards-pleurnichards qui défilent dans les rues, et qui font partie pour l’essentiel de catégories de salariés protégés et privilégiés, il y a une forte tendance et un réel besoin de prendre en main son propre destin chez une partie active de la population et notamment les jeunes. Le salariat n’est en aucune facon l’avenir de la société en ce qui concerne le monde du travail. La « subordination » (qui est rappelons le la base légale du salariat) est le dernier avatar de tous les modes de contrainte que l’humanité a inventé pour faire travailler les autres. Le besoin de liberté individuel , ne cessera d’augmenter avec le développement économique et culturel, c’est inéluctable dans le monde du travail. Et ceux qui travaillent supporteront de moins en moins d’etre considérés comme des « mineurs », en droit, dans l’entreprise. Et c’est tant mieux !
    Etre son propre « patron », travailler et garder la valeur ajoutée de son travail pour soi est une belle manifestation de sa liberté individuelle. La seule, la vraie, la plus belle !

    • une entreprise unipersonnelle ne veut pas dire qu’on est seul dedans, juste qu’on a un seul actionnaire et assez souvent proprio-gérant. En pratique c’est le début d’une TPE, ça parait normal et assez sain.

  • Sur la bonne voie ?
    Ni la fiscalité ni la régulation n’ont changé fondamentalement, la réponse est non, même pas en rêve. D’ailleurs ces « bons » chiffres ont déjà été remis en perspective dans d’autres articles sur contrepoints.

  • 2019 cocorico : 815000 entreprises nouvelles ,
    combien d’entres elles dépassent 100 salariés ? et quels endroits : grandes métropoles , petites villes rurales ??
    Vu de l’INSEE un micro entrepreneur, une holding , une SCI pour acheter un bien immobilier familial , toutes ces structures sont considérées entreprise . Malheureusement globalement très peu de salariés pour leur fonctionnement.
    Seuls les fonctionnaires qui fabriquent les statistiques ont du travail. Il suffit de voir l’état économique des villes de province et le nombre de vitrines avec rideaux baissés.

  • Juste au moment où le pouvoir a bien besoin de bonnes nouvelles, BINGO, le chômage baisse et les entreprises étrangères se précipitent chez nous pour créer des emplois … Ce n’est pas à un vieux Synge qu’on apprend à faire des grimaces.

  • dans ma région les politiques ont tout misé sur le « tout connecté » , bah venant du milieu industriel je peux vous assurer que ça ne crée que très peu d’emplois et que c’est loin d’être pérenne (plus considéré comme une mode qu’autre chose) …bref vous y ajoutez les chiffres bidonnés du gouvernement et ça me susurre que cet article est bien foireux.

  • Les commentaires sont fermés.

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