Sortir de la crise : les réponses de Bastiat

Les analyses économique et politique de Frédéric Bastiat sont toujours pertinentes pour analyser la situation actuelle.

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Frédéric Bastiat

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Sortir de la crise : les réponses de Bastiat

Publié le 19 juin 2014
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Par Patrick de Casanove, Président du Cercle Frédéric Bastiat.

Frédéric BastiatIl peut arriver qu’un pays traverse un période difficile. Ce qui est spécifique à la France est que cela s’éternise. La raison en est que nos politiciens s’ingénient à répéter sans cesse les mêmes erreurs. Cette constance dans l’inefficacité nocive défie le bon entendement. Les solutions existent, elles sont anciennes et connues. Au risque de paraître inventer l’eau tiède voici quelques fondamentaux tirés de l’œuvre de Frédéric Bastiat :

Chaque individu a des Droits Naturels :

« Personnalité, Liberté, Propriété, — voilà l’homme. C’est de ces trois choses qu’on peut dire, en dehors de toute subtilité démagogique, qu’elles sont antérieures et supérieures à toute législation humaine. Ce n’est pas parce que les hommes ont édicté des Lois que la Personnalité, la Liberté et la Propriété existent. Au contraire, c’est parce que la Personnalité, la Liberté et la Propriété préexistent que les hommes font des Lois.» – La Loi

Malheureusement certains hommes portent atteinte aux Droits naturels. Ils ont perverti la loi pour spolier leurs semblables à leur profit et à celui de leurs clients. Ils ont créé de faux droits qui sont des droits sociaux. Les droits sociaux ne sont que des droits de tirage sur la collectivité. Cela s’appelle le Socialisme et il n’a rien de social !

« La chimère du jour est d’enrichir toutes les classes aux dépens les unes des autres ; c’est de généraliser la Spoliation sous prétexte de l’organiser. Or, la spoliation légale peut s’exercer d’une multitude infinie de manières ; de là une multitude infinie de plans d’organisation : tarifs, protection, primes, subventions, encouragements, impôt progressif, instruction gratuite, Droit au travail, Droit au profit, Droit au salaire, Droit à l’assistance, Droit aux instruments de travail, gratuité du crédit, etc. Et c’est l’ensemble de tous ces plans, en ce qu’ils ont de commun, la spoliation légale, qui prend le nom de Socialisme. » – La Loi

À cause de cela l’État intervient dans tous les domaines. Il réduit sans cesse l’initiative privée et le libre choix des gens. Il fait à leur place et mal ce que les personnes pourraient faire elles-mêmes et bien. Il soustrait ainsi les individus aux conséquences de leurs actes. Il détruit la responsabilité. Mais :

« Ce n’est jamais sans créer pour l’avenir de grands dangers et de grandes difficultés qu’on soustrait l’individu aux conséquences de ses propres actes. » – Des Salaires

L’État ayant détruit la responsabilité individuelle il se substitue aux gens, il les considère comme incapables et décide à leur place. Pour parvenir à ses fins, il divise la société en groupes et en communautés antagonistes. Il donne satisfaction à telle ou telle faction aux dépens d’une autre en fonction de ses intérêts.

« L’État, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde. » – L’État

La spoliation légale entraîne les crises, les conflits et la violence plus ou moins larvée que connaît la France depuis des années. Parce que chaque communauté ou groupe de pression demande à l’État de spolier un autre groupe à son profit, il ne peut en être autrement. Ce faisant, chacun d’eux porte aussi atteinte à ses intérêts mais il ne le voit pas. Il ne voit que ce que l’État lui donne.

« Vous voyez que la main douce de l’État, cette bonne main qui donne et qui répand, sera fort occupée sous le gouvernement des Montagnards. Vous croyez peut-être qu’il en sera de même de la main rude, de cette main qui pénètre et puise dans nos poches » – L’État

Cet aveuglement permet à l’État de perpétuer la spoliation légale et d’entraver le libre-échange sans rencontrer d’obstacle. Or le libre-échange est avantageux pour tous parce qu’autrement il n’aurait pas lieu. Il est aussi créateur d’innovation, d’émulation, de richesses et grâce à lui il y a plus à partager, d’où la prospérité. Malheureusement le libre-échange est détruit.

« Quant aux procédés de l’échange libre, ils n’ont pas besoin d’être décrits, car si la contrainte a des formes infinies, la liberté n’en a qu’une. Encore une fois, la transmission libre et volontaire des services privés est définie par ces simples paroles:
‘Donne-moi ceci, je te donnerai cela ; fais ceci pour moi, je ferai cela pour toi.’
Ce n’est pas ainsi que s’échangent les services publics. Ici, dans une mesure quelconque, la contrainte est inévitable, et nous devons rencontrer des formes infinies, depuis le despotisme le plus absolu, jusqu’à l’intervention la plus universelle et la plus directe de tous les citoyens. » – Services privés, services publics.

Le totalitarisme le plus absolu n’est donc pas le fruit du hasard ou d’un caprice de tyran mais l’aboutissement logique de l’intervention de l’État dans le libre-échange. Il ne faut pas s’y tromper, un système qui repose sur la spoliation, fut-elle légale, ne peut être juste. Pour aboutir à une société juste il est donc indispensable de limiter le rôle de l’État. S’il n’est pas strictement cantonné, le Pouvoir se disperse et est incapable d’assurer correctement son cœur de métier, à savoir ses fonctions régaliennes : la sécurité intérieure et extérieure ainsi que la justice.

« Pour moi, je pense que lorsque le pouvoir a garanti à chacun le libre exercice et le produit de ses facultés, réprimé l’abus qu’on en peut faire, maintenu l’ordre, assuré l’indépendance nationale et exécuté certains travaux d’utilité publique au-dessus des forces individuelles, il a rempli à peu près toute sa tâche. En dehors de ce cercle, religion, éducation, association, travail, échanges, tout appartient au domaine de l’activité privée, sous l’œil de l’autorité publique, qui ne doit avoir qu’une mission de surveillance et de répression. » – Profession de foi 1846

L’État s’appuie sur la fonction publique et apparenté qui, pour lui, sont les seuls à pouvoir rendre un service au public. C’est le fameux « Service Public à la française. Or :

« La fonction publique, la fonction privée ont toutes deux en vue notre avantage. Mais leurs services diffèrent en ceci, que nous subissons forcément les uns et agréons volontairement les autres ; d’où il suit qu’il n’est raisonnable de ne confier à la première que ce que la seconde ne peut absolument pas accomplir. » – Profession de foi 1846

« La première question qui se présente à l’entrée de la Politique, en tant que science, est donc celle-ci : quels sont les services qui doivent rester dans le domaine de l’activité privée ? Quels sont ceux qui doivent appartenir à l’activité collective ou publique ? » – Services privés, service public Chapitre XVII des Harmonies Économiques

C’est en répondant à cette question que l’on pourra réduire le périmètre de l’État. Logiquement, pour y parvenir et réformer le pays il faut se baser sur les Droits Naturels, en particulier le principe de Propriété :

« La propriété, le droit de jouir du fruit de son travail, le droit de travailler, de se développer, d’exercer ses facultés, comme on l’entend, sans que l’État intervienne autrement que par son action protectrice, c’est la liberté » – Propriété et loi

Le respect des droits individuels et de l’échange libre entre les individus est la seule façon de créer l’harmonie dans une société. C’est la clé de la prospérité.

« Tous les intérêts légitimes sont harmoniques. Tous ceux qui adopteront ce point de départ : les intérêts sont harmoniques, seront aussi d’accord sur la solution pratique du problème social : s’abstenir de les contrarier et de déplacer les intérêts. Il ne faut pas étendre artificiellement la solidarité de manière à détruire la responsabilité ; en d’autres termes, il faut respecter la liberté. » – À la jeunesse française

« Se conserver, se développer, c’est l’aspiration commune à tous les hommes, de telle sorte que si chacun jouissait du libre exercice de ses facultés et de la libre disposition de ses produits, le progrès social serait incessant, ininterrompu, infaillible. » – La Loi

Pour rendre aux Français la libre disposition de leurs biens et le libre choix de leur vie, pour retrouver sans coup férir le chemin de la paix et de la prospérité il faut :

« Diminuer les impôts. — Diminuer les dépenses dans une proportion plus forte encore. Et, pour revêtir cette pensée financière de sa formule politique, j’ajoute : Liberté au dedans. — Paix au dehors. » – Paix et liberté le budget républicain

Autrement dit, il faut mettre fin à la spoliation légale.

« Absence de Spoliation, — c’est le principe de justice, de paix, d’ordre, de stabilité, de conciliation, de bon sens que je proclamerai de toute la force, hélas ! bien insuffisante, de mes poumons, jusqu’à mon dernier souffle. » – La Loi

Il n’y a quasiment aucune chance pour qu’au sein de la classe politique actuelle un politicien reprenne à son compte cet objectif. D’abord parce que les politiciens nous ont mis dans la panade et qu’il est peu probable qu’ils nous en sortent, ensuite parce que la spoliation légale est leur cœur de métier.

Bref on n’est pas sorti de l’auberge ! À moins que quelqu’un…

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  • La verite crue que les politiques n’ose pas dire !

  • Quand je lis F. Bastiat, je dois faire un effort pour me remémorer l’époque, tellement ce qu’il dit est d’actualité en plus d’être d’une clarté stupéfiante. Mais hier comme aujourd’hui, quels sont les politiciens (de tous bords) qui veulent mettre en pratique ses préceptes ? L’ont-ils même lu ?

  • Et dire que cette sagesse a été pensée et publiée entre 1841 et 1851 (coup d’Etat de Nap3) Plus d’un siècle et demi au cours desquels l’Etat est devenu obèse et où le suffrage universel n’a rien sauvé ! (H.H.Hoppe)

    De nos jours cette pensée est redécouverte et refleuri. Remarquons que l’Etat a grossi par l’action continue de multiples groupes de pressions.

    Faire maigrir l’Etat exige une mobilisation de la société civile. Si chaque profession intéressée par la baisse des impôts se manifeste, si se manifeste chaque groupe intéressé à la privatisation de services aujourd’hui publics (école, logement prétendu social, transports, sécurité sociale), ce sera déjà un formidable lobby pour l’Etat-minimal et pour la flat-tax ! Préalable à la croissance et à l’emploi.

    Peuvent se joindre à ce mouvement des publics qui sont directement concernés par le marché du travail : les chômeurs, les salariés du privé. Les fonctionnaires sont aussi intéressé par une réforme de la gestion des personnels vers les méthodes du privé (sans la précarité) La seule difficulté c’est que ces publics ne sont pas aujourd’hui organisés.

    Comme l’écrivait Marx, une classe sociale doit être consciente de ses intérêts pour exister, être acteur de la vie sociale, sinon elle subit.

    Quelles sont aujourd’hui les classes sociales favorables au libertés économiques ? De la réponse donnée dépend une stratégie efficace de propagande libérale.

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