Que sera la France dans dix ans ?

Quelles grandes évolutions la France va-t-elle connaître d’ici 2025 sur les plans économique, démographique, social et sociétal ?

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Que sera la France dans dix ans ?

Publié le 13 juin 2014
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Par Sylvain Fontan.

La France connaît actuellement une période charnière de son histoire entre un monde qui se meurt et le nouveau qui se cherche. La capacité de ce pays à s’adapter à ce changement déterminera grandement son avenir économique, démographique, social et sociétal. Le Commissariat général à la stratégie et à la prospective émet à ce titre son appréciation de la situation dont les grandes lignes sont reprises dans cette analyse.

Vieillissement de la population

La France sera tout d’abord plus vieille à l’horizon 2023. En effet, en dépit d’une démographie plus dynamique que celle de ses voisins européens, elle va connaître au cours de la prochaine décennie un vieillissement d’autant plus rapide que les générations du baby-boom finiront de sortir de la vie active. Par conséquent, cette évolution entraînera une vive remontée de la proportion d’inactifs dans la population totale via l’augmentation du nombre des retraités. En 2023, le taux de dépendance, c’est-à-dire le rapport du nombre d’inactifs (enfants et seniors) au nombre d’actifs, aura retrouvé son niveau des années 1960 mais cette fois ce seront les aînés qui se seront substitués aux enfants.
Le vieillissement de la population aura des conséquences inévitables. Tout d’abord, concernant les revenus, sans mesures capables de stimuler la croissance économique, ni report de l’âge légal de départ à la retraite et ni diminution des pensions de retraites, cela impliquera nécessairement une hausse très sensible des prélèvements (sur les actifs, les retraités et les entreprises). Ensuite, cette évolution représentera également un défi pour le système sanitaire. En effet, les besoins en personnel d’accompagnement seront importants et nécessiteront un développement qualitatif de l’offre de services adressée aux personnes âgées.

Baisse du poids économique dans le monde

La décennie passée a vu la France perdre progressivement de son importance au niveau mondial. En effet, la croissance française a été particulièrement faible au cours de la dernière décennie, en partie sous l’effet de la crise globale (financière, zone euro et dettes souveraines) mais également suite au ralentissement des gains de productivité, lui-même conséquence d’un moindre investissement et d’un freinage des processus permettant de stimuler la production des entreprises et la concurrence.

Néanmoins, la France dispose de réserves de croissance. En effet, la raison première est le niveau de son sous-emploi (chômage) et de la persistance de réglementations anti-concurrentielles dont la levée pourrait induire des gains de productivité substantiels. En outre, le manque passé de réformes structurelles bride le potentiel de croissance qui se situe probablement aux alentours de +1,5% par an. Dès lors, la suppression d’un certain nombre d’entraves pourrait permettre de stimuler cette croissance potentielle de 0,5 points et ainsi atteindre +2% par an.
Economiquement, la France pèsera sensiblement moins dans dix ans qu’il y a dix ans. En effet, un hypothétique redressement de la croissance économique conditionné à la mise en place de mesures aptes à stimuler l’activité économique permettrait certes de limiter la dégradation de la part de la France dans le PIB mondial, mais la diminution demeure inéluctable. La France devrait ainsi représenter en 2023 un peu moins de 3% du PIB mondial. Elle fera toujours partie des pays riches, mais son revenu réel par tête, autrement dit par habitant, s’élèvera à deux fois le revenu mondial moyen contre près de trois fois il y a dix ans (voir graphique ci-dessus). Son poids économique sera grosso modo celui de l’Espagne de 1980.

pib_franceParmi les nombreuses implications de cette évolution, plusieurs sont à souligner. Tout d’abord, la baisse tendancielle du poids économique relatif aura des conséquences évidentes dans le jeu des grandes puissances de ce monde. Ensuite, une taille relative plus faible implique une nécessaire spécialisation productive plus étroite et être capable de ne pas soutenir inutilement des activités appelées à disparaître car non compétitives : si la France des années 1980 était assez peu spécialisée, celle des années 2020 devra l’être davantage. Enfin, le développement du monde émergé et émergent va progressivement accroître sa concurrence sur les productions intensives en capital humain. Toutefois, il ne faut pas envisager ce phénomène comme un obstacle mais comme une opportunité d’acquérir de nouveaux clients et de bénéficier de nouvelles sources supplémentaires de pouvoir d’achat pour les consommateurs français.

Meilleure formation et équipement

Parallèlement, la France sera plus et mieux formée. En effet, avec la substitution de générations nouvelles bénéficiant d’un allongement de la durée moyenne de la scolarisation, la population active aura gagné en qualification moyenne du fait d’efforts poursuivis sur plusieurs décennies présentant un réel avantage vis-à-vis des pays émergents.
La France sera ensuite très bien équipée. En effet, en matière de stock d’équipements, la France est classée 5ème sur 144 pays pour la qualité de ses infrastructures (routes, chemins de fer, ports, transport aérien, télécoms…). En revanche, il convient de souligner que cet atout n’est certainement que temporaire au vu des efforts d’investissements permettant un rattrapage de la part des pays émergents. Mais dans l’ensemble, le niveau d’équipement restera un avantage important à l’horizon dix ans.
La France bénéficie d’autres atouts qu’il convient de pouvoir exprimer. En effet, la France peut être un pays remarquablement attractif pour les investissements étrangers. Si elle sait en jouer, sa situation géographique, ses infrastructures matérielles et techniques, la qualité des services publics, le cadre urbain et culturel, ainsi que son mode de vie en feront un territoire de choix pour l’implantation d’entreprises intensives en emplois qualifiés, conscientes que la qualité de vie de leurs employés est un facteur de productivité et de compétitivité. Toutefois, pour cela, il est fondamental que le cadre fiscal, le poids des réglementations et les lourdeurs administratives soient revus considérablement à la baisse, sans quoi ce potentiel demeurera largement sous-exploité.

Urbanisation

L’urbanisation du territoire français devrait se poursuivre. En effet, les grandes villes et aires métropolitaines sont des sources importantes de richesses, d’emplois et de gains de productivité grâce aux effets d’agglomération et à la concentration des facteurs de production et d’innovation. Elles sont attractives tant pour les activités économiques que pour la population. Les villes permettent par exemple les économies d’agglomération en concentrant les ressources humaines, les entreprises (industrie, commerce…), et les pôles de financement, d’information et de savoir. Elles attirent les jeunes et la main-d’œuvre hautement qualifiée grâce à l’offre culturelle et à leur réseau d’universités et de grandes écoles. Elles disposent également d’infrastructures et de réseaux de transports et télécommunications sophistiqués et attractifs.
Cependant, la nature de cette urbanisation a sensiblement évolué en dix ans, et pourrait continuer. En effet, en une décennie, la superficie de l’espace urbain a progressé de 19%, les villes françaises abritant désormais 77,5% de la population. Néanmoins, cet accroissement s’explique davantage par la périurbanisation que par la densification. Autrement dit, les villes se sont étendues plus qu’elles n’ont accru leur capacité d’accueil à superficie égale. Ainsi, l’étalement des villes est source de dégradation de l’environnement en raison de l’artificialisation des sols (réduction de la biodiversité, pollution des eaux…) et de la congestion des réseaux de transports. Socialement, il est source de dissociation entre les habitants des centres urbains, qui appartiennent souvent aux couches aisées qui vivent dans une forme « d’entre soi » protégé des maux du pays ; et les couches sociales paupérisées de la zone périurbaine, avec pour conséquence un fractionnement des comportements et des choix électoraux liés à un ressenti et un prisme de lecture différent des problèmes économiques, sociaux et sociétaux.

Mutation de la sphère du travail

La France va connaître des changements majeurs au cours de la prochaine décennie. Le pays connaît actuellement un niveau de chômage proche de ses records historiques. La réduction de ce niveau de chômage dans les dix années qui viennent dépendra de la capacité du pays à améliorer le fonctionnement de son marché du travail et plus largement de sa capacité à s’adapter à un environnement économique globalisé. Dans dix ans, cadres et professions intermédiaires représenteront plus de 40% des actifs, contre 35% en 2000 et 30% en 1990. Ainsi, en à peine plus d’une génération, la France va vivre une mutation sociologique très importante.

La montée en gamme des emplois ne sera pas uniforme. En effet, en France comme dans les autres économies avancées, la proportion des postes d’ouvriers et d’employés qualifiés sera probablement en baisse, tandis que la part des emplois les moins qualifiés devrait se maintenir, soutenue par la demande de services à la personne ou le secteur du tourisme. In fine, cette évolution tendra à induire une certaine polarisation des emplois en haut et en bas de l’échelle des qualifications. Il conviendra donc de faire des efforts pour empêcher que le dualisme de la demande de travail induise un dualisme social permanent et l’enfermement d’une partie de la population au travail dans des emplois instables et non qualifiés. Pour ce faire, il faudra revoir les politiques de revalorisation de l’emploi, de formation, d’accompagnement des transitions et de fluidification du marché du travail.

Autonomie accrue des individus

Les structures familiales vont évoluer. En effet, tous les indicateurs amènent à anticiper que la transformation à l’œuvre depuis 30 ans se poursuivra dans la décennie à venir : augmentation du nombre de divorces, des unions libres et des familles monoparentales. D’après les projections, la taille des ménages devrait continuer à diminuer pour passer de 2,6 personnes par ménage en 1990 à 2,1 en 2025, ce qui se traduira notamment par une hausse de la demande de logements, et posera la question du soutien aux populations fragilisées et paupérisées par cette évolution. Parallèlement, sur une longue période, la baisse de la pérennité des couples est une tendance lourde : en 1982, près de 85% des femmes de 40 ans vivaient en couple, elles ne seront que 64% en 2030. Dès lors, et malgré des structures familiales qui ne sont pas homogènes sur l’ensemble du territoire, le mouvement sociologique vers une société d’individus valorisant l’autonomie est appelé à se poursuivre. Dans ce cadre, cette société transformée attendra inévitablement une évolution de ses relations avec l’Etat et les institutions sociales : le paternalisme étatique évoluera vers un accès aux services publics qui sera vu comme un support à l’autonomie individuelle.

Analyse publiée sur «leconomiste.eu»

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  • Tout ceci est bien joli, mais l’avenir était déjà écrit avant l’intervention des Américains pour le débarquement, puisque depuis ce sont les accord internationaux qui s’amoncellent et qui impose des lois étrangères sur notre sol via l’article 55 de la constitution..

    Si la population Française ne s’émancipe pas de ce partenariat aux allures de colonisation, la France deviendra un état fédéral Américain par l’intermédiaire de l’Europe qui est le bras économique occidental de la finance Anglo-Américaine (dollar), ne pouvant se tourner vers d’autres nations de même confession (chrétienne)..Hors la France est un pays laïque qui s’est entiché des « dogmes chrétiens » qui s’immiscent dans une législation inconstitutionnelle (prohibitions, lois liberticides, répressions, harcèlement sécuritaire, condamnations arbitraires, etc.) une dégradation des libertés et de la souveraineté qui fait fuir plusieurs générations lucides sur un avenir qui prends la forme d’une dictature au fil des mandat présidentiels, dont l’étiquette du clivage est un miroir aux alouettes pour séduire l’opinion publique d’une population manipulée par des peurs imaginaires (terrorisme, insécurité, etc.) depuis plus de 20 ans avec la complicité de médias au service du pouvoir politique…

    • « dogmes chrétiens »

      Qu’est-ce que ça vient faire là-dedans ???
      A la rigueur, si vous me parlez d’idées chrétiennes devenues folles, alors nous serons d’accord.

    • Si seulement les dogme chrétiens avaient du poids en France !
      On y appliquerait la vraie laïcité, donc l’État serait limité.
      Si la France s’enfonce dans le totalitarisme, c’est précisément parce que les socialistes se sont appropriés l’autorité religieuse: Morale, charité etc…
      Il faut comprendre la laïcité dont les socialistes se réclament comme une inversion orwellienne: Elle leur sert à s’arroger l’autorité morale en plus du pouvoir régalien.
      D’où notre décadence.

      Je ne crois pas qu’une société puisse être libérale sans être préalablement chrétienne.

    • La France ne s’est pas entiché d’un dogme chrétien mais plutôt socialiste.

    • Des dogmes chrétiens en France ?? Mais pauvre malheureux, vous n’avez sans doute pas compris qu’en France, la seule véritable religion qui a droit de cité, c’est la laïcité; vous savez celle-là même qui oblige la neutralité de l’administration vis-à-vis des croyances spirituelles; mais qui en fait, sur le terrain, combat ouvertement la religion catholique et souhaite sa destruction. Tenez, pour la peine:

      • On donne ainsi l’apparence du compromis et de la tolérance à ce qui est un instrument de pouvoir.

        La spiritualité est indissociable de la vision de l’homme au fondement de tout développement politique.
        En effet toute vision de l’homme est absolue, et se rattache donc à l’ordre spirituel.
        C’est pourquoi le christianisme utilise le terme « temporel » pour désigner ce qui est hors de sa propre autorité.

        Mais cette séparation n’a de sens que si elle est réciproque: Ce qui n’est pas temporel doit donc être hors du champ de l’autorité régalienne.
        C’est pourquoi tous les totalitarismes combattent le christianisme par tous les moyens.
        En définitive la laïcité n’a de sens que si l’État se réfère explicitement au christianisme.

    •  » dogmes chrétiens  »

      ça c’était avant , maintenant , on en est aux  » dogmes crétins « 

  • L’avenir de la France ? Comme les nations latino-américaines, les matières premières en moins.
    Un enfer multiculturel, une dictature morale, et la pauvreté pour la majorité.

    • sauf qu’au lieu d’avoir les bikini des carioca sur la plage, les musuls auront interdit qu’on voit les mollet des femmes …

      • Vous etes un peu dur et faite un raccourcis naïfs.
        ça peut paraitre con, mais les muslims pourraient bien nous aider dans cette décadence.

        Leur rejet de la société en tant que « contrôle » les a rendu moins perméables à bien des outils de manipulation, la plupart savent encore pêcher, quand nous on nous attend qu’on nous donne du poisson.

        Leur communautarisme fait que naturellement ils rejettent les directives visant à casser la famille, l’identité sexuelle, et l’unité d’éducation des enfants.

        Malheureusement ils s’occidentalisent de plus en plus, consomme du TF1 et de la PS4 à outrance, et conjugué par la précarité, on voit émerger de jeunes adulte ou père de famille à l’opposé de leurs valeurs.

        •  » malheureusement, ils s’occidentalisent de plus en plus …  »

          he oui ! c’est bien ce que déplore  » bocaux à rame  » au nigéria …

  • « le paternalisme étatique évoluera vers un accès aux services publics qui sera vu comme un support à l’autonomie individuelle »

    ça serait plutot une illusion d’autonomie dans ce cas…
    casse de la structure familiale, individualisme, dépendance à une entité unique et forte.

    1984…

    • @l’ordure , bien d’accord avec vous ! L’etat va trouver bien commode d’être le seul secours de cette population de sans famille ! Quelle brillante autonomie vraiment ! C’est le petit chaperon rouge qui prend le loup pour sa bonne mère grand !

      • dans un contexte de soumission suivi de résignation, on fini par adorer son bourreau…

        • eh oui , nous en sommes là , la majorité des français voue un culte immodéré à l’état , ils n’imaginent même pas pouvoir vivre sans lui, présent à toutes les étapes de leur vie, tel l’esclave qui se met à aimer ses chaînes, le prisonnier libéré qui ne sait plus vivre hors des murs de sa geôle . Et voici ce couillon de journaliste qui confond allègrement autonomie et servitude …. bon , côté éducation à la liberté ,c ‘est pas gagné gagné

  • « Urbanisation »
    La désertification des campagnes devrait se poursuivre grâce à l’interdiction d’y travailler appelée salaire minimum – un niveau qui ne permet pas de vivre en ville, mais qui interdit de travailler ailleurs.

  • « Parallèlement, la France sera plus et mieux formée. »

    Permettez-moi d’en douter; ce n’est pas la direction que prend l’EdNat qui semble bien plus pressée d’inculquer aux enfants des idées contre nature que de leur apprendre les fondamentaux.

    • oui , je trouve l’auteur bien optimiste … tout ce que l on peut dire , c’est que les jeunes passent plus de temps dans le système ednat que jadis , de là à dire que c’est une bonne nouvelle …il vaut mieux en rire ..

      • La France propose une main d’oeuvre hautement qualifiée reconnue par tous sauf vous et quelques autres aigris…On ne va donc pas pleurer 🙂

        •  » la france propose une main d’oeuvre hautement  » qualifiée  » reconnue par tous …  »

          vous prenez le cas de l’équipe de france, qui s’est qualifié, mais pas hautement, pour une généralité… les autres sont en train de ce qualifier pour la coupe du monde de chomage. con citoyen …

        • ça y est on a un troll !

          « reconnue par tous sauf vous et quelques autres aigris »

          Personne ici contestera qu’on a un niveau de productivité qui est très bon, de la même manière qu’on a des filières d’excellences avec des gens hautement compétents.
          Seulement ça représente une minorité de la population active, et les hautements qualifiés sont souvent appelé à l’étranger pour exercer leurs compétences vu qu’on a de moins en moins de mise en chantier de projets d’envergure.
          L’article parle du futur, et la tendance se confirme déjà : le taux de réussite des hautes écoles est surtout boosté par les étrangers. Pour les écoles de français, chaque année on est obligé de baisser le niveau pour maintenir le taux de réussite.

          • « Pour les écoles de français… » ???
            Vous pouvez nous préciser ce propos ?

            « chaque année on est obligé de baisser le niveau pour maintenir le taux de réussite. »
            Précisez celui-ci aussi SVP.

            • Les écoles de français, c’est un raccourcis de pensé…ce sont les écoles/campus où il y a peu d’étudiants étrangers.
              Les écoles où la réussite est élevée (sur des sujets factuels, pas de la philo ou de la politique) sont les écoles où il y a beaucoup d’étrangers, les étrangers progressent et sont motivés.
              Ils prennent le savoir, puis repartent chez eux l’exercer (Asie, Qatar, Emirats entre autres).

              La baisse de niveau, demandez à un prof ou un référent de l’Ednat, et il vous expliquera.
              Meme certaines écoles d’ingé baissent le niveau de certains sujets pour être certains de conserver le taux de succès et ainsi l’attractivité.
              Le niveau en math par exemple, un ingé electronique savait résoudre des polynômes complexes dans les années 80, maintenant c’est fini, car le niveau requis en math à l’entrée n’est pas là, même pour des filières S. (voir rapports PISA, ça illustre la chose).

          • désolé l »ordure, moi je conteste qu’on a un bon niveau de productivité.
            A l’heure, ok peut être ;
            sur une année (et c’est ce qui compte), notre productivité est ridicule – ceci dit, inutile de travailler plus vu les impôts qui explosent dans ce cas

            • Je ne sais pas de quel secteur vous parlez, mais sur l’industriel, on est pas si mauvais que ça, même sur l’année.
              Malheureusement, le secteur industriel est en voie de disparition depuis 30 ans.

  • j’ai quelques doutes sur la formation. Si les tendances actuelles continuent, nous aurons un déficit de scientifiques( à moins qu’on ne le cache en baissant le niveau). La formation pratique , c’est à dire l’apprentissage est mal apprécié, mal financé, et mal intégré dans la formation des jeunes (et de tous , car les carrières sont appelées à évoluer). Les illettrés seront plus nombreux, et le gout du savoir qui précède l’innovation et le désir d’entreprendre, risque bien de pâlir devant l’amour pour les divertissements divers: télé, jeux vidéos, sports-spectacle etc….

    • Oui et non. Pour la fin de votre paragraphe, vous parlez sans savoir. Je suis un grand passionné de jeux video, je regarde un peu la télé (bon plus énormément c’est vrai), et j’adore le « sport spectacle ». Je devrais donc être stupide et devrait détesté apprendre. Or, c’est tout l’inverse, j’adore apprendre, et je passe mon temps libre à m’informer sur tout et parfois sur rien aussi.
      Et je ne suis pas un cas isolé. Ces choses là n’ont pas de rapport avec le problème. C’est l’avis d’une personne qui n’apprécie pas les jeux video, ne les connait pas, et n’aime pas le foot ou autre, et qui donc charge tous les malheurs du monde sur ce qu’elle n’apprécie pas. Mais ce n’est pas très objectif. Il n’y a pas que des abrutis qui regardent le foot et il n’y a pas que des imbéciles qui jouent aux JV. La part de crétins est la même que dans notre société.

      En revanche, le bannissement de la compréhension dans l’Education Nationale, au profit du par coeur et de la récitation, là par contre, je subodore que ça joue un rôle là dedans.

      Moi même j’ai eu quelques difficultés avec l’EN puisque j’ai toujours été réfractaire à l’approche « par coeur ». Depuis tout petit j’ai cette position très arrêtées: je dois comprendre, je ne veux pas apprendre sans savoir ce qu’on me met dans le crâne. La question « pourquoi? » revient cesse.
      Mais à part en primaire où j’étais dans une école vraiment excellente, le collège et le lycée fut un calvaire, du par coeur, du par coeur, du par coeur, ne cherche pas à comprendre, ferme ta gueule et répète ce qu’on te dit! Il est évident que ce principe d’éducation détruit quelque peu l’envie d’apprendre j’ai les gens.

  • Meilleure formation?

    Non mais c’est vraiment n’importe quoi, il serait temps qu’on arrête avec ce délire de la formation, c’est absurde. D’une part parce que la plupart des gens formés de niveau interessant fuient le pays parce que pas interessant économiquement ou trop d’embauches….
    D’autre part parce que le reste de ces gens formés sont bien trop nombreux et ne servent strictement à rien. Nos entreprises, et notamment dans l’industrie, sont blindés de cadres à ras le sac.
    Le pire, c’est qu’ils ne servent à rien pour la plupart. Je travail pour une grande entreprise française (très grande même), c’est impressionant de voir tout ces cadres totalement inactifs, qui discutent toute la journée sans vraiment décider quoique ce soit. Il y a même uns service pour améliorer la productivité!!
    Et attention, récemment les mecs sont venus, ils ont fait le bilan, et ils ont pris des décisions! Ouais, ils vont tracer des lignes par terre qui ne servent à rien, mais bon, hein, on fait ce qu’on peut, et les panneaux indiquant les allées seront changés pour en mettre…. Des plus grands! Oui parce que bon, ça change tout, comprenez vous (oui parce qu’un salarié qui travaille là depuis des années ne sait toujours pas, vu qu’il est con, où se trouve les palettes qu’il doit venir chercher tout le temps au même endroit!). Ah et puis tant qu’à faire, ils mettront des petites étiquettes partout pour indiquer partout le numéro des allées… Ils ont même mis des étiquettes pour indiquer que là se trouve le film étirable, là les plombs, là les machins, là les trucs…
    Tout ça à même un nom, dont je ne me rappel même plus, mais qui porte le titre pompeux de « projet » (ouais ça fait plus classe).
    Les mecs ont mis deux semaines de débats, d’analyses et autres concertations pour prendre toutes ces décisions absolument décisives pour l’avenir de l’entreprise…

    Pendant, la main d’oeuvre en bas sur les quais manque.

    Et j’ai pu observer le même phénomène dans d’autres entreprises. Dans certaines boites ont peut trouver 3 ou 4 cadres pour un seul employés de base. On dirait de plus des administrations…

    Bref, stoppons la comédie des diplomes et embauchons surtout là où il y a besoin: et aujourd’hui, c’est de la main d’oeuvre de base dont à besoin, celle qui produit pour pas cher et donc est la plus rentable. Aujourd’hui les chaines de production sont vides, les ouvriers se battent avec des cadences infernales pour une rentabilité extrême, tout ça pour financer des gugus qui n’ont peu ou pas de fonctions, alors que cette rentabilité devrait être utilisée pour la marge de l’entreprise ou l’embauche de nouveaux ouvriers pour augmenter la production.

    • oh tient j’ai l’impression que c’est ma boite !

      Chez nous il y a même des concours pour pondre des mesures visants à éviter les accidents du travail. Bon dans le fond c’est pas con, mais nous on est un bureau d’étude, donc les accidents…
      donc on a des petits écriteaux pour inviter à bien regler le robinet avant de mettre la main dessous parceque c’est chaud (dans les chiottes) et des panneaux tenez vous à la rampe…on a meme un code de circulation avec priorité selon la charge qu’on porte (PC portable, ramette de papier, ou petits outils).

      Tout ça occupe du monde !

      ensuite on a la planification, c’est encore plus le bordel qu’avant et on est encore moins capable d’annoncer des dates de fin de dev, du coup on embauche encore plus de planificateur, pour qu’au final ça soit toi qui annonce le chiffre final parcequ’on fait appel à toi vu qu’ils pipent que dale au boulot.

      Et toute les réunions stériles où personne ne prend de décision autre que planifier une autre réunion.

      Les coupables sont les dirigeants, qui demandent aux middle d’être des administrateurs plus que des leaders, et les RH qui prendrons soin de recruter au CV, pour être sûr d’avoir un conformiste ; la compétence passe après.

      Mais bon je me dis que ça va bien, quand les préoccupation d’une entreprise sont celle là, c’est que ça va. Seulement on coule doucement, et quand on sera dnas le mur, la coquille sera vide.

      Récemment on a meme des mecs du groupe qui ont été nommé directeurs (de je ne sais quoi vu qu’ils redondent des gens déjà en place) simplement parceque le groupe ne savais pas quoi faire d’eux une fois leurs mission à l’étranger terminée.

      à l’aéro c’est pareil, le groupe a un partenariat avec un editeur de logiciel, sauf que pour des applis dédiées le logiciel en question n’est pas adapté. Pas grave, il y a une armée de prestataire (entre 45 et 50 selon période) qui code pour muter le logiciel original, pareceque c’est lui qu’il faut utiliser (le but est de faire du WORD à partir de PAINT pour illustrer). ça fait 3 ans que ça dure.

  • Il manque un volet sociétal à cette analyse, sachant que :
    – la suppression du service militaire, le déferlement des médias, le syndrome de l’acquisition immédiate et la déstructuration de la famille font le lit d’une violence latente.
    – l’émergence de chômeurs trans-générationnels ne s’étant jamais levé à l’aube ou obéi à un chef, hypothèque gravement le marché du travail

  • Le haut niveau de qualification en France ce n’est pas moi qui le dit mais les industriels Français et étrangers eux-mêmes.

    A votre avis, pourquoi GE, Siemens, Mitsubishi, et Hitachi louchent-ils autour d’Alstom ?

    Et, pour tous les aigris, la position de la France ne baisse pas dans ce domaine elle a même été élue N° 1 dans la rubrique innovation dans le classement mondial d’attractivité.

    Le problème de la France, car il y en a bien un, il n’est pas là !

    • Alstom, c’est avant tout le coté outil industriel et réseau de distribution qui les interesse, aussi le potentiel d’évolution de l’entreprise dans un autre registre.

      Ce qu’il faut voir, c’est bien sûr l’excellence, mais surtout que celle ci représente très peu de salarié.
      La masse elle, elle baisse, c’est indéniable. la future génération aura peut etre des très compétents (à compétence unique), mais surtout une majorité d’echec, juste bon à bosser au Mcdo ; et pas pour financer ses études, mais pour vivre.

      Si on prend la SNCF, elle était un fleuron d’organisation, vanté dans le monde entier, aujourd’hui on est largement rattrapé et dépassé par d’autres pays. THOMSON aussi, leader en grand public, part de marché importante aux US (!!), aujourd’hui que reste t-il de l’excellence de THOMSON ? ARCHOS qui rame comme pas possible alors qu’ils mériteraient d’être aux cotés des autres ?

      Pas mal de pays on vu se construire de nouveaux empires (GOOGLE, SAMSUNG, NOKIA, VISHAY, APPLE, SUKOI, ROSATOM, KRAFT, EMBRAER…et d’autre que j’ai pas en tete), nous on a fait quoi ? au mieux on a consolidé des gros groupes par des manœuvres subventionistes, et combien sont morts ?

      On subsiste parceque le transport de produit finis volumineux est couteux, sinon il y a longtemps que notre industrie « proche car près du point de vente » serait ailleurs.

      On dit que 1 entrepreneur sur 5 de la silicon valley est français, pourquoi ?

      On a des mecs burné comme Niel, mais comment est-il traité ?

      • « On dit que 1 entrepreneur sur 5 de la silicon valley est français, pourquoi ? »

        Voila une très bonne question et c’est pour cela que la France a les fondamentaux il ne reste que des choix à faire pour ne pas décliner d’ici ans.

      • « aujourd’hui que reste t-il de l’excellence de THOMSON ?  » Thales, rien que ça !

        • Grossière erreur !!!

          THALES, c’est ni plus ni moins THOMSON CSF.

          Les USA avaient des équipements audio video RCA, voit-on du THALES à présent ?

          Les marques BRANDT, THERMOR, TELEFUNKEN, SAUTER, SABA, VEDETTE, FERGUSSON, TEAC…très présentes jadis dans les foyers, remplacées par THALES aujourd’hui ?

  • mouef…

    1) l’éclatement familial : pas sûr que cela aide le lien social. Et effectivement, cela va aggraver fortement la crise du logement.
    2) formation : c’est plutôt l’inverse. Ne serait-ce que parce que les mieux formés vont travailler à l’étranger.

  • Les commentaires sont fermés.

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Les acteurs de ces débats ont en effet avancé des prédictions qui ont pesé sur la décision du peuple souverain lorsqu’il a été appelé à se prononcer, comme ce fut le cas pour le référendum sur le traité de Maastricht. On est en droit de juger de ces arguments et de ces prédictions à l’aune de ce que l’on a pu observer dans la durée.

 

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