Faut-il une éducation publique ou privée ?

S’il y a un pouvoir dont nous devrions déposséder le gouvernement de façon urgente, c’est celui de commander notre éducation.

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Salle de classe en France (Crédits : Marianna, licence Creative Commons)

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Faut-il une éducation publique ou privée ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 31 mai 2014
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Par Gabriel Lacoste.

Salle de classe en France (Crédits : Marianna, licence Creative Commons)Parmi ce qui fonde l’intervention du gouvernement, il y a la croyance selon laquelle notre éducation en dépend. Qu’arriverait-il si le ministère cessait d’imposer des règles ? De quoi aurait l’air nos écoles si elles étaient sous le contrôle d’entrepreneurs libres de nous offrir ce qu’ils veulent ? Des charlatans feraient circuler des idées loufoques. Des enfants cesseraient d’apprendre à lire et à écrire pour aller travailler. Tous apprendraient des choses chacun de leur bord, perdant le sens de la communication. Les capitalistes nous exploiteraient en faisant de nous des producteurs/consommateurs sans âme. Cependant, n’ayons craintes, les gens au gouvernement nous en protègent. Nos enfants sont entre de bonnes mains.

Ah oui ? Permettez-moi d’en douter. Je crois que les charlatans ont envahi nos écoles. Les raisonnements erronés sont organisés par des gens convaincus qu’un bout de papier et des années de labeur dans une tour d’ivoire prestigieuse attestent d’un savoir alors qu’il n’en est rien. S’il y a un pouvoir dont nous devrions déposséder le gouvernement de façon urgente, c’est celui de commander notre éducation.

L’embrigadement citoyen

Qu’apprenons-nous dans nos écoles ?

Du mieux que je me souviens, j’ai appris à lire, à écrire, à compter et à obéir aux adultes de 6 à 12 ans. Jusqu’à l’âge de 16 ans, j’ai appris à situer des pays sur une carte, à fouiller dans un atlas, à tracer les grandes lignes de l’histoire, à interpréter l’actualité politique, à faire des rimes de poésie, à conjuguer des phrases, à distinguer une thèse d’un argument, à utiliser un schéma narratif, à appliquer des formules mathématiques et à décomposer un objet physique. De 16 à 18 ans, j’ai appris la philosophie et la littérature.

Le portrait qui en ressort, c’est une volonté acharnée de faire de moi un bon citoyen. Qu’est-ce qu’un bon citoyen ? C’est quelqu’un qui participe à la démocratie en discourant sur la société, en lisant des livres sérieux sur le sujet, en écrivant ses opinions dans un langage prestigieux, en adhérant à la science et en sachant décoder des suites de chiffres. La plupart de mon éducation convergeait dans cette direction.

Les intellectuels sont largement des sociaux-démocrates. Cela n’est pas surprenant. Ils sont le produit fini du conditionnement scolaire. Ils sont les élèves les plus zélés et deviennent donc les citoyens les plus fanatiques. Ils rêvent de devenir professeurs à leur tour pour diffuser la bonne nouvelle démocratique. Ils vont donc étudier à l’université dans des domaines voués à la construction de messages concernant toute la société. Or, qu’est-ce que la social-démocratie si ce n’est l’idéal citoyen lui-même ? Son but est de nous amener à investir activement les institutions démocratiques dans le but de changer le monde et d’en faire un meilleur à coup de votes, de lois et de programmes nationaux. L’école est donc largement un centre de recrutement en faveur de cette idéologie. Il ne s’agit pas d’une conspiration consciente. Ces gens croient sincèrement diffuser une information d’ensemble sur la vie. Ils sont seulement engagés dans un mécanisme dont ils ignorent le biais, convaincu d’avoir saisi l’Absolu.

L’agression citoyenne

Pourtant, la citoyenneté n’est qu’une façon de vivre parmi d’autres et elle n’en est pas la meilleure. À plusieurs égards, elle est même une forme d’agression prétentieuse du droit d’autrui qui se donne des airs de civisme à la manière d’un mouvement évangélique.

Enlevons nos lunettes roses ! Voter une taxe, c’est rassembler une foule pour voler autrui. Voter une loi, c’est forcer les gens. Voter une éducation nationale, c’est changer l’esprit des autres en postant des publicistes sur les point d’accès au marché du travail. Nous pourrions voter dans le seul but de nous défendre, mais la gratuité du geste rend si facile l’agression que nos travers d’êtres humains finissent par prendre le dessus. Le vote, c’est un exutoire de frustrations enrobé de rhétoriques. S’il fallait payer pour implanter une règle, nous y penserions à deux fois avant d’importuner le voisin sur ce qu’il doit consommer, apprendre à ses enfants, donner, échanger à tel ou tel prix et ainsi de suite. Cependant, en votant, le citoyen peut le faire gratuitement et s’applaudir à la fin de la journée en croyant avoir été le super héros dans l’histoire. Il a pourri pourtant la vie de plusieurs personnes au passage. De ce point de vue, une société composée à 100 % de marchés apparaît une alternative crédible à la votation, qui mériterait d’être interdit par les agences de protection privée du droit.

De plus, il est faux qu’une personne puisse passer à travers ce parcours scolaire pendant des années et savoir évaluer les conséquences de politiques complexes ou juger fidèlement de l’état de tel ou tel aspect de la société. Même après des années de douleur à lire, les personnes sont contraintes de sélectionner l’information en fonction de leurs opinions personnelles. Leur instrument pour voir la réalité reste un mur de catégories stéréotypées. Les prétendus savants n’ont souvent que réussi à voiler leur ignorance derrière du charabia ou une exactitude aussi parfaite qu’impertinente.  Ils opinent en mémères sur ce que les autres doivent faire en les plaçant dans des cases ou en les réduisant à des variables statistiques.

Le plus révoltant dans cette tragédie, c’est que ces gens sont présents partout dans les écoles et dans les médias, qu’ils ont l’air sérieux et donc que tous les autres citoyens moins motivés dans l’idéal démocratique finissent par leur faire confiance alors qu’ils ne devraient pas. C’est le résultat ultime de notre éducation, qui est un véritable avilissement collectif.

Les alternatives

Pour bien comprendre l’ampleur du problème, il est utile d’imaginer des alternatives. De quoi mon éducation pourrait-elle avoir l’air ?

Les contenus pourraient être radicalement différents. Sauf de rares exceptions, tous enverraient leurs enfants dans des écoles où ils apprendront à lire, à écrire et à compter. Nous n’avons pas besoin du ministère de l’éducation pour nous l’imposer. Les parents ne sont pas stupides à ce point-là. Nous pouvons imaginer un programme scolaire qui nous apprend à faire de l’’écoute active, à calmer sa colère, à magasiner intelligemment, à bâtir sa carrière, à travailler avec ses mains, à voyager, à converser de façon agréable, à fouiller sur internet pour trouver des informations, à défendre ses droits sans accorder beaucoup d’importance à la géographie, à l’histoire, à l’expression d’opinions politiques, à la science et aux mathématiques avancés. Les règles du français écrit pourraient être simplifiées. Lorsque j’envisage des alternatives, je n’imagine pas un gouffre de bêtises, mais un univers riche en potentiels et c’est là que je me mets à rêver d’une vie meilleure pour mes enfants.

Qu’est-ce qui se passerait ? Est-ce que les gens cesseraient de faire de la science, deviendraient amnésiques quant à l’histoire de leurs ancêtres, se couperaient du monde extérieur et deviendraient des analphabètes autistes ? Probablement pas, car presque personne ne veut cela pour ses enfants. Nous apprenons un tas de choses plus compliquées que ça sans l’aide du gouvernement. Si la science est une profession payante, des gens l’apprendraient auprès de ceux qui s’y consacrent au début de l’âge adulte. Le cinéma, internet et la télévision nous bombardent sans arrêt d’informations historiques. Quant à l’écriture, je n’ai jamais appris les règles de conjugaison au secondaire. Je les oubliais après l’examen. J’ai commencé à les retenir le jour où j’ai eu envie pour des raisons pragmatiques d’écrire correctement.

Ma prédiction, c’est plutôt que l’idéal démocratique s’effondrerait tel un cancer dont nous aurions fait enfin cesser les métastases. Les parents choisiraient les contenus scolaires qui augmentent les chances de succès de LEURS enfants. Ils n’accorderaient plus d’importance à les faire discourir sur la vie des autres, surtout s’ils doivent en débourser les frais à partir de LEUR portefeuille plutôt que de celui des autres. Les mécanismes de marché permettraient de mettre en compétition toutes les idées sur le moyen d’atteindre cet objectif.  Les entrepreneurs qui auraient le plus de succès à le faire deviendraient des multimilliardaires propriétaires de multinationales de l’éducation choyées par les parents. L’activité politique perdrait son centre de recrutement et la privatisation de l’éducation publique deviendrait un jour férié.

La responsabilité du milieu

Le choix d’une éducation ne revient pas aux enfants, car ils ne sont pas aptes à prendre ce genre de décision. Qui est donc le plus habilité à faire ce choix à sa place ?

L’enseignant typique peut répondre que c’est « la société » ou des experts et non la famille qui doit agir comme tuteur. Or, la « société », ce sont les parents. Lorsque les professeurs singent ce langage, ils se font passer pour les représentants authentiques de la société contre la société. En réalité, ils décident de faire ce qu’ils veulent dans leur classe. Ils ont des consignes venant de supérieurs, mais ceux-ci n’ont de consigne venant de personne. Ils sont les conseillers ultimes en la matière auprès des politiciens et ils s’appuient sur leur propre culture pour prendre des décisions. De plus, pour eux, l’élève est une source de revenu et un esprit vierge qu’il faut redessiner pour faire un monde meilleur. L’empathie envers lui est possible, mais dans les limites tracées par le confort dû à un employé syndiqué. Bref, c’est un milieu de salariés avec des défauts humains qui se nourrissent eux-mêmes dans une bulle déconnectée du reste de « la société ».

En comparaison, les parents, sauf à de rares exceptions, sont émotionnellement impliqués dans le succès à long terme de leurs enfants. De plus, ils connaissent les subtilités de leurs situations. En ce sens, nous avons toutes les raisons d’attribuer à la famille la responsabilité ultime de choisir le programme scolaire de leurs enfants, puis de mettre ces professeurs en compétition sur un marché pour les satisfaire. Penser qu’un cartel de vendeurs d’idées puisse avoir plus à cœur que les parents le sort des élèves est du pur délire d’intellectuels enfermés dans une tour d’ivoire. Il ne faut pas avoir un doctorat en psychologie pour le comprendre, mais simplement un gros bon sens.

Le contre-argument des mauvaises familles

Et ceux qui ont la malchance de naître dans des familles dysfonctionnelles ou bornées ?

Premièrement, mettre sous tutelle la totalité des parents pour nous protéger de quelques irresponsables risque simplement de donner aux irresponsables le pouvoir de contrôler l’éducation des gens responsables.

Deuxièmement, le gouvernement ne constitue souvent pas un palliatif, mais un complément à la dysfonction parentale. Si un enfant doit affronter la violence, la faim, l’agression verbale, l’indifférence émotionnelle, le stress au quotidien de parents irresponsables, le dernier de ses soucis est d’apprendre à devenir un bon citoyen en conjuguant ses phrases et en sachant appliquer une formule de trigonométrie. Le professeur qui l’envoie en retenue ou l’expose ainsi à des échecs ne fait que lui ajouter des sévices.  Au risque de violer un tabou sacré, cet enfant s’en sortirait probablement mieux en commençant tout de suite à travailler. Il apprendrait la discipline plus efficacement qu’à l’école, découvrirait des opportunités autour de lui, se socialiserait sous la supervision de chefs motivés à faire régner l’ordre et gagnerait même un revenu susceptible de compenser la pauvreté de ses parents. Ses derniers, ainsi que les proches  feraient mieux d’assumer leurs responsabilités plutôt que d’être faussement réconfortés par des fonctionnaires diplômés.

Troisièmement, la meilleure manière d’ouvrir les esprits n’est pas de les uniformiser par un programme national, mais de les exposer à toute la diversité du monde moderne. Si un individu est environné de gens bornés, sa meilleure bouée de sauvetage, c’est d’avoir d’autres personnes autour de ces gens bornés qui ont la liberté d’entrer en relation avec lui pour l’en sortir. Cela a un nom : le libre-marché.

La nouvelle aristocratie au service des pauvres

Il est courant d’entendre qu’une éducation uniforme accessible à tous est une manière de favoriser l’égalité des chances. Par ce détour, nos enseignants se racontent la société en s’attribuant le rôle de Robin des Bois. Ils vivent de taxes sur les riches pour pouvoir aider les pauvres. La réalité est différente.

Ce qu’ils défendent, ce n’est pas l’égalité des chances à réussir dans la vie, mais à compléter des études universitaires et donc à devenir comme eux. Ce sont eux qui voient cela comme le signe parfait d’une réussite. Ils font la présomption narcissique que tout le monde rêve d’arriver au même endroit qu’eux dans la vie et ils interprètent donc toutes mesures allant en ce sens comme étant charitables. Ils ont la conviction profonde que leurs pensées sont supérieures à celles de la populace.  Ils sont plus profonds, plus vivants, plus créatifs, plus critiques, plus ouverts, plus sensibles. Ils agitent souvent leur diplôme comme une justification pour obtenir des droits économiques supérieurs à la moyenne et ils réussissent à convaincre des décideurs qui pensent exactement comme eux. En comparaison, l’offre et la demande fondent les salaires sur une basse souche misérable : le consommateur. Ils vivent de la sueur de payeurs de taxes dont ils s’évertuent de dénigrer la dignité en les rabaissant à des zombies victimes de la logique marchande. Toutes ces caractéristiques décrivent un genre d’individus dont la révolution française s’est évertuée de couper les têtes : les aristocrates. Ce qui les distingue d’eux, c’est qu’ils ont remplacé le sang par les diplômes comme source de hiérarchisation des êtres.

Ils n’ont donc rien d’égalitariste, au contraire. Dans les faits, toutes les épreuves scolaires qu’ils mettent sur le chemin des enfants venant de milieux défavorisés ne sont souvent que des formes d’obstructions qui les détournent des apprentissages dont ils ont besoin. L’éducation publique constitue même un outil pour les discriminer, car ce sont précisément eux qui ne passeront pas à travers ces tests et qui n’auront donc pas les papiers nécessaires pour marchander leur valeur sur le marché du travail ou auprès des autorités politiques.

Finalement, il y a cette idée que, sans le gouvernement, les prix de l’éducation ne seraient pas abordables. Il faut comprendre que c’est le milieu de l’éducation cartellisé en syndicat qui gonfle les prix. Les universités sont des immeubles dont le clinquant est coûteux. Les enseignants n’usent pas de leur force de travail à leur pleine capacité. L’administration et les services connexes sont surdimensionnés. Des solutions plus économiques sont imaginables. Davantage de cours pourraient se donner en ligne. Des tests pourraient mieux certifier des compétences apprises en dehors de l’école de manière à les compléter seulement de certaines formations d’appoint. Les jeunes peuvent apprendre directement d’un employeur moyennant du bénévolat.   Le problème, c’est qu’aucune de ces solutions ne seront mis en pratique, car tous ceux qui vivent des écoles y verraient une menace pour leur gagne-pain et leur confort.

Nouvelle version de l’allégorie de la caverne

Dans mes cours de philosophie, je me suis fait raconter l’histoire d’un prisonnier enchaîné dans une caverne et condamné à regarder les ombres sur le mur. Libéré de ses chaînes, il a découvert que le soleil était la réalité qui se cachait derrière les apparences. Retournant dans la caverne dans le but d’en libérer les autres, ceux-ci résistaient avec acharnement. Mon professeur interprétait les ombres comme étant les images de notre société capitaliste. Le soleil, c’était l’idéal social-démocrate. Le prisonnier libéré, c’était lui, l’intellectuel. Les autres prisonniers attachés à leurs chaînes, c’étaient ses élèves. Avec du recul, je lui en propose une autre version. Le prisonnier libéré, c’est moi. La caverne, c’est le gouvernement. Les ombres sont les croyances sociale-démocrates. Le prisonnier attaché à ses chaînes, c’est lui et ses amis. Le soleil, c’est la société en dehors du contrôle politique.

Si tu me lis en ce moment et rage de désaccord, demande-toi sincèrement qui de nous deux refuse de voir la réalité telle qu’elle est. On m’a souvent demandé : avec ton parcours, comment fais-tu pour penser de la sorte ? Justement, j’ai erré dans cette caverne assez longtemps pour en conclure que ce sont des chemins qui ne mènent nulle part. C’est enfin le temps pour toi de te réveiller de ce sommeil dogmatique.

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  • Il n’y a pas de raison à ressentir de la colère en lisant cet article.
    Je pensais injustement que le souci était les profs et quand vous dites  » le problème c’est qu’aucune des solution ne seront mis en pratiques, car tous ceux qui vivent des écoles y verraient une menace pour leur gagne-pain et leur confort »
    Là, j’essaie de prendre en compte toute l’ampleur de la tâche, de tout ces gens qui interagissent à l’école, et que la conviction doit être, sans faille, pour entreprendre différemment en matière d’enseignement ( au soleil)!
    Merci pour cet article.

  • Bonjour
    En fait éducation publique ou privée, là n’est pas la question.
    C’est la pertinence de l’école.
    Les gens font des enfants puis ils les mettent dans des garderies d’enfants.
    Quand je vois un gamin, à 7 ans, il apprend tout seul à lire et à écrire.
    L’école est un vaste gaspillage de temps et un abîme d’ennui.
    Vive le homescooling.

  • « La transformation de l’instruction publique en éducation nationale est la plus fasciste de mes réformes. » Benito Mussolini

  • Bonjour,
    Article intéressant. Je suis d’accord sur le fond. Cependant, lorsque j’en parle, on me cite le prix des écoles de médecine au Chili. Leurs prix seraient d’environ un an du salaire moyen du pays. Je sais aussi qu’il y a des écoles privées presque gratuite.
    Une nouvelle fois, je suis d’accord sur le fait qu’une instruction privée est souhaitable. Et que la responsabilité en incombe aux parents, et sinon aux associations. Les banques peuvent aider, mais pas sans apport personnel.
    Vous conviendrez que l’ascenseur social aurait du mal à se lancer.
    Cordialement.
    Tom

    • Il y a déjà le budget de l’Education nationale, qui pourrait être réparti directement aux parents pour choisir l’éducation de leurs enfants.
      Ensuite, est-il normal que l’impôt de tous les Français serve à l’éducation d’une élite (quid de la représentativité des étudiants dans les grandes écoles ?) qui semble de moins en moins disposer à renvoyer l’ascenceur au reste du pays ? Ces hauts diplômés ont une trés haute estime d’eux mêmes ou une moralité progressiste à toute épreuve, mais n’ont pas la reconnaissance du ventre !

      Que gagne le contribuable moyen à financer les études d’un futur trader londonien ?

      • On ne forme pas les gens pour qu’ils aient la reconnaissance du ventre, ni à Paris, ni à Londres. On les forme (enfin on devrait les former) en tant qu’individus responsables, dotés de libre-arbitre, et capables de peser les avantages et les inconvénients, matériels et immatériels, de vivre à Londres ou à Paris. La France a tout ce qu’il faut pour attirer les élites formées ailleurs, sauf l’amabilité de l’accueil, les opportunités de progresser et la fiscalité. Pour celles qui sont chez elle, elle croit qu’en les forçant dans le moule de l’éducation, elle pourra les retenir. C’est à peu près aussi intelligent et efficace que le mur de Berlin.

  • l’éducation doit être privée et l’instruction doit être publique.
    quand l’état veut faire de l’éducation, on appelle de la rééducation.

  • Ok pour voir la réalité tel qu’elle est…. ce serait sympa que l’auteur de cet article se fasse lapider sa fille par un extremiste eduqué au principe de la charia. Parceque si j’ai bien compris, selon lui ce genre d’éducation est légitimité simplement parcequ’elle procède de la liberté d’éduquer ses enfant de la manière qu’on le souhaite et que personne n’a son mot a dire dessus.

    Avec autant de tolérance dans l’éducation, on se demande pourquoi aujourdhui y’a une recrudescence de facho adorateur de l’état, d’extremiste ou même de gros cons.
    Faut arreter de penser que le seul fait d’etre le géniteur d’un etre humain nous donne le droit de l’éduquer comme on veut. Un enfant c’est pas une propriété, et si un daron n’est pas capable de l’éduquer d’une manière convenable et morale, alors ca me parait juste que n’importe quel autre humain ( représentant de l’état ou pas) ait plus de droit que toi pour l’éduquer plutot qu’un pere alcolique ou un extremiste religieux qui gachera la vie de son fils a tout jamais

    • sinon c’est cool

    • Tu as beau dire que mes enfants ne sont pas ma propriété, mais ils ne sont certainement pas la tienne non plus, alors de quoi tu te mêles de vouloir voter sur la nature de leur éducation ? Quant à ton exemple de la charia, j’y ai répondu dans le texte dans le troisième point concernant le contre-argument des mauvaises familles. C’est d’être exposé à la diversité du monde moderne qui va protéger ma fille de la charia ou de la lapidation et non des bienpensants au ministère de l’éducation. Au lieu de vouloir te protéger des barbares à l’autre bout du monde, commences donc à devenir vigilant des barbares qui sont à côté de chez toi.

      • Et en attendant nous sommes directement menacés par les chemises roses antifas, qui elles ont été formées dans les usines à rééducation de la République. Délibérément.

      • En plus ont peut répondre que la Charia en question peut très bien être entrée de force dans une école publique.

      • je me melerai de la nature de leurs éducation dans la mesure ou ca peut représenter une source potentiel de danger réel pour moi. Vivre dans un lieux ou l’éducation dominante prone des valeurs tel que le non respect des droit d’autruie, la légitimation de la violence ect, c’est du même ordre que d’accepter que des lépreux viennent vivre en face de chez toi tranquilou et utilisent les toilettes communes. Y’a un moment le principe de non agression c’est aussi en fonction du danger potentiel qu’il doit se penser

        sinon j’ai lu ta troisième partie et elle ne me convainct pas, ce sont que des arguments d’appréciations sur l’ouverture au monde ect, c’est valable quand on parle d’éducation « normal » mais on construit pas un droit naturel (ou positif ou n’importe) la dessus, faut quelquechose de plus solide. D’autant plus que si jme souviens bien certains des auteurs du 9/11 ont été éduqué en allemagne et on fais pas mal d’Erasmus avant de faire leurs petit voyage.

        Apres jdis pas que c’est facile de voir la limite entre éducation horrible/dangereuse/Immoral/acceptable, Mais jpense que y’a quand meme des limites et ca doit faire partie des droit régalien de l’état de pouvoir imposer ces limite. Apres encore une fois jfais référence a des cas extremes et heureusement plutot rares, mais si on veut une théorie qui tiens la route faut aussi que ca puisse prendre en compte ce genre de cas .

        • Bâtir une théorie a partir « des cas extrêmes et heureusement plutôt rare » est le meilleur moyen d’avoir une théorie foireuse qui s’appliquera à tout le monde.

        • Nos positions ne sont pas si différentes. Je ne m’opposerais pas à un État qui se limite à nous protéger de ces formes d’extrémismes. Je doute seulement de la possibilité de voir une telle institution se limiter d’elle-même. De plus, la société en dehors du gouvernement est capable d’agir pour implanter des droits. Je m’oppose à cette idée que le droit ne peut jaillir que d’une autorité centrale. Les gens ne resteraient pas passifs devant la présence dans le voisinage d’extrémistes musulmans, même en l’absence d’une directive politique.

          • Que penser alors d’un état qui non seulement ne nous protège pas (!), mais interdit à la société civile de se protéger, voire même va jusqu’à diaboliser les éléments de la société civile qui dénoncent l’existence d’une menace ?

            De façon générale l’état est une abstraction qui ne devient concrète que quand on y associe les acteurs qui le constituent. Aujourd’hui ces acteurs ont une démarche essentiellement prédatrice, d’augmentation infinie de leur périmètre de contrôle, et des resources qu’ils consomment, pour leur bénéfice exclusif.

            La république des fonctionnaires, par les fonctionnaires, pour les fonctionnaires, contrôlée par des fonctionnaires, et financée par les autres, dont la part décroît progressivement, dans la population d’une part, et dans sa somme de richesses contrôlées ou consommées.

            Pour combien de temps encore ?

            Longue vie à la République Socialiste Soviétique du Bisounoursland.

  • Le chèque éducation en suède donne d’excellents résultats depuis 10 ans
    Mon cher SWAG tu devrais lire des articles la dessus, car ta lanterne a manifestement besoin d’éclairage
    Gabriel
    Vous pourriez enrichir votre article d’une synthèse la dessus
    Le système éducatif canadien est également extrêmement tolérant et dépolitise alors qu’il est publique, pourquoi règne t’il a 80% une sale mentalité gauchiste dans l’éducation nationale, probablement de part le statut du fonctionnaire et la politisation extrême des rectorats, mais cela reste un mystère pour moi…

    • Je viens de ce système et je le trouve très politisé. Je me suis efforcé de décrire comment dans le portrait que j’ai fais de mon éducation.

    • Il n’y a pas de système d’éducation canadien, c’est une compétence provinciale.

  • Je ne suis pas rage de désaccord. Cet article avance même beaucoup de solutions alors que d’autres se contenteraient d’accabler l’Education Nationale de tout les maux.

    Je diverge sur un point ou deux. L’Etat a un rôle à jouer, celui de protéger le droit naturel de tous à recevoir une instruction digne de ce nom et rien d’autre.

    Pas besoin d’abattre, de raser les écoles primaires, collèges et lycées. Donnez leurs de l’autonomie en matière budgétaire et pédagogique. Donnez la liberté de choix aux familles d’inscrire leurs rejetons dans les établissements de leurs choix. Le simple fait de « mettre en concurrence » les différents établissements publics changerait beaucoup de choses.

  • Au-delà des considérations pragmatiques entre modèle privé et public notamment l’accès à l’éducation des plus pauvres ou encore les inégalités scolaires (qui je précise, ne sont pas uniquement déterminées par le type de modèle, d’autres facteurs entrent en compte bien évidemment), c’est une question qui renvoie au type de société qu’on veut voir. Le premier modèle (privé) considère, comme vous l’avez dit que l’éducation des enfants concerne uniquement les parents , la collectivité n’a pas son mot à dire tandis que le second considère au contraire que c’est la collectivité qui décide de l’éducation des élèves. Vous l’avez bien dit. C’est aussi une opposition entre deux époques historiques : époque pré-moderne et époque moderne. Quels sont les arguments pour le premier ? Vous l’avez dit les parents sont les plus proches des enfants et sont donc a priori, ceux qui les connaissent mieux, ce sont donc les mieux placer pour décider pour eux. Je pense cependant que cet argument est un peu rapide car la proximité affective entre les parents et l’enfant peut justement fausser la décision que prennent les parents. De nombreux enseignants confirmeraient ce que je dis. Second argument : au nom de quoi la collectivité viendrait se mêler de l’éducation des enfants ? La réponse est quasiment dans la question. Nous vivons en collectivité et les enfants entrent dans cette collectivité, auront un impact sur celle-ci. Quoi de plus normal alors que cette collectivité ait un droit de regard et de décision sur l’éducation des enfants. En effet, on ne peut tolérer une école qui prônerait la violence, les crimes, etc ! Vous me direz, le marché fera en sorte que cela n’existe pas. Je vous répondrais prouvez-le moi ! Je fais remarquer au passage que choisir entre un modèle privé ou public est aussi un choix de société ! On ne peut donc critiquer le fait que la collectivité s’implique dans l’éducation des enfants et dans le même temps prétendre s’affranchir de la collectivité en voulant imposer un modèle à la collectivité. J’ajoute que l’objectif de l’école est de transmettre ou communiquer des savoirs aux enfants. Or un savoir n’existe que s’il est reconnu socialement (sinon c’est une opinion ou une croyance), on voit donc que même au fondement de ce que doit être l’école, on ne peut se passer de la collectivité (ou en tout cas d’une partie collective de la collectivité).
    Je reviendrai maintenant sur votre argumentation.
    1. L’embrigadement citoyen. Les élèves sont-ils embrigadés par l’école ? Le terme embrigadement est très fort, il a une connotation très négative, faisant penser aux régimes totalitaires. Est-ce le cas par exemple en France ? Evidemment non, les missions explicites de l’école sont justement de former des individus capables de réfléchir par eux-mêmes, de faire preuve d’esprit critique. Bien évidemment, dans les faits, on peut discuter, mais le modèle lui est justement l’antithèse de l’embrigadement. Par contre, dans un système totalement privé, l’embrigadement, lui serait bien plus possible puisqu’aucun contrôle ne serait en place. Bien entendu un libertarien dirait : mais le marché va contrôler et réguler. Là encore des preuves, cela reste un vœu pieux. Car aussi bien pragmatiquement que théoriquement rien ne peut justifier une telle hypothèse.
    2. L’agression citoyenne. Là encore, comment peut-on parler d’agression alors que justement la citoyenneté donne à chaque individu les même droits ? Vous parlez des impôts que vous considérez comme un vol, mais c’est une très mauvaise lecture : a. on pourrait discuter longuement sur la propriété privée et la justesse ou la justice de certaines rémunérations, ce que je ne ferai pas ici, mais je mentionnerai tout de même la conclusion ; Si on estime que certaines revenus sont injustifiés ou injustes, votre propos ne tient plus. b. A partir du moment où vous profitez de prestations fournies par la puissance publique (et c’est nécessairement le cas), les impôts sont justifiés. c. Si vous estimez trop payer d’impôts vous pouvez quitter le pays. Tout cela montre que parler de vol est une faute intellectuelle.
    3. Les alternatives. Vous commencez par nous dire que si on change, finalement cela ne changera pas grand-chose. Drôle d’argumentation en faveur d’un changement ! Ceci dit vous dites « à de rares exceptions ». Donc vous admettez qu’elles existeront. Pourquoi donc changer pour que ce soit presque la même chose avec des exceptions dont on pourrait se passer ? Ceci dit, sur quoi vous appuyez-vous pour dire qu’elles seront rares ? D’autre part, vous dites : les parents choisiraient les contenus qui augmentent leurs chances de succès. Mais quel succès ? La question est également là ! Qu’il est vague de parler de « succès ». Vous semblez accorder un peu trop de bienfaits au marché au-delà de la réalité.
    4. La responsabilité du milieu. J’en ai parlé au début.
    5. Le contre-argument des mauvaises familles. Tout d’abord je suis surpris de voir des termes de morale entrer dans le débat. Ensuite qui décidera qui sont les mauvaises familles et décidera de les envoyer au travail ? Les envoyer au travail leur permettra de s’ouvrir ? Curieux d’entendre cela car les enquêtes sur le sujet notamment du Céreq montre que plus un individu est diplômé, poursuit ses études plus il est protégé contre le chômage, et est plus apte à s’adapter pour trouver un autre emploi !
    6. La nouvelle aristocratie au service des pauvres. Je suis assez d’accord avec vous sur la nouvelle aristocratie. P. Bourdieu en parle très bien. Ceci dit, il ne réduit pas cela aux enseignants.

    • Tu me sembles croire assez fortement aux idées que je dénonces. Tu parles d’un choix de la communauté sur l’éducation des enfants, mais j’ai insisté précisément que ce n’est pas la « communauté » qui fait ce choix, mais le milieu de l’éducation qui se prend pour la communauté. Les parents irresponsables qui font des choix bizarres pour leurs enfants sera exposé à leur voisin, à leur frère, à leur tante, à leurs amis. La collectivité réelle aura son mot à dire, mais le milieu de l’éducation n’est pas la communauté. Ensuite, je maintiens mon point sur l’embrigadement. Les « missions explicites » de l’école sont des lunettes roses qui ne correspondent pas à la réalité. Il y a une pensée unique parmi les gens qui ont été emporté par la passion des écoles: ce sont tous des sociaux-démocrates qui regardent le marché comme un lieu d’abrutissement et de domination. Votre texte l’illustre bien. Oui, je renverse dans mon texte cette perception en appliquant à l’action citoyenne les défauts imputés traditionnellement aux marchés. Le débat se situe justement là à mon avis. Quant à la rémunération, je ne juge pas la rémunération des autres et je n’ai pas à le faire. Ce sont les consommateurs via l’offre et la demande qui le font et cette logique est plus représentative de la volonté collective que les processus publiques. L’argument du « pas content, va t’en » ne prouve rien. Ce système d’extorsion est universelle. T’inquiète, s’il y avait une société à 100 % de marché de disponible dans le voisinage, j’aurais déjà fais mes bagages. Ensuite, oui, il y a des choses qui changeraient: les choses dysfonctionnelles. Les choses fonctionnelles resteraient. Qui décidera d’envoyer l’enfant travailler ? L’enfant lui-même ! Même à 12 ans, tu as assez de jugeote pour flairer que tu vas mieux t’en sortir de cette manière sans être dans l’erreur. Je crois que c’est vous qui sous-estimez la liberté produite par les marchés et surestimez les bienfaits de l’action citoyenne.

      • Bonjour, merci de ta réponse.
        En effet, je suis plutôt défenseur d’un modèle public, c’est pour cela que je permettais de répondre sans pour autant être aveugle face aux problèmes qui peuvent exister. Autant je le défends, autant je peux en être critique sur certains points mais je ne pense pas que ces points soient du fait d’un modèle public. Qui décide de l’enseignement dans un modèle public. Dans les textes, c’est bien le parlement de la France donc les représentants des citoyens (on peut bien entendu discuter de la représentativité, etc mais c’est le cadre). Ils s’appuient pour cela sur les travaux de chercheurs (didactique, pédagogie) et de membres de l’EN (inspecteurs, enseignants (même si ceux-ci ont souvent l’impression lorsque je discute avec eux d’être peu consultés, tout comme les chercheurs en didactique). Souvent les débats sont médiatisés et on peut compter sur des organisations diverses (parents d’élèves mais autres) pour intervenir et participer. Je ne vois rien de choquant à cela ; Comme je l’ai dit, si on admet que l’école doit communiquer des savoirs, ces savoirs eux-mêmes sont construits par une communauté encore plus restreinte que celle de l’enseignement ! Je ne pense pas que les sociaux-démocrates considèrent le marché comme le mal. Disons qu’ils ne sont pas béats devant lui et savent qu’il y a des circonstances où il est plus efficace.
        Pourtant vous devez bien vous poser la question de la justification ou de la justesse de la rémunération si vous parlez d’impôts. On peut la justifier par la loi de l’offre et de la demande ou de l’équilibre walrassien mais le problème est que ce modèle aussi beau intellectuellement soit-il n’est pas une bonne approximation de la réalité. On pourra en discuter si vous voulez. D’autre part, on peut réellement se demander qui mérite le plus : le médecin urgentiste qui sauve des vies ou le publicitaire qui augmente par son travail pour des firmes de l’agro-alimentaire, l’obésité et donc la mortalité. Tout ces mécanismes de marché sont-ils plus représentatifs de la volonté collective ? C’est aller un peu vite. Le théorème néoclassique d’Arrow contredit cette croyance.
        Il me semble qu’il existe des pays où on est moins imposé qu’en France. Donc pour être un peu moins volé….. Comme je l’ai dit c’est justifié par moins point b. Donc si à 12 ans, il peut choisir d’aller travailler, il doit pouvoir choisir quelle école il veut. J’ajoute que cela ne transparaissait pas dans votre propos.

        • Bonjour Lionel37
          Le modèle public, le modèle public, c’est votre religion.
          Perso, je préfère décider par moi-même de l’éducation des mes enfants (mes enfants oui la chair de ma chair). Je n’est aucune confiance dans la bureaucratie étatique. Quand je pense que c’est le ministre qui décide d’une manière arbitraire des vacances scolaires du rythme scolaire. Tout viens de Paris.
          Vous avez le culte du larbin, oui du larbin.
          Vous êtes incapable de décider par vous même si votre enfant ira à l’école 3, 4, 5 ou 6 jours par semaine.
          Pour la couleur du papier peint de vos toilettes vous faites des élections ?

          • Tiens pour votre info
            Le syndrome du larbin

          • Bonjour,
            Oh non je n’ai pas de religion particulière, je m’en tiens aux faits. Je comprends que vous préfériez décider pour vos enfants mais au nom de quoi ? Pourquoi êtes-vous mieux placer pour en décider ? Au contraire, je suis bien capable d’en décider. Evitez les procès d’intention, mon cher !

            • @Lionel: je vous cite Frédéric Bastiat qui répond parfaitement à ce que vous dites mais concernant les caisses d’assurance privées à son époque. Cela vaut pour l’éducation aussi. cdlt.

              « Supposez que le gouvernement intervienne. Il est aisé de deviner le rôle qu’il s’attribuera. Son premier soin sera de s’emparer de toutes ces caisses sous prétexte de les centraliser et, pour colorer cette entreprise, il promettra de les grossir avec des ressources prises sur le contribuable. Mais, je le demande, que sera devenue la moralité de l’institution quand sa caisse sera alimentée par l’impôt ; quand nul, si ce n’est quelque bureaucrate, n’aura intérêt à défendre le fonds commun ; quand chacun, au lieu de se faire un devoir de prévenir les abus, se fera un plaisir de les favoriser ; quand aura cessé toute surveillance mutuelle et que feindre une maladie ce ne sera autre chose que de jouer un bon tour au gouvernement ? (…) Il nommera des vérificateurs, des contrôleurs, des inspecteurs, on verra des formalités sans nombre s’interposer entre le besoin et le secours. Bref, une admirable institution sera, dès sa naissance, transformée en une branche de police. Les ouvriers ne verront plus dans la caisse commune une propriété qu’ils administrent, qu’ils alimentent, et dont les limites bornent leurs droits. Peu à peu, ils s’accoutumeront à regarder le secours, en cas de maladie ou de chômage, non comme provenant d’un fonds limité préparé par leur propre prévoyance, mais comme une dette de la société. L’État se verra contraint de demander sans cesse des subventions au budget. Là, rencontrant l’opposition des commissions de finances, il se trouvera engagé dans des difficultés inextricables. Les abus iront toujours croissant, et on en reculera le redressement d’année en année, comme c’est l’usage, jusqu’à ce que vienne le jour d’une explosion. Mais alors on s’apercevra qu’on est réduit à compter avec une population qui ne sait plus agir par elle-même, qui attend tout d’un ministre ou d’un préfet, même la subsistance, et dont les idées sont perverties au point d’avoir perdu jusqu’à la notion du droit, de la propriété, de la liberté et de la justice »

              • On retrouve en effet l’idéologie anti-Etat et la foi aveugle dans le marché qui s’auto-régule. Malheureusement, cette caricature simpliste n’est pas tellement justifiée empiriquement : on trouve très bien des abus de biens sociaux dans les entreprises privées, de la corruption, des surfacturation, des partages de marché, etc. J’ajoute que si on regarde les frais de gestion, ceux des mutuelles et assurances privées sont 5 fois plus élevés (rapportés aux sommes versées) que ceux de la sécu. Donc…

            • @lionel
              Au nom de quoi?
              De la même manière que je décide de ma vie.
              Vous pourriez écrire:
              « Je comprends que vous préfériez décider pour votre vie mais au nom de quoi ? Pourquoi êtes-vous mieux placer pour en décider ? Au contraire, je suis bien capable d’en décider. »
              Mes enfants font partie de ma vie, et pas de la votre.
              Vous vous rendez compte de l’énormité de ce que vous écrivez. Vous décidez dans votre coin que vous allez décider à ma place ( pour mon bien bien entendu, enfin j’espère) et cela sous la contrainte.

              • Votre raisonnement pose un problème : vous décidez pour vos enfants donc vous niez leurs droits individuels que vous invoquez !

        • Je respecte l’intelligence de votre réponse, mais un fossé nous sépare. L’appel à l’expertise du milieu ne m’impressionne pas. Je ne crois pas en l’expertise et y voit même une menace. Elle prétend traiter de façon plus rigoureuse que les individus ordinaires des enjeux qui mériteraient de rester dans la sphère des gens ordinaires. Votre discours dévoile une incohérence relativement à l’idéal démocratique. En réalité, vous faites reposer vos décisions sur l’avis de technocrates. Ensuite, je ne crois pas du tout à la représentativité démocratique. La loi de l’offre et la demande est plus représentative, car elle indexé aux coûts et porte sur des contenus particuliers plutôt que des généralités. Votre exemple de la publicité montre simplement que vous ignorez la valeur ajoutée de la publicité pour le consommateur et le travailleur. Dans un monde où nous devons dialoguer pour s’échanger plutôt que de se battre, nous avons besoin de gens qui usent de la séduction. C’est un signe de respect pour le consommateur et non de ruse. Dans le cas de l’enfant de 12 ans, je le considère responsable par défaut. S’il y avait un adulte suffisamment proche de lui et sensé, ce serait à lui d’assumer la responsabilité. À défaut d’une telle présence, le jeune de 12 ans a plus de chance de s’en sortir en assumant cette responsabilité qu’en se fiant à un salarié de l’État. Dans les faits, c’est exactement ce qu’ils font. Ils font l’école buissonnière, ils fuguent. Le problème, c’est que le tabou sur le travail des enfants les poussent à se tourner vers le crime organisé pour obtenir du support. Légalisons leur travail et ils iront chez McDo au lieu de chez un vendeur de drogue et ce sera mieux pour lui.

          • Vous avez raison de vous méfier de l’expertise. Mais se méfier ne veut pas dire rejeter. Par contre là où nous différons ‘est que vous estimez que cela devrait rester dans la sphère privée. Or, je ne vois pas en quoi apprendre ou non le théorème de Pythagore relèverait de la sphère privée. Qu’apelez-vous technocrates ? Les enseignants, les chercheurs ? Qui sont-ils ?
            Concernant la loi de l’offre et de la demande, vous pouvez croire ce que vous voulez, même que la Terre est plate, je men tiens aux faits et aux preuves. Dans son cas cela pose problème. Concernant la publicité, je vous invite à développer votre propose, faites attention, car vous risquez de devenir marxiste ! Je vous pose la question : considérez-vous que le publicitaire est plus méritant que l’urgentiste qui sauve des vies ?
            Signe de respect pour le consommateur ? Vous vous moquez du monde quand on sait que des entreprise publicitaire s’intéresse aux études en neuroscience pour « induire » le choix du consommateur mais « pour son bien ». Ouvrez un peu les yeux et sortez de votre idéologie !
            Parlons de l’enfant de 12 ans. Qui est sensé ? Quelle autorité estime qui est sensée ? Ne cherchez pas vous ne trouverez pas de parade ! Prouvez un peu votre affirmation. Bizarrement, plus les sociétés sont développées, mois les enfants travaillent, comment expliquez-vous cela . Au fait pourquoi 12 ans ?

            • Vous faites des appels à l’évidence et à l’autorité qui ne font que réitérer vos croyances sans arguments supplémentaires. Que des tests soient faites dans le cerveau pour induire des croyances visent à montrer quoi ? Que le consommateur n’a plus de libre-arbitre ? Si les producteurs pouvaient créer ex-nihilo une demande, pourquoi feraient-ils des études de marché ? Non, la publicité n’est pas parfaite. Oui, il y a des désirs qui sont induits. Je ne le nies pas. Cependant, dans l’ensemble, la publicité participe du besoin de convaincre le consommateur d’acheter librement et en ce sens se montre beaucoup plus respectueux de son individualité que les mesures politiques et étatique qui, elles, sont dispensés de le faire. Votre critique est formulée sans point de comparaison. D’un point de vue divin, la publicité est peut-être imparfaite, mais comparativement au mode de financement étatique, aller chercher de l’argent en cherchant à séduire est plus respectueux que d’aller le chercher en taxant. Appelez-en à des faits et à des preuves, je ne vois que l’expression d’une forme de dogmatisme tant et aussi longtemps que vous n’êtes pas capable d’incarner devant moi ces faits et ces preuves autrement qu’en les citant vaguement. En ce qui concerne l’enfant de 12 ans, je pense que la notion « d’autorité sensé » est accessible au gros bon sens: Quelqu’un qui est capable de veiller sur sa sécurité physique et émotionnelle tout en lui fournissant des moyens de développement pour son avenir. Un fonctionnaire de l’État, selon moi, est incapable de faire cela et une foule d’électeurs non plus. J’ai plus de 100 témoignages à mon actif de criminels ayant passé par la protection à l’enfance avant de devenir ce qu’ils sont et ils voient tous les fonctionnaires de l’État comme des abuseurs et non comme des sauveurs. D’autre part, je suis bien d’accord qu’une société progresse en éduquant les enfants plutôt qu’en les faisant travailleur. Nous sommes tous d’accord là-dessus. Cependant, la réalité est plus nuancée que ce que les progressistes veulent bien le croire. Même si dans 90-95 % des cas, il est plus utile à un enfant d’aller à l’école que de travailler, dans 5-10 % des cas cette loi ne s’applique probablement pas. Cette idée de vouloir imposer des solutions à TOUS de façon uniforme ne tient pas compte des subtilités de chacune des situations et cela constitue un des dangers #1 des sociaux-démocrates, qui pensent pouvoir tout régler avec des règles universelles supportés par le politiquement correct. Dans les faits, ces jeunes de 12 ans que nous forçons à aller à l’école plutôt que d’aller travailler finissent drogués, voleurs, prisonniers, prostitués, itinérants. Je travaille auprès d’eux et j’écris cela avec à l’appuie des témoignages tangibles qui ne filtre pas dans les statistiques des « experts ». Quant à l’expertise, oui, elle est saine. Cependant, c’est à l’individu ordinaire d’évaluer si cela correspond à un besoin. Si je veux m’acheter une maison, je peux demander l’avis d’un conseiller, mais je ne lui remets pas un chèque en blanc.

              • Je peux vous retourner l’argument. Pourquoi les entreprises de publicitaires perdraient du temps et de l’argent dans la recherche en neurosciences, si cela n’avait pas un intérêt pour elle et donc pour vendre les produits ? Vous m’expliquerez en quoi mettre une nana à moitié à poil dans une pub pour une voiture « participe du besoin de convaincre le consommateur d’acheter librement », je ne vois pas bien le rapport entre le message publicitaire et le produit vendu. Il n’y a aucune information apportée au consommateur pour l’aider à faire son choix de manière rationnelle. Et ne me dites pas que vous n’avez jamais vu une telle publicité ! Ceci dit cela ne change rien à la question : estimez-vous qu’un publicitaire qui fait de la pub pour vanter des produits favorisant l’obésité chez les jeunes est autant méritant qu’un urgentiste qui sauve des vies ? La question est pourtant simple. « Veiller sur sa sécurité […] émotionnelle tout en lui fournissant des moyens de développement pour son avenir.» ? Qu’est-ce que cela signifie dans les faits ? Et qui décide, là encore vous êtes obligé d’introduire une autorité extérieure, c’est donc repousser le problème pour tomber dans un autre.
                Concernant l’intérêt de l’école et de l’éducation, je ne fais que vous citer les études du Céreq sur le sujet. Mettre en place une scolarité obligatoire pour tous jusqu’à 16 ans ce n’est pas mettre en place une uniformité à partir du moment où chaque élève peut bénéficier d’un suivi individuel en fonction de ses réussites et difficultés. Là-dessus en France nous avons beaucoup à faire et pas qu’au niveau de l’école.

                • Concernant la publicité : Ce qui m’agace dans votre réponse, c’est que VOUS pensez avoir l’instrument de mesure pour évaluer la valeur du travail de chacun et qu’à partir de VOTRE mépris de la publicité, vous faites un jugement de valeur en prétendant qu’il a une valeur universelle. Avant de conclure qu’il n’y a pas de valeur ajouter à un travail, je cherche d’abord à aller au-delà de mes préjugés et d’en comprendre le fondement en employant d’un principe de charité. Ensuite, il ne faut pas comparer la publicité à la perfection, mais à la taxation, car c’est l’alternative. Ce sont deux façon de se financer. Persuader quelqu’un d’échanger ou imposer par la force l’échange. C’est cela le choix. Or, ne me dites pas que les produits de la taxation sont dérivés d’un processus informationnel supérieur à la publicité. D’autre part, oui, la publicité ne fais pas que transmettre une information. So what ? Si elle me persuade que toutes les filles me regardent lorsque je conduis sa voiture, je vais apprécier plus l’expérience ! En amour, souhaitez-vous que la séduction soit une pure transmission d’information objective ? Quant à la comparaison avec l’urgentiste, je ne comprends pas, car ils ont des bons salaires à ma connaissance. L’offre et la demande est clairement favorable aux urgentistes.

                  Concernant la définition des concepts normatifs: Vous ne faites que pelleter le problème en haut de la hiérarchie en supposant que les gens au top seront meilleurs que nous pour répondre à cette question. Il n’y a pas des experts à définir ce que signifie « veiller à la sécurité et au développement d’un enfant ». Oui, cette question demande réflexion. Cependant, c’est de la responsabilité de chacun de se poser et non d’un petit comité du haut d’une tour d’ivoire. Si vous aviez une nièce, une petite fille ou une voisine qui se prostitue à 13 ans avec la complicité de sa mère, vous n’auriez pas besoin d’un expert de la protection à l’enfance pour vous amener à vous poser la question fondamentale : qui est la personne la plus apte à aider cette fille ? L’État ou moi ? Lorsqu’une société entière répond « l’État » plutôt que « moi », nous avons un problème sérieux., car, dans cette situation, ce serait manifestement VOUS la personne la plus apte et non un fonctionnaire. C’est cela l’essence de mon propos.

                  Concernant l’uniformité: Les contenus restent les mêmes pour tous même si les méthodes pour les transmettre varient.

                  • Vous faites erreur. Je fais la distinction classique entre valeur d’usage et valeur d’échange. La première est non-quantitative, la seconde l’est. La théorie néoclassique dont vous semblez un défenseur ne fait pus cette distinction, ce qui conduit à quantifier la valeur d’usage, d’où ma question dont la réponse semble vous posez problème et qui montre bien que cette indistinction induite par la théorie néoclassique pose souci, même à vous. Je ne compare pas la publicité à la perfection, mais ce que produit le publicitaire à ce que produit un urgentiste puisqu’à la base je posais la question de la justification et de la justesse de la rémunération. Comme je l’ai dit, si déjà on est incapable de justifier la rémunération, il est difficile de critiquer l’impôt comme vous le faites. Autre chose, vous parlez de la force, mais je vous rappelle tout de même que nous vivons dans une démocratie libérale et non dans une dictature, vous avez le droit d’exprimer votre choix et si vous êtes capable de rallier une majorité vous pouvez changer les choses. Comme dans toute collectivité, il y a nécessité de règles, dans nos sociétés démocratiques bien qu’imparfaites, ces règles sont discutées et débattues entre tous les membres. La persuasion prend d’ailleurs également toute sa place dans un tel système. Curieux que vous fassiez appel à l’amour alors qu’on parle d’acheter des biens et des services, je ne vois pas tellement le rapport mais surtout cela remet en question ce que vous disiez précédemment sur la loi de l’offre et de la demande qui repose justement sur la rationalité des individus. Or en amour, la rationalité n’a pas toujours voire pas souvent sa place. Il faudrait donc que vous choisissiez pour le coup quel modèle vous adoptez. Concernant les urgentistes la question n’est pas savoir s’ils ont de bons salaires ou non mais de savoir s’ils plus justifiés que ceux du publicitaire.
                    Je pose la question : vous dites « dans le cas de l’enfant de 12 ans, je le considère responsable par défaut. S’il y avait un adulte suffisamment proche de lui et sensé, ce serait à lui d’assumer la responsabilité », très bien mais qui décide de qui est suffisamment sensé ou non pour assumer ou pas la responsabilité ? Pratiquement, il faut bien que quelqu’un en décide pour savoir si on demande à l’enfant s’il veut poursuivre ses études ou travailler ou si on demande à l’adulte responsable. Donc introduction d’une autorité extérieure. Laquelle ? Ou alors c’est à l’enfant quelles que soient les circonstances de choisir et non pas aux parents.
                    Bien entendu que les contenus restent les mêmes le savoir ne change pas en fonction des individus. Or jusqu’à quasiment 16 ans (3ème on va dire), les savoirs en question sont des savoirs qu’on peut qualifier de basiques.

                    • Je peux très bien reconnaître une distinction entre la valeur d’échange et la valeur d’usage et n’adhère pas à l’école néo-classique. En vous lisant, j’ajouterais une troisième valeur : la valeur subjective attribuée par l’intellectuel moyen qui badine sur la société qui l’entoure ou, plus simplement, la valeur idéologique. Cette distinction étant faite, je précise ma thèse. Selon moi, la valeur d’échange s’approche plus de la valeur d’usage que la valeur idéologique peut le faire. Votre mépris envers la publicité n’est que l’expression de vos préjugés. C’est comme si vous disiez « la publicité, bouuuuuuuuu ! » en vous réconfortant de votre érudition pour croire parler d’une réalité. Dans les faits, si des gens ont voulu payer les publicitaires ce prix, c’est parce qu’ils en avaient besoin et d’autres gens ont voulu payer tout ce beau monde, donc ils en avaient probablement besoin eux aussi. Oui, ce que je dis là n’est pas d’une logique implacable et vous pourriez trouvez à en redire, mais l’appel à la démocratie ne m’impressionne pas, car la votation porte sur un vaste ensemble de choses dans une situation d’options excessivement restreintes sans être informé des coûts et sans même qu’elle soit indexée à une contrainte de rendre la marchandise. De ce point de vue, la votation est un mode d’expression de la volonté populaire très inférieur à l’équilibre entre la vente et l’achat (l’offre et la demande), même si celui-ci n’est pas parfait. Vous êtes enfermé dans cette logique qui consiste à opposer le marché à la perfection plutôt qu’à la politique en pensant justifier par là la politique. Quant au fait que quelqu’un doit décider, vous avez bien raison… mais ce sont pas les politiciens qui doivent décider. Je ne suis pas contre les règles. Cela est trompeur, car vous semblez enfermé dans une logique de commandement centralisé qui réduit les règles à un ordre venant d’en haut. À cela, nous pouvons opposer une logique qui découle les règles des interactions situées au niveau de la base individuelle. Il est faux de prétendre que celle-ci ne sont pas contraignante. À bien des égards, elles le sont plus.

                    • La rationalité économique donnée par les micro-économistes à la publicité est qu’en augmentant le volume des ventes pour les produits dont la publicité est faite, elle permet des économies d’échelle sur tous les autres éléments de valeur ajoutée, qui sur-compensent la dépense en publicité.

                      Si en ne faisant « pas » de publicité j’arrive à vendre 10 unités avec un coût rendu client de 10 par unité, cela me donne un coût moyen de 10.

                      Si en revanche en dépensant 50 de publicité j’arrive à en vendre 100 et ramène mon coût hors publicité à 8, alors mon coût total est de 850 et mon coût moyen est de 8,5.

                      Tout le monde est gagnant. Sauf éventuellement les concurrents.
                      Mais même en situation de concurrence, la publicité favorise un phénomène de concentration sur une moindre diversité, pour une meilleure efficacité économique.
                      Et il suffit de se promener dans un supermarché pour constater qu’il reste beaucoup de diversité (!).

                    • Il y a une différence de nature entre la votation et le loi de l’offre et de la demande. Dans le premier cas, c’est un mode de décision , de choix construit par les individus pour vivre en société. Dans le second, c’est un concept théorique inventé par des individus pour tenter d’expliquer le fonctionnement de l’économie. Le premier peut être appliqué dans la réalité contrairement au second qui est un objet intellectuel conçu pour décrire la réalité. Je ne reparle même pas des problèmes épistémologiques et théoriques posées par les postulats qui sont à la base de cette loi (convexité des préférences, hypothèse d’objectivité, commissaire priseur virtuel, théorème d’Arrow,…).
                      Concernant le fait que quelqu’un doit décider, vous êtes bien obligé d’introduire une autorité maintenant vous ne voulez pas l’appeler Etat, je ne vois pas pourquoi.
                      Concernant la publicité, il y a une étude britannique A Bit Rich qui montre qu’un publicitaire coûte davantage à la société (notamment du fait des externalités négatives qu’il engendre) qu’il ne lui rapporte contrairement à un infirmier ou même à un agent d’entretien d’hôpital.

            • vous vous méprenez sur le libéralisme : il ne cherche pas à établir la société parfaite comme vous. Ce N’EST PAS une idéologie comme vous voulez l’y entraîner par vos arguments.

              • Je n’ai jamais prétendu à la perfection. Cela n’est en rien contenu dans mes réflexions, au contraire. Cette supposition vous vient probablement du ton utopique ou radical que j’emploi, mais cela est trompeur. Le réel, pour être critiqué, doit l’être par rapport à un idéal même si cet idéal n’est pas atteignable à 100 %. Les sociaux-démocrates sont devenus populaires en le faisant. Il ne faut pas confondre une perspective philosophique et un programme politique à court-terme.

                • Je trouve toujours pour le moins curieuse la juxtaposition des mots « socialistes et démocratiques »/sociaux-démocrates, c’est au minimum une antinomie , à dire vrai un oxymore

                  • Je ne crois pas que ce soit un oxymore. Je penserais plutôt pour un pléonasme.

                    En l’absence d’une constitution puissante protégeant les minorités, ou d’une population naturellement tolérante (libérale ?), la démocratie ne peut être que la dictature du plus grand nombre, manipulée par des groupes d’intérêt pour leur bénéfice exclusif.

                    Par exemple, en l’absence de contre-pouvoirs effectifs le monstre de l’endoctrinement national s’efforce depuis longtemps, et avec des résultats brillants, de conditionner les esprits.

                    Le père d’un de mes amis, médecin d’exercice libéral de son état, a eu il y a quarante ans une conversation avec un de ses patients, par ailleurs inspecteur général du monstre. Ce dernier a eu le dernier mot ; « vous savez, docteur, vous avez sûrement raison sur le fond, mais c’est nous qui allons gagner; cela prendra le temps qu’il faut, mais il n’y a rien qui vous puissiez faire pour nous empêcher d’arriver à nos fins ».

                    En l’occurrence le monopole du monstre, relatif sur la fourniture de service en situation de concurrence massivement distordue, et absolu sur son pouvoir de prescription et de contrôle, n’a pas de contre-pouvoir effectif sur le long terme.

                    • démocratie = gouvernement par le peuple (tout le peuple)
                      socialisme = gouvernement par la portion du peule la plus défavorisée, jalouse, inculte, sauvage et capable du pire

                    • Dans les années 1917-1923, puis pendant les « dékoulakisations » (1929-32) et « purges de Staline » ultérieures, des millions de soviétiques ont été massacrés, précisément par cette portion du peuple « jalouse, inculte, sauvage et capable du pire ».

                      Sur ordre du pouvoir bolchévique, puis stalinien, mais avec un enthousiasme que ni Lénine, ni Staline n’auraient pu créer ex nihilo.

                      Cette « éradication des élites » était jugée nécessaire pour tuer dans l’oeuf toute tentative de contre-révolution, et faciliter la collectivisation des terres et de l’économie en général.
                      Le massacre de Katyn a été la version light, appliquée à la Pologne, du même principe.
                      voir :
                      http://en.wikipedia.org/wiki/Red_Terror
                      http://en.wikipedia.org/wiki/Dekulakization
                      http://en.wikipedia.org/wiki/Holodomor
                      http://en.wikipedia.org/wiki/Katyn_massacre

                      J’ai personnellement pu observer son effet miroir, pendant les privatisations du début des années 1990, où la Russie post-perestroika s’efforçait de revenir en arrière. Les paysans qui demandaient à ce se faire allouer des terres à partir des terres collectives se voyaient bien sûr allouer les plus mauvaises, mais aussi voyaient leurs bâtiments, cultures et récoltes saccagés par leurs ex-collègues collectivistes; quelquefois pire …

                      La répression était organisée par les apparatchiks qui contrôlaient encore les fermes collectives. Avec des arguments qui font miroir à ceux que des apparatchiks de l’enseignement public d’aujourd’hui peuvent faire valoir sur le fait que « le contribuable » n’a pas à financer les profits des écoles privées.

                      Mais, de la même façon que la terre (toutes choses étant égales par ailleurs) donne un rendement potentiellement égal à tous, public et privé, un voucher qui couvre juste les frais d’un établissement public représente simplement ce que le contribuable est prêt à payer pour l’éducation des jeunes générations.

                      D’un côté la rente est gaspillée par les enseignants et administrateurs du public; de l’autre elle est accaparée par les actionnaires du privé, qui en réinvestissent une part pour encore améliorer leur outil de production. Ainsi va la logique du capitalisme. Et du libéralisme.

                      Il y a essentiellement deux différences entre les deux systèmes :
                      – le système libéral encourage une évolution des pratiques vers plus de résultats et moins de coûts, et la concurrence entre établissements s’impose également par ricochet aux établissements publics
                      – le client étatique peut toujours décider de s’accaparer une partie de la rente ainsi créée par les opérateurs privés (par l’impôt, et par une évolution de la réglementation); alors que l’histoire montre de façon assez stable que le secteur public ne dégage aucune rente, mais se complaît dans un chantage récurrent, celui du monopoliste, qui négocie avec son client en position de force : « si vous voulez plus de résultats, il faudra y mettre plus de moyens »

                      Longue vie à la République Socialiste Soviétique du Bisounoursland !

                    • A la tombée du mur (que j’ai vu se construire) j’ai cru que les gens comprendraient l’iniquité du socialo-fascisme et de ses nombreux avatars communistes meurtriers.
                      J’abhorre cette malfaisante doctrine qui ne peut que générer la désolation et le viol

                • Le réel ne doit pas être comparé à ne utopie. Il serait toujours perdant.
                  Il ne peut et ne doit être comparé qu’à un autre réel possible.

                  • La compréhension de ce qui est possible peut être élargi par une utopie. À des époques, la démocratie n’était pas perçu comme un mode d’organisation possible et c’est parce que des utopistes se sont permis l’exercice de l’imaginer qu’elle l’est devenu. Une société où la protection du droit individuel est un service vendu sur un marché concurrentiel d’assurances plutôt que par un système de vote en assemblée ou de juge tout-puissant interprétant un code sacré apparaît impossible pour les gens d’aujourd’hui, mais avec un travail d’imagination, elle peut le devenir. À court-terme, le but n’est pas tant de réaliser cet idéal, mais d’orienter l’esprit critique. Je crains que votre adhésion au constitutionnalisme vous égard. Les juges qui interprètent la constitution ne sont pas des anges descendus du ciel, pas plus que la constitution elle-même n’a été écrite par Dieu. Sans rentrer dans une argumentation plus sophistiqué, je crois plus utile de présenter sans nuance les institutions politiques comme une menace que comme une source de protection. Si ce regard pousse les gens vers un État Minimal ou vers une anarchie de marché n’importe pas tant. L’important est de semer une méfiance radicale dans les institutions pour stimuler des réponses défensives venant de la société civile.

                    • Je ne crois pas voir différence d’approche.

                      Une constitution a le mérite d’établir une règle du jeu, à laquelle les acteurs doivent se plier, à court ou plus long terme. Les petits juges en première instance se font plaisir, et seront re-cadrés en appel ou plus loin.

                      C’est également la constitution qui définit et protège les contre-pouvoirs et les libertés fondamentales. Ainsi la constitution US, bien que malmenée, est une vraie protection des libertés. Rand Paul n’existerait pas sans la culture de liberté que cette constitution a su préserver malgré vents et marées.

                      Les personnes sont faillibles et imparfaitement prévisibles. La règle du jeu a le mérite d’exister de façon stable. La Vème république est un modèle monarchique qui a été crée par le Général, homme d’un exceptionnel courage et d’une exceptionnelle intégrité. Elle est inadaptée à des individus comme celui qui siège en ce moment.

                      Enseigner la défiance à l’égard de l’autorité est un principe négatif. Je crois que ce qui est important est de souligner le caractère illégitime de toute autorité qui outrepasserait son mandat défini de façon étroite.

                      A cet égard, une constitution libérale, qui placerait des limites sévères à ce que les mandataires de la république peuvent dépenser et pour quoi, et définirait de façon stricte les sujets et les raisons pour lesquels ces mandataires peuvent pourrir la vie de tout ou partie de leurs concitoyens, aurait un rôle permanent de structuration des esprits. Malheureusement, cela n’est pas dans les intérêts de la classe politique; et on ne retire pas facilement ses prérogatives à celui qui a la main dans la caisse.

                      La comparaison avec la constitution US reste pertinente.

                      La détention d’armes par exemple y est autorisée explicitement pour permettre au peuple de s’opposer à des abus d’autorité de la part de ses dirigeants. Les USA sont nés dans la douleur, et sont peuplés de descendants d’immigrants qui ont pour la plupart fuit des régimes oppresseurs. On pourra dire ce que l’on veut sur les dégâts collatéraux, où de temps en temps un malade tire dans la foule. Mais il reste impensable pour de nombreux citoyens US de renoncer à un droit imprescriptible et essentiel. Même au prix de ces dommages collatéraux.

                      La constitution est l’expression pérenne d’un état d’esprit collectif. Elle s’impose aux dirigeants et constitue un des garde-fous les plus puissants à leurs abus.

    • Dans une démocratie, et à fortiori dans une démocratie libérale, on ne punit que quand une faute a été commise. La loi punit déjà les comportement déviants encourageant à des violences ou à des incivilités. Un établissement d’enseignement qui déraperait peut être puni après le premier dérapage connu, sans que celui-ci ne devienne récurrent.

      Prévenir la chose, alors qu’une seule occurrence ne présente aucun caractère d’urgence revient à un accaparement indu de prérogatives par le cartel éducatif au pouvoir.

      Le crime de pensée …
      Nous vivons décidément dans une époque déjà orwellienne, même si avec 30 ans de retard sur la prévision d’origine. Et même GO n’avait pas imaginé une police de la pensée aussi omniprésente et déterminée.

  • Tout ceci est tellement vrai.

    A la lecture de ce billet j’ai été surpris par une vérité dont je n’avais jamais apprécié pleinement la cause : en classe terminale la seule chose que je m’imaginais faire dans la vie était être … professeur (de mathématiques ou de sciences). Mes parents sont tombés des nues, et n’avaient pas imaginé que cela puisse arriver.

    Non, je ne suis pas devenu professeur, même s’il m’arrive quelquefois de partager moyennant une juste rétribution les quelques connaissances que la vie m’a enseignées.

    Mais que d’énergie mal employée en considérant que le monde scolaire ou universitaire est un monde « normal » ou représentatif !

    Des solutions existent :
    http://www.economist.com/business/displaystory.cfm?story_id=11535645&CFID=10491068&CFTOKEN=68166295
    Même dans un pays vraiment socialiste. Mais respectueux des faits.

    • En particulier le système suédois rétablit l’égalité des chances devant l’éducation, en supprimant les privilèges économiques de l’éducation nationale.

      En France les contrats d’association permettent de faire prendre en charge une partie des frais des écoles « libres » moyennant des sujétions considérables.

      Le système suédois met les écoles privées à parité avec les écoles publiques en leur accordant la même dotation, et même en autorisant les écoles privées à faire un profit. Seule condition : que les parents ne soient pas de leur poche – aucun parent. Pour le reste les parents mettent les écoles en concurrence, sans aucun préjugé idéologique, exactement dans l’esprit de ce billet.

      Les écoles privées sont donc libres d’innover, dans ce cas précis en particulier sur trois points :
      – précisément en faisant plus de cas des possibilités de mettre des contenus éducatifs en ligne
      – en insistant sur la responsabilité des écoliers eux-mêmes (et donc de leurs parents) dans leur acquisition de savoirs, à titre individuel et collectif
      – en réduisant les privilèges des enseignants (horaires de travail, durée des vacances, responsabilité de résultats)

      Le dernier point est particulièrement instructif, puisqu’un tel système arrive quand même, en situation de concurrence, à recruter des enseignants, et que ces enseignants ne sont pas, et loin de là les laissés pour compte du système public. Il se trouve que des enseignants de talent éprouvent de la fierté à oeuvrer dans un système plus productif et qui sert mieux les intérêts de leurs ouailles.

      • Le modèle suédois mis en place dans les années 90 (libéralisation du système scolaire) est justement un échec complet. les études sur le sujet ne manquent pas, montrant une hausse des inégalités et même une baisse du niveau général (PIRLS et TIMSS notamment).

        • Ce genre de réponses me fait sourire. Des études sérieuses et des entités statistiques que personne ne comprend sont censés trancher les débats. Typique des sociaux-démocrates.

          • vous voulez les sources ?

          • c’est certain que pour les sectaires cela pose problème.

            • Nous voulons les sources …

              Et il serait pertinent de vérifier quels sont les secteurs éducatifs qui ont le mieux réussi.
              Sachant que le système éducatif traite le public et le privé strictement à parité.

              Une baisse de performance dans le public seul démontrerait simplement son inefficacité, dans l’absolu et par comparaison. Et si la part de marché du privé n’a pas crû suffisamment que pour compenser la perte de compétitivité du public, alors le tout baisse, de fait.

              • Il y a par exemple cet article qui fait une synthèse : S. Wiborg, « Swedish Free Schools : Do they work ? », Centre for Learning and Life Chances in Knowledge Economies and Societies- Research Paper, no 18, 2010.
                Quant à PIRLS et TIMSS, les rapports sont disponibles sur leur site en format pdf.
                PIRLS et TIMSS compare public et privé tout comme PISA. Je sais que pour PIRLS, il n’y a pas de différence de performance entre public et privé jusqu’en 2011. Quant à PISA (même si je trouve moins fiable que les autres), il n’y a pas non plus de corrélation entre privé et meilleurs résultats.

                • Merci pour la référence.
                  http://www.llakes.org/wp-content/uploads/2010/09/Wiborg-online.pdf

                  Le papier est très instructif, même s’il glose un peu trop.
                  Les faits exposés sont neutres. Les conclusions (négatives) sont ce que le trop visible sponsor du papier attendait. Le labour party est certainement prêt à tout pour empêcher la dissémination de charter schools au UK.

                  En tant que parent, (ou maintenant grand parent) ce qui m’importe c’est la possibilité de choisir, et le leverage que cela me donne sur l’école où sont mes enfants. Si j’habitais en Suède, à priori un système comme celui de Kunnskapskolan, et la responsabilisation des écoliers à outrance retiendrait toute mon attention et créerait un préjugé favorable.

                  En tant que libéral, tous les sujets sur l’égalité, la mixité, sont autant de démarches d’un état socialiste totalitaire. Les obligations (morales) d’équité sont largement atteintes dès lors que (i) les écoles ne peuvent pas refuser de clients, (ii) l’éducation reste gratuite pour tous et (iii) que les élèves les plus faibles font l’objet d’un soutien individualisé. Le reste sont des arguments commerciaux de syndicalistes et collectivistes acharnés, que je n’ai pas envie de fréquenter, ni moi, ni mes enfants, ce qui peut donner un incitatif supplémentaire pour quitter le système public.

                  Sur les résultats comparés, je serais tenté de penser que le secteur privé est très hétérogène.
                  Entre Kunnskapskolan, fondé par des professionnels passionnés et géré avec rigueur, et des machines à sous tenus par des venture capitalists pressés de récupérer leur mise de départ, les faits donnés dans l’article sont conformes aux attentes que l’on pourrait formuler à priori, et les résultas scolastiques du premier pourraient aussi être supérieurs.

                  Personne n’a forcé les parents à mettre leurs enfants où que ce soit. Et il est légitime de penser que la fermeture d’école en cours d’année est ou devrait être une rupture abusive de contrat. J’espère que les parents ont lu le contrat qu’ils ont signé.

                  Les libéraux aiment les contrats …
                  La société devrait être fondés sur des engagements réciproques librement consentis …

                  • le plus bel argument (négatif) du papier est le gaspillage de ressources que représente la surcapacité des écoles publiques qui ont perdus des clients

                    l’Union Soviétique a crevé de cette optimisation des ressources et absence de concurrence.

                    l’autre fait intéressant (et évoqué avec un effroi qui fait plaisir à observer) est le fait que le profit des opérateurs privés serait opéré sur le dos du contribuable

                    en pratique il n’en est rien : le fonctionnement du système est une économie de marché, où le prix est déterminé par l’opérateur le moins performant – le secteur public; le contribuable paie le prix de marché, qui est le même qu’il aurait payé en situation de non concurrence

                    les opérateurs privés réalisent un profit parce qu’ils sont plus efficaces, et grace à l’action des syndicats du secteur public qui (comme cela arrive parfois …) ont bloqué toute innovation en insistant ad nauseam sur l’importance de rajouter des ressources pour obtenir plus de résultats – c’est ce que fait tout monopoliste

                    et ceux des opérateurs privés qui ne réalisent pas de profit sortent du jeu

                    c’est ce qui se passe dans n’importe quelle activité économique concurrentielle

                  • Je reviendrai plus tard sur les charter schools aux USA et notamment la critique émise par une ancienne vice-ministre de l’éducation de G. Bush en 1991.
                    Pour l’instant, je préfère rester sur la liste de vos conditions pour une équité. Premier problème les écoles ne peuvent refuser de clients. Là on se heurte à une réalité quasiment physique insurmontable. Sans compter le fait qu’on peut accepter un élève pour s’en débarrasser quelques mois plus tard. L’éducation reste gratuite pour tous. Très bien, je ne peux qu’applaudir, c’est en effet un gage d’équité mais cela pose certains problèmes. Comment sont calculées les dotations ? Par élève ? Dans ce cas, les écoles qui ont plus d’élèves en difficulté seront défavorisées par rapport à celles qui ont des élèves avec un meilleur niveau académique. Sans compter les coûts fixes qui ne dépendent pas directement du nombre d’élèves et qui seront donc financés soit par la puissance publique soit par les parents mais dans ce cas on rompt avec la condition de gratuité. Quant à l’individualisation, elle ne dépend pas tellement du modèle public ou privé. Il y a aussi d’autres éléments à prendre en compte. Par exemple la localisation. Comment peut-on parler d’équité si les écoles les plus proches sont des écoles plus « difficiles » que celles dans les quartiers huppés difficilement accessibles (trop loin par exemple) ? Sans compter le fait qu’il y a également d’autres facteurs qui faussent l’équité : dans une école plus huppée, les élèves vont apprendre certains codes sociaux qui pourront les aider, feront des rencontres qui pourront servir, etc. Là encore l’équité en prend un coup.
                    Quant aux comparaisons public-privé, elle est globale, et ce que vous dites pour le privé (hétérogénéité est aussi valable pour le public).
                    J’avoue que je suis assez effaré de vous entendre dire que le prix du marché est le prix en condition de non-concurrence !

                    • Le prix du marché est le prix de ce que le client (étatique …) est prêt à payer. Il est défini sur la base de ce que les écoles publiques sont sensées coûter. Le principe est très simple.

                      L’implantation d’une école est un phénomène local. Quelle que soit la zone environnante, aisée ou en difficulté, les écoliers viendront quand les parents l’ont décidé, et l’école n’a pas le droit de les refuser; dans le cas spécifique de Kunnskapskolan l’école va même consacrer plus de ressources aux élèves en difficulté qu’à ceux qui s’en tirent mieux et encourager la coopération entre écoliers, et donc « tirer » vers le haut l’ensemble de chaque classe.

                      De fait quand une école comme une entreprise perd ses clients, elle ne peut plus couvrir ses coûts fixes, et part dans une spirale d’inflation des coûts moyens. C’est ce qui fait qu’à un certain moment on la ferme (dès que son coût moyen hors amortissement des intangibles dépasse le prix du marché). C’est une des composantes essentielles de la « destruction créatrice » de Schumpeter.

                      La destruction de ce qui est obsolète est le prix à payer pour le renouvellement du tissu économique (y-compris chez les entreprises qui délivrent des services éducatifs …). Les pertes comptables à court terme dues à la sur-capacité des perdants sont massivement compensées par la capacité de réaffecter les ressources (immobilier, main d’oeuvre, …) vers des emplois plus productifs. Par exemple de transférer cette école publique à une chaîne d’écoles privées qui a une meilleure « technologie », et saura la faire utiliser. Là je vous provoque délibérément, mais le fond de la chose est bien là : quelle légitimité les syndicats d’enseignants ont-ils à faire perdurer un système financé avec l’argent public, qui ne sert pas les intérêts du public, et en revanche sert leurs propres intérêts ? CQFD

                      L’Union Soviétique a crevé d’avoir méprisé ce principe.

                      Longue vie à la République (française) Socialiste et Soviétique du Bisounoursland !

                    • Ce n’est donc pas une économie de marché au sens strict puisque le prix n’est pas « librement consenti » entre l’offreur (l’école) et le demandeur (les parents d’élèves). Le prix reste fixé.
                      lorsque l’école la plus proche présente des résultats plus faibles que celle à 5 km, c’est certain que les parents voudront aller dans la seconde, encore faut-il qu’ils puissent y aller : transport, horaire, etc qui seront des freins à l’accès à cette école risquant ainsi de maintenir une ségrégation entre territoires. Pour tirer vers le haut, encore faut-il qu’il y ait une mixité au niveau des résultats, s’il y a concentration de difficultés vous aurez du mal, vous aurez du mal à tirer vers le haut, le risque est même que le niveau soit tiré vers le bas. L’école peut consacrer plus de ressources aux élèves en difficulté, c’est la moindre des choses, mais il y a aura bien à un moment une inégalité entre une école où le niveau est plus élevé et une où le niveau est le plus bas avec le même effectif et donc la même dotation (sauf si la dotation dépend du niveau des élèves). Le système Suédois est financé par l’argent public. Enfin, quand je regarde les conditions de travail des enseignants, classes parmi les plus chargées de l’OCDE, salaires parmi les plus bas (pour le primaire notamment), temps d’enseignement parmi le plus élevé de l’OCDE (premier en Europe) pour le primaire, je ne crois pas que les syndicats d’enseignants servent leurs intérêts.

            • Incapable d’accepter leur tord, ils préfèrent mentir que d’accepter qu’une idée qui n’est pas d’eux ait mieux réussi.
              Gauche = maladie mentale

              • Cette maladie porte un nom : déni de réalité.
                Suivant les circonstances, on peut en mourir. Malheureusement, c’est une mort collective, solidaire.

  • la liberté prévaut quant au choix des parents, il n’y a rien d’autre à rajouter pour l’instant.

  • Le film qui remet en question l’école : « Etre et devenir »

    http://leportaildelief.com/actions-ief/etre-et-devenir-un-documentaire-sur-lief/

    bande annonce :

    « Synopsis

    Etre et devenir propose pour la première fois sur grand écran des récits d’expériences et des rencontres qui explorent le choix de ne pas scolariser ses enfants, de leur faire confiance et de les laisser apprendre librement ce qui les passionne. Le chemin de découverte de la réalisatrice nous emmène à travers quatre pays, les Etats-Unis, l’Allemagne (où il est illégal de ne pas aller l’école), la France et l’Angleterre. Ce film est une quête de vérité sur le désir inné d’apprendre. »

    p.s. n’habitant pas Paris, je ne l’ai pas vu, mais il me semble très intéressant.

    • Bonjour,

      Je suis enseignant dans une école secondaire (niveau collège) en Suisse et certains points de l’article m’ont fait réagir. Je cite certains passages pour rendre mes commentaires plus lisibles.

      1) Qu’apprenons-nous dans nos écoles ? Quels sont les buts de l’école ?

      « Du mieux que je me souviens, j’ai appris à lire, à écrire, à compter et à obéir aux adultes de 6 à 12 ans ».

      Rien de plus normal que d’obéir à des règles que ce soit celles des parents où celles des professeurs.

      La notion d’autorité dans l’enseignement aussi bien que dans l’éducation me semble incontournable.
      Il y a eu des essais utopistes d’écoles « sans aucune relation d’autorité » après Mai 68 et ces écoles ont toutes été des échecs cuisants.

      « Jusqu’à l’âge de 16 ans, j’ai appris à situer des pays sur une carte, à fouiller dans un atlas, à tracer les grandes lignes de l’histoire, à interpréter l’actualité politique, à faire des rimes de poésie, à conjuguer des phrases, à distinguer une thèse d’un argument, à utiliser un schéma narratif, à appliquer des formules mathématiques et à décomposer un objet physique. De 16 à 18 ans, j’ai appris la philosophie et la littérature ».

      L’école enseigne des « savoirs » et des « savoirs faire ». On peut toujours discuter sur le contenu des différentes matières et sur les compétences enseignées. Il est vrai que les contenus, savoir faire et objectifs sont fixés par des experts qui sont parfois déconnectés de la réalité du terrain. Les enseignants sont généralement consultés sur les réformes, mais elles nous sont dictés par la hiérarchie.

      Les programmes ont d’ailleurs passablement changé depuis l’instauration de l’école obligatoire pour s’adapter au mieux à la réalité du monde professionnel.
      Certains patrons n’ont de cesse de demander aux écoles de former les élèves pour qu’ils puissent être efficaces sur le marché du travail. Ils ont une vision utilitariste de l’enseignement obligatoire.

      Les buts de l’enseignement sont les suivants (extraits de la loi scolaire du canton de Fribourg).

      a) Développer les facultés intellectuelles et créatrices de l’enfant en l’aidant à acquérir les connaissances et les savoir-faire fondamentaux
      b) Former le caractère et à développer le jugement de l’enfant
      c) Développer les aptitudes physiques de l’enfant
      d) Donner à l’enfant le sens de ses responsabilités envers lui-même, autrui et la société

      Je ne pense pas que la loi scolaire française soit différente.

      « Le portrait qui en ressort, c’est une volonté acharnée de faire de moi un bon citoyen. »

      C’est ta perception des choses, en faire une généralité est à mon avis abusif.

      « Qu’est-ce qu’un bon citoyen ? C’est quelqu’un qui participe à la démocratie en discourant sur la société, en lisant des livres sérieux sur le sujet, en écrivant ses opinions dans un langage prestigieux, en adhérant à la science et en sachant décoder des suites de chiffres. La plupart de mon éducation convergeait dans cette direction ».

      De nouveau, c’est une définition subjective et négative.

      Un citoyen n’est rien d’autre qu’une personne qui possède des droits (qu’il est libre d’exercer ou pas) et des devoirs qui émanent d’un Etat.

      « Nous pouvons imaginer un programme scolaire qui nous apprend à faire de l’’écoute active, à calmer sa colère, à magasiner intelligemment, à bâtir sa carrière, à travailler avec ses mains, à voyager, à converser de façon agréable, à fouiller sur internet pour trouver des informations, à défendre ses droits sans
      accorder beaucoup d’importance à la géographie, à l’histoire, à l’expression d’opinions politiques, à la science et aux mathématiques avancés ».

      Ce programme existe déjà dans les écoles privées et publiques. On peut toujours discuter de l’importance de la géographie, de l’histoire ou d’autres matières, mais tu cites des matières que tu sembles ne pas avoir trop appréciées, mais que d’autres apprécient sans doute.

      « Les règles du français écrit pourraient être simplifiées ».

      Beaucoup de règles ont été simplifiées. L’orthographe et la grammaire doivent rester des outils pour mieux écrire. Comme tu le dis si bien « tu as commencé à suivre les règles quand tu as eu le désir de mieux écrire. »

      « Lorsque j’envisage des alternatives, je n’imagine pas un gouffre de bêtises, mais un univers riche en potentiels et c’est là que je me mets à rêver d’une vie meilleure pour mes enfants ».

      Je pense que c’est aussi le souhait de la plupart des enseignants. Pour augmenter les potentialités, nous pouvons nous inspirer du modèle norvégien.

      Le modèle de l’enseignement scolaire norvégien insiste sur deux matières principales : la langue maternelle et les mathématiques. Les dotations horaires sont plus élevées dans ces deux matières que dans la plupart des pays.
      Les élèves ont aussi accès à beaucoup d’options qu’ils peuvent librement choisir.

      Ce système mixte, entre matières obligatoires et options me semble un bon modèle pour motiver les jeunes à venir à l’école, car on leur donne des choix et donc des responsabilités.

      Ces choix sont discutés à la maison et les parents peuvent aussi contribuer à la construction de l’avenir professionnel de leurs enfants.

      Lorsque tu affirmes que les enseignants français proviennent tous d’une élite intellectuelle et bien cela est sans doute vrai car les profs (de la maternelle au lycée il me semble, mais je peux me tromper) doivent passer des concours académiques et ensuite suivre une formation pédagogique. Ils ont donc été forgés dans le creuset académique.

      En Suisse, le niveau d’étude d’un enseignant n’est pas uniforme. Plus le degré scolaire est élevé, plus le niveau d’étude demandé est élevé.

      Maternelles et primaires : Bac (généraliste) + école pédagogique.
      Collège : Bachelor dans la matière enseignée + école pédagogique.
      Lycée : Master dans la matière enseignée + école pédagogique.

      Les études terminées, chaque prof est lâché sur le marché du travail et doit postuler dans les écoles pour trouver une place comme n’importe quel autre travailleur.

      Le libéralisme économique est-il la solution pour l’enseignement ?

      « Les mécanismes de marché permettraient de mettre en compétition toutes les idées sur le moyen d’atteindre cet objectif ».

      Les marchés ne régulent pas tout, c’est une utopie libérale.
      Les trusts, les cartels et les situations de monopoles peuvent fausser la belle mécanique de l’offre et de la demande et causer de belles crises économiques.
      Ces entités existent, ont un pouvoir d’influence certain dans les sphères étatiques. Ce sont des lobbys puissants, dont même Adam Smith se méfiait.
      Le libéralisme économique doit avoir des limites et une force qui fait contrepoids lorsque les marchés disfonctionnent et cette force c’est l’Etat quand il n’est pas assujettis par les barons de l’économie : ce sont eux qui forment la nouvelle aristocratie.

      Pour revenir à l’école, la loi n’oblige pas les parents à inscrire leurs enfants dans des écoles publiques, ils peuvent aussi le faire dans des écoles privées.
      En Suisse, ces écoles sont généralement plus chères que l’enseignement public. S’il y avait plus d’écoles privées, les prix baisseraient sans doute. S’il n’y avait plus d’écoles public, ce marché serait bien sûr repris par le secteur privé et il y aurait bien évidemment plus de liberté sur les prix (hors situation de monopole) et sur les contenus enseignés.

      Difficile de prédire ce que serait un tel modèle et s’il se révèlerait supérieur au modèle public actuel teinté d’écoles privées.

      « Les entrepreneurs qui auraient le plus de succès à le faire deviendraient des multimilliardaires propriétaires de multinationales de l’éducation choyées par les parents ».

      Cela serait le pire qui puisse arriver ! Les multinationales écrasent la concurrence et peuvent tuer les petites entreprises pour imposer leurs prix. Une multinationale de l’éducation imposerait aussi un système d’enseignement unique !

      « Penser qu’un cartel de vendeurs d’idées puisse avoir plus à cœur que les parents le sort des élèves est du pur délire d’intellectuels enfermés dans une tour d’ivoire. Il ne faut pas avoir un doctorat en psychologie pour le comprendre, mais simplement un gros bon sens ».

      « Penser que des cadres d’une « hypothétique multinationale de l’enseignement » auraient plus à coeur le sort des élèves que leurs parents est du pur délire d’intellectuel libéral enfermés dans une tour d’ivoire ».

      Les actionnaires et les cadres des multinationales cherchent majoritairement à faire du profit, mais peuvent aussi avoir d’autres buts : justice sociale, développement durable, enrichissement culturel.

      « Finalement, il y a cette idée que, sans le gouvernement, les prix de l’éducation ne seraient pas abordables. »

      Dans un système totalement libéral il y aurait des écoles pour les riches, pour la classe moyenne et peut-être des écoles pour les pauvres, mais comme ces derniers n’ont que peu de ressources, pas sûr qu’ils paieraient pour envoyer leurs enfants à l’école.

      Il les enverraient plutôt travailler pour rapporter des sous à la maison. En outre, peu d’entreprises chercheraient à ouvrir des écoles pour les pauvres car elles ne seraient pas (ou moins) rentables. Ces écoles pour pauvres trouveraient plus difficilement des profs prêts à travailler pour des salaires inférieurs à ceux proposés par d’autres écoles plus huppées.

      Le modèle libéral pur et dur créerait plus d’inégalités sociales que le modèle actuel en créant des écoles à plusieurs vitesses.

      2) Sur ta perception des profs.

      « L’empathie envers lui est possible, mais dans les limites tracées par le confort dû à un employé syndiqué. Bref, c’est un milieu de salariés avec des défauts humains qui se nourrissent eux-mêmes dans une bulle déconnectée du reste de « la société ».

      On voit que tu n’as sans doute pas parlé avec des profs qui aiment leur métier. Si si cela existe, je te rassures, malgré les salaires de misère payés par l’Etat français, les coupes budgétaires qui donnent moins de moyens sur le terrain, l’augmentation des élèves par classe et le fait d’envoyer les jeunes profs se faire les dents en ZEP en début de carrière…

      L’empathie avec les élèves est nécessaire et indispensable si tu veux durer dans le métier. Il est vrai qu’il y a des profs peu empathiques, mais cela ne veut pas dire qu’ils fassent mal leur travail.

      Les profs ne vivent pas dans une bulle déconnectée de la réalité. La réalité, il la côtoient tous les jours, ce sont leurs élèves, les parents et un dialogue généralement constructif s’établit car les rôles sont définis par la loi scolaire de chaque canton.

      « L’enseignant typique peut répondre que c’est « la société » ou des experts et non la famille qui doit agir comme tuteur. Or, la « société », ce sont les parents. Lorsque les professeurs singent ce langage, ils se font passer pour les représentants authentiques de la société contre la société ».

      « L’école seconde les parents dans l’instruction et l’éducation de leurs enfants ». (loi scolaire du canton de Fribourg)
      Les parents ont donc la responsabilité principal de l’éducation.

      Un tuteur est une personne qui gère l’éducation d’un enfant lorsque les parents ne sont plus capables d’assumer leur rôle. Les professeurs ne se substituent pas aux parents, bien heureusement. Il est nécessaire de distinguer éducation et enseignement. Les profs sont les spécialistes de l’enseignement et sont aussi formés en pédagogie pour des missions éducatives (5% environ de notre cahier des charges).

      Interroge la plupart des professeurs, ils te diront que leur métier n’est pas d’éduquer mais d’enseigner. Or l’un ne va pas sans l’autre dans certaines classes, où il faut d’abord mettre en place des règles sociales pour que tout le monde puisse travailler dans de bonnes conditions. Cela fait partie de notre mandat, c’est parfois épuisant et difficile à gérer dans certaines classes où les ados sont difficiles.

      « Les enseignants n’usent pas de leur force de travail à leur pleine capacité ».

      Un préjugé classique sur les profs, c’est comme dire que tous les économistes libéraux ne pensent qu’au profit.

      3) Des solutions à apporter ?

      « Des tests pourraient mieux certifier des compétences apprises en dehors de l’école de manière à les compléter seulement dans certaines formations d’appoint ».

      Cela existe déjà, ces formations s’appellent des apprentissages. Je ne connais pas le système français, mais en Suisse, il est possible de quitter la scolarité obligatoire (9 ans) et s’arrêter au Collège pour ensuite suivre une formation dual.
      Sur une semaine, 4 ou 5 jours en entreprises et un ou deux jours dans des écoles professionnelles où les apprentis reçoivent des cours sur les matières techniques de leur métier et des cours de culture générale. Ce système convient bien à des élèves qui n’aiment pas les études. Des passerelles existent ensuite après l’apprentissage pour faire des spécialisations, des maîtrises ou des écoles d’ingénieurs. Les jeunes peuvent ainsi faire évoluer leur carrière en suivant d’autres voies que la sacro sainte voie académique.

      « Les jeunes peuvent apprendre directement d’un employeur moyennant du bénévolat ».

      Les stages sont obligatoire en Suisse dès la 3ème année de collège. » Ils servent surtout à décider de leur futur professionnel.
      Le voeu que tu formules se réalise dans l’apprentissage qui est un contrat signé entre le patron, les parents, le jeune et l’Etat qui vérifie que les maîtres d’apprentissage fassent correctement leur boulot ce qui n’est pas toujours le cas malheureusement. Ceci montre aussi que la liberté n’existe plus lorsque la responsabilité (ici de former l’apprenti à un métier) est bafouée par la recherche du profit.

      Je précise que les apprentis reçoivent un salaire en contrepartie de leur travail en entreprise, salaire négocié entre le syndicats et le patronat de chaque corps de métier.

      « Il faut comprendre que c’est le milieu de l’éducation cartellisé en syndicat qui gonfle les prix ».

      Les salaires des profs ne sont pas exorbitants et n’ont surtout pas été indexé au coût de la vie depuis plusieurs années il me semble. Les conditions sont sans doute meilleures dans les écoles privées. En outre, des économies sont aussi réalisées pour freiner les dépenses de l’Etat que ce soit en France ou en Suisse.

      « Les universités sont des immeubles dont le clinquant est coûteux », mais qui forme d’excellents scientifiques, ingénieurs, artistes, enseignants qui fondent ensuite le dynamisme des entreprises de leurs pays.

      « L’administration et les services connexes sont surdimensionnés ».

      J’ai entendu une collège enseignante à Strasbourg qui a relevé le même problème. En France, il y a plus de postes administratifs que de postes sur le terrain. Sur ce point des économies sont possibles, mais rendues difficiles par le corporatisme syndical comme tu le relèves.

      Sur l’idéal de l’égalité des chances !

      « L’éducation publique constitue même un outil pour les (les élèves défavorisés) discriminer, car ce sont précisément eux qui ne passeront pas à travers ces tests et qui n’auront donc pas les papiers nécessaires pour marchander leur valeur sur le marché du travail ou auprès des autorités politiques ».

      Affirmation vrai jusqu’à un certain point. Des élèves venant de milieux « prolétaires » peuvent très bien réussir dans le système scolaire public. Pour d’autres élèves défavorisés (sans doute plus nombreux je te le concède), ce modèle scolaire qui privilégie les études comme accessions à la réussite professionnelle, est source d’échec.

      En définitive, je ne pense pas que l’on puisse se passer des écoles privées et de l’Education Nationale, mais qu’il est nécessaire de la réformer en revalorisant des formations de type apprentissage pour donner plus de liberté de choix aux élèves.

      • « Je suis enseignant dans une école secondaire (niveau collège) en Suisse et certains points de l’article m’ont fait réagir. »

        Je peux comprendre votre réaction, mais à mon avis, l’éducation nationale française n’a rien à voir avec le système suisse qui, de surcroît, relève principalement des 26 cantons. Résultat :

        http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/12/03/01016-20131203ARTFIG00338-niveau-scolaire-la-france-perd-deux-places-au-classement-mondial.php

        http://www.oecd.org/fr/education/les-pays-d-asie-arrivent-en-tete-du-classement-de-la-derniere-enquete-pisa-de-l-ocde-sur-l-etat-de-l-education-dans-le-monde.htm

        Et ceci sans parler des salaires honteux des enseignants en France, qui démotivent probablement, pour ne pas dire sûrement.

      • Merci de cette longue réponse à propos de laquelle je ne peux répondre point par point.

        Dans les grandes lignes, vous faites ressortir la sphère de liberté réelle qui existe actuellement dans les programmes. Je ne la nie pas. Cependant, elle m’apparaît pouvoir être beaucoup plus grande.

        En ce qui concerne la façon dont les enseignants se perçoivent, je m’en méfie. L’enseignant peut croire être au service de l’enfant et se tromper. La seule manière de le savoir, c’est de demander aux parents s’ils sont disposés à le payer pour faire ce bien à l’enfant. En l’absence d’un tel mécanisme de marché, il n’y a aucun moyen de le vérifier et lorsque vous prétendez faire tel ou tel bien, vous êtes juges et accusés. Habituellement, lorsque je dis cela à un enseignant, il me répond par la démocratie, mais jamais le point de vue d’un électeur va jusqu’à englober dans sa prise de décision les détails d’un programme éducatif, jamais il n’a de véritables options devant lui et la décision est une agrégation de volontés dont le sens est facilement interprétable.

        Pour le reste, vous véhiculer votre croyance qu’en situation de liberté économique les écarts se creusent, les pauvres s’appauvrissent, les riches s’enrichissent et ainsi de suite. Je crois tout le contraire. Je crois que c’est notre mode d’organisation centralisée de la société qui fait cet effet là. Oui, il y a des monopoles qui ne pensent qu’au profit, mais ils ne sont aussi puissants que parce que nous avons un mode centralisé d’organisation capable de leur permettre de fausser les mécanismes de marché à leur profit. Vous pouvez être en désaccord, mais vos arguments doivent faire plus que simplement assumer cette « logique des marchés », qui n’est à mon avis qu’un cliché tellement répété qu’il prend les allures d’une évidence.

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