Manifestations lycéennes et étudiantes contre le FN : pour quoi faire ?

Manifestation de "syndicats" étudiants (Crédits : Rafael Lopez, licence CC-BY-NC-ND 2.0), via Flickr.

Les principales organisations syndicales de la jeunesse ont appelé à manifester aujourd’hui contre « une poussée de l’extrême droite ».

Les principales organisations syndicales de la jeunesse ont appelé à manifester aujourd’hui contre « une poussée de l’extrême droite ». Mais s’il faut lutter contre le FN, c’est surtout parce que ce parti souhaite renforcer les politiques étatistes actuelles qui ne fonctionnent pas.

Par Rafaël Amselem.

UNEF - UNL

Nous y voilà. Cette semaine, nos amis politiciens sont encore sous le choc d’une montée explosive du Front National aux élections européennes. En effet, le parti extrémiste a réuni 25% du suffrage. N’en parlons pas pour les médias qui sont, avec nos très « chers » amis socialistes ou conservateurs – ou les deux – grandement responsables de cette situation.

Panique à bord ! Le néo-fascisme, rappelant les moments les plus sombres de notre histoire, est de retour ! Comment cela est-il possible ? Serait-ce un vote sanction ou alors un énième appel d’urgence face à la crise ?

Une chose est sûre, c’est que (presque) personne n’est prêt à se remettre en question. Vous avez de grandes chances d’entendre à la télévision quelque chose comme : « les Français veulent envoyer un message ».

Mais toujours cette semaine, le sort semble encore s’acharner sur nos pauvres et chers amis politiciens. En effet, Copé démissionne ! De quoi faire vendre quelques journaux en plus pour nous abrutir, et faire encore un peu plus de place au Front National. Pendant que l’UMP se rassemble – non pas à refonder le parti autour de valeur plus libérales, mais autour de celui qui arrivera à piquer la place de l’autre plus rapidement – Florian Philippot et Marine Le Pen se frottent les mains et en profitent une fois de plus pour donner du crédit supplémentaire à leur discours « anti-UMPS ».

Parmi ceux qui ont décidé de réellement réagir, les jeunes tentent de faire entendre leurs voix. Ainsi, ils organisent ce jeudi à Paris et dans les plus grandes villes de Province, une manifestation avec plusieurs syndicats comme l’UNEF, l’UNL (Union nationale lycéenne), le Syndicat Général des Lycéens et bien d’autres.

Ainsi, je me demande si nous n’assistons pas à un coup d’éclat de trop pour les citoyens, ou à un autre coup de publicité politique qui finira dans le gouffre de l’oubli.

Mais au-delà de cela, je me demande avec d’autres : où est la véritable opposition au Front National ? Ni l’UMP, ni le PS ne peuvent l’être puisqu’ils partagent certains points communs sur le pouvoir de l’État, qu’ils soient dans l’économie ou dans les mœurs.

C’est pourquoi nous devons réellement nous unir pour faire entendre notre voix parmi tout ce chantier. Et je souhaiterais apporter mon soutien. Notamment en cassant quelques mensonges du Front National, que nous connaissons tous, mais qu’il me semble bon de rappeler.

Pour les élections, le parti extrémiste – de gauche ou de droite, au point où on en est – a rappelé ses positions classiques : anti-européen, anti-euro, anti-libre échange (tiens il n’est pas le seul), etc. ayant pris pour ennemi l' »ultra-libéralisme » européen. Ne comptez pas sur eux pour vous expliquer ce mot, car la grande majorité des militants, par expérience personnelle, ne savent même pas le définir, c’est même dire s’ils savent ce que veut dire le mot austérité, phénomène qu’ils critiquent tant. Mais pour cela il faudrait déjà qu’elle existe en France. Regardons nos dépenses publiques : 57% du PIB, et elles augmentent chaque année. Malgré la « baisse de 50 milliards » sur les trois prochaines années, elles continueront sur le même chemin. En effet, chaque année, elles augmentent automatiquement de 30 milliards. Dans trois ans, elles auront donc augmenté de 90 milliards. Même en les baissant de 50 milliards, les dépenses publiques seront plus grandes de 40 milliards. Les soi-disant économies ne sont pas réelles. Nos déficits ont à peine diminué – pas besoin de rappeler les belles promesses de François Hollande, d’autres se chargent déjà de « tirer sur l’ambulance ». D’autres pays ont réellement décidé d’appliquer l’austérité, comme l’Italie avec le nouveau gouvernement. D’ailleurs le parti du Premier Ministre Matteo Renzi, le Partito Democratico, arrive premier aux élections européennes. Mon pays favori reste quand même les Pays-Bas, qui ont décidé en septembre dernier l’abandon total de l’État-providence et une baisse des dépenses de fonctionnement de l’appareil étatique. Il y a encore d’autres pays dans l’Union Européenne qui ont décidé de faire un vrai pas vers une baisse du pouvoir de l’État pour le donner aux citoyens, plus de liberté. En comparaison à ces pays, je nous trouve ridicule. Le Front National tente juste de rentrer dans une mouvance qui se dit « pour la croissance ». Comprenons par cela keynésienne.

Donc le Front National tente de vouloir continuer une politique qui ne marche pas. Je ne suis pas convaincu que le parti fait cela par idéologie, mais par simple démagogie politique, comme « l’UMPS ». Il profite du message ambiant que nous sommes dans une austérité massive et sans précédent. Grâce à cela, le FN tente de faire passer son message qui se veut assez socialiste, à travers des nationalisations et des hausses fortes de dépenses militaires (je ne fais que citer leur programme).

Madame Le Pen parle aussi d’une dérégulation totale. C’est peut-être ce qu’elle appelle « ultra-libéralisme ». J’ai voulu faire quelques recherches sur le sujet. J’ai trouvé un premier chiffre : il y aurait plus de 29.000 lois créées par l’Union Européenne. En posant la question sur des forums, on m’y a répondu qu’il y en a tellement, et qu’elles ont tellement augmenté qu’il est impossible de poser un chiffre précis. Cela prouve bien que l’Union Européenne est dans une optique de règlementation très forte, l’affaire très récente des échelles pour la culture de clémentines l’illustre assez bien. Sans compter le grand nombre de commissions qu’il existe à travers les institutions de l’UE.

Autre point sur lequel le Front National semble avoir des troubles neurologiques : le protectionnisme. L’Union Européenne franc-maçonnique turbo-capitaliste semble être très axée sur le libre-échange… Mais en fait non. Premièrement, près de la moitié du budget de l’UE est consacré à la PAC, qui est le protectionnisme européen agricole. Cela représente quelques 9,1 milliards d’euros/an – ce qui n’est pas rien quand même – pour les agriculteurs français. Je passerais sur l’inefficacité, et même les effets pervers de celle-ci. Quoiqu’un rapport du think tank GenerationLibre de Gaspard Koenig montre qu’elle fait augmenter les prix et détruit l’agriculture étrangère. L’OCDE en est arrivée aux mêmes conclusions. Malgré toutes ces aides, notre agriculture se meurt. Contrairement à l’agriculture néozélandaise qui n’a aucune subvention et qui représente pourtant 2/3 des exportations du pays. Mais continuons à crier que le libre-échange représente le mal absolu…

Toujours dans le protectionnisme, le bruit court que nous n’aurions aucune barrière douanière. Rien n’est plus faux. Comme le montre ce graphique paru dans Le Monde. N’est-ce pas le « protectionnisme intelligent » que madame Le Pen souhaite ? Même si toute forme de protectionnisme semble être une absurdité.

Europe des droits de douane

Quant à l’euro, j’avoue être trop jeune pour faire une critique de la monnaie. Quoi que l’on pourrait parler de son idée de créer un franc basé sur l’étalon-or… pour le dévaluer. Mis à part qu’un étalon-or ne peut être dévalué… mais je suppose que ce n’est qu’un très léger détail. Retourner au franc n’est pas tellement anti-libéral, en reprenant Friedman, mais sous quelle forme ce nouveau franc va être créé. Marine Le Pen souhaite juste créer une énième monnaie-fiat avec une banque centrale forte, le tout, au service de notre gourmand État français.

Je ne me rends pas compte des conséquences qu’a l’Union Européenne dans nos vies. Et je suis certain qu’il existe des libéraux contre l’UE. Mais une chose est sûre, madame Le Pen se trompe d’arguments. Et encore, je ne parle que de ses positions à propos de l’Union Européenne. Il y a encore tant de choses à critiquer dans son vaste programme. Toutefois, leur score est à relativiser, puisque le Front National a fait en réalité 10,7% des voix en comptant l’abstention. Les libéraux doivent faire entendre leur voix sur ce sujet européen et national.