Élection européenne : Le traité de libre-échange avec les États-Unis est source de croissance

Kent Johansson (Crédits Centerbilder, licence Creative Commons)

Un libre-échange accru est bienvenu et significatif pour la prospérité des pays de l’UE, selon Kent Johansson, leader du parti centriste suédois.

Un libre-échange accru est bienvenu et significatif pour la prospérité des pays de l’UE. Mais il ne faut pas être naïf, dans les négociations avec les États-Unis, l’Europe doit défendre ses propres normes et principes. C’est ce que nous dit Kent Johansson, leader du parti centriste suédois (Centerpartiet) dans le cadre des élections européennes.

Par Kent Johansson, leader du parti centriste suédois pour les élections européennes.

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L’ouverture et le commerce avec le monde extérieur a apporté beaucoup de richesse dont la Suède bénéficie aujourd’hui. Un accroissement des échanges de biens, des idées et d’autres nouvelles opportunités font partie des choses dont nous-mêmes et nos partenaires commerciaux tirent profit.

Le commerce extérieur suédois a presque doublé depuis adhésion à l’UE, selon un nouveau rapport de recherche de l’institut économique Ratio.

Le projet d’accord commercial entre l’UE et les États-Unis (TTIP – Transatlantic Trade and Investment Partnership ) ouvre la possibilité pour encore plus d’échanges et donc plus de croissance et plus d’emplois.

Mon point de vue fondamental est que l’ouverture et le commerce nous rendent plus forts. Un marché transatlantique renforcé pourrait être l’injection de vitamines que nos économies européennes ont besoin.

Les analyses de la commission européenne indiquent que le commerce peut conduire à plusieurs millions de nouveaux emplois dans les entreprises axées sur l’exportation et à l’augmentation des salaires pour les professions hautement qualifiés et moins qualifiés.

Cela peut aussi signifier qu’en tant que consommateurs nous avons accès à plus de biens de consommation et moins chers. Dans l’ensemble, cela pourrait représenter environ 4.500 couronnes suédoises de plus (500 Euros) par an dans le budget des ménages de chaque famille suédoise, selon la Commission européenne.

Cet accord commercial possède donc un énorme potentiel et il est bon que les négociations aient commencé sans se heurter à une série de réserves et d’exceptions. C’était la ligne que mon groupe et moi-même avons porté au Parlement Européen : nous ne pouvons pas entamer des négociations avec une liste de toutes les choses que nous ne voulons pas faire.

Mais bien sûr, nous ne devons pas être naïfs. J’ai été clair sur le fait qu’il n’y aura pas de compromis sur les normes de qualité que nous avons en Suède et dans l’Union Européenne, par exemple, concernant l’environnement et la question alimentaire. Nous continuerons également dans l’UE à ne pas permettre la distribution de poulets nettoyés au chlore ou autre viande produite en « usine ». Nous devons aussi veiller à ce qui se décide pour voir si ces accords ne sabordent pas les règles européennes de protection des données ou la prise de décision démocratique, qui, ont été mises en évidence dans la discussion sur la protection des investisseurs, appelée ISDS (Investment protection and investor-to-state dispute settlement). En fin de compte, un projet de traité transatlantique qui doit être approuvé par les pays membres de l’UE eux-mêmes, le Parlement européen et le Congrès des États-Unis.

Des négociations sont en cours et il n’y a toujours pas d’accord. En Europe, nous nous en tiendrons à nos normes et principes. Mais nous devons être suffisamment ouvert pour nous engager de manière constructive dans les négociations et ne pas fermer la porte avant que nous ayons aperçu ce qui se passe de l’autre côté de la table de négociation.


Paru initialement dans Europortalen.se. Traduction de Philippe Rouchy pour Contrepoints.