Européennes : les listes UDI/Modem doivent clarifier leurs priorités

Keep calm and vote liberal (Crédits : ALDE, tous droits réservés)

Le programme des listes communes UDI/Modem pour les européennes mérite des précisions d’urgence s’il veut emporter les voix libérales.

Par le Parisien Libéral.

Vous le savez, pour les élections européennes 2014, les listes centristes de l’UDI et du Modem sont unies sous le label « les Européens » partant du constat qu’elles sont d’accord pour plus d’Europe et la marche vers le fédéralisme. Pour trouver l’apologie sans réserve des Européens, rendez-vous sur le blog de L’Hérétique.

Il y a déjà des députés UDI-Modem à Bruxelles. Citons par exemple l’excellente Sylvie Goulard, reconnue pour son travail, son expertise et son implication, ou encore la moins excellente Marielle de Sarnez, qui a alterné, ces derniers mois, entre travail de démolition de la fédération du Modem Paris, poker menteur sur le leadership des centristes parisiens et incohérence au niveau européen.

Ce dernier point est très important. En effet, nouveauté de cette élection aux européennes 2014 : le vote des députés va indirectement influencer le choix du président de la Commission européenne. En effet, en ce moment, 5 candidats à la présidence de la Commission européenne font campagne : Jean-Claude Juncker (PPE, droite), Martin Schulz (PS, gauche), Alexis Tsipras (extrême gauche), Ska Keller (écolo) et Guy Verhofstadt. Ce dernier est soutenu par les membres du parti centriste et libéral démocrate au niveau européen, l’ALDE .

Or, vous remarquerez qu’il n’y a pas, sur les documents de campagne de l’ALDE, de référence au Modem/UDI les Européens.

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C’est normal. Les députés UDI font parti du PPE (comme ceux de l’UMP, allez comprendre). Et ceux du Modem font partie de l’ALDE, sauf que parfois, on a l’impression qu’ils préféreraient être membres de la gauche européenne.

Exagération ? Il n’y a qu’à voir la réaction de Marielle de Sarnez à la candidature d’Olli Rehn, un libéral finlandais, à la tête de l’ALDE. Marielle de Sarnez avait menacé de quitter l’ALDE si Olli Rehn était proposé à la place de Guy Verhofstadt.

Du coup, avant d’aller éventuellement voter UDI/Modem les Européens, les électeurs feraient bien de se poser quelques questions sur le programme des listes centristes françaises :

  • L’UDI/Modem les Européens veut mettre en place « un véritable SMIC Européen », selon leur programme. Or, Guy Verhofstadt est contre, d’après Le Monde. Question 1 : élus à Bruxelles, les députés UDI/Modem les Européens vont-ils continuer à promouvoir la vision socialiste, dirigiste et étatiste de l’économie qui prévaut en France, ou bien seront-ils plus en phase avec leurs « partenaires » LibDem (anglais) et autres FDP (allemands) ?
  • Question 2 : l’harmonisation fiscale. L’ALDE est contre. Que diront les UDI/Modem les Européens ?
  • La problématique de la localisation du parlement européen. Importante, sachant que les signataires de One Seat (une pétition qui veut arrêter le déménagement permanent entre Bruxelles, Luxembourg et Strasbourg) sont majoritairement des fédéralistes. Question 3 : les UDI/Modem les Européens vont-ils s’aligner sur le point de vue de Cecilia Malmstrom (Folkparteit) ?

En fait, l’ALDE affiche clairement ses priorités : défense des libertés individuelles, de la libre circulation des personnes et des capitaux, critique virulente de la politique de surveillance électronique de la NSA. On n’est pas certain de retrouver clairement tous ces points dans le programme de UDI/Modem les Européens. De manière plus globale, les centristes français devraient cesser de dire que la marche vers le fédéralisme, souhaitable, doit forcément passer par une harmonisation fiscale et sociale.

Après tout, est-ce que les taux d’imposition sont les mêmes entre la Californie, le Texas, le New Hampshire et le Massachusetts ? Alors pourquoi devraient-ils être identiques entre la France, la Belgique, la Slovénie et la Suède ? Même dans un État aussi jacobin que la France, nous avons trouvé le moyen de créer des taux d’imposition différents pour la Corse, les Zones Franches Urbaines ou les journalistes.

Le fédéralisme devrait avant tout passer par un double mouvement : de gestion commune, d’une part, et des missions régaliennes des 28 (police, justice, armée et diplomatie) depuis Bruxelles et de délégation aux régions & landers, aux associations ou au secteur privé des autres missions de service public (santé, éducation, transports…), dans le respect du principe de subsidiarité d’autre part. Ainsi, nous aurions en plus une réponse au besoin urgent de réforme de l’État (en France).

Dans un contexte de rude concurrence (31 listes, dont certaines très intéressantes comme Nous Citoyens de Denis Payre, ou le Parti fédéraliste européen), l’UDI/Modem les Européens a tout intérêt à afficher clairement ses valeurs.


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Sur le même sujet : Que voter aux Européennes 2014 ? 15 mai 2014.