Le boom de l’école privée pour les pauvres en Inde

Dans la région de Bihar, l’implication des parents pauvres dans l’éducation de leurs enfants est prouvée par l’essor des écoles privées dans les quartiers.

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Le boom de l’école privée pour les pauvres en Inde

Publié le 29 avril 2014
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Un article de la Fondation pour l’école.

étude-indienne-écoles-libresUn think tank, l’India Institute, vient de publier une étude portant sur la scolarisation des enfants dans la région de Bihar, une étude de ce type à l’échelle d’un pays aussi peuplé que l’Inde étant techniquement impossible. Nous avons interviewé le directeur de cet institut, M. Baladevan Rangaraju.

L’étude démontre que l’État n’a pas la moindre idée du nombre d’écoles privées actives sur son territoire. Il en dénombrait 350 alors qu’il y en avait 1.574 ! Ce sont des écoles à bas coût (low cost private schools) qui prennent en charge essentiellement des classes moyennes et des populations pauvres.

L’étude a prouvé que 68% des parents préfèrent envoyer leurs enfants dans une école privée non aidée plutôt qu’à l’école publique pourtant intégralement subventionnée et ouvrant droit à bien des avantages tels l’uniforme et la cantine gratuite. Cette situation peut surprendre. L’étude montre que la raison du succès du privé tient au plus faible taux d’absentéisme des professeurs (10% contre 36% dans les écoles publiques), aux plus faibles effectifs (21-26 élèves contre 42 par classe dans le public) et à leur apprentissage de l’anglais comme une matière à part entière. Aux tests (et en particulier au test annuel ASER), les écoles privées ont de meilleurs résultats que les écoles publiques.

Face à cet essor des écoles privées, l’État a décidé de faire fermer, par le Right to education Act, les écoles privées non agréées sous prétexte qu’elles violeraient la législation sur les minima salariaux des professeurs et la taille des terrains de sport… Cette étude affirme qu’il serait immoral de faire fermer les écoles privées, tant que l’État ne peut pas garantir un service public de qualité, car ce serait pénaliser les pauvres.

Pour les auteurs de cette étude réalisée avec l’aide de l’université de Manchester, la qualité de ces écoles privées non subventionnées vient de leur exposition à la compétition des autres écoles qui les pousse à l’excellence. Inversement, la dégradation de la qualité de l’école publique est née de l’absence de lien entre le paiement du professeur et son implication dans son travail. L’absentéisme des fonctionnaires de l’enseignement n’est pas du tout sanctionné. Pour sortir l’école publique de l’impasse, l’institut recommande d’instaurer un test national et d’autoriser les écoles privées si les résultats de leurs élèves aux tests sont satisfaisants et que les normes de sécurité minimales sont respectées.

Pour eux, la bonne nouvelle, c’est l’implication des parents pauvres dans l’éducation de leurs enfants qui est prouvée par l’essor des écoles privées dans les quartiers pauvres. Elle mérite d’être encouragée, et non pénalisée dans le cadre de leur objectif national de « l’éducation pour tous ».

Consulter le rapport.

Lire aussi : Des écoles privées au service des pauvres par James Tooley.


Sur le web.

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  • Excellente nouvelle pour l’humanité. Cela confirme autant l’universalité de l’intérêt des parents dans l’instruction de leurs enfants, que la meilleure efficacité des écoles privées financées directement.

  • Croyez-vous que ces écoles accueilleraient des enfants de chez nous ?

    Des professeurs motivés, peu absents, et des élèves qui ont de bons résultats, … mais c’est le rêve !!!

    On trouve pareil en Suède, depuis qu’elle a libéralisé l’enseignement.

    Mais chuuut, si j’écris une ligne de plus, les enseignants-fonctionnaires vont encore débrayer et envoyer les bambins dans les rues 🙂

  • J’en connais un, syndiqué FO, entendons-nous bien, qui ignorait mon dégoût quand il me racontait qu’avec son statut de remplaçant, il attendait le dernier moment pour appeler qui il doit appeler pour avoir un remplacement, et que par conséquent, il arrivait à en faire le moins possible.

    Tout fier en plus!

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