Guérir, soigner ou protéger (2)

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Guérir, soigner ou protéger (2)

Publié le 27 avril 2014
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Par Bénédicte Cart.

sante_medecineDans le premier article, nous avons vu que la maladie est un tout complexe. Il est essentiel de l’appréhender dans sa globalité pour guérir. La médecine scientifique, occidentale, domine l’offre de santé, mais ne pourrions-nous pas faire autrement ?

Guérison, petites définitions

L’arrêt Mercier de 1936 définit le soin comme « méthode et justification du médecin. Il doit agir selon des méthodes et non pas des résultats ». D’un point de vue strict, la guérison exige la suppression complète et définitive du processus morbide, mais on distinguera deux aspects :

  • La guérison d’une phase pathologique ou d’un accès qui peut laisser subsister un dispositif par lequel la récidive ou la reprise évolutive est possible, c’est la guérison au sens symptomatique.
  • La guérison pure et simple, qu’elle soit sans séquelles avec restitution ad integrum, ou qu’elle soit accompagnée de séquelles.

Canghilem nous dit que « l’organisme est le premier des médecins, l’organisme est un chimiste incomparable ». Il existe une « sagesse du corps », l’homéostasie. Le corps est dans un équilibre précaire sans cesse influencé par l’extérieur. Guérir est donc propre à chacun, une activité individuelle que le corps effectue sans cesse. Pour Isabelle Strengers, la guérison ne justifie pas les preuves médicales : « la guérison ne prouve rien ». La médecine ne peut offrir qu’une stratégie cohérente en fonction de ses connaissances et de ses observations.

Différentes techniques de soin

Il existe deux grandes catégories de pratiques médicales :

  • La médecine que nous appellerons médecine scientifique, du latin medicus, « qui guérit ». Elle est la science des maladies et l’art de les soigner en étudiant l’organisation du corps humain, son fonctionnement normal, et en cherchant à restaurer la santé par le traitement et la prévention des pathologies.
  • Une médecine dite « traditionnelle ». Selon la définition officielle de l’OMS, la médecine traditionnelle « se rapporte aux pratiques, méthodes, savoirs et croyances en matière de santé qui impliquent l’usage à des fins médicales de plantes, de parties d’animaux et de minéraux, de thérapies spirituelles, de techniques et d’exercices manuels – séparément ou en association – pour soigner, diagnostiquer et prévenir les maladies ou préserver la santé. »

En Afrique, en Asie et en Amérique latine, différents pays font appel à la médecine traditionnelle pour répondre à certains de leurs besoins en matière de santé. En Afrique, jusqu’à 80% de la population a recours à la médecine traditionnelle. Son usage est très répandu dans les pays en développement mais plutôt limité dans les pays industrialisés (bien qu’elle commence à croître). Dans les pays occidentaux, elle regroupe les médecines douces, alternatives, parallèles, non conventionnelles, complémentaires.

Le processus de guérison

Le remède, dans la société occidentale, est au centre de la guérison : la guérison chimique. Il symbolise le savoir médical. Par exemple, la rareté du médicament se traduit par un prix élevé que le patient légitime. Prendre un médicament mis récemment sur le marché donne l’impression d’être privilégié. Sans cela le patient peut se sentir floué, il attend que le praticien reconnaisse son état et statut de malade par la prescription d’un remède. C’est un moyen de réassurance nécessaire car faisant partie des représentations et croyances sociales.

Mais la médecine a tendance à mettre de côté l’humain. Il ne faut pas oublier dans la guérison les relations entre soignant et soigné : « pour soigner, pour guérir, la technique ne suffit pas, il faut quelque chose de plus, le désir, le désir de soigner ». Quel que soit le traitement, si le désir n’est pas suffisamment présent, les conséquences seront directes sur le processus de guérison.

Mais alors quelle est la réelle signification de la guérison, est-ce soigner ou satisfaire ? Actuellement, les progrès techniques sont-ils réellement nécessaires dans le processus de guérison ? Et les demandes des patients ont-elles toutes un caractère médical avéré ?

Le but premier de la médecine est de lutter contre la souffrance. Actuellement le principe de lutter contre des maux extérieurs (bactérie, air impur…) devient une prévention de ce qui nous menace à l’intérieur. Par exemple, une pratique comme l’ablation préventive des ovaires ou des seins est courante aux États-Unis et commence à se propager en Europe.

Illich dans son ouvrage Némésis médicale. L’expropriation de la santé, soutenait que la médecine n’avait pas réduit le nombre de maladies dans le monde, mais au contraire avait généré des maladies iatrogènes. La médecine, selon lui, est pour l’homme un obstacle lui empêchant d’affronter la douleur. Dans les années 90, il révise son constat, affirmant désormais que « la recherche de la santé est devenue le facteur pathogène prédominant ». Il est vrai qu’actuellement les décideurs en matière de stratégie de soin sont devenus les industries pharmaceutiques.

Notre organisme seul se maintient et réussit en général à venir à bout de la maladie. La tâche du médecin serait par conséquent, de ne pas contrecarrer la nature mais de la renforcer en cas de maladie. La nature est donc le « médecin intérieur » que chacun porte en soi et qui connaît bien mieux les maladies que le médecin qui ne fait qu’observer des symptômes.

« La médecine moderne est en crise, tout le monde le sait. Jamais nous n’avons disposé d’un tel arsenal thérapeutique (…), mais, en cours de route, nous avons oublié une partie des choses qui nous soignent le mieux : nos liens affectifs, notre mode de vie, notre sentiment de plénitude et d’appartenance. » Voici le constat de Lori Arviso Alvord, qui me permet de me questionner sur la place des croyances, représentations et plus généralement de la culture dans le soin. Une dernière interrogation permettant de repenser la médecine de manière plus juste, plus humaine.

À suivre.

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  • perso , je soigne la plus grande partie de mes problêmes de santé avec des huiles éssentielles ; je suis trés rarement malade , et je ne prend pratiquement jamais de médicaments , car lorsque l’on voit tout les éffets secondaires qui peuvent suivre , et qu’il faut par la suite soulager en prenant d’autres médicament…non merci , trés peu pour moi….aprés tout , nous avons des anti corp dans notre organisme , à charge pour eux de contrer les virus et autres microbes , et ce n’est pas en prenant des médicaments et des antibiotiques à tout va et pour un pet de travers que ces anti corps feront leur boulot ; en tout cas , je ne fais pas parti , du moins pour l’instant , de ceux qui ruinent la sécu ; et je suis ravie de ne pas participer à l’enrichissement scandaleux des labos pharmaceutiques et du monde de la médecine dans leur ensemble ; et si par malheur j’étais touché par une maladie grave , cancer ou autre , j’ai pris la décision de ne pas me faire soigner ;

    • Bonjour Marie,

      vos propos sont ceux d’une « personne très rarement malade ».
      nous en reparlerons le jour où vous serez effectivement atteint d’une maladie grave ayant submergée vos « anticorps ».

      Il est fort à parier et très humain que, devant la douleur et la mort, votre position s’envole au profit de la moindre lueur d’espoir, même si elle enrichit celui qui vous fournit.

      Si votre décision est prise, alors glissez dans votre portefeuille une carte portant la mention « ne pas réanimer ». Elle aura valeur légale le jour où. N’oubliez pas non plus de vous rapprocher du registre national des dons pour exprimer votre position. A défaut, c’est votre entourage qui prendra pour vous les décisions.

      Bien cordialement,

      • bonjour potier, peut être avez vous raison , peut être pas ; en cas de maldie grave , j’ai peur des douleurs térribles que cela engendre , bien sur , en revanche , la mort ne m’éffrai pas particulièrement puisque de toute façon elle est en permanence au dessus de nos têtes , et que pour ne pas la craindre , il faut s’y préparer ;

        • Mathilde de St Amour
          27 avril 2014 at 11 h 39 min

          Marie, je suis plutôt d’accord avec vous. Le jour où vous avez un cancer ou un accident, vous refuserez de vous soignez, ok si vous êtes seule. Mais j’imagine que vous ayez un mari et des enfants, vous ne prendrez pas en compte leur avis pour vous décider voire changer votre ligne de conduite?

          • ni mari , ni enfants , à part une vieille maman et quelques chats ; ce sont bien les seuls que je regréterais en ce triste monde ……

            • Mathilde de St Amour
              28 avril 2014 at 10 h 30 min

              Oh, ben vous voyez vous vous souciez de vos chats et de votre maman…, ds ce triste monde, votre décision de ne pas vous soignez en sera plus difficile.

        • La douleur étant un signal d’alarme pour une situation dangereuse et aiguë (la brulure, …), les plus intenses sont en général bénignes (sciatiques, névralgies, migraines,…). Si les cancers étaient rapidement douloureux, on pourrait les découvrir très précocement et les traiter facilement. Malheureusement, les douleurs cancéreuses sont très tardives (mais pas nécessairement hors du champ d’action des antalgiques).

  • Le principal est de mourir en bonne santé.

  • Entendu un jour a la radio « en Chine le medecin est remunerer quand ses patients sont sains en France c est quand ils ne sont pas sains »..l auditeur fera sa conclusion selon ses interets m etais-je dis.
    Invoquant un autre lobby,sur autre radio et un monsieur cette fois,amm je crois me souvenir,disant « un medicament a partir du moment qu il est efficace il est nefaste »
    Au hasard de la toile,lu ce titre de livre ecrit par un medecin.. »nous sommes au debut du lessivage de notre espece »lessivage?ah oui..cette lente usure.
    je ne sais plus si c est de Balzac ou hugo,cite par Mirbeau « un vieil instinct humain mene a la turpitude »
    Portons nous bien!:-)

  • Le mot scientifique accolé au mot médecine est abusif .

  • quelques exemples personels de médecine type  » docteur knock  »

    je consulte le médecin de famille pour une vérue au pied : il me donne un remède et me demande de reconsulter 3 semaine plus tard pour verifier si la vèrue à effectivement disparue ,  » et 20 euro de plus dans la poche …  »

    à 35 ans, on me trouve de la tension artérielle : bétabloquant qui à la dose préscrite, me foutent par terre … je consulte un autre médecin qui m’envoye chez un cardiologue : la bas, pas de tension mais à l’electrocardiogramme, il suspecte une hypertrophie ventriculaire gauche, et me préscrit une échographie : resultat : rien du tout, trés bon coeur. il en déduit que c’est la dose qui n’était pas bonne et que le premier médecin, avec la salle d’attente toujours pleine ( pas étonnant vu qu’il fait revenir les gens pour rien … ) ne laissait pas le temps à mon coeur d’émotif de se reprendre aprés le stress de la sale d’attente. depuis, plus de traitement et pas de tension…

    toujours mal aux yeux : je consulte internet : diagnostique : rosacée oculaire. apprenant qu’un des meilleur remède contre cette maladie gènante sont des antibiotique de la famille des cyclines, je profite de mon statut d’agriculteur pour acheter 1 kg d’oxytétracycline chez mon vétèrinaire pour 30 euros, ce qui m’evite consultation chez l’ophtalmologue ( 1 ans d’attente ) et l’achat d’antibio 100 fois plus cher en médecine humaine.

    va comprendre , charles , au PMU , on joue comme on aime …

    • bonjour moi aussi mon dermato ma diagnostiqué une rosacé oculaire a un œil es ce que ton traitement ta guerris ,?car je vie l enfer

      •  » apparemment « , on ne guerit pas de la rosacée , mais on peut seulement diminuer les symptomes.

        pour ma part, toute les fois que je prend régulièrement des antibios , ça va mieux , et toutes les fois que j’arrète pendant un certains temps , les douleurs ( faible ) reviennent avec une certaine baisse de l’acuité visuelle.

        les effets secondaires des cyclines sont une plus grande sensibilisation de la peau au coup de soleil , un peu comme les antipaludéens : qui explique que quand certains touriste reviennent des pays chaud ( thailand … ) ils soient rouge comme des tomates …

  • In medio stat virtus. La médecine moderne fait merveille en chirurgie, et je vois mal un chaman recoller une main coupée, ponter une artère solidement bouchée, ou changer une rétine.

    C’est au niveau de la médecine interne que le tableau se trouble. Outre que le corps humain a une résilience remarquable, il faut savoir que tout médicament soigne une chose … mais risque d’en démolir trois autres. La médecine traditionnelle offre d’autres possibilités, comme de stimuler le corps pour qu’il se soigne tout seul.

    Finalement, le seul responsable de sa santé, c’est soi-même. Et toute les médecines peuvent collaborer à la bonne santé, utilisées avec prudence et dicernement.

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