Mais que peut faire François Hollande ?

Piégé par la triste réalité de nos social-démocraties, François Hollande est condamné à l’échec et à la paralysie.

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Mais que peut faire François Hollande ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 10 avril 2014
- A +

Par l’auteur du site « Bobo libéral ».

François Hollande tête basse

Voilà, un nouveau gouvernement nous est servi, fringant, prêt à partir à l’aventure, pour sauver notre pays du naufrage. Et promis, cette fois-ci, il sera opérationnel, dans les starting blocks, dédié totalement à l’action et aux services du plus grand nombre, prêt à saisir à bras le corps, tel un lutteur, les immenses défis qui s’imposent aujourd’hui à notre nation.

Évidemment les journaux et les commentateurs politiques ne sont pas dupes de la communication gouvernementale ; et ils discernent sans peine les manœuvres politiques qu’il a fallu déployer pour arriver à la constitution de ce gouvernement, les concessions qu’il a fallu fournir pour réunir tout ce beau monde, et ils devinent son instabilité endogène, ses contradictions internes, son caractère paradoxal, ses rivalités naissantes et ses luttes de personnes, qui très probablement enrayeront son fonctionnement et briseront ses ambitions.

La communication gouvernementale d’un côté, les commentaires des journalistes et politologues de l’autre. Spectacle classique, rabâché, remâché, auquel nous sommes tous habitués et auquel peu croient encore aujourd’hui.

Car la réalité, celle des faits, celle des lois physiques et économiques, cet univers absolu auquel nul ne peut échapper, est tout simplement ignorée. Elle n’est évoquée ni dans la bouche des politiques, ni dans celle des journalistes (ou très rarement).

Le problème de François Hollande ne se trouve pas dans son impossibilité à rassembler sa majorité, ni à faire taire les dissensions pour avoir un gouvernement efficace et opérationnel, le problème ne se situe pas autour d’un manque de volonté, ni de savoir si oui ou non Valls est un as de la communication. Non, le problème se trouve dans l’impossibilité d’appliquer une politique socialiste, de la mettre en marche, de l’affranchir de la réalité. Le socialisme,ça ne fonctionne pas ; point barre. Et François Hollande le découvre jour après jour.

Et pourtant, il n’avait pas d’excuse, ce n’est pas comme si le socialisme n’avait jamais été testé sous nos latitudes ; l’expérience socialiste n’est pas une première en France. N’oublions pas que notre président a hérité d’un pays qui fut gangrené par plus de trente ans de socialisme, aussi bien de droite que de gauche. Il lui est alors désormais difficile d’ajouter une nouvelle couche de socialisme aux couches précédentes ; preuve en est la gabegie des deux dernières années.

Certes pour les non-libéraux, une telle affirmation peut paraître surprenante, à contre-courant de la pensée dominante, puisque l’on nous a répété sans cesse que nous avons été piétiné par l’idéologie ultra-libérale dont le point d’orgue apocalyptique fut la crise de 2008 avec pour son plus grand champion, Sarkozy.

Il est vrai que nous avons connu des périodes de privatisations, dans des secteurs comme les télécommunications, ce qui fut bénéfique pour les citoyens, mais aussi pour les États qui ont pu se ménager un répit et éviter un effondrement total. Cependant ces réformes ne valent pas mieux qu’une NEP à l’époque bolchevique, où le système lâche un peu de lest pour se sauver de lui-même. Car la réalité est que les états, tous les états et pas uniquement la France, n’ont pas cessé d’augmenter en taille, aussi bien par leur dépense que par leur déficit ; en témoigne le nombre croissant de fonctionnaires.

Et aujourd’hui, ces états ont atteint une limite quasi-physiologique, qui les empêchent d’aller plus loin en matière de socialisme (car tout cela c’est bel et bien du socialisme). S’ils franchissent cette limite, le corps qui les nourrit, la société civile, ne peut que dépérir, les emportant immanquablement dans sa chute. Les traitements antalgiques et palliatifs, comme la dette, ne sont même plus en mesure de masquer les conséquences néfastes de ces politiques cannibales.

La France en particulier a atteint cette limite du socialisme. En réalité elle l’a déjà franchi depuis Sarkozy, et Hollande s’est encore plus enfoncé dans le territoire désolé du collectivisme moderne, avec pour mesure phare la plus forte augmentation d’impôt – 32 milliards ! – depuis la seconde guerre mondiale. Les conséquences sont impardonnables : davantage de chômage, de précarité et in fine le délitement de la société dans son ensemble. La moindre mesure un tantinet socialiste dans ce pays se fait immédiatement sentir, se propageant dans toutes ses fondations avec un effet ravageur et impossible à dissimuler.

Et voilà notre rondouillard président piégé dans un nœud gordien que nulle épée ne semble en mesure de trancher.

S’il fait plus de socialisme (ce qu’il a fait ces deux dernières années), il provoque des catastrophes sociales, que certains vont oser, avec audace, mettre sur le compte d’un socialisme trop mou, ou déguisé en social-libéralisme, tout en rendant folle furieuse toute la nation qui s’enfonce dans la précarité (dont les socialistes qui l’auront soutenu). Et s’il fait moins de socialisme, ou fait volte face (ce qui est peu probable), il mécontentera sa base qui voulait un programme authentiquement socialiste, et déchaînera une sérié de mouvements dits sociaux.

Au passage, ceux qui veulent plus de socialisme, le veulent sans en subir les coûts, ce qui est proprement impossible eu égard à l’étroitesse des marges de manœuvre actuelles (on a pu le faire par le passé en s’endettant vertigineusement).

Devant ce constat je ne peux que plaindre François Hollande qui est piégé par la triste réalité de nos social-démocraties où, comme le disait Bastiat, « tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde » et où l’on s’imagine que tous les repas sont gratuits.

En réalité le problème ne vient pas de notre président, mais de l’idéologie, ou plutôt de cette mélasse d’idéologies collectivistes, allant du délire de la décroissance au protectionnisme montebourien et lepéniste, en passant par des variantes européanisées et molles. C’est une mélasse qui s’est incrustée durablement dans notre population et qui rend impossible toute analyse valable de la situation. Une idéologie qui fait croire à une majorité des citoyens que le collectivisme est un système efficient en cohabitation avec le marché et qu’il est impératif de réformer notre pays pour sauver notre protection sociale, alors que celle-ci est justement ce qui le gangrène en profondeur irrémédiablement. C’est un peu comme vouloir sauver le cancer qui tue le malade.

Le vrai coupable le voilà, tout désigné, l’idéologie de notre époque, qui condamne François Hollande à l’échec et à la paralysie. Une idéologie à laquelle il doit croire aussi, en toute honnêteté.

Et il faudra encore de nombreuses crises, d’innombrables soubresauts d’agonie, pour qu’enfin les mentalités changent et que l’on se décide de se débarrasser une fois pour toutes de cette idéologie néfaste. Alors seulement ce jour-là, un président et quelle que soit sa majorité sera en mesure de remettre ce pays sur les rails de la prospérité.


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  • « Devant ce constat je ne peux que plaindre François Hollande qui est piégé par la triste réalité de nos social-démocraties »

    Aucune mansuétude à leur égard !!!! Ce serait se leurrer que de croire que lui et ses acolytes ne savent pas ce qu’ils font et pourquoi ils le font. Sûrement pas pour le bien du pays. Le seul but, quel que soit le gouvernement, est le pouvoir et l’argent qui en découle. Les cadeaux sociaux ne servent qu’à rassembler le plus de voix possible afin d’être élus, quitte à ruiner le pays et l’entraîner dans un naufrage, qui risque d’être sanglant, étant donné la situation qui se profile à l’horizon.

    « Une idéologie à laquelle il doit croire aussi, en toute honnêteté. »

    Vous plaisantez j’espère !!!! vous les prenez pour des cons ??? alors qu’ils sont des êtres malfaisants et conscients. Vous pensez qu’ils ne sont pas au courant des désastres dûs au socialisme-communisme dans tous les pays du monde qui l’ont pratiqué ou le pratiquent ? Ils doivent bien rigoler en vous lisant !

    Bobo libéral… Bobo Bisounours plutôt…

    • Mais justement, s’imaginant faire le bien et porter par leur bonne intention, ils sont encore plus nocifs. Rien ne les arrête puisqu’ils sont les « gentils » et ceux contre eux les méchants. Ils ne se sentent jamais coupable et en conséquence rien ne les arrête dans leur action. Ils sont portés par un projet solidaire qui vaut tous les sacrifices. Eux-même personnellement doivent être des personnes convenables et bien sympathiques en privée, à qui l’on ne reprocherait rien et qu’on pourrait avoir en ami.

      C’est que Philippe Murray appelée l’Empire du Bien.

  • Tres bon (et triste) constat, Bobo Libéral

  • pour réunir tout ce beau monde

  • On ne va tout de même pas plaindre le procrastinateur en chef. Il l’a voulu son fauteuil, mais c’est nous qui l’assumons, et tout le monde est « baba » devant le discours d’intronisation du nouveau 1er menteur qui nous fixe des objectifs en 2017 et 2020, pourquoi pas pour le siècle prochain!!
    Vive les rois de l’esquive.

  • « oser, avec audace »

    Vive les pléonasmes à redondance répétitive…

  • « Mais que peut faire François Hollande? » Mais démissionner, pardi! Comme il le disait au cours de sa campagne électorale. Cela aurait de la gueule!

    •  » mais démissionner  »

      un pape ça démissionne, mais pas un politocard français…. et puis mettre quoi à la place ? bayrou ? zizi ? le système est au bout du rouleau et bientot il va faloir se torcher avec le carton !

  • J’ose ajouter que le socialisme à la française ne date pas de 30 ans mais du régime socialo-fasciste de Vichy. Les ordonnances de 1946 imposées par le Comité National de la Résistance, largement en faveur des idées socialistes soviétiques. continuent à faire des ravages en France. A cette idéologie inique s’est récemment surajoutée l’intervention des écologistes … Il n’y a même pas de bout au tunnel que traverse la France depuis plus de 70 ans car ce tunnel est bouché ! Donc, ce pays est foutu comme le dit très bien H16

  • La récession économique est un phénomène sain dans une économie de marché saine.
    Pas la dépression économique, qui est une spirale produite par l’État interventionniste, quand il réagit à ses erreurs en s’enfonçant dans l’erreur.
    Je pense que nous sommes en dépression.

    Par ailleurs FH est un fanatique qui s’entoure sciemment de fanatiques tels que Taubira ou Peillon.
    Et les libéraux devraient se méfier davantage de leurs menées « sociétales », qui posent les base conceptuelles d’un totalitarisme incompatible avec le libéralisme économique ou autre.
    La timide prise de conscience par notre prédisent en matière économique est de peu d’importance à côté du mariage pour tous, ce triomphe de l’égalitarisme brutal et borné: L’institution millénaire digérée, le monstre ainsi renforcé reviendra bientôt ravager l’économie de plus belle.
    L’égalitarisme étant devenu le socle universel de notre société s’imposera comme principe central en économie aussi.

  • « Et il faudra encore de nombreuses crises, d’innombrables soubresauts d’agonie, pour qu’enfin les mentalités changent  »

    C’est exact. comme très souvent dans les affaires humaines, il faut passer par un climax, un sommet extrême. La guerre est un exemple de climax. Une crise est une façon de repartir sur de bonnes bases car elle efface tous les mauvais investissements et les mauvais comportements. Si ce n’est pas fait alors les scories persistent et empêchent la reprise naturelle du mouvement et du progrès..

    Je pense que le français en particulier sont friants de climax et sont jusqu’au-boutistes dans leurs erreurs. On nous prendra donc tout jusqu’au dernier euro et jusqu’à ce que la privation de liberté en devienne insupportable pour qu’un nombre suffisant d’individus se rebellent.

    • Par exemple, dans les marchés financiers, en pleine tendance baissière on dit qu’il faut que le prix fasse un « climax » avant de pouvoir se relancer dans un nouveau trend haussier.

      En effet, il faut que TOUS les vendeurs potentiels vendent et paniquent afin de purger entièrement le marché de tout frein aux développements futurs du prix (principe du chemin de moindre résistance).

      Tant que les prix ne climaxent pas, la tendance de fond ne peut pas changer.

      Ceci est vrai pour toutes les activités humaines car c’est une loi naturelle.

    • Yes, j’ajouterai qu’ils sont encore trop riches.
      Quand ils seront vraiment pauvres, ça ira mieux.
      Cela dit, l’ensemble est compensé par une sortie totale du système, le noir ou le gris, qui permet de faire durer le plaisir. N’oublions pas que l’URSS a tenu 70 ans.

  • Excellent portrait, objectif et sans concession, de l’état de la France.

    Notre pays, avec son modèle social insensé, a cru pouvoir explorer une troisième voie, ni libérale ni socialiste. Mais il s’avère que cette troisième voie n’est qu’un socialisme dissimulé par une montagne de dettes, conséquence financière du mensonge politique. La troisième voie social-démocrate est à la démocratie ce que la pornographie est à l’amour, une impuissante imitation. Moi-Président, impuissant pornographe notoire, espère gagner du temps en attendant une hypothétique reprise qui ne viendra jamais. Il perd un temps précieux, il gâche la France, retarde son entrée dans le XXIe siècle, sacrifie les Français à l’idéologie collectiviste périmée qui ne veut pas s’effacer promptement alors qu’elle est déjà condamnée.

    Il est une loi humaine que nos politiciens font encore semblant d’ignorer parce qu’elle contrevient à leurs intérêts, à leurs carrières, à leur enrichissement personnel. Chaque mot affublé du qualificatif « social » est un dévoiement de l’intelligence, une insulte au bon sens, un mensonge immoral. Il en est ainsi de la justice, de la sécurité, de l’économie, de la politique, des modèles de société… La démocratie ne fait évidemment pas exception. La véritable démocratie, celle dont chaque honnête citoyen correctement éduqué attend impatiemment le retour en France, n’a jamais été et ne sera jamais « sociale ».

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