« Les gazelles », « Sex and the city » à la française ?

Affiche du film Les Gazelles (tous droits réservés)

« Les gazelles » est annoncé comme la comédie « de fille » pour les filles, se voulant franche et décomplexée.

Par Bénédict Cart.

les_gazellesRelations homme/femme, les soirées entre filles, les femmes d’aujourd’hui ? Mais que faisons-nous entre copines ? Eh bien, parfois, nous allons au cinéma. Et jeudi, accompagnée d’une amie, nous décidons d’aller voir le film, qui d’après tout ce qui est dit dans les médias, parle aux filles : Les gazelles. Sorti en salle le 26 mars, il est réalisé par Mona Achache avec Camille Chamoux, Audrey Fleurot, Anne Brochet, Joséphine de Meaux.

Ce film était annoncé comme la comédie « de fille » pour les filles, se voulant franche, décomplexée et plutôt sexy, je ne pouvais pas m’empêcher de faire le lien avec la série américaine : Sex and the city.

Ici, l’histoire de Marie, conseillère au Pôle Emploi, en couple depuis 14 ans, la trentaine, sur un coup de tête, quitte son mec avec qui elle vient de signer un prêt immobilier de 30 ans. Elle se retrouve à la rue, seule et dans le monde qu’elle découvre à l’aide d’une bande de copines décomplexées qui séduisent à tout va, tous les week-ends.

Je pourrais résumer ce film en un seul mot : moderne ; ou plusieurs : dans l’air du temps, qui présente la société telle qu’elle est aujourd’hui, sans mensonge. En effet, on y découvre une bande de femmes, la trentaine, comme nous (comprendre accessibles et faciles pour que chacune d’entre nous puisse se projeter dans l’une de ses femmes) ; on lutte avec elles contre leurs démons (comprendre les hommes) ; on partage leurs expériences (comprendre leurs déboires) ; on rit, on pleure, on se met en colère ; bref ce film se veut vrai. Et il parle à toute une génération, celle de l’image, du toujours plus : plus vite, plus d’expériences, plus de stimulations, plus de relations, pour éviter une chose : soi.

Moderne, d’abord dans sa manière de filmer qui est simple : la lumière jamais trop ou pas assez mais juste ce qu’il faut. Il l’est aussi dans sa conception, intéressante rien que dans le générique de début, la présentation explosée sur des post-it et les feedbacks muets où nous sommes projetés dans la conscience du personnage de Marie.

Le traitement de l’histoire et le montage des images se veulent eux aussi dans l’air du temps, à la manière de « Bref ». L’enchaînement des images et le rythme rapide déroulent un scénario simple mais truffé de situations cocasses et plutôt drôles.

Et les personnages féminins décomplexés, toujours francs entre eux. Il s’agit d’un film sur les relations entre femmes mais aussi sur la conception toute féminine des relations homme/femme, qui cherche à dépasser les clichés sur le genre notamment par l’humour.

Dans ce film, les femmes chassent autant que les hommes, elles veulent se réaliser, elles assument leur indépendance et leur mode de vie mais elles restent des femmes. C’est là que je pense que ce film est intéressant car il présente de manière authentique la société actuelle, les avantages et inconvénients de la vie de couple mais aussi du célibat. Notamment à travers les questionnements de Marie : même si son personnage est impulsif, influençable, elle se cherche elle-même avant d’accepter qu’un autre partage sa vie.

Marie doit trouver une voie, une manière de se réaliser avec ce qu’elle est, pour ne plus avoir peur de s’engager avec tout ce que cela comporte. Et le film nous montre comme il est compliqué de se trouver, comme le chemin peut être long, parce qu’il parle de l’amour de soi-même avant de pouvoir aimer l’autre réellement.

Un film de fille ? Non, un film qui peut parler à chacun d’entre nous. Un film qui parle de notre société ? Oui, et dans ce qu’elle a de plus violent et extrême. Un film drôle ? Oui, mais je suis ressortie triste et amère.

Sex and the city ou Les gazelles ? Question de préférence, la mienne reste inchangée !

Les gazelles, comédie française (sortie le 26 mars), de Mona Achache, avec Camille Chamoux, Audrey Fleurot, Anne Brochet, Joséphine de Meaux. Durée : 1h39mn.