À gauche comme à droite, le mur. Sautons !

Les résultats du scrutin ne changeront rien. À nous, citoyens, de prendre les choses en mains.

Par Baptiste Créteur.

Les résultats du premier tour étaient prévisibles. La droite un peu devant la gauche, qui déclare que c’est une victoire. La gauche, un peu derrière la droite, qui déclare que ce n’est pas une défaite. Le Front National, qui grandit et s’en trouve très heureux. Le Front de Gauche, qui rétrécit et s’en trouve très silencieux. Les autres, dont tout le monde se fout. L’abstention, contestataire ou paresseuse, record prévisible là aussi.

Train_Montparnasse_1895Les résultats du second tour le seront tout autant, ainsi que le jeu de dupes qui se déroulera entre les deux tours. Faire front contre le front, ou refuser des alliances purement de circonstances ; s’intéresser aux grandes villes, où les élections sont politiques, plus qu’aux petites où on connait le maire.

Et la suite, aussi, sera prévisible. Les hommes politiques continueront, à tous les échelons, de nous inonder d’âneries, de propos profondément idiots et d’actes d’une bêtise inouïe. Nous continuerons de les voir flamber notre argent dans des dépenses somptuaires, des monuments hideux, des infrastructures inutiles. Nous paierons pour leurs frasques, leurs rêves, leurs carrières. Nous subirons leurs lois, leurs impôts, leurs idées.

Nous verrons notre niveau de vie se dégrader à mesure que la production est dilapidée plutôt qu’investie, que les mesures idéologiques rendent tous les produits plus chers y compris l’énergie, que la politique monétaire permet aux banques de se renflouer, que les appels d’offre sont attribués aux amis qu’on récompense parfois aussi d’un soutien médiatique et administratif pour acheter leurs concurrents. Nous assisterons, impuissants parce que nous le voulons bien, à notre propre déclin.

La droite continuera de moquer le Falcon d’un président normal et ses résultats catastrophiques pendant qu’elle ne sera pas occupée à se chercher un leader dont tout le monde ne sache pas encore qu’il est un escroc. La gauche enchaînera bourdes économiques et horreurs constructivistes en faisant (en vain) en sorte que tout le monde ne sache pas qu’elle est bourrée d’escrocs. Les autres partis réclameront aussi leur part d’escroqueries. Et nous ne ferons rien.

Nous ne ferons rien, parce que nous acceptons un système que nous n’avons pas choisi qui permet le renouvellement régulier des escrocs au pouvoir. Nous acceptons les lois débiles et les impôts nocifs qui vont avec. Nous acceptons le népotisme, le financement des syndicats qui détruisent ce qu’il reste d’emploi, la mauvaise foi, la surveillance et le constructivisme à outrance.

Nous l’acceptons. Nous nous plaignons, mais n’agissons pas ; nous ne faisons pas entendre notre voix.

Nous pourrions lire, nous pourrions écrire, nous pourrions partager, nous pourrions discuter, mais nous ne le faisons pas. Nous pourrions mener des actions citoyennes, mais nous ne le faisons pas. Commençons.

Finançons les organisations qui promeuvent la liberté, ou celles qui promeuvent d’autres causes qui nous sont chères. Limitons, autant que possible, notre contribution au financement du Léviathan. Instruisons-nous, et partageons nos connaissances et nos idées avec nos proches, nos voisins, nos collègues. Prêtons nos livres, envoyons nos lettres. Sautons du train social-démocrate, toujours dans un tunnel et bientôt dans le mur.

Vous souhaitez nous signaler une erreur ? Contactez la rédaction.