L’État, cette mafia qui veut votre bien à coups de poing dans la gueule

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L’État, cette mafia qui veut votre bien à coups de poing dans la gueule

Publié le 20 mars 2014
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Aujourd’hui, revenons l’instant de quelques lignes sur les concepts de base, comme l’importance d’une égalité devant la loi, du contrôle des administrations, et de la nécessité d’une probité hors norme de nos hommes politiques. Et pour cela, illustrons avec un exemple actuel qui montrera que A/ la loi, c’est pour les autres, B/ le contrôle des administrations, me faites pas rire, et C/ la probité des hommes politiques, ha ha ha la bonne blague.

Comme je le remarque parfois au détour d’un de mes billets désabusé, l’État est une véritable mafia. Le jeune démocrate naïf, à la carte d’électeur encore vierge de tout tampon républicain et tout frémissant à l’idée d’aller voter prochainement, s’écriera immédiatement en lisant ça « Quelle exagération ! », avec un mouvement rageur du poing histoire de bien montrer sa désapprobation en mode Non Mais Franchement. Les vieux militants, quant à eux et ne pouvant passer en pertes toute un vie à baratiner et se faire baratiner, jureront leurs grands dieux que non non non, l’État n’est pas une mafia bien que les problèmes courants pourraient bien être le fait d’une certaine catégorie de personnel mais que les intentions et les principes sont bons, comme les petits pavés qui, bien ajustés, mènent à l’enfer sans accroc.

Mais la réalité, celle que refusent de voir les vieux briscards de la politicaillerie et les jeunes noobs de l’engagement citoyen, cette réalité sans fard montre qu’il n’y a pas exagération : il n’y a aucune différence de nature entre une organisation mafieuse et l’État, surtout lorsque ce dernier a abandonné toute prétention à représenter autre chose que ceux qui le dirigent et qui en profitent personnellement et directement. Tout comme une mafia, l’État utilisera d’abord les paroles, les menaces et les sous-entendus pour s’assurer de votre coopération, pour ensuite passer aux rétorsions, aux petites misères et autres vexations si vous montrez quelques réticences à lui accorder ce qu’il désire, pour enfin utiliser la force et la brutalité si, d’aventure, vous vous obstiniez.

Et ce qui se passe actuellement avec Numericable en apporte une preuve flagrante.

Ministère du Redressement Productif - MRP 2012Et dès qu’on fait dans le biceps turgescent et le matraquage viril, il n’y a pas mieux qu’Arnaud Montebourg qui, sous les dehors d’un gentleman farmer à la bonhommie de prétoire, cache en réalité un petit coq dictatorial dont les envolées théâtrales camouflent mal la cuistrerie. Et ce petit coq s’est trouvé mortifié par le violent camouflet que lui aura infligé Vivendi lorsque la société, décidée à se séparer de sa filiale de téléphonie SFR, aura choisi Numéricable pour entamer les négociations plutôt que le poulain choisi par le ministre du Dressement Reproductif.

Pourtant, comme tout bon mafioso, le parrain Montebourg avait clairement indiqué les termes de la proposition que Vivendi ne pouvait pas refuser : ou bien Bouygues rachetait SFR sans faire de vague, tout se passait bien et des petits bisous républicains étaient échangés, ou bien Numéricable tentait le coup et …

« Il faut que monsieur Drahi rapatrie l’ensemble de ses possessions et de ses biens en France et nous aurons des questions fiscales à lui poser. »

Las.

don arnoleone - vivendiMonsieur Drahi, le patron de Numericable, n’a manifestement pas pris les remarques de Montebourg au sérieux. Ou pas assez. Et Vivendi, de son côté, aura probablement mal vu que le ministère se mêle de ses petites affaires : le tempétueux minustre n’a en effet rien trouvé de mieux que dévoiler, au micro d’Europe1 et avant l’ouverture de la séance boursière que « les dirigeants de Vivendi ont décidé coûte que coûte de vendre SFR à Numericable », entraînant ainsi une bourrasque pour Bouygues et Free.

Peut-être la firme centenaire a-t-elle jugé prudent de s’éloigner de ce clown et de ses propositions : souhaitant logiquement éviter le pire, ils ont choisi l’adversité avec Numéricable, mais se sont probablement épargnés un paquet d’emmerdes futures monumentales (qui peut les blâmer ? Vivendi se souvient sans doute de son cuisant passage dans les mains de politiciens et autres énarques).

Ce qui devait arriver arriva : Numericable se prend donc un petit contrôle fiscal, déjà évalué à plus de 36 millions d’euros. Cette demande est certes ouverte depuis un mois, probablement pour montrer toute la réalité du levier dont dispose le brave Arnaud, mais elle va trouver son importance accrue par l’échec ministériel. On peut parier que la somme demandé par Bercy grimpera, sans parler de l’attention des services de l’État pour eux.

Et puis histoire de montrer qu’en plus des menaces générales sur l’entreprise, Montebourg est aussi capable de cogner sur son patron, on apprend selon la mention consacrée d’« une source gouvernementale » (relayée par BFM) que Bercy a lancé une enquête sur la situation fiscale du PDG de Numericable, et notamment sa résidence fiscale exacte, étant donné l’importance que prend Patrick Drahi dans l’économie hexagonale. Ben voyons.

On imagine sans mal qu’à mesure que les négociations entre Vivendi et Numericable vont avancer, les cognements fiscaux dont Drahi va faire l’expérience vont très probablement s’intensifier. Les noms d’oiseaux (« exilé fiscal », « salodesuisse » et autres joyeusetés du même tonneau) ont déjà commencé à pleuvoir, vaguement adoucis par le langage un peu duplomatique de Montebourg et de son sbire Pellerin. Le parrain ne laissera pas ce deal se faire sans grogner.

Mais voilà : tout le monde semble trouver tout ça parfaitement normal.

Les politiciens, par exemple, n’ont absolument rien à dire sur l’heureuse concomitance de la reprise de SFR par Numericable et d’un contrôle fiscal de la société et de son patron. Du reste, on les comprend : ceux qui sont au pouvoir s’en foutent et comprennent très bien, et ceux qui n’y sont pas n’ont probablement pas envie de faire partie de la prochaine fournée de contrôles.

La presse, par exemple, est mollement atone alors qu’à l’évidence, le ministre use ici de son pouvoir bien au-delà de ses prérogatives pour harceler un citoyen et une entreprise. Les articles se suivent et se ressemblent comme si les recopies un peu remises en forme de l’AFP pouvaient constituer la vraie valeur ajoutée du travail de journaliste économique dans ce pays. Personne pour s’étonner de cette pratique alors que d’habitude, les deux tourtereaux gouvernementaux s’entendent comme des larrons en foire pour louer l’investissement étranger en France ; pourtant, ici, c’est bien un étranger qui investit, massivement, en France, non ? Apparemment, ce n’est pas le bon type d’étranger. Zut alors.

Pas un journaliste pour s’étonner aussi du parti-pris gouvernemental. Le parrain s’agace et cogne, mais tout ceci est parfaitement normal. Et tant pis si la reprise du réseau SFR par Bouygues aurait inévitablement conduit à la fermeture des douzaines de boutiques SFR devenues surnuméraires (car généralement proches de celles de Bouygues), provoquant une pelletée de chômeurs en plus, ce qui ne se produira pas (ou alors, pas de cette façon là) avec Numericable… Personne pour s’interroger sur les vraies motivations qui poussent ainsi Arnaud à faire autant confiance à une entreprise de BTP, ou ce qui l’encourage avec sa frétillance habituelle à sortir que finalement, la concurrence, c’est cracra et qu’il vaut mieux se contenter d’un bon petit cartel de téléphonistes, à trois …

Mais non. Tout le monde s’en fiche. Même pas mal. C’est la France.
—-
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  • Précision : c’est la France des socialauds et des collabo.

  • On peut penser ce qu’on veut du bonhomme, mais c’est à mettre en parallèle avec la réaction de Sarkozy quand son « poulain » n’a pas été sélectionné pour racheter le Monde. Réaction qui a été… rien, néant, nada. Et pourtant, que d’articles enflammés sur la tentative d’assassinat de la liberté de la presse par le Président de la République d’alors !
    Ce gouvernement est formidable, il me fait penser que Sarkozy avait de la classe. C’est dire à quel niveau on est tombés…

  • Il y’a comme un air d’orange mécanique qui souffle.

    Je suis formel, en passant par la coiffeuse, le pizzaiolo, le petit chef d’entreprise, la nounou…la liste est sans fin. On obtient un 100% de gens mécontents.

    Que notre moullande (contraction de mou et du président) tremble, que ses 20% de popularité ne sont en fait qu’un trucage statistique implicant l’ensemble de cette arnaque ENAnique.

    Ma botte commence à chauffer, je sens qu’elle va partir toute seule, comme ça, PAF, dans le cul de ces imposteurs, escrocs, voleurs, conspirateurs de mafiosos.

    Leurs grands gestes, leur ton hautain, leur menton haut, leurs costards: ce sont des vendeurs de vent.
    Pire, ils détruisent un à un chaque centimètre de cette France déjà en faillite morale et financière.

    Hollande, tu es vraiment le plus fort: la bise.

    Le socialisme: vous viendrez pour vous chauffer et manger gratuitement, vous repartirez dépouillé.

    • « Ma botte commence à chauffer, je sens qu’elle va partir toute seule, comme ça, PAF, dans le cul de ces imposteurs, escrocs, voleurs, conspirateurs de mafiosos. »
      ————
      Warfff, que c’est bien dit. De la pure poésie, qui sied bien à la cuistrerie des impétrants.

    • Golum: « que ses 20% de popularité ne sont en fait qu’un trucage statistique »

      C’est la frange qui bénéficie des prébendes, indulgences et largesse de leur seigneurie ou les abrutis qui croient encore au lendemain qui chantent l’internationale.

      N’oublions pas que dans les mécontents, une sacré partie estime que le moule-gland TRAHIS l’idéal socialiste. Ils ne l’aiment plus parce qu’il n’as pas encore volé tous leurs bien aux riches et nationalisé le reste. Une autre partie préfère l’étatisme socialiste de « droite ».

      Il ne reste plus grand monde pour estimer que le problème c’est l’état et cette pseudo-démocratie qui donne le pouvoir à une noblesse consanguine.

      • il n’y a jamais eu grand monde.Il faut avoir un cerveau qui fonctionne.Les deux tiers de l’humanite fondent a ‘partage’ et ont un orgasme a ‘vivre ensemble’

  • Notre redresseur national n’a pas simplement demandé que monsieur Drahi rapatrie l’ensemble de ses possessions et de ses biens en France. Non, il a demandé que le rapatriement se fasse à Paris.
    Comme si les autres régions de France n’avait aucune raison d’être, sauf peut-être à procurer quelques postes bien payés et peu fatiguant à nos chers dirigeants énarques et autres.

  • L’art de voler pour soi au nom de tous.
    L’art de partager le fruit et le labeur des autres.
    L’art de détourner les valeurs et les vertus.
    L’art de parler au nom de tous, après avoir volé valeurs et vertus.
    L’art de vendre du vent et d’en faire un produit qui se vende.
    L’art d’endetter plusieurs générations
    Etc…

    Le socialisme est un art, un caméléon, il n’a pas de forme propre, pas de prise, pas de corps et de consistance. Il échappe à la raison, à la logique.

    Le socialisme est un parfait produit créer par l’homme pour asservir ses semblables. Le prétexte du partage, de l’amour du prochain, et même de la liberté (rattachée pour mieux vendre) ne saurait cacher la putréfaction que représente nos élus au pouvoir.

    Aujourd’hui, c’est un grand jour. L’ideologie socialiste échappe à tous controle étatique, la machine déraille.
    Planquez vous !

  • Investisseurs, createurs entrepeneurs, laissez tombez la France, investissez en inde ou ailleurs, au moins la bas ils ont besoins de vous et de vos compétences et non de votre argent, quand ce pays sera foutu ils pleureront pour vous rappeler

  • Arnaud ferait bien de faire attention tout de meme.Il n’est RIEN et fait chier des gens veritablement puissants.Des qu’il ne sera plus bibelot de l’etat il risque de s’en prendre une.

    • Correction: il ne risque pas… il va s’en prendre une, et une superbe. Ce ne sera pas le seul d’ailleurs quelques autres ont de grandes chances de rejoindre leur rejetons.

  • Il est clair que tôt ou tard, même dans 20 ou 40 ans, les ministres en cause mais également les fonctionnaires responsables des contrôles fiscaux, abusifs car politisés, devront répondre devant la justice de leurs actions criminelles, puis procéder à leur examen de conscience durant quelques décennies, au gnouf.

  • La photographie de Montebourg avec le petit texte qui l’accompagne est un excellent résumé de la situation. Lorsque l’état au lieu de garantir nos libertés vient les menacer de la sorte, cela devient très grave.

  • L’état est pire que la mafia. Car il a le monopole de la violence et la coercition, rien ne peut l’arreter. Alors, qu »en principe la mafia devrait trouver plus fort qu »elle : la police et la Justice.

  • il y a plus grave que cela, le génocide des enfants français allez voir notre site:
    w.rendeznousnosenfants.org
    et
    w.pifrance.org
    merci

  • Des escrocs patentés qui donnent des leçons de morale aux entrepreneurs….Et le kidnapping au prochain numéro….Cela me donne de moins en moins envie de participer aux farces électorales…

  • Ce Montebourg est une plaie. Son ministère est une farce. Et toute cette affaire est une honte…. Quel pays de m*** quand même !

  • Les commentaires sont fermés.

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