Salomon ou Carême ?

Que faire le dimanche ?

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Running à Versailles (Crédits Living Fitness UK licence Creative Commons)

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Salomon ou Carême ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 16 mars 2014
- A +

Par Bénédicte Cart.

Running à Versailles (Crédits Living Fitness UK licence Creative Commons)

Dimanche, que faire ? Chez moi, c’est simple : cela signifie sport/cuisine/messe, depuis ma plus tendre enfance, une sorte de religion familiale avec ses propres règles et rituels sacrés. Mais parfois, la fatigue est là, j’ai beau partir courir ou tenter une nouvelle recette, la seule pensée qui trouve grâce à mes yeux, c’est le repos.

Dois-je œuvrer 7 jours sur 7 ? Me faut-il toujours respecter les rites familiaux, transmis (sûrement à la sueur du front de mes ancêtres) et inscrits en moi ? Et au nom de quoi dois-je le faire ?

Revenons au début de mon parcours initiatique : la course à pied. Pour apprendre à courir, il me fallait un modèle, comme les enfants. Le mimétisme est une façon de débuter un apprentissage, j’ai donc cherché le plus simple et trouvé mon père. Sauf que moi, Bénédicte, la première fois que j’ai enfilé mes Salomons pour suivre l’expert dans un de ses entraînements, je n’en menais pas large. Et de multiples questionnements se bousculaient en moi : quel sort me réservait-il ? Est-ce que je serai encore en vie à la fin ?

Après une préparation minutieuse, nous sommes partis ; enfin, lui devant et moi en retrait en train de chercher une excuse pour rebrousser chemin. Mais mon attention fut vite happée par les contraintes physiques et environnementales et peu à peu je courais en ne pensant plus qu’à ne pas me perdre, surtout continuer de suivre, pourvu que nous rentrions avant la nuit…

L’entraînement fini, j’étais heureuse d’avoir pu courir et d’être encore en vie, je sentais qu’ainsi j’allais progresser, devenir meilleure que lui, partager quelque chose de mystérieux et d’unique avec lui et quelques autres élus.

Je me souviens d’une rencontre particulière (j’étais impressionnée) : sur un chemin de grande randonnée, mon père me dit : « tiens, un trailer, je vais lui demander s’il connaît l’UTMB ? » Naturellement, ils entament une discussion animée de cinq minutes sur le trail, avant que nos chemins se séparent. Je me suis dis que les trailers partageaient quelque chose d’unique : silencieusement, ils pouvaient se reconnaître. Il me fallait y parvenir et pour cela je devais devenir une compétitrice, faire des courses et un jour je pourrais devenir finisheuse de l’UTMB, le Graal.

Après plusieurs essais, je me suis aperçue que mon père ralentissait son allure pour rester à ma hauteur, avant de prendre quelques libertés sur le parcours – comprendre : rallonger son entraînement, mais pas le mien.

Et les sorties collectives se sont multipliées. Tout devenait plus facile. Je courais avec le sourire et avec la bonne posture. J’étais contente de moi. Je travaillais dur. Estimant que mon apprentissage était terminé, un peu vexée de ne pas en avoir percé complètement le secret, je décidais de prendre mon envol et de courir seule. Ou en essayant d’être à mon tour celle qui était suivie (ça ne m’arrive pas souvent…).

Puis j’ai réfléchi. Et si le sport était une religion, avec ses valeurs, ses us et coutumes et que je n’avais pas les clés pour appartenir à cette famille ? Comment réussir à faire ma place ? Je me suis retrouvée au bois de Boulogne, moi et mon envie de sourire aux autres en courant, de discuter avec des inconnus, essayant à plusieurs reprises de repérer silencieusement ceux qui partageaient les mêmes valeurs que moi, mais rien à faire, la communication était rompue. J’étais déçue. J’avais l’impression de courir seule contre tous.

Alors j’ai fait comme tout le monde : j’ai sorti mon iPod et j ai couru avec moi-même. J’ai poussé mon corps, j ai eu mal et je commençais à trouver cela normal.

Un dimanche matin, j’ai emmené, assez fière, mon père courir et j’ai retrouvé le plaisir de la course, la légèreté, la joie. J’étais en phase avec moi-même et je ne courais pas toute seule. Il s’agissait presque d’une fête, pour moi. Alors que le parcours ne changeait pas d’un centimètre, je le redécouvrais, je le partageais enfin avec quelqu’un. Me fallait-il courir avec quelqu’un pour le faire en souriant ? Pourquoi aimais-je tant cette sensation ?

Comme à mon habitude, j’ai discuté avec des sportifs, des trailers, des coureurs du dimanche, des marcheurs… tous m’expliquant pourquoi il est important de pratiquer son sport seul mais de savoir le partager et de le fêter ensemble.

Et puis, je me suis souvenue d’une arrivée de l’UTMB à Chamonix, à laquelle j’assistais comme proche supportrice et l’émotion partagée avec les finisher. J’aurais pu passer la ligne d’arrivée à leur place, je n’aurais pas été plus émue. Finalement, est-ce que je ne faisais pas déjà partie de cette famille ? Si j’arrivais à ressentir avec eux, j’avais compris le principal ?

J’ai cherché : j’avais dû manquer quelque chose et j’ai repensé à la religion, au Christ et à sa vie. L’UTMB ressemble à une grande messe, un moment festif où chaque pèlerin (avec ses deux bâtons) communie au sein du corps sacré de l’Homme. Et voilà que tout me parut plus clair : le moteur de tout cela, c’est l’amour, et dans l’amour, le partage. Alors j’appartenais à la famille du sport comme je pourrais appartenir à la famille des chrétiens.

Mais voilà, une famille, il faut l’entretenir quotidiennement dans son cœur, nous devons rendre visible ce qui ne l’est pas, il faut agir pour qu’elle vive. Un nom ne fait pas tout, des valeurs ne sont pas gage de partage.

Alors je participe, avec ce que je suis, à faire vivre les familles auxquelles j’appartiens, chaque jour, sauf le dimanche, aujourd’hui je me repose chez les Cart !

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  • Mais c’est quoi cet article ?

    Le nivellement par le haut ?

  •  » le dimanche quoi faire ? chez moi c’est sport , cuisine , messe…  »

    quels curaillons impénitent ses savoyars !

    et si vous essayez de faire l’amour ? avec le corps sculpté que doit vous donner votre entrainement de sportive, vous n’avez surement pas de mal à trouver des partenaires… aprés, si vous prefèrez la messe ?

    • Ahah, mais nous pouvons tout faire le dimanche, c’est ma conclusion!
      Nous pourrions aller faire du sport, à la messe et faire l’amour tout cela dans désordre, cela m’irais fort bien. Je répond à vos interrogations?
      PS: mon corps sculpté est raplapla pour cause de maladie…

      • mais je n’ai pas d’interrogations !

        votre expérience d’initiation au sport, je l’ai faite il y a 25 ans, avec le vélo. sauf que dans ma famille, faire du sport était très mal vu. il y a donc fallu que j’apprenne tout tout seul.
        je recommande aux gens de faire du sport, c’est à la foi une drogue et un médicament. ça permet surement de gagner 15 ans d’espérance de vie… les baskets devraient etre remboursées par la SECU, mais comme dans ce pays ont prone plutot la fainéantise que le gout de l’effort…

        ce matin j’ai fait 2 heures 30 de vélo avec un col de 3ième catégorie sur le tour de france, maintenant, je suis en pleine forme !

        bonne convalescence !

        • Ah pardon, moi j’ai vu des ? Alors je réponds…
          Non pas une drogue ou un médicament, surtout pas, enfin cela peu le devenir, lors de « coup de moins bien », là ok, aller faire du sport plutôt que prendre des cachets!
          Mais ce qui est génial avec le sport, c’est apprendre, toujours, sur les mouvements, le fonctionnement du corps, du cerveau, c’est réfléchir, observer notre propre mécanique!
          Enfin bref, le vélo est pour moi beaucoup moins naturel, mais j’en fait aussi, un peu.
          L’important, c’est le spectacle que nous offre la nature, c’est ce en quoi nous croyons qui fait ce que nous sommes, et si le sport, enfin la course à pieds ou le vélo ou la natation… font que nous sommes qui nous sommes avec nos rêves alors continuer seul ou avec des amis…, mal vu, bien vu, ce n’est pas important seul compte ce que vous vous en pensez et ce qu’il y a dans votre cœur.

          Merci, mais je ne vais pas tarder à y retourner, ça me démange!

  • Bon, je vais tenter de répondre.
    Je partage mon expérience, ma réflexion, appelez cela comme vous voulez.
    J’aime bien prendre de la hauteur (en vrai, grimper) mais ma hauteur, c’est peut-être bas niveau pour vous. J’en suis désolée. Vous n’avez pas compris le fin fond de la chose, du tout?

  • Nous sommes Dimanche. Dimanche n’est pas un jour anodin !

    Il se pose encore la question de travailler le Dimanche ou non. La question ne se pose pas que nous avons tous besoin d’un jour de repos par semaine au moins.
    Ce droit du jour de repos n’est contesté à personne, pas même à des travailleurs du dimanche comme moi (Hôtellerie).
    Le Dimanche est un jour particulier dans la semaine pour beaucoup, non seulement religieux mais devenu familial. Je suis athée, pas de femme et enfant et un peu loin de mes parents, frères et sœurs pour les voir plus souvent.
    Le Dimanche est un jour ordinaire pour certains . Un jour où on peut travailler, exercer l’activité lucratif ou non de son choix. Mais ce n’est pas partagé par tous.

    Beaucoup voudrait sacraliser Dimanche, en faire un jour sans consommation ! Un véritable jour de culte, le jour de la sacro-sainte laïcité républicaine peut-être. Certains y rêveraient…

    Et je dis : « Dimanche, comme en Mai, fais comme il te plaît ! »

  • Tout ça manque un peu de …transcendance…

  • « La solitude est un piédestal » (La source vive, Ayn Rand)

    Et dans toute les religions monothéistes il existe des récits de retraite, d’exil solitaire.
    L’iPod ne semble pas un nouveau messie…

  • Benedicte, je suppose que vous n’êtes pas très folle de la messe ?

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