Arnaud Montebourg : retour vers le futur… antérieur !

Avec une Compagnie nationale des mines de France, c’est un retour vers le passé coûteux pour les contribuables que préconise Arnaud Montebourg.

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Montebourg mines France (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints.org, licence Creative Commons)

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Arnaud Montebourg : retour vers le futur… antérieur !

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 24 février 2014
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Par Philippe Robert.

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Dans sa course au progrès tambour battant, le sémillant ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, se montre terriblement… productif ! Sauf que ces retours incessants vers une époque révolue où l’État stratège était roi procèdent, en 2014, d’une volonté pleinement assumée de promouvoir un protectionnisme rampant.

« Avec l’appui du président de la République, j’ai organisé la renaissance d’une compagnie nationale des mines pour prospecter et exploiter d’abord notre sous-sol – tout en respectant les aspirations environnementales de nos concitoyens. Cette société s’appellera la Compagnie nationale des mines de France (CMF). »

Cependant, je dois à la vérité de dire combien je suis troublé d’entendre d’excellents esprits se féliciter d’une telle initiative, à mon sens des plus anachroniques, venant de la part d’un État qui ne voit de salut, conformément à la doxa socialiste la plus rétrograde, que dans une restauration (à rebours) de la puissance publique comme acteur intelligent de l’économie.

On sait combien le ministre Montebourg ne manque aucune occasion de solenniser la notion de patriotisme pour faire avancer ses projets : « Nous recherchons du lithium par exemple, un métal fondamental pour les batteries des véhicules électriques. Idem pour le germanium (…) Avec notre nouvelle compagnie minière, nous protégeons nos intérêts nationaux ! »

Contrairement à la recherche appliquée relevant plus volontiers de l’économie dite réelle, l’État est dans son rôle quand il s’agit de financer la recherche fondamentale dont la quête, programmée sur le long terme, demeure néanmoins incertaine. Mais ce qui est sûr, c’est que l’État n’est plus dans son rôle dès lorsqu’il convoite le beurre et l’argent du beurre.

Or c’est exactement ce que se propose de faire le ministre du Redressement productif en imposant une nouvelle entreprise publique destinée, selon lui, à cumuler recherche et exploitation afin de parer aux manquements de la sphère privée incapable, à ses yeux, de satisfaire aux exigences de l’intérêt supérieur de la nation. À cette aune, PSA serait donc emblématique.

Car, s’agissant de PSA en général et de la famille Peugeot en particulier, Arnaud Montebourg n’hésite pas à en appeler aux mânes de nos grands ancêtres, en l’occurrence à celles de Colbert, lorsqu’il affirme que « l’État est garant du maintien des intérêts de PSA en France. Le colbertisme est de retour et c’est un bien ». Un point de vue heureusement battu en brèche par Michel Godet1 : « Arnaud Montebourg qui n’a pas, il est vrai, d’expérience industrielle, ferait bien de méditer l’exemple de la Suisse qui a 20% de sa valeur ajoutée dans l’industrie contre 17% en France (…) La France, victime du colbertisme et du mirage technologique a une dépense de R&D publique trop développée notamment dans certains secteurs « recherchivores ». » Dont acte.

Pour clore mon propos, d’excellents esprits s’autorisent aussi à penser que la nouvelle trouvaille étatique estampillée Montebourg 2014 serait, de la part de ce ministre décidément inclassable, un leurre (au sens militaire du mot) destiné à égarer les contempteurs verts de rage du progrès opposés à toute recherche d’avenir sur les OGM et autres gaz de schiste…

  1. Michel Godet : Libérez l’emploi – pour sauver les retraites chez Odile Jacob, décembre 2013.
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