Ça y est : ils nous refont le coup du remaniement !

Changer de Premier ministre pour amuser la galerie et distraire les médias n’aura aucun intérêt. Ce qu’il faut, c’est mettre tous les politiciens à l’écart.

Par Nicolas Nilsen.

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Les médias ne savent plus de quoi parler : Valérie Trierweiler est partie, Julie Gayet n’intéresse personne, les jeux de Sotchi commencent à être barbants… Il faut donc absolument trouver quelque chose et vite. N’importe quoi, mais un hochet qui puisse distraire l’opinion et divertir le Peuple. Un mort célèbre serait évidemment idéal, mais Mandela est déjà mort et la Reine d’Angleterre a l’air plutôt en forme. Un enfant caché de Hollande serait évidemment du pain béni mais bon, il n’y a que Closer qui s’y risquerait, donc on oublie. La Centrafrique, ça ne fait pas vendre ; un bon attentat, ce serait pas mal mais bon, on n’est jamais sûr de rien avec ces crétins de terroristes. Donc — ah mais oui c’est ça — si on parlait du prochain remaniement ? Super géniale ton idée coco. Allez, on lance les pronostics et on fait tourner les rotatives. Ça roule !

Un remaniement inutile

Ce que ces abrutis de médias ne vous disent pas, c’est que la France a besoin de tout sauf d’un remaniement ! Qu’on remplace Tartempion par Tartinelle ou Trucmuche par Machinchose ne changera strictement rien.

  • D’abord parce que les problèmes seront toujours là (chômage, retraites, dette, comptes sociaux, perte de compétitivité, faillites d’entreprises etc).
  • Ensuite parce que les « premier ministrables » ont tous la même idéologie et la même « boite à outils » et qu’ils feront donc exactement la même chose, c’est-à-dire un maximum de bourdes et d’inepties.
  • Enfin et surtout parce qu’il ne faut pas plus, mais moins d’État et que tous les Premier ministres qu’on nous propose actuellement sont des adeptes maladifs du « toujours plus d’État », qui ruine la France. Il faut évidemment le contraire : moins d’État, moins d’interventions, moins de dépenses, moins d’usines à gaz, moins de grands projets stratégiques, moins de politicaillerie, moins de lois, moins d’impôts, moins de bureaucratie, moins de comités, moins de blabla…

Changer de Premier ministre pour amuser la galerie et distraire les médias n’aura donc aucun intérêt (je parle de la France évidemment, et pas d’eux qui ne rêvent que de promotions et d’honneurs). Ce qu’il faudrait en réalité, c’est les mettre tous à l’écart. Et pour un bon moment. Qu’ils fassent une cure de silence et surtout cessent leur arrogance et leur prétention à vouloir tout contrôler et tout changer dans nos vies pour faire naître un « citoyen nouveau ».

Qu’ils ne touchent plus à rien

img contrepoints078 remaniementLe plus drôle, s’ils ne pondaient plus de lois, c’est que la France continuerait à tourner. Les étudiants continueraient d’étudier. Les entreprises d’entreprendre. Les exportateurs d’exporter et les boulangers de faire leurs croissants ! Et vous verrez : tout irait beaucoup mieux : Peillon arrêterait de refonder l’école ; Taurira de refonder la justice, Marisol Touraine de refonder la santé, Cécile Duflot de refonder le logement, Montebourg de refonder le redressement, Filippetti de refonder les intermittents du spectacle, Najat de refonder le genre, l’autre de refonder la transition verte vers l’éolien et les députés de refonder la civilisation en votant des lois « de société » ineptes qui entartrent la vie des braves gens. Bref on leur demanderait de ne plus toucher à rien – et surtout de ne plus refonder quoi que ce soit !

Ils sont le problème, pas la solution !

Chaque mercredi, ils se réunissent à l’Élysée. Et chaque mercredi ils nous pondent de nouveaux textes, de nouvelles lois, de nouvelles mesures, de nouveaux décrets, de nouvelles circulaires, de nouveaux « Comités supérieurs »… Rien que cette année, ils ont fait voter une quarantaine de lois après avoir examiné des dizaines de milliers d’amendements. Montebourg, à lui seul, a lancé 34 usines à gaz intitulées « 34 plans de reconquête industrielle » ! Super efficaces tous ces gens alors qu’on a 6 millions de chômeurs inscrits à Pôle emploi !

C’est à cause de cette boulimie ministérielle — entretenue et amplifiée par les médias sss (serviles, soumis et subventionnés) — que s’incrémente le grand mille-feuilles administratif : chaque mercredi ils pondent des textes dont la France n’a absolument pas besoin. Les Français ont besoin de respirer et de fonder des entreprises, besoin de créer de la richesse et des emplois, mais ils n’ont pas besoin de tous ces textes, de toute cette paperasse, de toutes ces lois et de tous ces ministres !

36 gouvernements nous l’ont déjà dit 52 fois !

Faites le calcul pour mesurer l’ampleur de leur inefficacité : il y a un mercredi par semaine, et 52 semaines dans l’année. Et donc 52 fois par an, ils nous plombent la tête avec des projets non seulement inutiles mais totalement néfastes pour la France. Et n’allez surtout pas croire que j’en veuille particulièrement à ce gouvernement-là. Le deuxième gouvernement Jean-Marc Ayrault est le 36e gouvernement de la Cinquième République.

  • 36 gouvernements qui ont dit 52 fois : « on va sortir du tunnel ».
  • 36 gouvernements qui ont dit 52 fois : « la croissance est revenue ».
  • 36 gouvernements qui ont dit 52 fois : « les retraites sont sauvées ».
  • 36 gouvernements qui ont dit 52 fois : « le niveau de l’éducation monte ».
  • 36 gouvernements qui ont dit 52 fois : « le chômage baisse ».
  • 36 gouvernements qui ont dit 52 fois : « les déficits sont maîtrisés ».
  • 36 gouvernements qui ont dit 52 fois : « on va diminuer les impôts ».
  • etc.

Bon, j’arrête l’énumération, vous avez compris : non seulement ils ne règlent rien mais ils encrassent la France en l’enfermant dans une camisole idéologique et bureaucratique qui la paralyse.

Et les médias voudraient nous faire croire qu’un 37e gouvernement changerait quoi que ce soit ? ou qu’un remaniement serait la solution miracle à la faillite de leur système ? La bonne blague !

Moins d’État et un seul Conseil des ministres par mois !

Qu’ils remanient ou pas, qu’ils nous mettent un Premier ministre ou un autre, qu’ils changent les têtes des ministres ou le nom des portefeuilles — tout cela n’aura strictement aucune importance. De la même manière qu’ils passent leur temps à pondre des lois pour nous forcer à changer nos vies, on devrait les forcer à changer eux aussi leurs habitudes en supprimant des ministères, en supprimant des dépenses, en supprimant des préfectures, en supprimant des régions, en supprimant quatre Conseils des ministres par mois… Ça leur donnerait le temps de réfléchir un peu plus, et de travailler davantage la qualité de leurs textes. Et, surtout, ça nous laisserait le temps de respirer. Et rien que ça, ce serait une divine surprise.

Au bout de quelques mois, les Français se diraient : « tiens, c’est bizarre, on ne les entend plus, ils ne font plus rien, et pourtant tout marche beaucoup mieux ! » Non seulement on n’a pas besoin d’eux, mais ils sont nuisibles. Chaque fois qu’il y a un problème, ils se réunissent en Conseil des Ministres, et nous annoncent solennellement que l’État va le résoudre, et ils pondent une loi absurde – alors que c’est eux et leur interventionnisme d’État qui est le problème !

Les journalistes iraient pointer à Pôle Emploi

Je sais bien qu’arrêter le grand circus ministériel n’arrangerait pas les journalistes qui n’auraient plus rien à dire. Les pauvres, eux qui passent leur vie à monter la politique en mayonnaise ! Tous les jours, ils tendent leurs micros complaisants à des politiques imbus d’eux-mêmes ; ils les invitent à leurs émissions, ils les interrogent lors de leurs talk-shows, ils se pâment lors des conférences de presse… Ils n’existent que par et pour les politiques qu’ils sacralisent et qui les subventionnent en retour. Pour les médias, une seule contrainte : faire de l’audience. Pour les politiques, un seul objectif : faire de la notoriété. Tout ce petit monde a les mêmes intérêts : ils vivent ensemble, mangent ensemble, voyagent ensemble, couchent ensemble – chacun ayant intérêt à servir l’autre pour continuer d’exister. Sans les subventions ils s’effondreraient et fermeraient boutique.

Regardez Libération : ils n’arrivent même plus à vendre leur titre tellement ils perdent de lecteurs ! Ils seront bientôt condamnés à faire restaurant ou show-room culturel ! Regardez L’Humanité : lui non plus n’arrive plus à vendre son titre et l’État (oups, pardon, le contribuable) est obligé d’éponger sa dette). Toute cette farce médiatique est pathétique et heureusement qu’il y a internet et des journaux comme Contrepoints pour sauver l’honneur. En tout cas, votre information (qui supposerait qu’ils soient indépendants et fassent de vraies enquêtes), ils s’en moquent comme de l’an 40 !

Arrêter le cirque politico-médiatique et enrayer l’interventionnisme maladif de l’État apparaissent comme les préalables indispensables à tout changement véritable dans le pays. Je sais bien que cela ne se fera pas car cela toucherait au cœur même du dispositif où se fabrique la grande bouffonnerie politicienne et la grande boursouflure étatique. Les médias n’arrêteront donc jamais leur complaisance malsaine envers les politiques. Pourquoi chercher des sujets plus intéressants puisque ce qui les passionne c’est le fonctionnement du petit théâtre politicien qui étouffe la France et anesthésie les Français.


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