Une indécence d’État

Les hommes politiques français ont créé en 30 ans une situation de crise profonde et permanente du pays.

Par Philippe Robert.

ElyséeLa perte tragique de décence qui, actuellement, affecte cruellement la France du haut en bas de l’État en agressant la société civile présente un risque majeur d’éclatement de la nation ; une situation de crise profonde et permanente créée en à peine trois décennies par la trahison de nos élites de tout poil.

Depuis que les socialistes, usant sans barguigner d’arguments démagogiques, ont ravi le pouvoir à la droite en déroute, les hautes valeurs qui ont présidé à la supériorité, aujourd’hui perdue, de l’Occident et de la France sont bafouées en accéléré au nom d’une pseudo-République des temps nouveaux.

Ainsi, la présomption fatale définie par Friedrich Hayek comme étant une fatale erreur intellectuelle qui, d’entrée, invalide la pensée socialiste bat-elle son plein en France avec des effets dévastateurs dont l’intensité, inconnue ailleurs en Europe, se propage à travers le pays à l’instar d’une onde de choc.

Philippe Nemo1 : « Les vrais dépositaires du pouvoir souverain sont donc en France, désormais, l’Élysée et les « partenaires sociaux », représentant respectivement 12,5% des électeurs et 5 à 10% des salariés… La souveraineté du peuple est purement et simplement ignorée et forclose. »

Ce constat vaut pour la France d’aujourd’hui comme pour celle d’hier, impliquant alors que toutes les alternances régulièrement intervenues depuis trente ans n’ont eu, pour véritable aboutissement, qu’une aggravation sans cesse accrue des atteintes portées à l’État de droit jusqu’à son paroxysme d’aujourd’hui.

« Les gens qui défilaient hier n’avaient qu’un point commun : ils ne supportent plus Hollande. Ils lui reprochent son incapacité face au chômage, face aux déficits, face à la baisse des revenus des Français, face au délitement de l’État mais aussi, et sans doute plus encore, sa volonté de changer nos lois, nos mœurs, notre morale. »

Ainsi s’exprime Thierry Desjardins dans un article publié sur le site de Claude Reichman et intitulé : « Cette vague populaire qui annonce la tempête » que le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, va finir à lui tout seul par déclencher à force de s’inspirer des événements de Kiev, en Ukraine, pour la dompter !

La nouveauté réside dans le fait que les participants à la manif’ du 26 janvier dernier provenaient de tous les horizons de la société civile, du meilleur comme du pire ; un état de fait qui me conduit à penser que Hollande et sa clique auront finalement réussi, au-delà de toute espérance, à réveiller la Belle au bois dormant.

Enfin, le pacte de responsabilité dont les modalités sont présentées aux syndicats pour approbation me paraissent plus relever d’une tentative politicienne d’évitement que d’une vraie prise de conscience libérale. Sans doute espère-t-on encore, en haut lieu, s’éviter ainsi une humiliante intrusion du FMI de Mme Lagarde.

  1. Philippe Nemo : La France aveuglée par le socialisme (François Bourin éditeur, novembre 2011)