Alain Vidalies (PS) lance de fausses accusations dans l’hémicycle

Alain Vidalies à l'issue d'un conseil des ministres (Crédits : Philippe Grangeaud-PS, CC BY-NC-ND 2.0)

Contrepoints a été cité cette semaine par des confrères dans le cadre d’une affaire sur laquelle nous souhaitons revenir à des fins de clarification.

Par la rédaction de Contrepoints.

Alain Vidalies à l'issue d'un conseil des ministres (Crédits Philippe Grangeaud-Parti Socialiste, licence Creative Commons)
Alain Vidalies à l’issue d’un conseil des ministres

Passe d’armes entre l’opposition et la majorité à l’Assemblée Nationale ce mercredi. L’affaire débute par une intervention du député de l’UMP Daniel Fasquelle dans l’hémicycle, lors de la séance des questions au gouvernement. Celui-ci déclare que l’opposition parlementaire s’interroge sur la légitimité de la nomination de la fille du ministre de l’Éducation Nationale Vincent Peillon « à un prestigieux poste d’attachée culturelle à l’ambassade de France en Israël ». En réponse, le socialiste Alain Vidalies accuse le député de l’opposition de tirer ses informations du site de l’essayiste haineux paranoïaque Alain Soral : « J’ai cherché où se trouvait l’origine de cette information et je tiens à le dire à la représentation nationale : cette information, elle se trouve sur le site de Monsieur Soral, l’un des factieux qui étaient dans la rue la semaine dernière, c’est là que vous puisez vos informations, assumez la responsabilité devant la représentation nationale. »


Alain Vidalies à Daniel Fasquelle : « Vous… par LCP

L’altercation entre les deux hommes se poursuit ensuite sur les réseaux sociaux, le député de droite réfutant l’accusation en déclarant sur Twitter que l’information se trouvait « partout sur Internet ». « L’ « information » est « sur Internet » mais dans aucun site de presse » lui rétorque le ministre socialiste – avec des guillemets à « information » et « internet ».

La double accusation de la majorité par la voix de Monsieur Vidalies est à peine voilée :

  • Seuls des sites tendancieux voire antisémites auraient fait courir sur internet l’information. Ce que s’empressent de rapporter certains médias, par exemple 20 minutes qui déclare : « L’information sur la nomination de Salomé Peillon circule en effet sur plusieurs sites d’extrême-droite et sur le site Égalité et Réconciliation dirigé par l’essayiste Alain Soral. » Par conséquent, le député UMP ne pouvait être qu’un lecteur de ces sites.
  • Seul un site de presse, c’est-à-dire un site subventionné et reconnu par l’État, est légitime pour informer les Français. L’information collectée par le député UMP serait donc disqualifiée.

Or, après les recherches qui s’imposent, les propos tenus par le ministre socialiste étaient erronés et gratuits, et ne visaient qu’à jeter l’opprobre sur l’opposition. Selon Europe1, qui a enquêté afin de déterminer d’où provenait l’information et si l’UMP s’informe auprès du site d’Alain Soral, c’est Contrepoints, site d’information libéral qui, le premier, a diffusé l’information sur internet dans un article intitulé « Laisse pas traîner ton fils ». Il est vrai qu’à l’occasion d’un article consacré aux hommes politiques et leurs relations avec leurs propres enfants, notre auteur avait notamment enquêté sur la famille du ministre de l’Éducation Nationale parmi d’autres politiciens de premier plan.

  • Non, un site d’information associatif comme Contrepoints, qui n’appartient certes pas à la presse subventionnée, ne délivre pas de fausses informations. L’article en question était sourcé : un lien hypertexte renvoyait d’ailleurs vers la fiche de poste de Salomé Peillon sur le site de l’ambassade de France en Israël, datée du 21 mars 2013.

Certes, certains sites proches de l’extrême droite ont pu par la suite diffuser également cette information. Mais il ne peut évidemment en aucun cas être tenu rigueur à Contrepoints de qui décide ou non de reprendre les informations qu’il fournit à ses lecteurs. Et concernant M. Daniel Fasquelle, sait-on jamais, peut-être sa source venait-elle au contraire de saines lectures libérales ?…


N.B. : notons qu’au même moment, Samuel Laurent du Monde.fr, relance son entreprise consistant à tenter de classer Contrepoints dans la droite dure, en le rangeant dans les sites proches de la mouvance « manif pour tous ». Le lecteur averti peut aisément se faire son propre avis sur ce point particulier.

N.B.2 : [Mise à Jour du 01.02.14 à 10h36] Depuis la publication du présent article, nous constatons que Samuel Laurent a modifié son texte : désormais Contrepoint n’est plus rangé dans les sites proches de la mouvance « manif pour tous » mais dans la « réinfosphère », c’est-à-dire parmi les sites de l’extrême-droite nationaliste comme une rapide recherche google sur ce terme abscons permet de le comprendre. Le lecteur averti peut toujours aisément se faire son propre avis sur cette nouvelle tentative de désinformation.