Grève des taxis contre les VTC

Taxi Parisien (Crédits : Taxidriving, image libre de droits)

Aujourd’hui, dans les grandes villes de France, les chauffeurs de taxis dénoncent la concurrence qu’ils estiment déloyale des voitures de tourisme avec chauffeur.

Par une pression corporatiste exercée sur le gouvernement, les chauffeurs de taxi ont obtenu un décret qui impose depuis le 1er janvier aux VTC un délai de 15 minutes entre la réservation et la prise en charge. Mais les syndicats CFDT, CGT, FO, SDCTP et CST qui représentent les trois statuts de chauffeurs (artisans qui possèdent leur licence, locataires qui la louent et salariés) n’en démordent pas et font grève aujourd’hui en organisant des opérations escargots dans les grandes villes de France.

Les manifestants protestent contre le relèvement de la TVA sur les transports de 7 à 10 %, mais surtout prétendent dénoncer la « concurrence déloyale » des voitures de tourisme avec chauffeur (VTC), en pleine croissance actuellement. Ce sont pourtant les VTC qui sont victimes du corporatisme des taxis : en effet, ceux-ci, sans signalétique lumineuse, doivent être réservés avec un délai d’un quart d’heure pour une course et n’ont pas le droit de prendre des passagers à la volée dans la rue, contrairement aux taxis.

Les syndicats de taxis réclament néanmoins des mesures encore plus strictes contre les VTC. « Les VTC sont de plus en plus nombreux. Ils ont donné des agréments à tort et à travers », se plaint un syndicaliste.

Selon Le Figaro, à Paris, le mouvement de grève qui a débuté ce lundi matin, s’accompagne de nombreux débordements :

Une cliente prise en charge par une voiture avec chauffeur Uber affirme sur twitter avoir été attaquée par des chauffeurs de taxis en grève, et déplore des «vitres cassées, des pneus crevés, un véhicule vandalisé et des mains en sang». Le second passager du véhicule raconte au Monde.fr que les chauffeurs de taxis avaient mis en place des barrages filtrants pour repérer les VTC. Les agresseurs «ont d’abord jeté de la peinture, puis ils ont cassé une des vitres passagers. Ils ont cassé le capot de la voiture et découpé un des pneus», explique ce passager. La société Uber a confirmé au Figaro que cet incident a bien eu lieu, mais n’a pas souhaité le commenter.

Un autre utilisateur de Twitter a de son côté fait part d’un incident sur l’autoroute A1: «Mon taxi attaqué à coups de pierres et d’œufs sur l’A1 par ses confrères. Presque perte de contrôle à 100 km/heure, carrosserie cabossée».

La société de VTC Chauffeur-Privé dénonce également l’agression de deux de ses chauffeurs, l’un près de la Gare Montparnasse et le second à l’aéroport d’Orly, sous diverses formes : agressions verbales, jets d’œufs et de pierres sur les véhicules, mais également de coups violents cassant les vitres et rétroviseurs des voitures. Yan Hascoet, Co-Fondateur et PDG de Chauffeur-Privé, déclare : « Nous dénonçons fermement les agressions dont certains de nos chauffeurs ont été victimes aujourd’hui. Au-delà de l’impact financier lié à la dégradation des véhicules cibles de jets d’œufs et de pierres (parfois avec des clients), nos chauffeurs sont bien évidemment choqués par ce qu’ils ont vécu. »

Lire le dossier de Contrepoints consacré au Corporatisme des taxis contre les VTC.

Voir l’analyse de Nicolas Doze sur BFM TV :