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Un futur plein d’avenir

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 1 janvier 2014
- A +

Ça y est, nous y sommes : 2013 est remballée, 2014 vient de sortir, toute neuve ! Normalement, ici, le rédacteur moyen insère une petite phrase bateau du style « je vous la souhaite bonne avec santé et amour » ou une autre puissante pensée issue en droite ligne d’un de ces petits biscuits chinois qui achèvent un repas, généralement plantureux en cette période.

Ensuite, le rédacteur, qui est autant moyen qu’imbibé (il faut bien ça de nos jours) en rajoutera une couche pour se lamenter sur les terribles vexations (fiscales, politiques, économiques) qui nous attendent, puis tentera de faire rire en ajoutant une petite pensée confucianiste ou simplement confuse pour conclure sous les applaudissements polis d’un lectorat lui même très émoussé.

chat geluck bonne annee

Et le rédacteur moyen aurait bien tort de se priver : ce ne sont pas les sujets d’atermoiements qui manquent. La France inquiète, son président consterne et son gouvernement effare.

Mais pas cette fois. Enfin, je veux dire que même si j’entends bien vous souhaiter une excellente année 2014, disons que je n’ai pas envie de m’attarder sur les prochaines prouesses électorales que le pays va connaître et encore moins sur les troubles économiques certains qu’il va traverser. Non, cette fois, je veux parler d’un avenir qui se jouera peut-être sans la France, mais qui offre néanmoins des perspectives plus que réjouissantes.

Ici, je pourrais, à l’instar de Guillaume Nicoulaud dans son excellent article paru récemment sur Contrepoints, revenir sur les trente dernières années et constater à quel point elles furent décisives pour faire sortir un nombre toujours croissant de personnes de la pauvreté.

Je préfère cependant regarder le futur, qui continue de se remplir de promesses alléchantes. En effet, pour qui s’informe du monde par-delà les frontières de la Hollandie Démocratique Socialiste, si tout n’est certes pas rose, il y a quelques solides raisons de penser que la situation s’améliore pour l’Humanité.

Ainsi voit-on se multiplier les solutions concrètes à deux défis majeurs : l’accès à l’eau potable d’une part et à l’énergie d’autre part.

eau kenyaPour l’eau potable, la récente découverte d’une nappe phréatique géante (on parle de 200 km³ !) au Kenya pave la voie à d’autres découvertes ; Alain Gachet, le Français (eh oui), auteur du système à l’origine de celle-ci, explique en effet qu’on va pouvoir, grâce à son expertise et sa technologie, trouver de l’eau partout dans le monde. Pour beaucoup de pays, cela représente une véritable révolution capable de sortir leurs populations de la misère dans laquelle le manque d’eau les contraint à vivre. On peut s’étonner de la modeste médiatisation d’une telle découverte ; l’actualité est trop encombrée de quenelles, semble-t-il.

Quant à l’énergie, j’ai bien sûr déjà évoqué les développements actuels dans la filière du Thorium (en Chine, au Canada, en Allemagne, en Inde, en Israël, au Japon, en Norvège, aux États-Unis ou en Grande-Bretagne), ce qui permet de continuer à rester extrêmement confiant devant les alarmistes du peak oil qui n’en finit pas de ne pas arriver. Mais de façon générale, la recherche d’autres méthodes efficaces de stockage d’énergie continue de plus belle.

oil from algaeAinsi, pour la production de pétrole à partir d’algues, véritable serpent de mer écolo/économique, des avancées notoires ont été rapportées dans les derniers mois de 2013 qui permettent un optimisme raisonnable ; pour le moment en effet, l’équation économique renvoyait cette technique particulière dans le domaine des lubies non rentables : pour obtenir la précieuse huile, il fallait jusqu’à présent séparer l’eau contenue dans les algues (par séchage) ce qui coûtait en temps et en énergie. Le procédé développé au PNNL, Pacific Northwest National Laboratory, par l’équipe de Doug Elliott, permet à présent de passer directement des algues humides au pétrole sans ce séchage préalable. Bien évidement, là encore, il y a fort loin de la recherche à l’étape industrielle, mais le simple fait qu’il existe maintenant une telle technologie permet d’atténuer les pessimismes.

batterie minuscule impression 3DDu côté des batteries électriques, les récentes recherches et l’utilisation ingénieuse de l’impression 3D ont permis de produire des batteries minuscules avec un très bon rendement. Sans présager d’une industrialisation massive qui sera, on s’en doute, assez complexe, des solutions se dessinent donc nettement de ce côté.

Et puisqu’on parle d’impression 3D, notons l’usage de plus en plus poussé de cette technique. Très clairement, là où l’impression 2D a connu son heure de gloire lorsque la couleur est devenue abordable pour le plus grand nombre, et que, de nos jours, n’importe qui peut disposer d’une imprimante pour moins de 100€, l’impression 3D est encore loin d’arriver au même résultat. Et si l’on peut trouver pratique d’imprimer chez soi son billet de train ou ses photos de vacances, le besoin courant d’impression d’objets reste anecdotique.

BioPrinting oreilleEn revanche, la technique est très prometteuse puisqu’elle abaisse considérablement le coût des objets uniques. Or, la médecine constitue le domaine roi de l’objet unique, qui, s’il n’est adapté qu’à un seul individu, n’en demeure pas moins très rentable voire vital. C’est le cas, bien sûr, des prothèses à façon ; l’année 2013 a vu se multiplier les vidéos expliquant comment tel amputé, en recourant à l’impression 3D, a pu obtenir un usage satisfaisant d’une prothèse trop coûteuse si elle avait été réalisée autrement. Et ce qui marche pour des prothèses semble fonctionner pour des cellules organiques ; dans un avenir possiblement proche, tissus et organes seront littéralement imprimés pour vous.

google carEt comment parler d’avenir sans parler déplacements ? Ici, ceux qui me lisent régulièrement penseront immédiatement aux billets dans lesquels je relate le développement des voitures autonomes et ils auront raison puisque certains constructeurs ont déjà mis une date sur l’apparition dans le commerce de tels engins. Et 2020 n’est pas très loin (6 ans). Mais à la limite, je préfère m’attarder sur une autre technologie, elle aussi en pleine expansion : celle des drones.

Si ces derniers sont évidemment porteurs de menaces très nettes en matière de libertés civiles, d’atteinte à la vie privée, en ce qu’ils permettent (par exemple) un flicage précis et omniprésent, ou représentent un bond en avant inquiétant en termes d’armes volantes, il ne faudrait cependant pas voir exclusivement le verre à moitié vide. Les drones sont aussi les vecteurs potentiels de changements majeurs de paradigmes.

Récemment, ils ont été évoqués comme moyen de distribution pour Amazon ; deux minutes d’analyse permettent bien sûr de refroidir tout enthousiasme à ce sujet. Cependant, derrière les annonces médiatiques d’un Jeff Bezos malin, on peut aussi trouver des projets bien plus sérieux. Celui d’Andreas Raptopoulos est, par exemple, porteur d’immenses promesses d’ores et déjà réalisables avec les techniques modernes. Si l’idée de distribution d’Amazon souffre de problèmes légaux (le survol de zone densément peuplées par des engins trimballant des kilos de charge pose de gros problèmes de sécurité) et économiques (la rentabilité face à un coursier en scooter est catastrophique), celui de Raptopoulos s’en affranchit fort bien.

La vidéo suivante, que je vous encourage à regarder (vous avez le temps, on est le premier janvier, hein), explique fort bien ce qu’il compte mettre en place. Le plus intéressant n’est pas que l’idée est, dans ses conséquences d’organisation, révolutionnaire, mais dans le fait qu’actuellement, elle est réalisable techniquement :

J’ai choisi les quelques éléments de ce billet parce qu’ils ont chacun le pouvoir de changer profondément les vies de millions d’individus sur la planète et montrent de façon éclatante que si l’avenir est rempli d’incertitudes, si l’on peut certainement y voir les germes de désordres ou de problèmes, on peut aussi y découvrir d’immenses espoirs de révolutions douces, de bénéfices partagés et de progrès concrets. Le tropisme naturel des médias les force à s’attarder sur les trains en retard ; ceux qui arrivent à l’heure n’ont que rarement droit de cité. Et ceux qui arrivent en avance et amènent avec eux ce qu’on attendait le plus sont oubliés au milieu du flot banal des turpitudes humaines.

L’Humanité s’est engagée dans un combat plusieurs fois millénaire pour l’amélioration de ses conditions d’existence. Et depuis peu, elle est en train de le gagner. Je vous souhaite une bonne année 2014.

—-
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  • Bientôt, chacun ne verra plus de la journée que ses collègues en visio, et encore, le drone infirmier, livreur de colis, inspecteur du fisc ou de la police de la pensée, ou réparateur d’imprimante 3-D. Ces idées ne me paraissent pas toutes aller dans le sens du développement de la dimension humaine individuelle…

    • Vous vous méprenez.
      Deux choses :
      a/ L’interaction sociale est une composante de l’humain. Elle aura toujours lieu, d’une façon différente.
      b/ Le temps que vous ne passez pas à vous déplacer ou à déplacer de la matière, vous pourrez le passer pour ces contacts humains directs qui sont les plus importants.

      • J’aime bien vos éditoriaux, mais je les crois plus lucides quand ils se terminent par « ce pays est foutu ! ». Les relations sociales ne sont pas régies par les desiderata des individus et les moyens mis à leur disposition par le progrès, mais par les modes et techniques managériales et par les contraintes étatiques.

        Taleb, dans une interview récente (http://www.dailymotion.com/video/x18ra88_innovation-la-recherche-centralisee-une-absurdite_news), dit que les découvertes sont le fruit du hasard, et j’ai tendance à le croire. Qu’on ne s’y trompe pas, je suis un fervent supporter du progrès, je ne veux pas décourager les efforts de ceux qui pourraient exploiter le thorium, les micro-algues, les drones, l’impression 3-D, etc. Mais pour la quasi-totalité, je vois dans ces choses bien peu de respect des prétendus bénéficiaires finaux et de leurs aspirations réelles. Les contacts humains importants, ce sont justement ceux qui apparaissent, souvent fortuitement, quand on se déplace et qu’on déplace de la matière. J’ai mené des projets de recherche en visioconf et d’autres en allant rencontrer les partenaires, devinez lesquels sont fructueux et lesquels sont encouragés par la hiérarchie. Comme pour le drone, ces sujets sont les enfants chéris de chercheurs qui ne sont pas des flâneurs à la Taleb, découvrant soudain par hasard une utilité à une innovation, mais des vendeurs cherchant à convaincre les clients potentiels de l’utilité de leurs marottes. Pas très différents de nos hommes politiques, avec le même résultat potentiel de négation de l’individu.
        Enfin c’est juste mon avis.

        • Là, vous voyez trop « français ». Le monde est vaste, tout n’est pas régi par les lois et règles françaises, heureusement ! Et pour les drones, le syndrome est le même : non, ils ne sont pas, loin s’en faut, le résultat de chercheurs dans leurs coins, mais bien le produit de demandes réelles et de besoins concrets exprimés et résolus par des gens qui vivent dans le monde (mais pas en France, je vous l’accorde).

        • « J’aime bien vos éditoriaux, mais je les crois plus lucides quand ils se terminent par « ce pays est foutu ! ». « (LOL)
          Les contacts humains sont entrain de se virtualiser et cela ne reviendra pas en arrière. Cette tendance est déjà très affirmé. Les gens vont selon le degré d’importances, souhaiter avoir différents nivaux d’intensités relationnel avec leurs partenaire.
          C’est difficile de dire aujourd’hui qui des algues ou bien du thorium va émerger. Je pense qu’il ne faut tout de même pas négliger la part d’aléa qu’il a fallut pour arriver au thorium ou l’impression 3D. C’est pourquoi l’argument de thaleb est un peu faible.

        • Je suis d’accord avec vous sur la diminution des contacts humains et l’inefficacité qui en découle. Je pense cependant que cela est du à l’explosion des technologies de la communication. Les autres technologies ne sont pas vraiment en cause, et on peut espérer que passé un effet de mode, les entreprises prendront conscience du problême. Evidemment ce n’est pas gané pour le moment.

          Beaucoup d’annoces de « formidables développements technologiques » ne déboucheront sur rien. Mais le foisonnement des recherches en matière de technologie qui découle de la mondialisation et de l’éducation change la donne. Ca part dans tous les sens, mais il finira toujours par en ressortir quelque chose que nos grands spécialistes de la planification politique, économique et écologique n’avaient pas prévu.

          Cela ne nous prommet pas un monde meilleur, mais cela invalide tous les discours des grands oracles qui prétendent régir nos destinées.

  • merci de commencer l’année avec cette part de reve,cet espoir dans l’ingéniosité des humains et de rappeler que la mondialisation à diminuer la souffrance de nombreux humains
    bonne année à tous

    • Le terme de mondialisation est connoté politiquement : il est habituellement utilisé par ceux qui dénoncent le libre-échange entre individus.
      Ce n’est pas la mondialisation (terme politique) qui a diminué la souffrance des humains mais bien la création de richesse et le progrès technique issus des cerveaux des inventeurs.

      Mais je me joint à toi pour saluer l’optimisme du billet H16 ce matin.

  • « faire confiance à l’Etat et aux écolos »
    😆 Vraiment, ce Harrisburg, il n’en loupe pas une (en plus d’être à côté de la plaque puisqu’il montre ici n’avoir pas lu le billet ou regardé la vidéo, pourtant explicite à ce sujet). On mettra ça sur le compte d’un 31 trop arrosé, très clairement (encore que même sobre, le bourriquet fasse bien rire).

  • rafraichissant ! Merci et bloavez mad.

  • Il y a des pays où la densité de population est très faible, les voies de communications chères à construire et entretenir à cause des conditions climatiques (Canada, Amazonie …).
    Nul doute que l’état et les écologistes français sont près à interdir le développement de telles technologies … qui feront la fortune d’autres pays.

    • L’avantage du drone est plutôt dans les petits trajets puisqu’ils utilisent des batteries. En Australie c’est plutôt dans des voitures/camions intelligents qu’il faudrait miser.

      • Chacun sa solution, du mini drone au drone porte container. Sur route, sur l’eau ou dans l’air. Electrique, au kérozen ou au thorium pour faire plaisir à h16.

        Tant que c’est rentable et pas financé par nos impôts …

        • Pour avoir un certain nombre d’amis dans nucléaire, les perspectives sur le thorium ne semblent pas spécialement briantes. Ce qui brille c’est le financement étatique et le dirigisme. Manifestement dans ce domaine personne ne connait les couts de production. Nicolas Doze disait dans une de ses chroniques que les couts de revient d’EDF sont le secret le mieux gardé de France.

      • Peut-être qu’en Australie, c’est difficile, :-), mais pendant des millénaires on a misé sur des conducteurs intelligents. L’avantage évident, c’est sa capacité à réagir de manière raisonnable aux imprévus, l’avantage moins évident, c’est que ce sont des personnes qui si on les « libérait » de cette activité n’en trouveraient pas d’autre plus utile à la société ou à elles-mêmes, et qui, on l’a peut-être oublié en France où le boulot est considéré comme un esclavage, en général apprécient leur profession. Le drone coursier, à mon avis, n’a qu’un marché très limité. Le cas du médicament oublié me paraît tiré par les cheveux : si la pharmacie est mal gérée, ça n’est pas la disponibilité d’un drone qui va améliorer les choses…

        • Les métros se conduisent déja tout seul. Mais je suis d’accord avec vous pour le transport des passagers, même si le conducteur n’est la que pour appuyer sur un bouton rouge au cas où (Réduire les personnes à ce genre de boulot est en outre dévalorisant et ridicule).

          Pour le transport des marchandises c’est différent. Le conteneur a été inventé pour réduire les besoins de manutention et a donc en théorie mis des millions de docker au chomage. En réalité, on ne pourrait pas effectuer tous les transports commerciaux aujourd’hui sans conteneurs. Par ailleurs, le transport routier est dangereux et conduit à l’exploitation et le harrassement des chauffeurs (de plus en plus recrutés dans les pays à bas salaires).

          Mais je vois mal des millions de drones circuler au dessus de nos têtes en France …

  • « Car, n’importe quel connard voudra son drone, tout comme à la St Sylvestre n’importe quel connard veut son feu d’artifice.

    Tout comme n’importe quel connard a malheureusement un ordinateur… Il faut en revenir au bon vieux ancien régime, où une ultra minorité « naissait »divin et avait des privilèges.

    Et bien moi, à la St Sylvestre, je préfère fin de révolution orbitale de notre planète autour de son astre. Et je trouve super cool de faire exploser de la poudre partout dans le monde, c’est joli et si en plus ça peut faire chier les écolos…

  • Les commentaires sont fermés.

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