Obamacare : les mensonges de l’administration Obama en pleine lumière

Barack Obama (Crédits James O Malley, licence Creative Commons)

Obama promettait que les coûts des assurances santé baisseraient et que nul ne perdrait son contrat existant. Deux gros mensonges qui se sont cognés au mur de la réalité.

Par Matt Welch.
Un article de Reason.

En 2009, accuser le Président Barack Obama de mensonge sur le Patient Protection and Affordable Care Act (loi sur la protection des malades et les soins abordables, plus connu sous le nom d’Obamacare), c’était prêcher dans le désert. En décembre de cette année-là, lorsque j’affirmais que le président savait que les projections du Congressional Budget Office sur le projet de loi phare du président Obama étaient erronées, le blogger/reporter spécialiste des libertés civiles Glenn Greenwald, disait que j’étais « malhonnête de façon flagrante ».

En novembre 2012, plus de deux ans après que l’administration ait promulgué les règlements infantilisants de ses lois de santé, en ridiculisant la promesse réitérée du président selon laquelle « si vous appréciez votre assurance santé, vous pourrez la garder », une grande partie des commentateurs de gauche parlaient de la course entre Barack Obama et le Républicain Mitt Romney comme d’un référendum sur l’honnêteté politique. Le seul moyen pour la vérité de vaincre, disaient-ils, était de voter pour les démocrates.

« Nous allons savoir si un candidat ‘post-vérité’ peut être élu président », prévenait Greg Sargent, du blog « Plum Line » du Washington Post, juste avant l’élection. « S’il y a une constante dans cette campagne, c’est que Romney a étonné beaucoup d’observateurs en présupposant qu’il n’y a absolument aucune limite à suivre quant à la véracité de ses assertions ».

Un an plus tard, alors que la presse mainstream se remplissait petit à petit de compte-rendus du déploiement brutal et inepte de l’Obamacare, et de promesses spectaculairement brisées, les diseurs de vérité comme Sargent, autrefois conquérants, se sont retrouvés dans la position surprenante et cocasse de minimiser la duplicité du président. « La Maison Blanche aurait pu être plus claire en jetant les bases de cette controverse politique : ce n’était pas suffisant de dire que ceux qui appréciaient leurs plans pourraient le garder, ce qui n’est, au sens propre, pas vrai », écrivait Sargent. Puis il s’est retourné contre les coupables réels, en déclarant que « l’indignation du GOP au sujet des Américains qui seraient en train de ‘perdre’ leur couverture est, au sens large, toujours liée à la même vieille erreur. C’est un sous-ensemble du refus plus large des républicains d’avoir un véritable débat autour des compromis de la loi, tout en reconnaissant sérieusement les bénéfices de la loi pour des millions d’Américains. »

Un tel euphémisme dans les excuses, puis un changement de sujet, était commun en octobre et en novembre, quand les lettres d’annulation des assureurs étaient postées par centaines de milliers. L’éditorialiste du New York Times David Firestone, dans un article au titre méprisant : « La gronde des ‘annulations’ d’assurance », parlait du mensonge d’Obama comme « la malheureuse affirmation générale du Président Obama. » Le comité de rédaction du journal déclarait qu’Obama s’était « clairement mal exprimé », puis affirmait que les contrats annulés « ne valaient pas la peine d’être gardés ». Le chef de la minorité à la Chambre des Représentants, Steny Hoyer (démocrate – Maryland), a dit aux journalistes : « Je ne pense pas que le message était mauvais. Je pense qu’il était exact. Il n’était pas assez précis. »

Le 30 octobre, le président lui-même a essayé de faire porter l’erreur sur « les brebis galeuses de l’assurance » et suggéré que les annulations de ce que son administration appelait les contrats « poubelle » touchaient « moins de 5% des Américains ». Le jour précédent, le proche conseiller du président Valerie Jarrett twittait : « FAIT : Rien dans l’#Obamacare ne sort les gens de leur assurance santé. Aucune modification n’est requise à moins que les assureurs ne changent leurs polices existantes. »

Le 4 novembre, deux jours après que The Wall Street Journal ait publié un compte-rendu dévastateur sur les débats des conseillers de la Maison Blanche concernant la manière d’atténuer les affirmations irréfutables d’Obama, qui disaient possible de conserver son assurance santé et son médecin, le président cherchait à se débarrasser de l’hameçon en réécrivant ses propres discours : « Maintenant, si vous aviez l’une de ces polices avant que la loi sur les soins abordables ne soit promulguée, et que vous l’appréciez vraiment, ce que nous avons dit est que vous pourriez le garder si il n’a pas changé depuis que la loi est passée. » Les italiques sont de moi, pour faire ressortir le mensonge sur le mensonge.

imgscan contrepoints 2013-2528À ce moment-là, même ceux qui défendaient le président classaient la duplicité d’Obama au mieux comme « un ‘mensonge honorable’ au sens platonicien du terme, » selon l’expression de Brian Beutler dans Salon le 7 novembre. Mais même aussi tardivement, « les vrais menteurs qui mentent » (comme Beutler l’a écrit) étaient bien sûr de l’autre côté : « Les mensonges honorables ont de nombreuses manières défini le débat autour de la loi sur les soins abordables, mais la grande majorité de ces mensonges sont ceux que les conservateurs ont raconté dans l’objectif raté de faire échouer la réforme. »

Toute cette escroquerie est devenue caduque le soir du 7 novembre, quand le président s’est excusé cahin-caha d’avoir trompé le pays. Le journaliste de NBC Chuck Todd a demandé à Obama « Pensez-vous que vous devez des excuses à ces gens pour les avoir trompés ? » Le président, avec beaucoup d’hésitations, et se perdant dans les ellipses, a dit ceci : « Je regrette vraiment beaucoup que… nous n’ayons pas été aussi clairs qu’il était nécessaire en ce qui concerne les changements qui se mettaient en route… Même si c’est une petite proportion de gens qui peuvent être désavantagés, vous savez, ça veut dire beaucoup pour eux. Et ça les effraie. Et je suis désolé que, vous savez, ils se trouvent dans cette situation, sur la foi de mes garanties. »

Comme Peter Suderman, de Reason, le montrait à l’époque, l’excuse elle-même n’était pas techniquement vraie. « Ce n’est pas que les gens ’se trouvent dans cette situation’, la situation d’avoir des polices d’assurances qu’ils appréciaient annulées à cause des ‘garanties’ d’Obama », a-t-il écrit sur reason.com. « Ils se trouvent dans cette situation à cause de la législation que son parti a forgée, des règles que son administration a établies, et d’une loi qu’il a défendue avec énergie puis signée. Ses garanties ont trompé les gens sur ce qu’il adviendrait avec cette loi, mais n’ont pas causé la fin de ces contrats d’assurance. »

Les projections de millions d’annulations éventuelles auxquelles les Américains feront bientôt face ne sont pas une conséquence bizarre et inattendue de l’ObamaCare. Elles sont fondamentales pour le fonctionnement de la loi telle qu’elle est. La loi sur les soins abordables compte que les jeunes, auparavant non assurés, payent plus cher une couverture dont ils n’ont pas besoin, et que les adultes qui n’étaient pas assurés payent pour des maladies auxquelles ils ne seront jamais exposés, que ce soit la maternité pour les hommes ou les soins dentaires pédiatriques pour les grands-parents. C’est ce que l’on suppose pour permettre à plus de monde d’être couverts et pour garder les taux globaux dans la cible. Puisque faire des assurances santé plus chères n‘est pas vraiment populaire, Obama a menti, et pas seulement quand il a déclaré que vous pourriez garder votre contrat et votre médecin.

En fait, le président a promis au moins 15 fois pendant sa campagne de 2008 que sa réforme de la santé réduirait les primes d’en moyenne 2500$ par famille. En mai 2009, il a dit que la loi « aboutira à deux mille milliards de dollars d’économie », menant à « des primes plus faibles ». Le site de la Maison Blanche, en novembre 2009, avait des titres comme : « Une analyse objective montre que la réforme aidera les petites entreprises, fera baisser les primes pour les familles américaines », et « le CBO confirme que les familles gagneront de l’argent avec la réforme de la santé ».

Comme Suderman l’écrivait en juin 2013, on ne pouvait pas « ne pas comprendre le message que la Maison Blanche d’Obama vendait à qui voulait l’entendre : les primes diminueraient, les bénéfices augmenteraient, et si les primes finissaient par monter, ce serait seulement le résultat de choix individuels pour une couverture plus large. » Plus encore, « c’est le débat auquel assistait même cette portion congrue des Américains qui suivent les experts bancals : pas celui des compromis, mais celui des conséquences principalement positives de l’ObamaCare sur les primes, et de la modération des éventuels effets négatifs ».

Pendant des années, les commentateurs de gauche ont accusé les conservateurs de vivre dans une « bulle » intellectuelle de leur création, imperméable à la réalité. Mais à travers leurs intentions officielles, et leur paresse intellectuelle, les démocrates ont créé une bulle de déception autour de l’ObamaCare, qui affectera des millions d’Américains dans les années à venir. Un mensonge aussi ignoble devrait ternir la crédibilité de tous ceux qui l’ont répandu.


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