Pour le libre échange, sortons de l’UE

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Pour le libre échange, sortons de l’UE

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 26 décembre 2013
- A +

Par Daniel Hannan, depuis Oxford, Royaume Uni.

Henna
La croissance est partout, sauf en Europe.

Trois faits pour vous aider à comprendre que nous nous porterions mieux en dehors de l’Union européenne. En premier lieu, les négociations commerciales entre l’Inde et l’UE ont calé et personne n’espère un accord dans un avenir proche. En second lieu, les négociations entre l’Inde et l’AELE1 se poursuivent merveilleusement bien et un accord de libre-échange devrait voir le jour au début de l’année prochaine. En troisième lieu, l’économie indienne a connu une croissance de 5,4% en 2012, alors même que celle de l’UE s’était contractée de 0,3%.

Posez-vous donc la question. Quelle direction conviendrait le mieux à la Grande-Bretagne ? Devrions-nous rester coincés derrière la barrière douanière de l’UE qui nous oblige à assumer une position protectionniste parce que l’industrie textile du sud de l’Europe craint la compétition avec l’Inde ? Ou devrions-nous, à l’instar des pays de l’AELE, commercer autant que possible avec ce géant en pleine croissance ?

Peu d’États sont aussi bien positionnés que la Grande-Bretagne pour bénéficier d’un commerce sans entrave avec l’Inde. La langue anglaise est la langue des affaires dans les deux pays mais ce n’est pas tout. Ce sont surtout nos systèmes de droit commun2 qui permettent des similitudes dans les pratiques comptables, les mécanismes de médiation et, de fait, dans les codes non écrits qui régissent tous les corps de métier. Environ 1,5 million de britanniques sont d’ascendance indienne et l’Inde est le quatrième investisseur étranger dans les entreprises britanniques : Jaguar, Land Rover et Tetley comptent parmi les marques les plus connues ayant attiré les acheteurs indiens.

imgscan contrepoints 2013-2518 libre échangeCependant, je suis navré de devoir le dire une nouvelle fois, mais on ne peut le répéter trop souvent, nous ne pouvons conclure d’accord de libre-échange avec l’Inde. Ou avec qui que ce soit d’autre. Nous avons renoncé à ce pouvoir au profit de Bruxelles le 1er janvier 1973, jour où nous avons rejoint ce qui est maintenant l’Union européenne. Nous avons acheté le libre échange avec l’Europe au détriment du libre échange avec le reste du monde. Dans la mesure où le monde entier est actuellement en croissance, sauf l’Europe, j’ai envie de dire que c’est une position désastreuse pour nous.

Je comprendrais bien l’attrait de cette union douanière si la majorité de nos échanges intervenait avec les autres membres. Si nous étions, disons, belges, je soutiendrais très certainement l’accord actuel. Cependant, la Grande-Bretagne, cas unique parmi les 28 membres de l’UE, exporte davantage en-dehors du marché commun qu’en son sein. Nous serions sans nul doute de nature à bénéficier d’un accord du type de celui de la Suisse, qui est essentiellement un accord d’échange, laissant la possibilité d’aller voir ailleurs si l’UE devient inutilement protectionniste. Généralement, dans les faits, lorsque l’UE conclut un accord commercial avec un pays tiers, les pays de l’AELE en signent un en parallèle. En revanche, lorsque ce n’est pas le cas, comme par exemple avec la Chine, la Suisse et les autres membres de l’AELE vont de l’avant de leur côté,

Rien n’est jamais parfait mais les Suisses ne doutent certainement pas que leur arrangement leur convienne mieux que celui des membres de plein droit : l’opposition à l’adhésion reste ferme autour de 80% et ceci, bien que les exportations suisses soient dirigées vers l’UE à 62% alors que ce chiffre n’est que de 46% en Grande Bretagne et en baisse constante. Ouvrez les yeux mes amis. Le monde est beau et vaste par-delà des océans.


Sur le web.
Traduction : Joëlle Kamel pour Contrepoints.

  1. NdT : L’association européenne de libre échange est née le 4 janvier 1960 avec le but de renforcer les relations commerciales entre l’Espace économique européen et les autres États européens non membres mais aussi de créer de nouvelles zones de libre-échange. Alors que la construction européenne s’est basée sur une union douanière et la mise en place d’institutions supra-nationales, l’AELE s’est toujours limitée à la mise en place d’une zone de libre-échange. Initialement composée de sept membres, Royaume-Uni, Danemark, Norvège, Suisse, Portugal, Autriche et Suède, elle a aussi compté avec l’Islande, la Finlande et le Liechtenstein. Elle est aujourd’hui limitée à l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse.
  2. NdT : Droit commun = common law. Il s’agit du système juridique d’origine anglaise essentiellement bâti sur la jurisprudence, par opposition au système d’origine romaine bâti sur la codification.
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  • L’UE fait tout pour élargir la notion de libre-échange, mais elle traîne avec elle des pays aussi crétins que la France, férue de protectionnisme.

    Protéger la savate basquaise semble plus important que de jouir en plein de la mondialisation.

    On comprend que les anglais ne souhaitent pas se faire perpétuellement tirer vers le bas.

  • Un peu de libre échange dans ce monde de brute!(+1)

  • Si les Anglais pouvait attendre que j’ai émigré avant de quitter l’UE, je leur en saurais gré ;).

  • Je le sais , je ne fais que me répéter encore ! Ce n’est pas être contre l’Europe que ne rien attendre de l’Europe « de Bruxelles » C’est , simplement un retour ( préconisé par beaucoup , et de plus en plus nombreux , notamment par des économistes sérieux en France et à l’étranger ) à une situation antérieure , avant des traités mortifères – contre lesquels j’ai toujours voté –et pas tout seul —d’abord faute comprendre leurs textes déjà abscons , par conviction ensuite , mais que nos seuls élus —au moins le plupart d’entre eux — considéraient , comme valables même sans les lire ou essayer de les comprendre eux ,, en faisant au besoin « revoter » les électeurs pour avoir une majorité de «  »oui » nécessaire ! Souvenons nous , car il n’y a que 14 ans environ pour la France ! ,Quitter cette Europe de Bruxelles ( et l’euro ) c’est vouloir y comprendre enfin quelque chose , retrouver notre liberté , et mettre fin aux « politiques  » pour la plupart des incapables , notamment en économie ( sauf de sauvegarder leurs avantages financiers personnels ) , se « défaussant  » sans cesse sur Bruxelles et aux médias tout puissants !! Ne suffit- il pas de constater la situation économique de la plupart des Etats qui la composent et le sauve qui peut général qui s’étale maintenant au grand jour ? Certes ,cette sortie concertée de cet euro là sera précédée probablement d’une dévaluation , du même ordre de grandeur en tout cas qu’ une inéluctable sortie finale « forcée » ; et l’euro deviendra une monnaie commune ,( et pas « unique » ) Quant à la coopération existante dans les faits , elle ne cessera pas , au contraire ! Certes, l’euro en changeant sa parité initiale , pourrait changer la donne , mais l’accord de tous les Etats composant l’Europe est un leurre , car chaque Etat voit d’abord ses intérêts

  • Bertrand de Kermel
    27 décembre 2013 at 8 h 28 min

    Désolé d’être un peu rabat joie, mais….. voici ce qu’on peut lire sur MONDIALISATION.CA du 17 décembre 2013. Aux Etats Unis, qui comptent 300 millions d’habitants, 48 millions (16%) sont tombés malades en 2012 en mangeant des aliments contaminés, et 3. 000 en sont mortes. En Europe, 500 millions d’habitants, 70.000 personnes (0,014%) sont tombées malades en mangeant des aliments contaminés, et 93 sont mortes. Les deux systèmes ne sont absolument pas comparables. C’est dire la difficulté à négocier rien que sur les échanges, pour que les citoyens européens ne soient pas les grands perdants.

    Quant au volet « investissements », une fois que les peuples auront compris dans quelle nasse les négociateurs les auront mis … je doute qu’ils laissent faire longtemps.

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