Le progrès est-il en panne ?

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Le progrès est-il en panne ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 21 décembre 2013
- A +

Par Alex Korbel

innovation

L’opinion à la mode en ce moment est que les économies occidentales seraient confrontées à une stagnation de long terme. Aux yeux de ceux qui défendent cette thèse, cet événement est dû au fait que l’innovation technologique serait interrompue.

L’argument principal est le suivant : les vraies innovations – les télécommunications, le moteur à combustion interne, la radio, la pénicilline, les antibiotiques, etc.  – ont déjà toutes été inventées.

De la charrette à la voiture

Internet et la téléphonie sans fil nous simplifient la vie mais les gains économiques qu’ils nous donnent ne seraient pas aussi grands que ceux perçus par la génération qui a vu la fin des coursiers à chevaux et leur remplacement par la voiture.

Les percées technologiques seraient ainsi devenues triviales ou graduelles, motivées par des consommateurs irrationnellement obsédés par les changements mineurs de fonctionnalités opérés d’un téléphone à l’autre.

Il y a sans doute une part de vérité dans tout cela mais cette thèse semble exagérée.

Les rendements sont décroissants dans la plupart des activités humaines mais la révolution numérique continue de transformer l’économie mondiale et ses percées majeures sont encore à venir : des voitures automatiques aux drones commerciaux, en passant par les traitements médicaux personnalisés grâce au génie génétique.

Le pessimisme économique a de fait une longue tradition, de Thomas Malthus à Alvin Hansen, ce dernier annonçant en 1938 dans son ouvrage Full Recovery or Stagnation? l’apparition d’une stagnation économique durable. Depuis, le produit intérieur brut américain a pourtant été multiplié par 13.

Sans compter que la révolution nanotechnologique est en marche et pourrait constituer une nouvelle révolution comparable aux trois autres : agricole, industrielle et numérique. Bref, le long terme semble assuré. À moyen terme en revanche, les choses semblent effectivement plus problématiques.

À moyen terme, bulles et croissance nulle ?

Car l’économie française semble bien être la victime d’un choc d’offre. Le scenario le plus probable pourrait être un retour à une croissance faible suscitée par le retour progressif du crédit à la consommation. La dette privée en augmentant pourrait alimenter une légère croissance.

Le résultat n’a pas de quoi faire envie. Car cette croissance nulle ou à peine positive sera couplée à l’apparition de bulles et à une consommation financée par des revenus gagés sur le futur.

Cela dit, il existe des moyens pour renouer avec une croissance durable. La baisse des dépenses publiques en points de PIB et une baisse des prélèvements obligatoires peut y conduire. Les entreprises basées sur des modèles économiques obsolètes seront finalement remplacées et le système bancaire sera amélioré.

La priorité du gouvernement actuel devrait donc être de libérer l’offre. Si les innovations technologiques pourront continuer à nous apporter une véritable croissance à terme, il serait bon d’agir dès maintenant pour en favoriser le potentiel et ne pas s’en servir d’excuse à l’inaction actuelle.


Article publié initialement sur 24hgold.com.

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  • Oui, ce qui fonde les croissances passées a été inventé, par définition. Par contre, quelle sera la prochaine rupture technologique du niveau de la machine à vapeur, de l’électricité, de l’automobile, de l’informatique ou de l’Internet ? Bien malin qui peut le dire aujourd’hui, ces ruptures étant par nature imprévisibles.
    Dans ce cadre un gouvernement responsable n’est clairement pas celui qui essaie d’imaginer le pays dans 20 ans, on a des auteurs de science fiction pour ça. Un gouvernement responsable, c’est celui qui donne au pays la possibilité d’accueillir cette future rupture technologique. Malheureusement, nous n’avons pas en France un tel gouvernement…

    • Même sans rupture technologique, le gouvernement protège et entretient les acteurs établis par des règles et normes, si bien que la recherche et l’établissement d’une position monopolistique auprès des régulateurs devient plus rentable que la recherche d’optimisations techniques. Ajoutons le protectionnisme qui en visant l’étranger atteint tout ce qui n’est pas déjà existant en autochtone, la conformité aux normes basées sur l’existant, le principe de précaution, les autorisations de mise sur le marché pour tout ce qui touchera de près ou de loin à un produit d’alimentation, la protection des emplois menacés par l’innovation, etc., etc., etc.

    • AlainCo (@alain_co)
      22 décembre 2013 at 0 h 09 min

      la prochaine révolution est connue et pas dans les journaux (sauf qq magazines ou des gens trop bien informés se sont fait taper sur les doigts, comme Mark Gibbs ou Matt Lewans).

      Une autre est a l’étude en chine (Chinese School of Astronautics… lisez IAC2013 et creusez). Je suis pas certain, mais sur on doit le vérifier.

      la révolusion sera la plus grosse depuis la vapeur, voir plus grosse encore, genre le feu.
      Rien de révplutionaire quand a son usage, sauf qu’elle n’a pas les inconvénients des solutions actuelles.

      il va falloir enterrer les livres néomalthusiens et autres dépressifs.

      je suis effectivement certain que l’on tentera de défendre les rentes, mais vu les gains a venir ce sera aussi dur que d’empêcher des adolescent de rentrer dans un camp naturiste

  • « Aux yeux de ceux qui défendent cette thèse … »

    N’est-ce pas plutôt le bon sens qui est en panne …

    Quand vous êtes en train de vous noyer, vous faites des thèses sur la poussée d’Archimède, vous supposez que la densité de l’eau a changé, vous essayez d’inventer un nouveau style de nage ?

    Il est vrai qu’il y a ceux qui se noient et ceux qui réfléchissent en les regardant, tout en sirotant leur apéro sur le pont en teck de leur yatch.

  • L’occident vivait juste dans une bulle. La divergence entre pays développé et les autre étaient trop grandes. Ceux-ci en rattrapant leurs retards vont créer une croissance substantiel, sans besoin de « révolution ». La question est quel pays sera assez compétitif pour en profiter? On voit bien que les parts relatives de la France diminue en Afrique ce qui annonce la couleur.
    Croire en des révolutions est vraiment du fétichisme d’historiens ratés. Ce qui a compté c’est les petits gains de productivités gagné jours après jours et non pas les extra terrestre nous faisant part de leur science. D’ailleurs toutes les machines citées aurait pu exister avant si l’innovation n’avait pas temps été bridée. Les pays avancés doivent augmenter le rythme de leurs gains de productivité en reprenant à la base l’INDIVIDU.
    Des gens qui ne connaissent rien aux sciences divaguent sur leurs avenir et s’en est consternant. Les maths gardent des trésors d’innovations à venir, ils suffit juste de s’y intéresser. Le dernier exemple en date, la formule de Bayes parfois appelé formule « universelle » tant son usage est répandu dans tous les domaines. Des tas d’autre avancés sont à attendre des autre sciences. Le savoir est sans limite

    • Bayes est mort en 1761.

      Mais il y a un point sur lequel vous avez raison, c’est la différence entre les pays peu développés, où les gens innovent sans se poser de questions, et les pays développés où les gens se posent des tas de questions sans innover.

      • Je suis pas sur que l’on se soit compris je parle bien de la formule de « Bayes » pas de Bayes lui-même. C’est en gros LA formule pour construire des modélisations de tous genres.
        Pour la petite histoire il y a deux familles chez les probabilistes l’école statisticienne et l’école formel(merci l’ENS!). Evidemment la formule de Bayes est issu de la première qui est l’objet d’une relecture assez intense ces dernières années. Tapez n’importe quel domaine scientifique dans google plus Bayes et vous verrez!

        De toutes les idéologies blizzard visant à appauvrir les gens, l’histoire de la fin de la croissance et du progrès est vraiment la plus méprisable. Au début il y avait des écolos qui SOUHAITAIENT la fin de la croissance aujourd’hui on veux nous l’imposer en lavant le cerveaux des masses. Il n’y a aucune preuve de ralentissement du progrès. Ce qui ralenti c’est la croissance. Son principal frein c’est l’ETAT et tous ceux qui ce cachent derrière le lui.

        • Je préférais les deux siècles où les gens faisaient du bayésien sans s’en réclamer aux deux dernières décennies où ils le mettent à toutes les sauces pour bien souvent masquer une certaine incapacité à formaliser les problèmes et à les résoudre sous forme abstraite.
          Je fais beaucoup de bayésien, mais je n’aime pas ça, j’y vois justement une espèce de recette de cuisine consensuelle, de dilution des responsabilités, de détournement de l’approche stochastique. C’est quand même une sorte de triomphe de l’empirisme et de l’approximation dans beaucoup de ses utilisations. Je ne trouve pas que ça favorise les choix raisonnés individuels, trop de gens s’en servent comme d’une bonne excuse pour ne pas se livrer aux vérifications indispensables.

          • Alors je suis parfaitement d’accord avec vous. L’abus de modèle asphyxie beaucoup de domaine en science. Et si on vois de plus en plus d’étude contestées (et contestables) c’est aussi « à cause » de cette formule, et l’attrait de modèles simplificateurs par rapport à des théories plus dur à démontrer. Si il n’y avait pas aujourd’hui une tel politisation de la science se serait un peu plus facile. Parce qu’aujourd’hui avec un modèle bien « calibré » et trois rats on fait du Séralini. Ce qui nous ramène aux pays émergents. La bas on fait de la science pour augmenter son niveau de vie point final. C’est aussi pour ça que M-Pesa c’est au Kenya et pas en France. Et aujourd’hui c’est plus d’un Kényan sur trois qui utilise ce service. D’un coté on a un état défaillant de l’autre on a un état omniprésent. Les comptes sont vites fait.

            • Exactement. J’ai aussi via Kiva quelques filleuls Zoona en Zambie. Chez nous, ce serait considéré comme de l’évasion des contrôles…

  • Les prévisions, prédictions, projections à moyen ou long termes sont toujours fausses. C’est encore pire quand elles sont influencées par une idéologie.

    La raison principale qui fausse ces prévisions est qu’elles sont réalisées avec un minimum de paramètres pris en considération. Les autres paramètres sont supposés constants, ce qui fait l’échec des prévisions. D’autant que la modification des conditions pousse 7 milliards d’individus à modifier ces paramètres supposés constants.

    La nature et donc la nature humaine fonctionne par tests et rejets successifs. C’est une des bases du libéralisme et c’est à l’opposé des volontés politiques et encore plus des idéologies. C’est pourquoi les politiques doivent agir en se basant sur des faits avérés et des méthodes qui on fait leurs preuves, et surtout laisser tomber ce qui ne fonctionne pas (Mais pas parceque un idéologue prétend que ça ne peut pas fonctionner ou durer).
    Ceux qui les mettent au pouvoir doivent se méfier des idéologues comme de la peste. En particulier de ceux qui prétendent connaître l’avenir et avoir inventé des solutions miracle.

  • « Cette thèse semble exagérée » : cette thèse procède avant tout de la volonté de travestir la réalité. Elle sert en effet d’excuse au socialisme, influençant les pays occidentaux à divers degrés, pour ne pas admettre que cette idéologie est la cause principale de nos maux.

    Idéologie de la soumission, le socialisme est incompatible avec l’innovation. En revanche, le socialisme provoque volontairement des pénuries dans la plupart des secteurs économiques qu’il étreint (éducation, santé, retraites, énergie, logement, transport, culture…)

    Ainsi, la « pénurie d’innovation » que nous connaîtrons si rien ne change est une conséquence directe de l’application aveugle et obstinée du socialisme. En la matière, parce qu’elle est davantage sous l’influence du socialisme que les autres pays occidentaux, la France est en première ligne et les victimes du socialisme y sont et seront plus nombreuses qu’ailleurs.

    Le socialisme est incompatible avec la civilisation humaine et il conviendra tôt ou tard de l’interdire.

    • Le problème du socialisme ce n’est pas l’innovation mais bien l’allocation de resources au juste prix. Les russes on envoyé un homme dans l’espace les premiers. Ils y a eu de très grands auteurs et savant russes sous le communisme.

      • Oui, l’URSS existerait encore qu’elle aurait inventé le coeur artificiel avant la France.

        • D’ailleurs le coeur est Français, mais l’ingénierie norvégienne 😉

          • La question à ce poser c’est: est-ce que la France va devenir exportateur net de cerveau comme la Russie? Et ainsi aller créer le premier cerveau artificiel en Chine?

            • On exporte des cerveaux, mais là c’est un coeur, et j’imagine que les grands gagnants seront les Norvégiens, bien pragmatiques et efficaces sur leur recherche d’excellence, eux.

  • Le prochain saut salutaire pour l’Europe et pour l’Occident devrait être dans l’innovation organisationnelle qui s’associe aux technologies de pointe AUTANT QUE dans les organisations traditionnelles (celles publiques en premier lieu). Son corollaire étant un nécessaire sursaut de nos mentalités rouillées.
    Quel défi à surmonter ! Certains l’ont compris, les anglo-saxons en premier ; les latins ont encore beaucoup de chemin à parcourir … pas celui de Compostelle !

  • Les commentaires sont fermés.

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