Pas de réduction de la fuite des talents sans baisse de la fiscalité

La fuite des talents explose, comme la nervosité des politiques sur l’exit tax le rappelle. Mais elle ne se réduira que si la fiscalité baisse et non monte.

Par Xavier Fontanet.

Exil fiscalLa fébrilité des députés à durcir l’« exit tax » est le signe que l’exil des talents s’accélère. Il y a six semaines, on apprenait qu’il y avait eu en 2011 35 000 départs, en croissance de 65 % par rapport à 2010. En discutant avec les commerçants, en observant les camions de déménagement belges dans nos rues, on se doute que le mouvement s’amplifie.

On sait que le nombre de Français a explosé en Angleterre et à Singapour, on découvre des hypothèses folles sur 2012 et 2013 dans certains journaux ; Bercy doit donner les estimations 2013 pour couper court aux rumeurs et parce que le Parlement ne peut pas travailler sans disposer des bons chiffres. Fait nouveau, le départ de jeunes diplômés à la recherche d’un meilleur environnement pour entreprendre ; ils seraient 25.000. On a beau dire que ça a toujours existé, cette perte de capital humain et financier est terrifiante : chaque diplômé d’études supérieures ayant reçu du pays (frais de santé compris) une somme tournant autour de 200.000 euros depuis sa naissance, ce sont, à ce rythme, 5 milliards d’euros qui s’envolent sur une année.

Pensons aussi aux vieux qui partent à cause de l’ISF, qui a trente ans aujourd’hui ; les flux annuels avant 2011 tournaient autour de 750 foyers par an, à 12 millions par foyer, ce sont 10 milliards par an dont les propriétaires quittent la France, 300 milliards sur trente ans ! Fourchette basse quand on sait, « Le Temps » l’a révélé, qu’un seul canton suisse abrite plus de 50 milliards de fortune originellement française. Grave responsabilité d’avoir créé une situation fiscale poussant ces Français disposant de moyens, formés et entreprenants, à partir à un moment où on a tant besoin d’eux. C’est de l’intérêt général du pays d’avoir les vrais chiffres sur l’exil. Il faut cerner l’ampleur des dégâts et trouver un moyen plus efficace pour les réparer que de durcir l’ « exit tax »… comme remettre notre fiscalité dans la moyenne européenne ?

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