Pas de réduction de la fuite des talents sans baisse de la fiscalité

La fuite des talents explose, comme la nervosité des politiques sur l’exit tax le rappelle. Mais elle ne se réduira que si la fiscalité baisse et non monte.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Pas de réduction de la fuite des talents sans baisse de la fiscalité

Publié le 14 décembre 2013
- A +

Par Xavier Fontanet.

Exil fiscalLa fébrilité des députés à durcir l’exit tax est le signe que l’exil des talents s’accélère. Il y a six semaines, on apprenait qu’il y avait eu en 2011 35 000 départs, en croissance de 65% par rapport à 2010. En discutant avec les commerçants, en observant les camions de déménagement belges dans nos rues, on se doute que le mouvement s’amplifie.

On sait que le nombre de Français a explosé en Angleterre et à Singapour, on découvre des hypothèses folles sur 2012 et 2013 dans certains journaux ; Bercy doit donner les estimations 2013 pour couper court aux rumeurs et parce que le Parlement ne peut pas travailler sans disposer des bons chiffres. Fait nouveau, le départ de jeunes diplômés à la recherche d’un meilleur environnement pour entreprendre ; ils seraient 25 000. On a beau dire que ça a toujours existé, cette perte de capital humain et financier est terrifiante : chaque diplômé d’études supérieures ayant reçu du pays (frais de santé compris) une somme tournant autour de 200 000 euros depuis sa naissance, ce sont, à ce rythme, 5 milliards d’euros qui s’envolent sur une année.

Pensons aussi aux vieux qui partent à cause de l’ISF, qui a trente ans aujourd’hui ; les flux annuels avant 2011 tournaient autour de 750 foyers par an, à 12 millions par foyer, ce sont 10 milliards par an dont les propriétaires quittent la France, 300 milliards sur trente ans ! Fourchette basse quand on sait, Le Temps l’a révélé, qu’un seul canton suisse abrite plus de 50 milliards de fortune originellement française. Grave responsabilité d’avoir créé une situation fiscale poussant ces Français disposant de moyens, formés et entreprenants, à partir à un moment où on a tant besoin d’eux. C’est de l’intérêt général du pays d’avoir les vrais chiffres sur l’exil. Il faut cerner l’ampleur des dégâts et trouver un moyen plus efficace pour les réparer que de durcir l’exit tax… comme remettre notre fiscalité dans la moyenne européenne ?

Lire aussi :

Sur le web

Voir les commentaires (19)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (19)
  • Nous n’aurons pas les « vrais » chiffres de l’exil, car ils sont indicibles.

    Nous aurons comme d’habitude des chiffres tronqués, des vrais faux chiffres, des demi vérités et des mensonges partiels.

    Soulignons, à la décharge des clowns de Bercy, qu’il n’y a pas un formulaire spécifique que chaque français qui émigre devrait remplir, formulaire qu’il serait ensuite facile de compiler (mensurations, destination finale, couleur du slip, patrimoine etc.)

    Donc le flou. Mais un flou qui… est bien entendu entretenu. Le gang étatique NE VEUT PAS éclaircir le dossier en compilant des données, même incomplètes.

    Mais peu importe. On se fiche de ce que peuvent dire Moscouvici et ses complices. On se fiche de ce que les « députés » pensent ou pas.

    -l’expatriation est une arme redoutable contre la mafia

    -il faut tout faire pour la promouvoir

    -l’exit tax est juste grotesque et inopérante… pour les jeunes qui partent

    -chaque jour qui passe et les insanités de Hollande, parviennent à convaincre d’autres contribuables ISF à partir (après des années de refus ou de tergiversations)

    Bref… le mouvement ne peut être stoppé.

    Et c’est tant mieux !

    Ne faites rien qui puisse le freiner Monsieur Fontanet !

    Car c’est bien ce mouvement -l’asphyxie financière des mafieux et des guignols qui prétendent nous gouverner– qui pourra in fine libérer toute la population française (dont certains à l »‘insu de leur plein gré »).

  • Dans mon entourage proche, effectivement de nombreux jeunes diplômes partent dans une proportion inédite. C’est le résultat d’un ressort triple, la mondialisation, la crise, et la compétence reconnue de nos jeunes élites (surtout des grandes écoles d’états ;-)).
    Est-ce un mal ? On aurait tendance à le penser si on cherche, par idéologie, à ignorer comment une nation s’incère dans la mondialisation.
    Trop longtemps la France a raisonné Franco-français commercialement parlant, désormais tout ces jeunes éparpillées dans les régions les plus dynamiques du monde vont mettre en place de façon naturelle des réseaux avec comme épicentre la France.

    Si les jeunes ne partaient pas ce serait dramatique pour l’avenir de la France ! ne l’oublions pas.

    • Naïf? La France n’est le centre de rien du tout, ceux qui partent ne veulent plus revenir. Ils fuient le pays, c’est pas pour en faire « l’épicentre de leur réseau ».

      Tu crois que s’ils sont de plus en plus nombreux, c’est pour faire de la France « l’épicentre de leur réseau »? Non. Ils partent, ne reviennent pas et n’ont plus aucun rapport avec la France.

      Je ne vois pas en quoi offrir sur un plateau nos compétences à d’autres et une super bonne nouvelle pour l’avenir de ce pays. Faut arrêter deux minutes de faire l’autruche.

      • Desproges54, Toujours à raisonner Franco-français ? Vous connaissez les réseaux des grandes écoles ? Comment voulez-vous avoir des réseaux si vous n’avez pas d’expatriés bien placés ?

        • Ah ! Les réseaux de connivence, la raison d’être de notre meilleure école, l’ENA ! Pourquoi leur avoir fait remplacer les réseaux de compétence qui avaient fait le succès de nos autres grandes écoles ?

          Bon, mais le problème n’est pas le départ de talents, il est que ceux-ci ne reviennent plus parce qu’en France, leur talent ne leur sert qu’à être désigné à la vindicte publique. La politique fiscale n’est pas le problème, ça n’est qu’un symptôme. Le problème, Monsieur Fontanet, il est que tous ceux qui bénéficieraient du retour des talents ont été convaincus à force d’envie et de jalousie qu’il n’en serait rien. Il est que les pillards qui sont en place, et ceux qui profitent de leurs subsides, n’ont aucun intérêt à ce que les talents reviennent. Et enfin, il est que la chute n’a pas encore été suffisante ni son lien à la haine des créateurs de richesse suffisamment établi pour qu’il ne vaille pas mieux attendre encore : sinon, on ramènera juste la fiscalité de l’insupportable à la limite du supportable, où elle demeurera pendant des décennies, on réduira de quelques pourcents l’exode des talents, et nos fats gouvernants continueront à chanter victoire.

  • Dans la moyenne européenne? Non merci, c’est la même bouse, ou à peine mieux. Qu’on ne s’aligne que sur le bon sens, et pas sur nos voisins pseudo vertueux.

    18 à 20% max d’imposition sur les entreprises et basta. Moi je suis intérimaire, et quand je vois que mon patron adorerait arrêter de se faire chier avec nous et nous employer définitivement mais ne peux pas parce que…. Bah pas les sous….. J’en ai marre. Sans parler de la survie toujours limite de l’entreprise, qui nous oblige à être en permanence à 200%. C’est comme ça. Les impots sont devenus tellement exorbitants que le chiffre d’affaire pour survivre est devenu tout aussi exorbitant, mais comme le temps lui, ne s’allonge pas, ça oblige a des cadences infernales. Et c’est pas les 39h qui nous aideraient….

    Supprimons l’ISF, la CSG a 3% pour les contribuables (+70€ par mois environ pour un smic, de quoi payer la mutuelle complémentaire), l’imposition des entreprises fixée à 20% maximum et vous verrez, ça repartira….

  • Constat réel et explicite . Dans la Famille 5 enfants tous diplomés Bac+5: Le premier qui avait un bon CDI en france …est parti au BRESIL , le second travaille en Belgique , le troisième récemment diplomé est en recherche d’emploi ….pour un départ a L’Etranger . Ma première nièce est établie et a crée son entreprise en Chine , la seconde après un premier Job a Londres travaille maintenant en Nouvelle-Zélande . Aucun ne veut revenir …dans un pays bloqué , taxé ou la réussite est montrée du doigt .

  • faire le parallèle entre Talent et ISF c’est très mauvais. On sait tous que Flanby paye de l’ISF, mais on risque pas de le voir partir et encore moins de nous montrer son talent, s’il en eut un.

  • Les créateurs de richesses, qu’ils soient bac +5 ou bac -5, il faudrait arrêter de se focaliser sur les études dites « supérieurs », partent pour ne plus être méprisés parce qu’ils pourraient réussir, l’impôt est la 2eme raison seulement.

    La mentalité française est tellement intoxiquée que même les non envieux/jaloux se font avoir par cette fixation sur les diplômes.
    Soutenons les métiers vraiment nobles comme cuisinier, pâtissier, orfêvre, ébéniste, menuisier, jardinier, designer, architectes, sommelier …. tous ces métiers qui demandent un grand sens créatif qui ravissent nos journées et qui sont bien plus représentatifs de la grandeur d’un pays que des légions de bac + 5.

    • JJP, Il n’est pas question de choix, il faut développer les deux alors que nous avons en France une longue tradition d’artisanat et d’ingénierie.

    • Oui, sauf qu’on parle toujours des mêmes.

    • N’oubliez pas que les cuisiniers, pâtissiers, boulangers…. foutent aussi le camp, montent leur entreprise et ne reviennent pas.
      Ce ne sont pas que les diplômés qui partent. Tous ceux qui ont un peu d’ambition, qui veulent vivre de leur travail sans être foutu à terre pas une une succession d’impôts, de taxes, de réglementations foutent le camp.
      Le problème aujourd’hui est que pour partir, le niveau d’ambition nécessaire pour franchir le pas baisse terriblement

  • Il n’y a aucun espoir.
    Et lorsque je lis aujourd’hui que Sarkozy veut revenir en appliquant une politique d’ouverture, il faut s’attendre au pire (d’autant plus que l’exit tax c’est lui qui l’a créée).
    Le seul qui nous sortira de là c’est le FMI et c’est dans une quinzaine d’années.
    D’ici là, ce sont une ou deux générations qui auront été sacrifiées.

    • Les enfants payent toujours les erreurs de leurs parents.
      La génération 68 a décidé de vivre aux dépends de tout le monde, vivement qu’elle disparaisse.

      • Il n’y a pas de génération 68 dont le comportement collectif puisse exonérer quelques individus au pouvoir, officiellement ou dans les corps intermédiaires comme on dit, de leur responsabilité personnelle.

      • J’ajouterais que quand je regarde la génération actuelle, je vois une minorité brillante qui se barre et une majorité particulièrement incapable de se prendre en charge, et aux dépens de qui elle pourra vivre, je me le demande bien…

      • Les profiteurs d’aujourd’hui seront les esclaves de demain.
        Je vois parfaitement qui va les mettre en esclavage.

  • encore faudrait-il prouver que cette « fuite » provient de trop d’impôt. or quand on interroge ceux qui partent on s’aperçoit que les motivations sont toutes autres :
    1. ça fait bien dans le CV d’être allé à l’étranger quelques années pour revenir en France
    2. difficuluté pour les jeunes diplômés de trouver des boulots à la hauteur de leur compétence
    3. un management plus « cool » à l’étranger, plus horizontal
    4. des possibilités de carrière meilleures.
    5; tout simplement des entreprises qui correspondent davantage à leur offre de travail.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Dans une tribune publiée dans le Financial Times, Janan Ganesh estime que les démocraties occidentales ont un grave problème de personnel. Ce ne sont pas les électeurs qui préfèrent des troisièmes couteaux aux véritables hommes d’État disponibles, mais une classe politique qui peine à recruter : « (d)es personnes aptes, de tendance libérale ou modérée, [qui] ne sont pas assez nombreuses à se lancer en politique ».

L’auteur de la tribune a en tête la succession de Boris Johnson en tant que Premier ministre du Royaume-Uni. Il est facile ... Poursuivre la lecture

0
Sauvegarder cet article

Par Pascal Salin et Philippe Lacoude.

Première partie de la série ici Seconde partie de la série ici Troisième partie de la série ici Quatrième partie de la série ici Cinquième partie de la série ici Sixième partie de la série ici Septième partie de la série ici Huitième partie de la série ici

Comme nous l’avons vu précédemment, les impôts directs sur le capital (tels l’IGF, l’ISF, l’IFI ou les droits de succession) ne pourraient avoir un impact positif sur la croissance économique à long terme que dans la mesure où l’usage qui ... Poursuivre la lecture

Par Jean-Philippe Delsol. Un article de l'Iref-Europe

Un second rapport du Comité d’évaluation des réformes de la fiscalité du capital a été publié ce 8 octobre pour poursuivre l’analyse des réformes engagées notamment au titre de la transformation de l’ISF en IFI et de l’instauration du Prélèvement forfaitaire unique et libératoire de 30 % -le PFU- sur les revenus du capital mobilier. Ce Comité conclut globalement, et avec prudence bien sûr, que trop d’impôt sur le capital peut aussi tuer le capital et coûter à l’État.

La baisse d... Poursuivre la lecture
Voir plus d'articles