Du village global au pillage global

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Au nom du partage de la richesse globale, les institutions étatiques et supranationales se sont arrogé un pouvoir qui nous mène tout droit au chaos. Du village global, nous sommes passés au pillage global.

Par Baptiste Créteur.

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Que ce soit au niveau national ou international, les décisions politiques aux plus forts enjeux ne sont pas prises par les citoyens. Quelques dirigeants décident, se réunissant parfois au préalable, de la politique monétaire, des faillites ou sauvetages, de la confiscation du patrimoine d’un pays entier sans que les citoyens aient leur moindre mot à dire.

Ils le font, parce qu’ils le peuvent ; ils disposent du pouvoir de décider ce que valent les biens et services produits par chacun. Ils n’ont certes pas le pouvoir de fixer directement les prix, car la valeur est subjective ; mais ils décident de la valeur de l’étalon : la monnaie.

Ainsi, en décidant de politiques accommodantes, par exemple avec le quantitative easing, les banques centrales prennent des décisions qui impactent la valeur de la monnaie à long terme. Malheureusement pour les habitants du village global, c’est la monnaie qu’ils utilisent au quotidien pour échanger, pour payer et se faire payer.

Le pillage global ne s’arrête pas à l’effritement délibéré de la valeur de la monnaie. Avec l’argent qu’ils prélèvent aux contribuables ou empruntent en leur nom, les gouvernements décident de sauver certaines entreprises, en faillite pour avoir pris trop de risques. Ces mêmes entreprises qui sont les principales bénéficiaires des politiques accommodantes, puisqu’elles peuvent grâce à elles emprunter à bas prix et investir sur des marchés décorrélés de l’économie ou prêter bien plus cher à cette même économie. Ils peuvent gagner beaucoup mais jamais perdre, puisqu’ils peuvent être sauvés par la puissance publique ; les profits sont privatisés, les pertes sont socialisées.

Inutile de chercher à s’échapper. Les États considèrent l’impôt comme un dû, même s’ils sont incapables de remplir leurs fonctions régaliennes et de garantir à leurs citoyens les droits qui constituent leur raison d’être ; et ils luttent de plus en plus contre toute tentative d’échapper à la spoliation de masse qu’ils organisent. Lorsque les prélèvements atteignent la moitié de la production, c’est la moitié de votre énergie que s’arrogent les administrations et les politiques ; et ils entendent bien maintenir leur joug sur la population.

Ce joug leur bénéficie en premier lieu. Les privilèges dont jouissent les fonctionnaires, mais surtout les hommes politiques, les rendent hostiles au changement, et ils poussent l’hypocrisie jusqu’à faire de la lutte contre la fraude fiscale une priorité alors qu’ils sont eux-mêmes exempts des obligations qu’ils imposent aux autres, exclus du principe d’égalité devant l’impôt. C’est vrai des représentants nationaux, c’est vrai des représentants supra-nationaux.

Et ce qui est vrai des impôts l’est du reste ; les membres du Congrès américains ont la garantie d’être exclus des mécanismes de surveillance généralisée des citoyens qu’ils mettent en place.

Concrètement, nous vivons dans un système où ceux qui font les lois ne les subissent pas et continuent à bénéficier de leur statut et de leurs privilèges longtemps après la fin de leurs mandats ; ils sont bien souvent recasés, d’ailleurs, dans diverses commissions, comités, ou instances quelconques accessibles sans passer par la case élections.

Cette petite classe de politiques et patrons voyous, qui pratiquent le capitalisme de copinage – c’est-à-dire qui acceptent les règles du jeu uniquement quand ils gagnent et sinon obtiennent qu’on les change en leur faveur – ne pourrait pas se maintenir en place bien longtemps s’ils n’étaient pas soutenus par une classe de journalistes peu consciencieux et d’artistes aussi prompts à déclarer vivre pour l’art et leur public qu’à quémander protections diverses et subventions pour assurer leur confort. Acquis à l’idéologie qui leur assure une place au soleil (car elle permet d’assurer des places au soleil), ils continuent de marteler les mêmes arguments du Bien : pour la paix dans le monde, contre les discriminations.

La politique est devenue le lieu des revendications et des déclarations de bonnes intentions, l’endroit où on condamne et interdit le Mal et où on essaie par tous les moyens de faire le Bien ; elle est conçue comme la solution à tous les problèmes, sur lesquels on peut légiférer, et la source de toutes les avancées, qu’on peut encourager ; il est, quoi qu’il en soit, considéré comme acquis que c’est à la politique de contrôler les citoyens et non l’inverse. Et grâce à elle, une élite politique, médiatique et économique se dégage et s’assure une rente sur le dos du reste de la population ; une élite qui n’a plus pour rôle de tirer la société vers le haut mais uniquement de s’assurer d’être au-dessus de la société.

Alors, que faire ?

Inutile de se précipiter sur un vote extrême quelconque ; un vote ne change rien, et les hommes politiques ne changent rien. Le système social-démocrate est impossible à réformer, même avec la meilleure volonté du monde. Et il n’y a pas de grand complot ; uniquement des individus qui, tous, poussent ou tirent dans la direction et le sens qui leur conviennent, certains faisant les règles et d’autres les subissant.

Le pouvoir corrompt ; le pouvoir absolu corrompt absolument. – Lord Acton

Partout où il est allé trop loin, ce système sera impossible à réformer. Et en bien des endroits, il est allé trop loin.

Apprenez-lui à pêcher, il mangera chaque jour à sa faim. Donnez-lui le poisson d’un autre, et il votera pour vous.

Il est allé trop loin dès lors qu’il a dépossédé l’individu de sa souveraineté sur lui-même. L’individu n’a pas le choix ; il doit reprendre sa souveraineté. Devenir libre n’est pas si difficile ; le rester est un combat de tous les instants.

Un combat pour qu’on ne parle plus jamais de « richesse nationale », car toute propriété est forcément la propriété de quelqu’un. Un combat pour que les inégalités soient, et soient comprises comme, le reflet de la capacité de chacun à produire et échanger avec les autres. Un combat pour qu’aucune violence ne puisse être légitime si elle est initiée à l’encontre d’autrui ou sa propriété. Un combat pour qu’il n’y ait plus ni maîtres ni esclaves, mais uniquement des hommes libres.

Pour devenir un homme libre, il faut être affranchi, mais personne ne vous affranchira. Personne ne peut vous affranchir à votre place. C’est à vous de vous affranchir.

Rejoignez les hommes libres. Rejoignez la lutte pour la liberté. Et quand nous l’aurons reprise, ne nous la laissons plus jamais prendre.