PISA 2012 : la France championne des inégalités scolaires

Publié Par Anne Coffinier, le dans École & éducation

Par Anne Coffinier.

L’étude PISA 2012 de l’OCDE nous dit deux choses : le système scolaire français continue à s’enfoncer et il est LE pays le plus inégalitaire de toute l’OCDE. Autrement dit le pays dans lequel la différence d’origine sociale compte le plus sur les résultats scolaires et dans lequel les différences de niveaux entre les meilleurs et les plus faibles sont les plus grandes. Malgré le discours égalitariste et l’hostilité bien française à l’égard des élites (dont la réforme du paiement des professeurs de classes préparatoires n’est que l’illustration la plus récente), la France réussit donc le tour de force d’être première au classement dès lors qu’il s’agit d’inégalités entre ses élèves.

Les résultats de la France plongent : elle perd 5 places au classement général, passant de la 13e à la 18e place sur 34 pays ; ses résultats en maths se dégradent et l’anxiété face à cette matière augmente quand, en parallèle, les inégalités se creusent dans toutes les matières, constate le Ministère de l’Éducation nationale sur son site internet. Les performances en français et culture scientifique restent, quant à elles, stables.

Bref, l’élite scolaire serait toujours aussi performante mais les mauvais élèves toujours plus perdus et le décrochage toujours plus inquiétant.

Le Ministère prétend que ce constat PISA « donne raison à la refondation de l’école », (sic, cf site internet du Ministère), mais on attend toujours le « choc PISA » en France. Trêve de laïus  sur l’exception française : il faut regarder la vérité en face. L’école publique est un accélérateur d’inégalités et d’injustices. Et ses premières victimes sont les populations les plus fragiles.

Complément de Contrepoints : comment sortir de l’ornière dans laquelle est actuellement le système éducatif français ? Quelques suggestions de lecture :


Sur le web

  1. Ce système scolaire est effectivement inégalitaire parce qu’il est par essence socialiste. Il faudrait d’urgence revoir le système de bourse et introduire la discipline dans de nombreux établissements. Ajoutons à cela qu’il faut prendre des mesures pour responsabiliser les parents. Tant qu’on donnera sans contrepartie des bourses à des élèves qui ne viennent même pas en cours, qui ne respectent pas les profs, aucun changement ne sera possible. On peut constater que le niveau d’expression écrite des élèves à décliner mais le plus alarmant est celui des élèves issus de l’immigration. On pourrait croire que la majorité d’entre eux n’ont pas fait leur scolarité en France. Le problème de la France c’est le déni de réalité . C’est la théorie qui doit faire plier le réel et non l’inverse pour cette classe politique incompétente , qui a décidé de s’en prendre au CPGE en réduisant le salaire des profs. On se croirait en pleine révolution culturelle maoïste !!!

    1. Vous avez raison sur le constat.
      En revanche, un peu moins quant au remède.

      Les mêmes cause produisant les mêmes effets, chaque fois qu’on essaiera de reporter les missions sur la caste des politiciens (irresponsables en puissance et par nature), chaque fois on aura les mêmes échecs.

      La seule solution est la responsabilité de son propre sort et le respect du droit individuel.

    2. attention, avec de tels propos vous allez avoir des problèmes

    3. C’est un peu dur comme façon de voir les choses, mais je suis généralement d’accord. Tout ça est aussi une histoire de mammouth

  2. avant , on sortait du cours préparatoire et l’on rentrait en CE1 en sachant lire , écrire et compter ; de nos jours , les élèves arrivent en 6em et ne connaissent rien de ce qui est quand même la base de l’entrée dans la vie ;reste à savoir si les jeunes sont idiots , ou si ce sont les profs qui ne connaissent pas leur boulot , ou les deux à la fois ; que va t’on faire de ces futures adultes dont certains d’ailleur ne veulent rien faire en classe et perturbent le bon déroulement des cours ?

    1. Les profs ne sont pas idiots, ils suivent simplement les référentiels du ministère, tout en prenant soin de ne pas froisser les sensibilités des élèves.

      La baisse de niveau est nécessaire pour :

      – éviter les échecs scolaires en masse
      – maintenir un taux de réussite élevé.

      il y a un moment où ce systeme explosera, quand des postulants au BAC en seront qu’aux tables de multiplications

      1. J’ai dit à un prof de math que le programme est de moins en moins intéressant, il m’a répondu (en substance, je n’ai pas pris de note) :

        « Tant qu’il n’y a pas d’inspecteur, on peut donner les définitions rigoureuses. »

        En présence d’un inspecteur pédagogique, évidemment, pas question de rigueur mathématique, on donne une explication intuitive de la limite, de la continuité (sans lever le stylo)…

    2. Vu le contexte, une correction s’impose « que va t’on faire » -> « que va-t-on faire » 😉

      L’école publique ne détruit pas que les savoirs, elle anéantit aussi la culture et l’esprit critique.
      Sa première mission est la déconstruction de notre civilisation, et elle s’en acquitte très bien.

      La solution: Le marché, bien sûr.
      J’ajoute que le problème de l’accès des pauvres à l’éducation est essentiellement un faux problème utilisé pour imposer l’égalitarisme borné et pervers dont nous constatons les ravages.
      En effet l’économie a besoin de talents, de tous les talents intellectuels comme manuels et d’où qu’ils viennent; mais elle n’a que faire des diplômes de fils-à-papa.
      Un marché de l’éducations serait en prise avec le reste de l’économie et fournirait la meilleure garantie que tous les talents soient reconnus, et un bien meilleur progrès social.

      Il faut écouter Thomas Sowell démolir les politiques égalitaristes de la gauche étatsunienne, face à un Liebermann incapable de comprendre que les règles bureaucratiques supposément favorables aux Noirs leur sont en fait défavorables – ce socialiste est tellement borné qu’il est incapable d’envisager qu’il n’y a pas tous les ans exactement x% de Noirs assez brillants pour intégrer Harvard (du reste rien ne dit que certaines années il n’y ait pas encore plus…)
      S’il y a bien un domaine où le socialisme est une calamité, c’est l’éducation…

  3. J’ai vécu dans un pays où les autochtones disaient que la réussite scolaire était un échec social. On peut imaginer à quel point nos deux sociétés divergeaient et continuent de diverger.
    La question que je me pose aujourd’hui est la suivante : n’y aurait-il pas au sein de la société française une ou des communautés qui considèrent également la réussite scolaire comme un échec social ? Cela expliquerait bon nombre de problèmes.

  4. Le problème est que l’éducationn nationale est une institution par les profs pour les profs. Les élèves sont un problème secondaire pour eux. Mais les véritables responsables sont les parents. Ce sont eux qui n’ont pas su mettre le hola par leur vote et leur pression constante sur cette corporation. Ce sont eux qui ont accepté que la nullité ne soit pas punie, en refusant de reconnaitre que le service d’education est une richesse et que lorsqu’on sort la richesse du marché, elle perd de sa valeur.

    1. Les parents sont occupés à gagnés leur croute. Les seuls parents actifs dans les conseils se sont des militants qui ont le temps, c’est à dire des … enseignants. Qui d’une part relaient le discours pédagogol, d’autre part profitent directement de la baisse du niveau des autres : ils ont le temps de donner des vrais cours à leurs gamins, qui trusteront les places dans les meilleures filières. La classe sociale la plus surreprésenté dans les meilleurs filières, c’est ainsi non pas celle des SCP+ (ingénieur, cadres sup) mais celles des enseignants. Étonnant, non ?

  5. Du classement il faut retirer Shanghai que l’on ne peut pas classer avec d’immenses entités comme la Fédération de Russie ou les Etats-Unis, ce qui nous fait remonter d’une place.
    http://world.time.com/2013/12/04/china-is-cheating-the-world-student-rankings-system/

    Satisfaction dérisoire quand on sait l’effectif rémunéré par le ministère de l’Education nationale au regard des résultats mesurés. Faillite du corporatisme professoral.

    1. Shanghai avec sa périphérie a 25 millions d’habitants. Il a donc plus sa place dans le classement que la Suisse, la Finlande, Hong Kong ou Singapour…

      1. Je ne conteste pas l’évaluation de Shanghaï mais que la Chine n’ait présenté aucune autre province comme l’ont fait tranquillement le Brésil et même le Royaume-Uni.
        Penser que les collégiens de la province n’ont pas été un peu sélectionnés est assurément naïf, connaissant les Chinois.
        Ceci dit, le rapport PISA-2012 de l’OCDE est une vraie mine à creuser si l’on s’intéresse à la question éducative ; très bien fait en plus :
        http://www.oecd.org/pisa/keyfindings/PISA-2012-results-overview-FR.pdf

  6. L’étude PISA est assez détaillée quant à ces inégalités en fonction du profil des enfants…
    mais attention il ne faut pas en parler…

    « L’intelligence n’existe pas. Ce n’est que de l’acquis, le produit d’une éducation, une somme d’influences que l’homme a reçu de la société et de son milieu familial » Ayn RAND.

    1. @l’ordure,
      « Lintelligence n’existe pas… », ce n’est pas Ayn Rand qui l’a dit, mais le professeur Ferris !
      L’ordure qui cite Ayn Rand, warfff, on aura tout vu.

      1. oui c’est extrait d’Atlas Shrugged, Ferris est un personnage de fiction, mais c’est quand meme Ayn RAND qui lui donne vie et écrit ses pensées au travers non ?

        je n’ai pas le droit de lire Ayn RAND ? pouvez vous développer maitre du savoir ?

        1. Ferris symbolise ce que Ayn Rand déteste. Ne dites pas que vous ne cherchez pas à tromper le lecteur…

  7. Chèque éducation ils connaissent?

  8. Simpliste, mais se verifie a chaque fois :

    1′) education nationale = majoritairement socialiste (les chiffres sont la)

    2′) socialisme = mensonge et incompetence (se verifie tous les jours en France)

    DONC : education nationale = mensonge et incompetence,…… CQFD.

  9. Père de 3 enfants en bas âge, j’ai choisi le privé (sous contrat) pour essayer de pallier (un peu) à l’EdNat. Ils sont scolarisés dans une (jolie) ville (très aisée) de banlieue Ouest. Le résultat n’est vraiment pas brillant : absentéisme, temps partiel généralisé, matériel pédagogique surréaliste (par exemple la petite fille du livre qui apprend à lire s’appelle Kimamila), méthode abstraite (semi syllabique/semi globale==> ma femme compense tous les soirs!). Et je ne demande pas à l’école d’éduquer mes enfants (je m’en sors bien, merci beaucoup) mais de les instruire (mais j’ai cru comprendre que ce n’était pas leur objectif). Donc en attendant, je forme mes enfants à la critique systématique, au refus du top/down et de l’égalité moderne, je les encourage à être les meilleurs, à ne pas se contenter d’essayer… bref, nous faisons au quotidien, avec ma femme, œuvre de déconstruction de ce système (gratuit mais que je paye 2 fois et très chèrement, une fois avec mes impôts et une fois avec mon versement à l’école) en espérant vacciner mes enfants et les préparer à un futur (très très difficile) en République Socialiste de France de droite et de gauche.
    Ce pays n’est pas seulement foutu, ces habitants sont aussi des C… !

  10. On peut donc remercier Sarkozy et sa clique pour sa suppression de la carte scolaire, sa suppression de postes notamment pour les plus en difficultés (puique à potentiel de contestation plus faible), la réduction des RASED venant en aide aux élèves en difficulté, sa suppression de la maigre formation initiale !

    Concernant PISA, il est clair qu’il y a de nombreuses critiques épistémologiques ou méthodologiques à faire, c’est pour cela que faire tout en foin d’une perte de 5 places quand on reste dans les mêmes chiffres (absolus et relatifs) qu’avant relève davantage de l’idéologie politicienne.

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