EELV : Emmanuelle Cosse déjà à tort et à travers

Vraiment?

Emmanuelle Cosse, nouvelle secrétaire nationale d’Europe Ecologie Les Verts (EELV) ne brille pas par la pertinence de ses interventions.

Par Thierry Levent.

Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d'EELV (Crédits Marie-Lan Nguyen Creative Commons)Saluons la rapidité avec laquelle Emmanuelle Cosse enfile ses premières perles en tant que nouvelle secrétaire nationale d’EELV, désignation qui par ailleurs s’est déroulée dans l’indifférence générale.

Ainsi donc, cette sommité politique naissante nous affirmait récemment qu’Anne Lauvergeon « ne savait pas exactement de quoi elle parlait » lorsque cette dernière qualifiait d’irréaliste l’objectif présidentiel de réduire la part du nucléaire à 50%. Ceci ne manque pas de piquant lorsque l’on compare le «pedigree» de chacune. Agrégée de sciences physiques et ingénieur du corps des mines, Anne Lauvergeon comme chacun sait a été le « sherpa » du président Mitterrand chargée de préparer les sommets internationaux du G7. Le magazine Time, la classait alors parmi les 100 personnes les plus influentes dans le monde. Directrice adjointe chez Alcatel puis présidente d’Areva pendant 10 ans, il est clair que Lauvergeon ne connait absolument pas son sujet.

Heureusement, Emma pour les intimes, représente l’avenir mais également le prototype même de l’apparatchik qui réussit. Déjà toute petite, elle rejoint la Fédération Indépendante (!) et démocratique lycéenne (Fidl) qu’elle quitte agacée (déjà) par la mainmise d’Harlem Désir, autre sommité politique en devenir. Son militantisme chevillé au corps la pousse vers la présidence d’Act-up de 1999 à 2001. Des études de droit en parallèle, un DEA de Droit public économique en poche, elle travaille quand même pendant quelques années, mais pas trop quand même. Avec un flair certain, elle fait son entrée chez les Verts en 2009, occupe le poste de vice-présidente en charge du logement au Conseil régional d’Ile-de-France. Elle en profite pour sucer la roue de Cécile Duflot, qui, parole d’experte, estime que « Cosse est très costaud au sens technique et politique ». Bingo, cette proximité lui permet de rafler les postes intéressants souligne non sans malice une élue à Libé. Adoubé par la « firme » (Placé-Duflot et compagnie) confirmant que Cosse est une « chef », la voici donc sur orbite pour devenir prochainement une des 100 personnes les plus influentes dans le monde.

En attendant, certains Verts rêvent d’air frais, devant ce « quelque chose de vicié au royaume d’EELV1 ». Un axe « Hulotiste » en cours de constitution dont l’approche pragmatique, moins contestataire et sectaire prête à la discussion et au compromis (dans le bon sens du terme, pas celui habituel des leaders du parti) serait à même de rendre l’écologie politique un peu moins rance que celle des Thénardier actuels de la firme.

En attendant, la Chine avance à pas de géant dans l’élaboration d’une filière nucléaire 100% « made in China », profitant à plein du manque de coordination entre EDF-Areva-GDF Suez, des ratés du réacteur Atmea, de la collaboration discrète entre EDF et le chinois CGN confinant au transfert de haute technologie2… Une fois mature, la filière chinoise ne se gênera pas pour s’imposer et reléguer ses principaux concurrents au second plan.

Il n’a échappé à personne, sauf à Emmanuelle Cosse, que la demande en électricité d’origine nucléaire repart à la hausse. Nombre de pays ayant misé, quelque fois beaucoup, sur les EnR commencent à déchanter et à faire les comptes. Le cas du Royaume-Uni étant exemplaire de la nouvelle donne qui s’installe, puisque grâce à l’argent chinois, EDF et Areva pourront construire deux réacteurs EPR.

Cosse n’a toujours pas compris que cette filière est vitale pour notre économie : 125 000 emplois directs, un prix de l’électricité bas, une compétence technologique enviable, l’absence d’émission de CO2 (gaz ignoble s’il en est). Peu importe, avec son compagnon, l’inénarrable Denis Baupin, le couple infernal ne jure que par le renouvelable, 100% de préférence. En omettant de nous rappeler leurs limites technologiques comme l’intermittence, leurs coûts pharaoniques et les effets d’aubaine auprès de leurs amis les promoteurs, tout ceci directement supportés et payés par les consommateurs de moins en moins fortunés. De l’écotaxe dans toute sa splendeur.

Bref, la vision des Verts éclairant le monde ressemble toujours à une cécité tenace, confirmant bien l’image d’un boulet attaché au pied gauche de Hollande. Avec 2% des voix à la présidentielle, il est hallucinant qu’un tel groupuscule puisse avoir un rôle décisionnel dans notre avenir et indépendance énergétique, tout en jouant avec l’emploi et notre excellence technologique.

Emma doit certainement préférer la Chine à la France, c’est de famille puisque ses parents étaient des kinésithérapeutes marxistes. On comprend mieux, enfin peut-être, car les voies de l’écologie demeurent insondables.

  1. Le Nouvel Observateur, 5 décembres 2013, N°2561.
  2. L’Express, n° 3257/4 décembre 2013.