Le gouffre des retraites des fonctionnaires se creuse encore

Plus de 37 milliards d’euros manquent cette année pour combler le trou entre prestations des retraites des fonctionnaires et cotisations versées.

Par Thibault Doidy de Kerguelen.

 

37,3 milliards d’euros, retenez bien ce chiffre.

Le Conseil d’Orientation des Retraites explique, dans un rapport qui doit être rendu public ses jours-ci, que seul un quart des retraites des fonctionnaires est financé par les cotisations salariales et celles de l’État employeur, contre 82,9% pour le régime des salariés du privé.

La différence est compensée par le budget de l’État, qui finance le système de retraite de la Fonction publique à hauteur de 73% de ses besoins.

Selon Le Figaro, qui a sorti l’information, ces dépenses, mentionnées dans une ligne budgétaire baptisée « cotisations fictives », ne cessent d’augmenter : +5,5% en 2011, +4,2% en 2012 et +1,7% en 2013.

37,3 Milliards d’euros, c’est 22% des sommes empruntées par l’État cette année. C’est deux fois le crédit d’équipement alloué à la défense nationale. C’est la plus belle démonstration de l’incurie et de l’incapacité de gestion de nos hommes politiques.

La pyramide de Ponzi de notre système de retraite, pudiquement baptisé « par répartition », s’étant inversée d’autant plus vite que les droits versés ont été généreusement gonflés pour des raisons électoralistes, ces sont les citoyens et les structures générateurs de plus-value qui, après avoir payé pour leurs propres retraites, payé pour le fonctionnement de l’appareil d’État doivent aussi payer pour la retraite des fonctionnaires. Aucune réserve, aucune capitalisation n’a été faite.

Bien évidemment, ces sommes ne sont pas prises en compte ni évaluées sur la durée de vie estimée des fonctionnaires en retraite afin d’être incluses dans les dettes du pays. Il s’agit pourtant bien d’une dépense constatée d’avance devant théoriquement, en bonne gestion, être provisionnée. Vous imaginez, sur une espérance de vie de 20 ans en retraite, avec les reversions, la prise en compte des départs prévus, le montant colossal que cela représente ? Il y a belle lurette que la France a dépassé les 100% du PIB en dette…


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