François Hollande et son socle politique : les tontons flingueurs

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François Hollande et son socle politique : les tontons flingueurs

Publié le 17 novembre 2013
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En mai 2012, François Hollande remportait les élections présidentielles. La presse convoquait alors les symboles qui furent ceux de la gauche en 1981. Aujourd’hui, Hollande est tombé à 15% dans les sondages. La campagne de Hollande fut la campagne d’une gauche mitterrandienne qui a délaissé les grands symboles éternels du Parti Socialiste pour se reposer sur un socle électoral bancal à défaut d’avoir un socle politique solide. La déchéance était fatale. Tant sur le plan des idées que vis-à-vis de l’opinion.

Par Loïs Henry.

Après la déchéance de Dominique Strauss-Kahn, le Parti socialiste pensait s’être sorti d’affaire avec un François Hollande qui ne divisait pas l’opinion. On avançait alors qu’il était social-démocrate, une sorte de Strauss-Kahn en moins pervers, un bon blagueur et très proche de vous et moi. Profitant d’un climat de haine contre Nicolas Sarkozy, le candidat qui ne clivait pas remportait l’élection présidentielle. La presse nous servait les images de 1981, nous avons même eu droit à la désormais célèbre rose. La fameuse union de la gauche venait d’être réalisée par le candidat qui n’avait rien fait dans sa vie politique avant 2011 et qui s’était pourtant bien amusé à mettre le feu aux poudres au Parti Socialiste, et ce pendant dix ans.

Hollande président, c’est un Hollande d’abord populaire car les Français pensent qu’il va les laisser tranquille. Est-ce tout ? Hollande a-t-il un socle politique solide ? En fait, non. Souvenez-vous de sa campagne, faisons un bref retour en arrière. Peu de gens avaient pointé du doigt le rapport du think tank socialiste « Terra Nova » qui dressait les grands axes d’une nouvelle politique pour le Parti Socialiste, d’une nouvelle stratégie électorale. En quoi consistait cette stratégie ? À faire une majorité constituée de la somme des minorités. La stratégie de Hollande en 2012 est double : jouer sur l’anti-sarkozysme et faire voter en masse les minorités. Électoralement, c’est un triomphe. Voilà l’homme à l’Élysée, image qui en aurait fait rire plus d’un en 2010.

Les mots sont importants ; nous parlons bien d’une stratégie électorale et non politique. Je m’explique. Quand je pense à cette stratégie électorale, je ne peux m’empêcher de songer à Jean-Jacques Rousseau. Rousseau distingue l’intérêt général de l’intérêt particulier. Évidemment, pour lui, il faut mettre l’intérêt général au-dessus de tous les intérêts particuliers. Or, Hollande n’a fait qu’additionner les intérêts particuliers dont le plus bel exemple est le mariage gay. Il a bien appris les leçons de Mitterrand. Quelle en est la conséquence ? Hollande n’a jamais eu de socle politique, il n’a pas réuni autour de lui des « hollandistes », des gens qui votaient pour l’homme ou pour ses idées, non, Hollande n’a réuni que des gens intéressés par une seule réforme. Ce point concerne tout particulièrement la population homosexuelle qui désespérait de voir le mariage pour tous au programme d’autres partis et qui s’est portée sur le candidat socialiste pour obtenir ce droit, presque « malgré elle ». Cependant, une fois que la loi est votée, plus rien ne lie ces « communautés » à Hollande. Elles n’aiment pas particulièrement le personnage et sont en profond désaccord avec de nombreux points de sa politique. Quand toutes ces minorités qui avaient fait cette majorité s’effritent, il ne reste plus que quelques inconditionnels. Les leçons de Rousseau feraient bien d’être méditées de temps à autres. On ne peut pas espérer être populaire si rien ne retient les électeurs, si aucun consensus n’a été fait sur trois ou quatre points centraux. Pour voter pour Hollande, il aurait fallu se reconnaître dans trois idées phares qui auraient dû être les clés du quinquennat. Mais, il n’y avait pas d’idée dans le programme de François Hollande, il n’y avait pas de symbole, pire, il n’y avait ni vie, ni lumière.

Hollande paie aujourd’hui la stratégie de facilité qu’il a suivie pendant la campagne présidentielle. Il a été incapable d’unifier le Parti Socialiste et les Français. Il a été incapable de « réenchanter le rêve français » parce qu’il a flatté les intérêts particuliers des gens et leur a fait miroiter une avancée personnelle à défaut d’une avancée collective. Il a été incapable de donner une profondeur à sa pensée politique.

Pourtant, il y avait de quoi faire à gauche. Hollande aurait dû faire du sens avec les grands symboles que la gauche a abandonnés et que la droite tend à se réapproprier tellement ils sont grands : Jaurès, Blum, Mendès-France. Non, Hollande ne devait pas jouer à être ceux qu’il ne sera jamais, Hollande devait faire un Parti Socialiste jaurésien, blumien et mendésiste. Il a préféré se réfugier derrière l’avatar de « Tonton » et il a longtemps cru qu’il pourrait naviguer à vue à travers les vagues d’opposition en s’exprimant peu et en conservant la figure tutélaire du Président. Cette fonction présidentielle convenait bien à François Mitterrand mais ce costume est bien trop grand pour l’autre François.

Hollande n’est pas un homme politique, il est un compteur de voix. Dans cette logique, la chose à craindre aujourd’hui est de le voir s’abaisser à dissoudre l’Assemblée Nationale, ce qui serait politiquement suicidaire pour la gauche mais électoralement gagnant pour un homme qui entend bien faire deux mandats. Cela avait pourtant l’air simple, et cela rimait si bien : Jaurès, Blum, Mendès. Hollande a choisi Mitterrand, il en a perdu les idées et le socle politique. Sans surprise, le voilà flingué.

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  • Rien de nouveau sous le socialisme, cela a toujours été comme ça !

  • 2 mandats ? il croit au père noël, le ps est mort, le nabot bling-bling va revenir.

    • Ben justement, entre nabots bling-bling détestés, chacun peu penser avoir autant de chances que l’autre.

    • Oui, la cohabitation, c’est un second mandat assuré.

      • On a eu l’exemple avec Chirac. Je vois bien le truc, dissolution, cohabitation et élection 2017, 2eme tour avec un nabot face à la bête immonde fille

    • Je veux bien prendre un pari:
      La marine passera avant le nabot.
      Les vieux ont peurs, les fonctionnaires aussi.
      Les étrangers….ils s’en foutent.
      Les jeunes: ils se cassent.
      Les libéraux: ne votent pas
      Les Droites UMP(ps), ils sont de plus en plus isolés. (et con, enfin comme avant)
      Ou alors, pire, Mémé lanchon qui nous piquerait la vedette à la marine.
      Entre les deux mon coeur balance. Finalement, je trouve mémélanchon beaucoup plus sexy que la marine.
      Il triche pas au moins….
      Et puis, allez, faite un geste: adoptez un extremiste aux prochaines élections. C’est peut être con, mais c’est tellement bisou gentil tout plein un extremiste au coin du feu (ou dedans, c’est selon) !

      • Je vous rejoins sur vos prédictions.
        En 2002 Marine La Peine a cartonné. Mémé lenchon a franchi la barre des 10%.
        Puis les electeurs ont pour la dernière fois donné sa chance au PS.
        En 2017, le FN se qualifiera au second tour face l’ump et ca sera du 50/50.

  • Si vous êtes en « khâgne » j’espère que vous n’allez pas gacher votre intelligence en restant en France….
    Sinon pour les « flingueurs », cette expression vient du fait qu’autour de la Mite, les gens avaient une tendance à se suicider. Cette tendance était assez épidémique, jusqu’à ce qu’un minstre se tire une balle en compagnie de son garde du corps (pour être sur qu’il soit bien mort).

    Bref, Hollande digne héritier, ou simplement une crapule qui récupère une vieille charentaise laissée au hasard pour lui.
    La mite avait catalogué Hollande comme « pathetique » et inutile. Comme quoi, la France, c’est le pays des possibles. Même l’impossible. On a qu’une envie, c’est que ce système se retourne contre ses maitres.

  • « Or, Hollande n’a fait qu’additionner les intérêts particuliers… »

    Mais c’est ce qu’ils font tous non ? Vous mettez en lumière la faillite d’un système : le clientélisme électoral, mais Hollande n’en est que le produit, pas la cause.

  • Angle d’analyse très pertinent. Merci.
    D’un autre point de vue, on peut penser que 17% de popularité sont la ligne de résistance du pouvoir actuel, en ce qu’ils correspondent à la proportion d’agents publics dans l’électorat, 1 sur 6.

  • Ce n’est plus un gouvernement, c’est une vraie ferme a champignond de Paris :

    beaucoup de fumier et peu de lumiere !

  • Que le « mariage » homosexuel ait acquis des votes à Hollande est certain.
    Qu’il s’agisse de ceux des homosexuels, ce l’est nettement moins.
    À moins que par « communauté homosexuelle » on désigne une partie des homosexuels, ceux qui réclament une reconnaissance publique à leur mode de vie équivalente à celle de la vraie famille, par pur égalitarisme, au motif qu’ils ne sont pas responsables de leur goût.

    En réalité ce sont les égalitaristes, homosexuels ou non, qui ont été séduits par le « mariage pour tous ».

    S’y sont opposés tous ceux qui considèrent que l’État sort de son rôle (et même de la laïcité) en se mêlant de sentiments, et que la justification du mariage ne peut donc être que la procréation, car le fait que naissent des enfants et les conditions de leur éducation affectent objectivement toute la société et chaque individu.
    Là aussi se trouvaient de homosexuels déclarés, y compris dans les manifs pour tous.
    Les opposants au mariage pour tous étaient tous ceux qui, en général ou dans ce cas particulier seulement, on rejeté l’argument égalitariste.

    Plus généralement, les mesures égalitaristes soi-disant favorables à telle ou telle catégorie ne séduisent pas nécessairement les électeurs de la catégorie en question, mais plutôt les électeurs de mentalité égalitariste.
    Il n’est donc pas nécessaire ni suffisant de cibler assez de catégories pour qu’ensemble elles soient majoritaires.

    • Fucius, je vous rejoins sur ce point. Mais le résultat est le même: un programme qui sème des promesses vers une multitude de minorités et qui choisissent de voter pour leurs petits intérêts avant l’ intérêt général.
      Maintenant, je ne comprendrais jamais la passion qui a animé ceux qui ont défilé contre le mariage pour tous, c’ est bien le moins pire des maux provoqué par Pépère Ubu.

  • L’intervention militaire en Centre Afrique en géneral, n’a q’un but que la France garde ces colonies pour en spolier leurs richesses, en tuant des personnes innocentes, donc état colonisateur de merde! S’il n’y avais rien en Afrique il n’irais pas! Ingérence sciemment orchestrée pas la France maçonnerie a savoir finance + pouvoir, état monarchique de merde et qui pue!
    J’ai quitté ce pays depuis longtemps et suis prêt a bruler mon passeport.

    Cordialement

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