Ces Princes qui nous gouvernent !

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Le paquebot « France » coule mais nos édiles flambent sans se soucier de son sort.

Par Geneviève Frixon, de l’Association des Contribuables de l’Intercommunalité d’Aubagne.

imgscan contrepoints 2013-2205 révoltesNous les voyons à leur avantage sur les plateaux de télévision, nous les trouvons en pleine forme, l’œil vif, la gestuelle étudiée et le verbe habile, ils expliquent, et réexpliquent patiemment. Le jeu n’en vaut-il pas la chandelle puisque, selon Les enquêtes du contribuable, les parlementaires français auraient la vie belle ?

Pendant que le contribuable lambda s’échine tous les jours et fait face à de nouveaux impôts, nos élus jouissent d’avantages et de privilèges qui leur permettent de mener grand train sans souci du coût de la vie. Repas, déplacements, voyages, logistique… leur vie quotidienne est entièrement prise en charge par l’État qui les chouchoute et pourvoit à tous leurs besoins.

En 2012, l’ex-ministre des transports et députée Nathalie Kosciusko-Morizet s’excusait de ne pas savoir le prix d’un ticket de métro, précisant : « ça fait bien longtemps que je n’ai pas acheté un ticket » et pour cause, les parlementaires français disposent de facilités de circulation qui leur permettent de voyager gratuitement. Voiture avec chauffeur, billets 1ère classe gratuits aux guichets SNCF et Air France.

Pour les plus chanceux, le Sénat c’est la cerise sur le gâteau. Le sénateur bénéficie d’un traitement mirifique et trouve à sa disposition, un restaurant et sa célèbre cave à vins, un salon de coiffure, une salle de sport, un labo photo et même un atelier d’ébénisterie. Ce club de luxe scandalise toutefois par l’absentéisme de la plupart de ses membres. En effet, seule une soixantaine de sénateurs sont assidus aux séances publiques. Les heureux résidents du palais du Luxembourg n’ont aucune excuse pour expliquer ces absences et Yves Guéna ancien député ironisait déjà en 2010 dans ses Mémoires d’outre-Gaulle : « Au Sénat, un tiers ne siège jamais et un tiers rarement. Sur ce tiers qui reste, un tiers n’intervient jamais, un tiers rarement. Tout se joue donc entre une trentaine de sénateurs ».

Et si nous nous penchions maintenant sur un sujet brulant d’actualité tout en nous tricotant un joli bonnet rouge qui nous tiendra chaud lors des violentes giboulées « taxeuses ». La défiscalisation ! Car nos édiles se sont aménagés un régime d’imposition sur mesure qui creuse encore un peu plus le fossé d’injustices dans lequel les Français d’en bas pataugent lamentablement. Le parlementaire, qu’il soit sénateur ou député, perçoit trois types d’indemnités mensuelles : une de base de 5 515 € bruts, une de résidence de 165 € et une de fonction représentant 25% du total des deux autres soit 1 420 €. Or seules les deux premières sont imposables. Les 1 420 € sont nets de tout impôt. Schéma identique pour l’indemnité représentative de frais de mandat, la fameuse (IRFM) d’un montant de 5 770 € qui avait fait couler beaucoup d’encre en 2011 et échappe toujours à l’impôt ainsi qu’à tous contrôles.

Quant à la manne des avantages en nature, nos élus en usent et en abusent. Le paquebot « France » coule mais nos édiles flambent sans se soucier de son sort.

Rappelons-nous récemment Michel Vauzelle, Président du Conseil régional PACA, qui, de 2006 à 2009, a voyagé en hélicoptère dans le cadre de ses fonctions. Coût de cette folie 206 000 €, une « pale » !

Ah ! Cet admirable antiseptique qu’est l’ironie ! Une pirouette pour ne pas céder à la tentation de coiffer le rouge de l’indignation devant un système qui nous spolie jusqu’au dernier centime.

Sources : Les enquêtes du contribuable, octobre/novembre 2013


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