Pourquoi les Français n’aiment pas les riches ?

Le rejet des riches est spécifique à notre pays, un phénomène qui semble être une caractéristique de la sociologie française.

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Pourquoi les Français n’aiment pas les riches ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 11 novembre 2013
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Par Claude Sicard.
Un article d’Emploi 2017.

casse toi riche conDans la dernière lettre d’information de l’iFRAP, Bernard Zimmern s’insurge contre le rejet des riches dans notre pays, un phénomène qui semble être une caractéristique de la sociologie française. Cette différence avec les pays anglo-saxons n’est pas sans conséquences, nous dit-il, sur la santé économique de notre pays.

Toutes les enquêtes attestent en effet de cette propension à vilipender les riches en France, un pays où le candidat à la présidence de la république qui vient d’être choisi par le peuple lors de la dernière élection présidentielle a fait campagne en proclamant haut et fort qu’il « n’aimait pas les riches ». La journaliste anglaise Sophie Pedder, chef du bureau du journal The Economist à Paris, a manifesté dans un ouvrage qu’elle vient de publier sur la France tout son étonnement, disant : « Vous n’aimez pas les riches en France : c’est une spécificité française. Ce niveau de haine est très étonnant pour un anglo-saxon ». Les enquêtes d’opinion qui sont faites régulièrement confirment bien ce discrédit dont souffrent les riches en France, ainsi que le rejet du libéralisme comme option pour une politique économique. Dans un sondage de l’IFOP réalisé à la demande de Prêt Union il est ainsi apparu que 78% des personnes interrogées estimaient qu’être riche est « mal », 24% considérant que c’était même « très mal ». La richesse, nous dit de son côté Yann Algan, professeur à Sciences Po Paris, n’est pas associée en France au travail, mais plutôt à la chance et aux relations personnelles. Et c’est bien ce que confirme un sondage fait récemment pour le quotidien Sud Ouest qui nous apprend que dans l’électorat de gauche les sondés attribuent à 47% la réussite des riches au fait qu’ils possèdent « des parents riches », et à 40% au fait qu’ils ont de l’« entregent ».

Cette phobie des riches peut-elle s’expliquer uniquement par l‘héritage des sentiments qui ont animé les révolutionnaires de 1789 lorsqu’ils ont mis à bas les privilèges des classes dirigeantes qui tenaient en main la société française ? Nous pensons que les racines de cette spécificité française sont bien plus profondes que cela, car la Révolution de 1789 n’a fait, en réalité, que laïciser les valeurs chrétiennes qui étaient celles du peuple de France, un peuple marqué très profondément par le christianisme et ses dogmes depuis des siècles. Le christianisme, en effet, a été proclamé religion d’État de l’Empire romain en 380. Il faut bien voir que la devise « liberté, égalité, fraternité » forgée par Robespierre a été fondée sur les valeurs inculquées par le message chrétien. Jésus a révolutionné l’empire romain en révélant aux hommes qu’ils étaient tous égaux entre eux, et il a laissé pour message au monde : « aimez-vous les uns les autres ». En 1789, l’égalité a donc été posée comme étant le premier droit naturel de l’homme, avant même la liberté, et c’est en 1793 qu’a été introduite l’idée du suffrage universel, idée qui n’a pris réellement corps que bien plus tard, en 1848.

Cette exigence pour l’égalité qui s’est imposée dans la société française depuis lors a pris au cours du XXe siècle un caractère plus ample, puisque l’on est passé de cette revendication du droit à l’égalité, à l’égalité des droits : on a alors dangereusement évolué vers l’égalitarisme. Dans l’histoire des théories économiques en France on a vu par conséquent se développer, depuis le siècle des Lumières, une lutte incessante entre deux doctrines économiques différentes : le libéralisme d’un côté et le socialisme de l’autre. Le libéralisme considère que la meilleure façon de parvenir à un optimum social c’est de laisser libre cours au jeu des intérêts privés : il faut laisser faire le marché, ne pas fausser les règles du jeu de l’offre et la demande, tout cela selon les enseignements d’Adam Smith qui a parlé d’une régulation de la société par la « main invisible », puis plus tard ceux de Friedrich Hayek qui a vanté les vertus de l‘« ordre spontané ». Le socialisme, par contre estime qu’il faut que l’État qui incarne la volonté populaire intervienne pour que la prospérité économique profite au plus grand nombre, et que se trouvent réduites le plus possible les inégalités. Le socialisme reproche au libéralisme sa violence, et il dénonce la domination des riches sur les pauvres. Le libéralisme, lui, s’insurge contre le fait qu’un souci trop poussé d’égalité est antinomique avec les libertés individuelles. C’est ainsi que Soljenitsyne aurait déclaré : « Les hommes n’étant pas dotés des mêmes capacités, s’ils sont libres ils ne sont pas égaux, et s’ils sont égaux c’est qu’ils ne sont pas libres ».

L’explication que l’on peut donner de cette phobie des riches dans la société française et de ce goût prononcé qu’elle manifeste pour le socialisme se trouve, pour une bonne part, dans les racines chrétiennes de la société, une société qui a été formatée par le catholicisme pendant des siècles, à la différence des pays anglo-saxons qui ont opté, eux, pour la Réforme. Le catholicisme insiste sur la nécessité d’être saint, ce qui suppose un très fort attachement à Dieu et une affection fraternelle, ceci avec la grâce du Saint Esprit. Il met en avant la pauvreté et le retrait du monde. Le protestantisme n’a pas du tout la même lecture du message divin : pour les protestants il ne s’agit pas de se retirer du monde mais au contraire de produire des richesses, non pas pour en jouir égoïstement mais pour partager. Les protestants érigent le métier en sacerdoce, et le succès financier est le signe que l’on se trouve dans la grâce de Dieu. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité les activités économiques se sont vu conférer une valeur morale. Le philosophe allemand Max Weber a démontré ainsi, en 1904, dans « l’éthique protestante et l’esprit du capitalisme » que l’éthique protestante était l’explication même du succès du capitalisme. Et plus tard, de la même manière, Alain Peyrefitte, dans « Le mal français », a fait le même constat, disant que le catholique satisfait son instinct de dépassement en s’abîmant dans la prière, alors que le protestant se dépasse en se jetant corps et âme dans les occupations les plus terre à terre.

Cette première explication de la condamnation des riches dans la culture des Français doit être complétée par l’analyse, pour autant que cela soit possible, des traces indélébiles laissées par la Révolution de 1789 dans l’inconscient collectif de notre peuple. L’inconscient collectif pèse en effet très lourdement sur les individus d’une société. Ce concept forgé par Jung peut se définir comme une connexion invisible qui relie les individus entre eux. L’inconscient collectif colporte des images et des archétypes qui font partie de la culture d’un peuple. Le psychologue Le Bon parle à ce sujet « d’idées qui siégent dans l’âme d’un peuple », ou encore « de la constitution mentale d’un peuple ».

Quelles traces, donc, a imprimées la Révolution de ’89 dans l’âme des Français ? Nous allons tenter de répondre à cette question, en rappelant tout d’abord que la Révolution de 1789 a été faite, fondamentalement contre les inégalités : tous les historiens s’accordent pour dire que ce fut un mouvement plus social que politique. Les inégalités étaient à leur comble : la noblesse et le clergé bénéficiaient d’avantages exorbitants, tant en matière de pouvoir que de revenus, et ce, au détriment du peuple qui lui, était tout à fait misérable. Sous l’Ancien Régime seule la noblesse, qui représentait 1% de la population, pouvait accéder aux hautes fonctions, et elle était exemptée de la taille et de ses suppléments. Le clergé, de son coté, était un corps riche et très puissant qui bénéficiait de nombreux privilèges fiscaux, judiciaires, et politiques. Cet ordre possédait d’immenses propriétés foncières et il était exempt de la plupart des impôts, fixant lui-même le montant du « don gratuit » qu’il versait au roi. Quant au roi, ses pouvoirs étaient illimités, le roi étant un monarque au pouvoir absolu.

La noblesse et le clergé se trouvaient en symbiose, s’épaulant mutuellement, et tenant le peuple sous leur domination. La Révolution éclata : on prit la Bastille, dans la nuit du 4 août 1789 les États Généraux abolirent tous les privilèges, et le 26 août de la même année fut proclamée la Déclaration des droits de l’homme qui affirma dans son article premier que les hommes « naissent et demeurent libres et égaux en droit ». Tout cela nécessita que le peuple des « sans-culottes » verse son sang.

On sait que cette Révolution a été un évènement capital dans l’histoire de la France, un évènement qui a permis à ce pays de changer complètement de société et de rentrer dans le monde moderne. Pour cela, il fallut se battre avec la plus grande vigueur. Dans l’inconscient collectif français il reste donc le souvenir, profondément gravé dans les esprits, qu’il fallut une révolution sanglante qui fit des centaines de milliers de morts pour mettre à bas le pouvoir des riches qui s’étaient ligués pour exercer sur le peuple une odieuse tyrannie : le roi s’était discrédité en tentant de s’enfuir pour aller chercher l’aide de l’étranger, et la reine avait comploté contre les révolutionnaires avec les Autrichiens. L’image de la monarchie se trouva ainsi très dégradée. Celle des nobles n’était guerre valorisée par le fait que leurs avantages et privilèges se transmettaient par le sang, sans qu’ils aient à prouver de quelconques talents, ni même avoir à travailler. Quant à l’image des hauts prélats, il est fort à parier que dans le souvenir que l’on en garde aujourd’hui, là aussi, l’image ne soit pas très flatteuse : des personnes qui jouissaient souvent indûment de revenus très importants et utilisaient honteusement la crainte de Dieu pour assurer leur pouvoir, un Dieu qu’ils disaient exigeant et au tempérament vengeur dont ils se prétendaient être les mandataires.

Le comble de l’absurdité, dans cette société qui était celle de l’Ancien Régime, c’est que les détenteurs de l’autorité, qu’il s’agisse du roi et des nobles, tout comme des hauts dignitaires de l’Église catholique, prétendaient s’appuyer sur le message du Christ pour gérer comme ils le faisaient la société. Avec les apports des philosophes des Lumières, la société opéra donc, avec la Révolution de 1789, ce que le philosophe Marcel Gauchet a appelé une « sortie de religion » : on remplaça Dieu par la raison et la religion par la morale. Mais néanmoins, on conserva les valeurs chrétiennes en les laïcisant, car elles avaient très profondément pénétré les esprits. De par leur ancienneté, et de par leur universalité, elles constituaient les fondements mêmes de la civilisation qui était, et est toujours, celle du peuple français.

On comprend donc, avec les éléments d’analyse que nous avons tenté de dégager : un fonds de culture chrétienne d’un côté, et de l’autre le souvenir toujours très vivace des luttes victorieuses menées pour se dégager au XVIIIe siècle de l’emprise des deux classes dirigeantes qui s’étaient pendant des siècles accaparé le pouvoir et les richesses du pays, des classes qui vivaient dans l’opulence alors que la majorité du peuple, la paysannerie notamment, était condamnée à une existence misérable, que l’on nourrisse en France, à l’égard des riches, des sentiments très réservés. Moralement, on incline plutôt à les dévaloriser, et on redoute, par ailleurs, qu’ils puissent à nouveau exercer sur la société une autorité dont le peuple n’aurait rien de bon à attendre, l’expérience faite pendant les siècles passés ayant prouvé leur nuisance.

Cette combinaison d’un fonds culturel catholique avec le souvenir entretenu par l’école républicaine, de génération en génération, de classes dirigeantes qui trop longtemps dans le passé se sont enrichies honteusement, pendant des siècles en France, sur le dos de la population laborieuse, tout ceci sous la houlette de monarques de droit divin, est tout à fait explosive. Elle ne se retrouve nulle par ailleurs, soit que le fonds culturel des populations ait été le protestantisme, et en particulier le puritanisme, ce qui a été le cas d’un certain nombre de pays occidentaux vivant aujourd’hui en démocratie, soit que le passage d’un système monarchique à la démocratie se soit opéré harmonieusement, ce qui fut notamment le cas de l’Angleterre, c’est-à-dire sans que l’on ait eu à mettre le pays à genou et à couper des milliers de têtes.

L’inconscient collectif du peuple de France se défie donc des riches, et il conduit les Français à préférer que ce soit l’État qui, étant en régime démocratique, l’émanation de la volonté populaire, dirige l’économie plutôt que des capitalistes qui n’ayant que le profit pour religion font abstraction des intérêts des peuples. On se méfie ainsi en France des multinationales qui sont vues comme des pouvoirs que les nations ne parviennent plus à contrôler. C’est ainsi qu’une étude américaine récente effectuée dans différents pays sur la perception que les opinions publiques ont de l’économie de marché, montre la défiance des Français à l’égard de ce système. Les sondés français ont été seulement 36% à répondre par oui à la question : « L’économie de marché est-elle le meilleur système économique ? ». Les américains ont répondu affirmativement à 72%, et les Chinois à 76%. La moyenne générale s’est située à un peu plus de 50%.

Si l’on voulait que les Français en viennent à adhérer davantage au libéralisme, il faudrait que l’école républicaine puisse donner aux enfants qu’elle forme une vision nouvelle de la Révolution française, et que les médias présentent, à une fréquence accélérée, sous un jour favorable les réussites des entrepreneurs qui, en France, innovent, créent des emplois, développent leurs entreprises et parviennent à conquérir des marchés à l’étranger, ce qui fait la richesse du pays et fournit aux personnes qu’elles emploient des conditions d’épanouissement personnel tant pour elles-mêmes que pour leur famille. Il serait utile que les médias contribuent à améliorer la formation économique des Français, ce qui suppose en premier lieu qu’ils aient eux-mêmes des équipes de journalistes compétents en la matière et non inféodés à des idéologies utopistes.


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  • rejet des riches ? n’est ce pas plutôt le comportement de ceux ci qui déplait aux français ? on les considère comme étant arrogants , pingres , limite inhumain ……c’est un peu comme la présence des immigrés , soi disant rejeté par les français , mais n’est ce pas la aussi une histoire de comportements envers le pays qui les acceuille qui fait que les étrangers ne sont pas vraiment accepté ?

    • Oui les riches on en entend beaucoup parler, enfin les autres riches, ceux qui le sont beaucoup plus. Et ca fantasme dans tous les sens… Mais on ne les pratique pas beaucoup en vérité.

    • « rejet des riches ? n’est ce pas plutôt le comportement de ceux ci qui déplait aux français ? »
      Je pense que les riches que les Français n’aiment pas sont les travailleurs ou les chefs d’entreprises, qui ont des comportements exemplaires comparativement à nos chers footballeurs, qui eux sont sont fortement appréciés, malgré qu’on ai du mal à justifier leur salaire. Donc je pousserai même jusqu’à dire, que les comportements vertueux sont honnis en France. Et puis je parle même pas de Cahuzac et compagnie (la clique du PS en fait), qui ont bâtis leur fortune en dénonçant les riches.
      Faites ce que je dis, pas ce que je fais.

  • Les français n’aiment pas les riches parce qu’en France, pour devenir riche, il faut le plus souvent être peu honnête. Être riche en France, c’est une question de relations, de familles, de groupes, de réseaux, et de magouilles plus ou moins souterraines.

    Les entrepreneurs honnêtes et droits n’ont aucune chance de durer dans ce milieu délétère : la concurrence est par trop avantagée.

    Pas étonnant que les riches, dans ce contexte, soient mal perçus. Pas besoin de chercher beaucoup plus loin.

    On n’accepte en France la richesse que des gagnants du Loto et des footballeurs. Demandez-vous pourquoi… Eux au moins, n’ont pas triché sur leurs compétences.

    • La triche, ou simplement le soupçon de triche que représentent des moyens légaux mais inaccessibles au péquin moyen, est une forme d’injustice particulièrement cruelle, dans un monde où une prétendue réussite de sa vie s’apparente à la Fortune matérielle et monétaire des possédants. Méditez !

  • « Dans un sondage de l’IFOP réalisé à la demande de Prêt Union il est ainsi apparu que 78% des personnes interrogées estimaient qu’être riche est « mal », 24% considérant que c’était même « très mal ». »

    Je savais qu’en france être riche était une tare, mais à ce point tout de même !

    • Sur ces 24 %, combien refuseraient un très gros héritage ? Probablement aucun.

      • Ben aucun et vous avez raison, je reste pantois devant un tel sondage, nous vivons vraiment à Crétins-land.
        Hemingway (à prendre dans le contexte, hein !) : « Le paysan a du bons sens parce qu’il a été vaincu dès le commencement. Donnez-lui le pouvoir et vous verrez ce que deviendra son bon sens. « 

    • 78 + 24 = 102 %
      Si l’on suppose que ceux qui considèrent qu’être riche est mal, voir très mal, ne sont pas eux-mêmes riches. Alors qui sont, et où sont ces riches ?

      • Non, pas 102 : les 24% sont inclus dans les 78%.

        Quant au fond du sondage, ne vous fiez pas à ces sondages pour savoir ce que pensent réellement les Français. Les sondages sont aussi bidonnés que les élections. Ici, typiquement, il y a potentiellement autant de définitions de la richesse que d’individus interrogés. Bref, ce sondage n’a strictement aucune valeur informative. Au contraire, il participe à la désinformation du public et la désignation vindicative de boucs émissaires : diviser les Français pour mieux les assujettir…

        • @Cavaignac : certes les sondages… sans parler de bidonnage, simplement le fait que le sujet ne peut être souvent traité en 3 mots et qu’il emprunte à des raccourcis faciles.
          Toutefois, même si définir la richesse, surtout en france est un travail ardu, il en ressort néanmoins que le péquin moyen défini la richesse avec peu d’argent, même en 2013.

          Il est tout de même un fait que la France est le pays du « pour vivre heureux, vivons cachés », il y a les riches à millions, ceux la sont souvent mieux tolérés.
          Le pire étant d’être commerçant ou entrepreneur avec une certaine réussite, dans ce pays je peux vous affirmer que cela signifie que vous êtes un tricheur, un voleur et, ce qui dénonce la jalousie maladive des gens en général : vous avez eu de la chance.

          Non, les Français se divisent tout seul, ils n’ont besoin de personne, du reste celui qui est animé d’un tant soit peu de réflexion et logique ne rentre pas dans ce genre de considération, vous en conviendrez.

        • @Cavaignac

          je ne doutais pas de l’extravagance du sondage, j’imagine même qu’il a été commandé pour démontrer l’adéquation de notre président avec « ce que pensent les français ». Toutefois même faux, on peut se demander si notre peuple n’est pas un peu masochiste.

  • Je suis jaloux de cet excellent papier, car j’aurais voulu l’écrire ! Tout y est, me semble-t-il. Et d’accord avec les deux points de sa conclusion : 1) L’Education Nationale devrait expliquer l’Ancien Régime et la Révolution autrement que par des images d’Epinal 2) L’absence de formation économique de beaucoup de journalistes est déplorable. Je peux en témoigner, ayant moi-même enseigné dans une école de journalisme : il fallait voir la tête de certains élèves lorsque je les faisais travailler sur des papiers du quotidien  » Les Echos  » .

  • C’est tout simple. Les gens de qualité adorent voir des gens plus riches, plus beaux, plus intelligents, plus spirituels qu’eux, parce que ces contacts les tirent vers le haut.

    Le français considère comme un outrage tout ce qui le dépasse.

  •  » les sondés attribuent à 47% la réussite des riches au fait qu’ils possèdent « des parents riches », et à 40% au fait qu’ils ont de l’« entregent ». »

    Et n’est-ce pas bien plus vrai en France qu’ailleurs ? Combien en France de riches se sont-ils faits tout seuls, par rapport aux autres pays développés ?

  • Relire de Max Weber « L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme ».

    Pour faire payer les riches encore faut-il qu’ils le restent. C’est toute l’incohérence des projet confiscatoires et redistributeurs.

  • Article partisan qui oublie de faire de vrais recherches, qui oublie des pans entiers de notre histoire, qui ne fait aucune auto-critique de ce système bancale qu’est le capitalisme moderne.

    « …les sondés attribuent à 47% la réussite des riches au fait qu’ils possèdent « des parents riches », et à 40% au fait qu’ils ont de l’« entregent ». »
    Oui et si le fait que la plupart de nos milliardaires/millionnaires sont « fils de » ça ne va pas de le sens de cette perception peut-être ?
    http://fr.finance.yahoo.com/actualites/les-pdg-sont-ils-des-dauphins-ou-des-fils-%C3%A0-papa–.html

    Où est la perception du peuple français que la bourgeoisie a volé ce vœu d’égalité durant la révolution ? Jamais entendu parlé du « nous sommes pas passé d’une dictature du sang à la dictature de l’argent? »

    Où est la perception réelle que les riches planque leur fric dans leurs paradis fiscaux, ne voulant pas payer ce qu’ils doivent à leurs pays?

    Où est la perception des Français que les riches sont arrogants à outrance, dans le genre « je crée des emplois et des richesses donc laissez moi encore plus d’argent, sans moi vous n’êtes rien… »
    Alors que la base du capitalisme c’est justement « si ce n’est pas toi, ce sera un autre? »
    Et oui sans ses ouvriers et employés, sans tout les deniers publics (éducations, infrastructures etc…) un patron n’est….rien.
    Et en plus ils se targuent de ne pas vouloir payer d’impôts, que les salaires de ses sous-fifres sont trop élevés ?

    Où est la perception des Français que lors de multiples crises financières, les riches en ressortent encore plus riches et les pauvres encore plus pauvres? Que plus le temps passe, plus une minorité s’accapare la plus grande part des ressources ?

    Où est la perception des Français qui subissent les licenciements boursiers, la lutte contre leurs acquis sociaux etc…?

    Où est la perception des Français que la démocratie est bafouée quand des entreprises privées ont plus de pouvoir que les États? Que ces mêmes entreprises polluent, exploitent, optimisent en se fichant des lois?

    Où la perception des Français que les biens publics (donc qui appartiennent à tous) sont bradés pour des individualités cupides?

    Où est la perceptions des Français sur ce fameux adage « mutualisons les risques mais privatisons les bénéfices? » cf les crises bancaires de 2008 et qui ont précipitées les crises des dettes publiques ?

    Peut-être que les riches sont conspués dans notre pays (d’ailleurs pas que chez nous) mais peut-être qu’il y a une réalité bien fondée là-dessous non?

    • Corpus d’affirmations tellement socialo-centrées qu’elles échappent a tout commentaire à la manière d’une tautologie. Eh… Vous vous êtes trompés de site là. Libération c’est sur http://www.liberation.fr. Vous ne convaincrez personne ici, et personne ne vous convaincra. Vous allez juste vous faire du mal.

    • « auto-critique »

      On sent déjà le maoïste.

      D’une: le capitalisme n’est pas un système politique, c’est un trio d’outils (assurance, intérêt et spéculation) qui intègrent le passage du temps dans le calcul économique. On peut l’employer même dans un système communiste (d’ailleurs certaines dictatures rouges ne s’en sont pas privées). Les riches existaient avant le capitalisme, les deux notions sont éconnectées. C’est donc complètement hors-sujet de parler de capitalisme ici, alors ne vous étonnez pas de ne pas le trouver dans cet article.

      « le fait que la plupart de nos milliardaires/millionnaires sont « fils de » »

      C’est une spécificité franco-française ! Etonnant, non ? Par exemple aux USA comme ans de nombreux autres pays, l’écrasante majorité des milliardaires sont des fils d’immigrés partis de rien. Regardez la liste de Forbes, si vous ne le croyez pas.

      En revanche en France, on déteste tellement les riches qu’il est devenu impossible de le devenir: à la place, il faut l’être déjà à la naissance et bénéficier de protection en haut-lieu. D’où ce constat que vous faites: ils sont tous « fils de », « filles de », et « amis d’enfance de ». Au fait, savez-vous qui nomme les présidents des grandes banques françaises ? Nos ministres… La consanguinité vient de là, ce n’est pas l’argent qui est en cause. Le sauvetage des banques aussi vient de là. L’état a besoin des banques pour étendre indéfiniment son crédit et donc sa dette… sur le dos des Français.

      Comprenez bien ceci: nous libéraux ne sommes pas des partisans des déjà-riches qui veulent le rester, mais uniquement de ceux qui veulent le devenir honnêtement mais ne le sont pas encore.

    • Le détécteur de chiasse mentale socialiste a encore flashé.

    • Bravo, vous venez de découvrir et de critiquer le « capitalisme de connivence » (synonyme de « socialisme de connivence » d’ailleurs), l’adversaire du libéralisme. Continuez vous êtes sur la bonne voie!

    • Rigolo. La masse n’aime pas les riches et les politiciens suiveurs créent du coup un système qui fasse tout pour empêcher de le devenir. Ça n’empêchera pas de nombreux individus de vouloir s’enrichir. Ça devient de plus en plus difficile de le faire de façon normale, en lançant une entreprise qui réussisse en rendant service à ses clients. Il reste donc à le faire de façon mettons plus méditerranéenne, en corrompant quelques politiciens et fonctionnaires pour obtenir des marchés privilégies, en essayant de faire supprimer la concurrence par la loi et les règlements, en usant d’influence pour se placer plutôt que de bénéficier de la qualité de ses produits.

      Du coup se créée effectivement un système ou il vaut mieux commencer riche pour le devenir encore plus, ou appartenir à divers réseaux pour pouvoir se lancer.

      Ce n’est pas sur que le résultat soit au bénéfice de ceux qui  » n’aiment pas les riches  » pour commencer, mais ils auront réussi à créer un monde qui correspond a leurs préjugés.

    • @Irkoutsk69 : et donc ?

  • Pourquoi tenter d’expliquer la haine française des riches par la Révolution de 1789, alors que cette dernière a essentiellement été menée par des citadins riches éduqués qui se trouvaient frustrés dans leurs ambitions (sociales plus que politiques), contre des parvenus imbus d’autorité et faisant étalage d’hypocrisie ?

    La haine des riches en tant que tels est venue bien après – par exemple il ne me semble pas qu’on puisse en trouver trace dans la littérature populaire qui a suivi. Il vaut peut-etre mieux regarder, pour les graines de cette haine, du côté de la transition du second empire à la troisième république.

  • Le plus marrant c’est que les français n’aiment pas les riches et l’injustice mais ils votent pour des riches depuis des décennies et ont mis une nouvelle noblesse au pouvoir du pays : celle qui gravite dans la sphère publique et qui dépend du denier public … un comble !

  • Je réagis juste à l’affirmation selon laquelle la Révolution de 1789 aurait été causée par les inégalités, parce que l’on sait depuis Tocqueville que c’est parfaitement faux. Si la France du 18ème siècle était inégalitaire, le mouvement allait vers la réduction de ces inégalités, notamment grâce à la croissance des villes, l’enrichissement de nombreux bourgeois par le commerce, et la montée en puissance de la noblesse de robe.

    Comme l’enseignait ce cher Alexis, les révolutions ont généralement lieu précisément quand les inégalités se réduisent suffisamment pour que la classe montante estime que la place de la classe descendante est à sa portée.

    Il en va d’ailleurs de même en relations internationales. Les grandes guerres ont lieu quand un pays voit sa puissance rejoindre celle de la puissance majeure de la région (ou du monde, pour les guerres mondiales).

    • la description que l’auteur fait de la révolution est trop schématique:

      les paysans n’était pas tous pauvres, quand aux bourgeois, ils avaient tendance à devenir tout aussi riches que les aristocrates. la révolution n’a donc pas été sociale comme le dit l’auteur, mais au contraire politique: ces nouveaux enrichis qui représentaient le tier état, reclamèrent leur du: le pouvoir.
      sous la revolution, il fallut attendre les prémices de la terreur pour voir la moindre tentative de redistribution financière ( fouché, dans la nièvre, qui pensait que les hebertistes allaient l’emporter à paris, sans quoi il s’en serait tenu à la répression, et surement pas à la redistribution ). la propriété a toujours été sacralisée, et la charité qui était la prérogative de l’église démantelée à cause de la vaste offensive anti-cléricale. j’ai du mal à voir ou est le  » social  » la dedant ?

  • « casse-toi riche con » : fallait mettre un rothschild sur la photo, vu que c’est peut-être eux les plus riches finalement, mais bon en tant que proprio de Libération, çà devait pas être une bonne idée.

  • Sinon pour répondre à la question (je n’ai pas lu l’article) : la réussite financière, la richesse est plutôt un truc d’américain, qui repose sur la liberté d’entreprendre du « self-made-man » et du rêve américain. En France, c’est l’inverse, la liberté individuelle nous est acquise depuis longtemps (France = franc = frei = libre), donc ce que cherche le peuple inconsciemment (et non pas l’individu) dans son ensemble, c’est à préserver cet acquis, ce bien commun. Pour çà, il faut l’égalité, pas celle de Belkacem ou de Taubira qui n’ont rien compris à la France, mais la véritable égalité, celle de la justice sociale. Nous Français, reconnaissons très bien d’instinct, la richesse méritée fruit du travail honnête, et celle usurpée, rackettée sur le dos des pauvres. L’Américain dira que le pauvre n’a pas d’ambition, le Français en voyant ce même pauvre se demandera ce que fait l’État…
    Dans l’absolu, ce n’est pas les riches le problème, c’est le manque de justice sociale et économique, due à la passivité d’un gouvernement, qui depuis l’éviction de De Gaulle à aujourd’hui est soumis aux ordres des plus riches, parmi lesquels, la Banque Rothschild proposa son directeur des Finances, Pompidou, pour relayer le Général dans ses fonctions d’homme d’état.
    Et comme vous le savez, les valeurs d’une banque sont à l’opposé de la charité chrétienne et du génie français, qualités premières de notre beau pays !

    • Faut arrêter de fumer la moquette.

      • Çà manque d’argument… Un peu comme une gonzesse qui ne sait plus quoi dire.

        • En même temps, pourquoi proposer des arguments face à au débit élevé de bêtises que vous nous avez sorti ? Quelqu’un nous dit que le ciel est rose à petits poids, faut-il contre-argumenter par la raison ?

    • « les valeurs d’une banque sont à l’opposé de la charité chrétienne »

      Les deux seuls buts d’une entreprise sont de créer des richesses (et accessoirement des emplois) et de faire des profits.

    • Patrie!: « c’est le manque de justice sociale et économique, due à la passivité d’un gouvernement »

      L’état absorbe 57% des richesses produites, c’est quasi une société collectiviste et vous n’avez jamais lu un budget de votre vie vous. ça pompe à mort, ça redistribue de même mais c’est un échec total, en plus de tuer la richesse et d’appauvrir le peuple il n’y à pas plus de « justice sociale ».

      Vous faites donc un très bon constat: le peuple vit bien mieux dans certains des pays voisin avec 20% d’état et d’impôts en moins et ils signent en plus des budgets positifs: ils ne sont pas en danger. (La France fête la 40eme année de budget négatif, ça n’est plus tenable )

  • Mouais… Le lien entre socialisme et catholicisme est toujours douteux.
    Faut-il rappeler que la France catholique était libérale il y a 1 siècle alors que l’Allemagne protestante connaissait la social-démocratie bismarkienne, puis a connu une révolution socialiste qui a fini par l’avènement de 2 systèmes totalitaires socialistes successifs…

    • ça remonte trop loin effectivement, il faudrait plutôt regarder du coté du *fantasme* de la révolution française, c’est à dire la reconstruction totale des mythes par toute sorte de mouvances socialistes.

  •  » le riches c’est fait pour etre trés riche et les pauvres, trés pauvre … hein carla !  »

    louis de sarkofès. et si le peuple n’ a plus de pain, il n’a qu’a manger de la brioche….

  • Comment croire sérieusement que le rejet des inégalités s’explique par une conscience historique ?
    L’auteur me semble surestimer largement les connaissances historiques de ses contemporains, et aussi, dans une moindre mesure, les siennes.
    Son discours est convenu, mais imprégné de socialisme historiquement correct.

    1 – Il exagère grandement la différence entre catholicisme et protestantisme.
    La Bible est la même pour toutes les confessions chrétiennes.
    Elle condamne la convoitise, et, à travers Jésus, incite à donner mais jamais à prendre.

    2 – Sa perspective trop occidentale manque le constat, essentiel et évident, que l’égalitarisme est un mal universel, une passion humaine perverse que le christianisme a le mieux réussi à contrôler.

    3 – Le pouvoir de l’Église sous l’ancien régime allait de pair avec son rôle éducatif, sanitaire et social, quand celui de la noblesse était de l’ordre régalien (hélas la laïcité était comme toujours violée par l’État au moyen du gallicanisme).

    4 – Chaque explosion d’égalitarisme s’accompagne d’une extermination du christianisme, et notre époque ne fait pas exception. Sanglants massacres révolutionnaire (en 1879 et en 1917), ou, moins sanguinaire mais plus efficace, extermination de l’enseignement catholique entre 1880 et 1905. Vincent Peillon nous rappelle que l’école publique n’avait pas pour but d’instruire, car c’était déjà fait, mais bien de déchristianiser afin de permettre le collectivisme.

    En réalité, la passion égalitariste n’est pas d’essence chrétienne ou catholique, mais humaine.
    Deux sensibilités contradictoires nous habitent, celle qui nous fait voir l’injustice dans l’inégalité; et celle qui nous la fait voir dans la contrainte artificielle.
    Les privilèges de la noblesse, ou l’esclavage, heurtaient les deux et ont été abolis par leur alliance.
    Depuis, libéralisme et socialisme se combattent.

    Pourquoi le socialisme est-il vainqueur ?
    Parce que ces idéologues socialistes (Vincent Peillon et ses prédécesseurs) ont compris ce que la plupart des libéraux n’assument plus : Le christianisme est la clé.
    La libéralisme est une anthropologie, et une anthropologie s’ancre dans une religion, parce qu’une construction logique ne peut pas prouver ses propres fondements (incomplétude de Kurt Gödel), qu’on croie en Dieu ou non.

    • Qu’avez-vous contre le gallicanisme ?

      • Je voulais désigner l’intrusion de l’État français dans les affaires d’Église qui compromettent sérieusement la séparation, comme, la nomination des évêques par le pouvoir régalien.
        Dès lors l’encadrement ecclésial devenait en grande partie politique.

  • 85% des millionnaires/milliardaires sont des self-made men.
    Le système actuel bien qu’étant pourri permet (si on « connait la recette ») de s’enrichir.
    Les « pauvres » ne sont pas des victimes…rien ne les empêchent de s’éduquer « après l’école » sur l’argent.
    Et de faire valoir leur liberté (d’entreprendre…).
    Ils sont à 50% responsable de ce qui leur arrive. Il faut prendre la responsabilité de sa vie et ne pas attendre après son conjoint, le gouvernement, la retraite…

  • Je suis un peu sidéré et déçu par cet article de Bernard Zimmern (j’étais habitué à mieux avec l’iFRAP) : un tissu de raccourcis et de clichés :

    1) le catholicisme n’est pas pour la pauvreté, mais pour un esprit de pauvre : c’est bien différent. L’argent n’est pas un mal, juste un outil qui doit être un serviteur et non un maître !
    Il y a d’autres pays ou régions fortement catholiques sans une telle haine des riches : Bavière, Espagne, Italie, Irlande…

    2) l’Eglise était effectivement puissante sous l’Ancien Régime, mais c’était aussi tout le système de protection sociale et d’instruction : école, collège, hospice, hôpitaux… et c’était mieux fait et beaucoup moins cher que la sécu et l’éducation nationale d’aujourd’hui.

    3) au 18 ème siècle, les français n’ont jamais aussi bien vécu ! Fin des grandes famines, fin de la torture et de supplices pour les condamnations à mort (merci Louis XVI). La population française est ainsi passé de 20 à 26 millions d’habitants.

    4) Les riches souffraient aussi lors de famines ou de froid (le vin gelait dans le verre de Louis XIV).

    5) Les ministres des Rois n’étaient pas forcément d’origine aristocratique (Colbert par exemple). Au 18 ème, il y eu pas mal d’anoblissement par achat de charge.

    Ceet haine des riches n’est juste que le symptôme de l’état socialiste de notre société véhiculé par les politiques et notre éducation nationale. Cette notion d’égalité comme le reste de notre devise républicaine est plus d’origine maçonnique que chrétienne.

    • L’école publique qui a été substituée de force par les socialistes à la catholique, précisément parce que le catholicisme était jugé, après 1789 et 1848, comme un obstacle au constructivisme.
      À juste titre.

      Max Weber a sans doute un peu raison, mais il ne faut pas pousser sa thèse à l’extrême.

    • « un tissu de raccourcis et de clichés :  »
      Je m’afflige que des libéraux se laissent contaminer par le discours anticlérical, comme des chrétiens par le discours antilibéral, du socialisme.
      Les chrétiens devraient comprendre que le libéralisme n’a aucun rapport avec le matérialisme, mais s’oppose au constructivisme qui leur fait horreur.
      Et les libéraux, accepter que leur pensée politique est issue d’une vision chrétienne de l’homme et ne peut probablement pas prévaloir contre la tentation constructiviste sans l’appui de cette tradition – sur ce point au moins, Vincent Peillon est plus lucide que bien des libéraux…

  • Rejet des riches = catholicisme et protestantisme = recherche de la preuve de son élection dans la réussite matérielle. C’est du Weber et c’est du recuit jusqu’a être devenu de la soupe… On se demande pourquoi alors les autres pays catholiques ne sont pas égalitaristes autant que nous, ou encore pourquoi l’obsession des français pour l’égalité ne s’est pas étiolée avec l’effondrement de l’Eglise catholique.

  • Vous reprendrez bien encore une cuillerée de curé, Mr Sicard?
    Encore une analyse avec des conclusions basées sur une méconaissance (vraiment?…)du vilain catholicisme.
    « Rendez à César… », »il est plus facile pour un chameau de traverser le chas d’ une aiguille qu’ atteindre le royaume de Dieu pour un riche » Il n’est pas demandé ici de maudire les riches, mais aux Pharisiens et à tous ceux qui acceptent de suivre Jésus de ne pas mettre l’ argent au sommet de la pyramide des valeurs, de considérer l’ argent comme un moyen et non une fin en soi, tout simplement. L’ argent devient alors un moyen neutre, un outil pour aider plus pauvre que soi.

    Une partie des clercs a parfois usé d’ une lecture primaire comme outil de culpabilisation, ce qui était grave aux yeux des clercs intègres…catholiques.
    Allez, cherchez bien ces derniers ,vous en trouverez…

    • « Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu » Marc 10,23

      « Il n’est pas demandé ici de maudire les riches, mais aux Pharisiens et à tous ceux qui acceptent de suivre Jésus de ne pas mettre l’ argent au sommet de la pyramide des valeurs, de considérer l’ argent comme un moyen et non une fin en soi, tout simplement. »

      Curieuse analyse des paroles de Jésus…S’il n’est effectivement pas demandé de maudire les riches, il est explicitement demandé aux riches de se délester de leur richesse (au profit des pauvres) s’ils ont l’ambition de rejoindre le paradis.
      L’Eglise catholique a su utiliser cette phrase pour que les riches se déleste de leur fortune à son profit.
      Ce n’était malheureusement pas toujours pour aider les pauvres…

  • La haine des riches, pour reprendre la formulation de Hollande, n’est rien d’autre qu’une forme de racisme. Et si par hasard, vous pensez que j’exagère en affirmant cela, je vous concile de lire (ou de relire) la définition du mot « racisme » dans le dictionnaire Larousse.

  • Ce ne sont pas les révolutionnaires qui ont mis à bas les privilèges le 4 août mais des aristos secoués à la naissance par le philosophe de Genève, des cerveaux détraqués par la philosophie. Je veux parler de Jean de Noailles, dit Jean-sans-Terre, cadet et failli. Les remugles du droit féodal seront vraiment abolis en 1795 par la Convention.
    Pour ce qui est de cette fameuse DDDH qui devait illuminer le monde…
    Malouet au sujet de la DDDH en projet à la Constituante
    « Pourquoi transporter les hommes sur le haut d’une montagne et leur montrer tout le domaine de leurs droits, puisque nous sommes obligés de les en faire descendre, d’assigner des limites et de les rejeter dans le monde réel où ils trouveront des bornes à chaque pas. »
    Mirabeau avait la même vision des choses.
    Madelin a une belle formule (a peu près) – L’anarchie d’en haut essayait de contrôler l’anarchie d’en bas !

  • Très intéressant. Merci. Il manque juste un petit graphique pour montrer l’évolution des impôts. Peut être un prochain billet !?

    Les impôts qui étaient contestés à l’époque étaient pourtant très faibles. Comment avons nous pu dérailler à ce point ? Surtout que les autres pays ont déjà à l’époque fait des réformes pour assainir cette idéologie religieuse couplée à la politique. En France au contraire on a renforcé cette idéologie. D’où nos impôts à 75% aujourd’hui et une haine des riches.

    Maintenant qu’est ce qu’être riche ? Je vais vous dire qu’une richesse intérieure et culturelle est tout autant condamnée par les Français. Il ne s’agit pas seulement d’argent.
    Mais si l’on peut réduire un riche aux biens qu’il possède, je peux comprendre que celui ci soit suspect dans un système où il est quasi impossible de gagner et/ou de conserver de l’argent.

    Enfin, peut on dire qu’un riche est moins sympathique qu’un pauvre. Oui, et non. C’est vrai que le pauvre n’a rien à perdre, et il aura tendance à vouloir partager ce qu’il n’a pas….ou plutôt l’argent des autres (socialisme).

    Le riche le doit souvent au fruit de son travail (bon, il y a aussi pas mal de rentiers…) et le regard méfiant de ses voisins le rend coupable. Comment vivre heureux en se sentant coupable ? En rejetant tout simplement ce qui dérange: les pauvres. C’est un cercle vicieux.

    On arrive au libéralisme. Le riche peut fournir un outils de travail, de l’argent, de la nourriture aux pauvres. Tous le monde y trouve son compte. OUI, mais NON. Car en France on détruit les riches, ne laissant à la place que des pauvres assistés par l’Etat.

    L’Etat ne fabriquant pas l’argent, le pique bien évidemment aux riches……et on arrive au gros bordel d’aujourd’hui. Les pauvres se tapent sur la tronche et vont détruire l’Etat (les derniers riches). C’est un peu l’histoire qui se répète.

  • On va essayer de faire court… pour comprendre ce curieux tropisme je tente une hypothèse.

    il faut juste en revenir au logiciel culturel et structurel profond… La France est un pays d’obédience catholique et pas protestant tout simplement. Un pays ou pour une large majorité du peuple des provinces la richesse c’est la terre et l’épargne (comme les récoltes de blés que l’on tentaient d’accumuler jadis en prévoyance des hivers rigoureux ou des maigres récoltes) donc l’héritage. Pas un pays de crédit ni de risques boursier, pas un pays qui célèbre le bling bling de l’argent vite gagnée en bourse ou via l’usure (qui étaient placé dans le collimateur de l’église et des Roi Catholiques qui régulièrement venait « saisir » les excédents financiers trop flagrants… pratiquant ainsi une sorte d’étatisme de régulation avant l’heure. Les Romains faisaient de même).

    Un pays ou il n’est pas de bon ton de dire ce que l’on possède ni combien on gagne (péché d’orgueil), et ou il est recommandé de ne pas trop l’afficher (péché d’orgueil) ni de s’en servir pour gagner encore plus via des commerces basées sur l’addiction (péché de tentation) comme le sexe, l’alcool (qui à longtemps été tenu par le moines qui en régulait la distribution) mais pas le vin, ou les drogues de nos jours…

    Bref pendant 1500 ans le logiciel à interdit l’usure entre catholiques et cela ne peut pas ne pas laisser des traces dans l’imagerie profonde, pas sur une aussi longue période. Contrairement aux protestants qui sont née justement d’une opposition avec cette vision, une notion d’égalité basé sur l’usure pour tous (1521/1580) donc la célébration du commerce liée à la finance (on pourrait dire) libérale.

    Pour mémoire d’ailleurs la raison de la mise à l’index des templiers et de la fuite de certains d’entre eux…. en hollande et en Allemagne quelques 200 ans avant le schisme).

    Ce n’est qu’une hypothèse évidemment.

    • On peut dire sur un autre sujet:

      – Les musulmans ne mangent pas de porc (DONC)
      – Interdisons le porc pour tous le monde

      Pour moi c’est l’hypothèse « Française » et le fonctionnement de base de cette société (de merde)
      – Etre riche est mal
      – Faisons en sorte de n’avoir que des pauvres
      Et, boudiou, ça marche très très bien.

      Le mariage pour tous, oui, mais non, en fait, que pour les homo. (pas pour Hollande, il est pas homo, quand même. On ne peut pas avoir que des qualités)

      L’ISF pour tous, oui, mais non, pas pour les œuvres d’art de fabius et de sa famille.
      Carrez, invente la loi pour l’appart de sa fille.
      Rocard achete un ile en Polynésie pour sa fille. (il y a longtemps)

      Et il y en a des tonnes comme ça. Les lois, les taxes, elles, continuent de nous rendre pauvre.
      Que des intérêts particuliers Étatique qui contribuent à la pauvreté généralisée. ça c’est mon hypothèse.
      Ma conclusion: pour être riche, il est mieux de vivre à l’étranger.

      • Ou alors peut être… tant qu’a être riche autant le faire dans un pays protestant, mais tant qu’a être pauvre alors autant que ce soit dans un pays catholique… sachant qu’il ne peut y avoir autant de riches que de pauvres (sinon le capitalisme n’a plus de sens).

        Pour information je crois que les USA en terme de pauvres ne sont pas les derniers non plus (15% de la population contre 14% en France malgré notre lourd état providence), quand à l’Allemagne c’est pire (16%)….. certes les riches encaissent plus aux USA et en Allemagne qu’en France mais sur la tête de qui ?

        Par ailleurs nos amis protestants, si vertueux par ailleurs selon eux, ne s’encombrent pas de détails… la dette US est astronomique (105% du Pib contre 89% pour la France) et elle ne tient qu’a la faculté d’imprimer de la monnaie de singe garantie par d’autres… joie.

        Quand à la si parfaite Allemagne elle fait travailler des polonais pauvres pour 3€ de l’heure tout en étranglant l’Europe du sud, quand on sait que c’est JP Morgan et Goldman Sachs qui sont à la manoeuvre derrière la dette (voir la Grèce) c’est un must de vision auto-centrée qui semble se déguiser en moral vertueuse du fric universelle…

        Cette crise sera peut être une explication « en grand » des deux visions de la société.. d’un coté les états étatiques et régulateur d’obédience catholique-orthodoxe (France, Russie, Amérique du sud donc des Brics…) de l’autre l’économie protestante plus libéral de marché (Allemagne, US, UK…)… avec comme arbitre la chine… et peut être l’Iran chiite (qui n’a pas la même vision de l’usure que les sunnites qui eux collent aux protestants cf Arabie Saoudite) sans parler des émirats…

        Reste le cas d’Israel collé aussi aux protestants depuis un bail mais qui donne l’impression (peut être fausse) de réfléchir depuis la fin de Lehman (DSK chez Gasprom n’est peut être pas un hasard et les nombreux contacts directs avec la chine non plus)… ou du moins semble t’elle faire mine de jouer sur les deux tableaux.

        Si on accumule les dettes (en % du PIB comme en somme voir carte interactive)… il y a un camp qui semble plus à poil que l’autre (pas celui de la chine et de la Russie pour info). Difficile de dire à ce stade qui va l’emporter sachant qu’il serait plus sage d’explorer une voie médiane ou une 3eme voie plutôt que de chercher l’affrontement direct et définitif… qui risque de faire de la casse chez tout le monde. Il y a peut être un juste milieux non ?

        sinon… Beau match.

        Carte interactive dettes par pays en % :

        h**p://www.lefigaro.fr/assets/flash/eco/carte-dettes-monde2.swf
        h**p://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_pays_par_dette_publique
        h**p://www.lefigaro.fr/flash-eco/2013/09/17/97002-20130917FILWWW00554-465-millions-de-pauvres-aux-etats-unis.php
        h**p://www.lepoint.fr/invites-du-point/patrick-artus/ce-qui-differencie-vraiment-l-allemagne-de-la-france-25-03-2013-1645478_1448.php
        h**p://www.rfi.fr/economie/20130307-allemagne-pauvrete-merkel-rosler-caritas-crise-economique

  • juste une remarque. Max Weber ne démontre pas que » l’éthique protestante était l’explication même du succès du capitalisme », il montre une corrélation entre les deux qui se nourrissent l’un de l’autre. D’un côté vous avez une explication linéaire assez simple de cause à effet, de l’autre vous avez un phénomène complexe, dialectique, fait d’actions et de rétroactions.

  • Le rejet des riches s’explique par les racines chrétiennes de notre société …?
    C’est le comble du comble … et ça se dit ‘journaliste’ !
    – de 1 : la société française a depuis longtemps perdu ses valeurs chrétiennes, et donc ses racines par la même occasion
    – de 2 : le rejet d’autrui (qu’il soit riche ou pas hein) n’est absolument pas l’idée du catholicisme… (ravi de vous instruire a ce sujet, cf point 1)

    Alors oui la société française rejette les riche. je pense plutôt que c’est parce que le français sont tous simplement un peuple de jaloux, qui ne vois pas l’intérêt des riches… mais bon a lire certain et la caricature qu’il font du ‘riche’ (arrogant, …) je ne pense pas me trompé.

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