Que pensent les Français de la prostitution ?

Prostitution à Paris (Crédits Nils Hamerlinck, licence creative Commons)

Les tenants de la criminalisation de la prostitution sont très minoritaires, de moins en moins nombreux et surtout sont les moins concernés par la question selon une étude de l’Ifop.

Par Alexis Vintray.

Prostituée au Mexique (Crédits : Tomas Castelazo, Creative Commons)Alors que les prohibitionnistes de tout bord tentent de criminaliser la prostitution, de telles mesures recueillent-elles l’approbation des Français ? Une question rarement posée sur ce sujet particulièrement personnel et sensible. Pour le magazine Causette, l’institut de sondage Ifop a pourtant réalisé une nouvelle étude qui se révèle porteuse d’enseignements surprenants (Méthode des quotas, 954 sondés).

Ainsi, même sur un sujet où les tabous sont extrêmement forts, 48% des sondés se disent « favorables au principe d’avoir des relations sexuelles tarifées ». Surtout, les personnes interrogées se montrent extrêmement favorables à la liberté de choix des prostitué(e)s et de leurs clients : seuls 13% de radicaux  voudraient éradiquer la prostitution et répondent par l’affirmative à la question « la prostitution est intolérable, il faut s’efforcer de la faire disparaître à tout prix ». Une proportion qui a en outre été divisée par deux depuis 1970, quand 26% répondait de la même manière.

Ces extrémistes sont surtout des femmes (17% vs 8%), et des jeunes : selon les chiffres de l’Ifop, plus on est jeune plus on veut éradiquer la prostitution. Et plus on est jeune (et a fortiori une femme), moins on y a recours. Autrement dit, les personnes qui n’ont pas recours à la prostitution et sont donc les moins concernées sont aussi celles qui voudraient régenter la vie des autres… Heureusement, ils sont tout sauf majoritaires.

Interrogés sur les mesures répressives qui font la une ces derniers jours, les Français sont en effet très loin de suivre ces radicaux : criminaliser le recours à des prostitués(es) ou criminaliser l’acte de se prostituer  ne recueille qu’un support très faible : moins d’une personne sur trois dans le premier cas (32%), moins d’une personne sur cinq dans le second (17%). Au contraire, la réouverture des maisons closes convainc trois quarts des sondés (74%), près de 10% de plus qu’en 2002 où ils n’étaient que 66%.

Comme quoi, malgré les tentatives d’esbroufe de quelques politiciens en manque de causes comme Najat Vallaud-Belkacem ou Maud Olivier, les Français sont bien plus sensibles à la liberté de choix de chacun dans le domaine de la prostitution comme dans beaucoup d’autres. Á méditer…

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