La marche de la liberté

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La liberté n’est pas qu’un idéal, elle est aussi un combat. En avant !

Par Baptiste Créteur.

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Rappelons-nous l’enthousiasme pour la voiture électrique, inversement proportionnel aux particules qu’elle génère : Montebourg y voyait l’avenir de la France, Ségolène Royal en faisait un pilier du redressement d’Heuliez, les mairies y voient l’avenir du déplacement urbain. Sans surprise, ça foire : les ventes sont loin des chiffres ambitieux de nos champions nationaux, Heuliez calanche, et les seuls profits réalisés le sont grâce à l’argent du contribuable.

Mettons en regard l’historique de la nationalisation à travers l’histoire et l’enthousiasme de Montebourg, qui n’en démord pas : la nationalisation était la solution pour Florange. Observons le manque de cohérence des syndicats, incompris des Français, qui sont avec les salariés pour demander plus d’État et contre les salariés qui demandent moins d’État. Remarquons le mépris et la haine de Mélenchon quand les citoyens osent lutter pour la survie de leur industrie sans faire appel aux habituels fournisseurs officiels de slogans.

Notons que des députés demandent que la puissance publique s’abatte sur les manifestants, que d’autres tentent de rejoindre un mouvement de protestation contre des lois qu’ils ont votées. Voyons les tous dénoncer ceux qui échappent autant que faire se peut à l’impôt, alors qu’eux-mêmes sont face à l’impôt des privilégiés. Écoutons les insulter ceux qui créent plus d’emplois, produisent plus de richesse, paient plus d’impôts qu’ils ne le pourront jamais.

Regardons comment ils dilapident l’argent du contribuable avant de lui en prendre toujours plus, de s’offrir les fruits du travail et le patrimoine des Français en même temps qu’ils s’offrent petits fours et voyages insensés. Entendons leurs promesses trahies de ménager les uns, leurs promesses honorées de favoriser les autres.

Suivons d’un œil attentif la machine médiatique, qui réagit au quart de tour à la couteuse libération d’une poignée d’otages, couvre par le menu l’expulsion parfaitement légale d’une enfant gâtée que d’aucuns n’hésiteraient pas à qualifier de petite peste, met sur le même plan des manifestations aux revendications opposées. Apprécions la sélection des sujets, la concentration périodique du vocabulaire, la part toujours croissante de n’importe quoi ; la complaisance à l’égard de certaines populations fondamentalement « défavorisées » et la sévérité avec les « privilégiés » et les « pas à plaindre ».

Et demandons-nous comment nous en sommes arrivés là. Une élite recroquevillée sur elle-même, pourrissant sur son idéologie, crachant son mépris et se nourrissant de ses clichés ; qui veut changer les Français plus que changer la situation, les arracher de leurs racines plutôt que de leur condition, lutter contre le travail et la richesse plus que contre la crise ; pour ses privilèges plus que pour leur liberté. Cette élite, nous la laissons faire, nous la nourrissons, nous lui donnons notre blanc-seing, nous l’acclamons parfois. Et aujourd’hui, si cette élite n’a pas peur, elle devrait.

La frange de la population dont le point de saturation est atteint est encore marginale, mais elle grandit. En dehors de quelques catégories trop favorisées par le système actuel pour vouloir le voir changer, tous ont intérêt à être plus libres et commencent à le sentir : les Français s’appauvrissent, et les efforts supplémentaires qu’on leur demande passent de moins en moins bien malgré tous les efforts de pédagogie déployés.

Des efforts de pédagogie qui ont remplacé le débat ; un sujet pas accepté est forcément mal compris puisqu’il n’y a qu’une vérité dont l’avant-garde nous éclaire. Ces efforts de pédagogie, à nous tous de les déployer.

Nous ne pourrons pas conquérir ceux qui vivent du système ; par intérêt, par amour de leur pouvoir plutôt que de notre liberté, ils seront contre nous. Mais nous pourrons convaincre tous les autres, propager un message de bon sens. Le dirigisme ne marche pas, et ça se voit ; pour une fois, essayons la liberté.

Charge à nous de diffuser nos idées. Manifester de façon visible compte ; l’action invisible aussi. Partager un article ne coûte rien, échanger avec ses amis est un plaisir. Nul besoin de faire un don ; diffusez vos livres préférés, les articles que vous aimez, menez la bataille intellectuelle, gagnez le terrain des idées.

Les collectivistes l’ont compris et appliqué depuis des décennies : l’idéologie détermine les grandes évolutions de la société. Où les messages collectivistes sont-ils les mieux relayés ? Au sein de l’Éducation Nationale, dont les seuls leçons sur l’entreprise sont tirées d’Alternatives Économiques ; dans les médias, dont les subventions assurent l’allégeance ; dans le milieu culturel, bénéficiant d’à peu près autant de subventions que de niches et où l’administration dispose d’un pouvoir presque illimité sur le choix des artistes, messages, collections, expositions. Mais ils n’ont pas le monopole de l’influence.

Même s’il s’immisce dans votre frigo, l’État n’est pas assis à votre table. Même s’il écrit les programmes scolaires, l’État n’attend pas vos enfants avec vous à la sortie de l’école, il n’est pas votre voisin à l’école. Ne faites pas de politique, ne perdez pas de temps à tenter de raisonner avec des idéologues ; ralliez vos amis, vos proches, vos voisins ; ces gens que vous croisez tous les jours partagent sans doute vos préoccupations et partageront peut-être vos idées.

Faites société, reprenez le contrôle. Donnez du poids à vos principes et valeurs en explicitant la liberté. Elle n’est ni de gauche, ni de droite ; ni extrême, ni modérée ; elle ne demande ni maîtres, ni esclaves.

Les Français sentent d’où vient le problème mais croient encore qu’il porte en lui la solution. Ensemble, ils peuvent remettre l’État à sa place, reprendre la leur, grandir et croître à nouveau. Mais pour que la liberté remporte la bataille qui opposera les défenseurs de chacun aux adorateurs du tout, les défenseurs de l’individu minoritaire aux partisans de la société monolithique, qui opposera la liberté au pouvoir, elle doit d’abord se propager, être diffusée, comprise. Alors seulement, elle pourra être aimée, elle pourra être défendue, elle pourra être conquise.

En avant.