Prostitution : en défense des proxénètes

La condamnation du proxénétisme n’a pas de justifications rationnelles.

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L'entremetteuse (Vermeer) (Image libre de droits)

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Prostitution : en défense des proxénètes

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 4 novembre 2013
- A +

Par Michel Desgranges.

L'entremetteuse (Vermeer)
L’entremetteuse (Vermeer)

Afin de sacrifier au dieu Parité, dont le courroux s’exprime par ces articles perfides de médias subventionnés ou ces communiqués malveillants d’associatifs également subventionnés menacés de désaffection électorale, le Président tout frais intronisé s’en alla chercher dans les poubelles de sa secte un lot de harpies et mégères à qui il fit don de certaines de ces places nommées ministères, qui sont lieux de fortune et de pouvoir.

Conscientes d’avoir été choisies non pour leur mérite mais pour une singularité de leur anatomie, ces femelles s’empressèrent de tenter de dissimuler cette tare originelle en faisant preuve d’une activité législatrice dont la malveillance égale le ridicule, mais s’inscrit dans le vaste programme socialiste de prohibition des activités humaines les plus légitimes, conformément aux diktats d’une idéologie perverse.

L’une de ces ministresses a décidé d’interdire un métier, d’origine ancienne, consistant à vendre des services de nature sexuelle que, par souci de concision, je me garderai d’énumérer. Ce métier a, dans la plupart des cultures (les exceptions sont rares), mauvaise presse, pour des raisons nées de la jalousie, de l’envie et de la méchanceté puritaine, mais son exercice s’est toujours maintenu, entre persécution et tolérance.

Au moment de promulguer une loi l’interdisant, la ministresse a découvert qu’il était pratiqué par des femmes (il peut l’être aussi par des hommes, ce fut oublié) et que, promoteuse officielle de mystérieux et inégalitaires droits des femmes, elle risquait de se trouver accusée de nuire à celles-là même qu’elle doit combler de privilèges.

Après diverses réunions avec des sociologues, ethnologues et charlatans psys, il fut donc décidé d’envoyer au bagne les acheteurs de ces plaisants services (ce sont les clients), ainsi, les femmes exerçant ce commerce demeureraient parfaitement libres de le continuer, sauf que la crainte du gendarme les priverait de tout client.

Cette nouvelle loi absolument liberticide a provoqué les protestations argumentées des derniers défenseurs (femmes et hommes) de la dignité et de la responsabilité humaines, ce qui leur a valu de recevoir des bordées d’injures émises par les habituels associatifs stipendiés et gens de médias prostituant leur discours au pouvoir.

Il est regrettable que certains de ces hérauts de la liberté aient cru devoir assortir leur défense de la prostitution d’une condamnation du proxénétisme, allant jusqu’à réclamer les châtiments les plus rigoureux contre les proxénètes.

Un proxénète est une personne, homme ou femme, à qui une prostituée remet une partie,  variable, de ses gains. Cela peut être effectué pour de multiples raisons, en échange d’une protection (paiement d’un service) ou pour faire plaisir à l’être aimé, ou encore en rémunération d’un partage des tâches : pendant que madame s’épanouit dans un travail libérateur et fructueux, monsieur, à la maison, passe l’aspirateur, prépare le souper et torche les marmots en laborieux homme au foyer, tel que le prônent les féministes.

Un jour, ancien, un tel homme, venant déjeuner chez nous avec sa compagne, nous apporta un immense et superbe rosier en pot ; madame ma femme et moi essayèrent d’estimer combien de passes en avaient permis l’achat, nous n’osâmes nous en enquérir et nous satisfîmes d’une conversation plaisante et variée avec un couple incarnant le bonheur conjugal (le rosier du vice prospéra et fleurit longtemps sur notre balcon).

Je me liais aussi, dans un bar de nuit, avec un honnête homme qui vivait bourgeoisement, dans notre paisible quartier d’Auteuil, des recettes de deux hétaïres placées dans le quartier Saint-Denis ; il était père de famille, et fier que lui, parti de rien, fût parvenu à inscrire ses enfants dans de huppés collèges catholiques.

Les hasards de la vie me firent perdre de vue ces deux proxénètes, hommes d’agréable compagnie, qui n’étaient pas des brutes et avaient le bonheur de payer pour seul impôt les billets qu’ils glissaient aux argousins chargés de les emprisonner.

La scélératesse de la loi ne se borne pas à pourchasser quiconque bénéficie des largesses que lui offre volontairement une courtisane, ainsi privée de la liberté fondamentale de faire ce qu’elle souhaite de ses gains, elle s’abat aussi sur toute personne qui vit, habite, demeure avec une telle travailleuse sans même en recevoir un sol, et de ce proxénétisme de cohabitation sont victimes de nombreuses femmes aimées d’autres femmes qui se reposent dans la douceur d’étreintes unisexe de trop mâles et tarifées ardeurs.

Pis encore, le législateur inventa le proxénétisme hôtelier, délit auquel succombe tout détenteur d’un logement dans lequel, parfois à son insu, une dame monnaye ses charmes. (Ce délit arrondit les fins de mois de certains policiers qui ferment les yeux tout en ouvrant une main aux doigts avides, et sa suppression ne manquerait pas de provoquer des clameurs syndiquées).

Tels sont ces proxénètes désignés à la vindicte publique et promis aux galères.

— Mais mais… malheureux et naïf anarchiste, ignorez-vous que…

Non, je n’ignore pas qu’il existe des malfaiteurs cruels qui séquestrent, battent, torturent des malheureuses afin de livrer leurs pauvres corps à peine nubiles aux ardeurs vacillantes de vieillards luxurieux, mais ces crapules sont coupables de crimes réels, de crimes que répriment de multiples articles de tous les codes pénaux de tous les pays : ce n’est pas envers eux un prétendu délit de proxénétisme qu’il faut châtier, mais une réelle et abjecte violence, qu’il serait juste de punir du fouet et de la corde.

Interdire le proxénétisme parce qu’il se trouve qu’un proxénète soit un criminel est comme interdire la plomberie s’il se trouve qu’un plombier soit un assassin.

Et pourchasser des crimes sans victime semble être une excuse pour s’abstenir de châtier les auteurs d’actes authentiquement criminels.


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  • pas mal du tout, en tout cas d’une lecture fort plaisante, l’auteur met bien en lumière une des absurdités de la loi Française, qui sanctionne inidstinctement le proxénétisme « de soutien » et le proxénétisme « de contrainte » contrairement à d’autre pays comme la Suisse, qui tolèrent le premier et répriment (heureusement) le deuxième.

    • le proxénétisme de  » soutien  »

       » et votre femme, qu’est_ce qu’elle fait ?

      ma femme ? elle soutient georges ! « 

  • A tous:
    Don’t feed the troll.

  • À partir du moment où la prostituée trouve un accord parfaitement consenti pour se faire protéger par un proxénète il est évident que personne ne devait avoir le droit de fourrer son nez dans leurs affaires. Et même sans protection, elle a le droit de donner son argent à qui elle veut. Comme le souligne l article c est seulement s’il y a violence et mise en esclavage que le proxénétisme doit être condamné.

    Vr

  • À quand un petit article sur Contrepoints, où il sera démontré que le désir actuel de nos bonnes-âmes-puritaines-de-gauche de pénaliser le client ne procède finalement que d’un cadre de pensée purement keynésien, voire marxisant, qui survalorise — comme à son habitude — le rôle de la demande ?

    Alors qu’en bon libéraux, nous savons bien que l’offre prime : c’est elle qui suscite et excite la dite demande (c’est le cas de le dire) et entraîne la croissance… de l’économie (mais vous pensiez à quoi ?).

    (Ce qui ne veut pas dire pour autant qu’il faudrait criminaliser les péripatéticiennes, soyons clair, pas de logique mal placée.)

  • Ce qui est amusant c’est que historiquement le métier de proxénète a été une nécessité à cause de lois passées au début du 20ème siècle qui, sous couvert de suspicion de prostitution, permettaient aux policiers d’arrêter les femmes qui marchaient dans la rue sans être escortées. Pour pallier à ce problème les prostituées ont engagé des hommes pour les accompagner et éviter de se faire arrêter par la police.

    Contrairement aux idées reçues, la plupart du temps c’est le proxénète qui travaille pour la prostituée et non l’inverse…

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