Brignoles : victoire du FN, victoire des constructivistes

Le FN a un boulevard devant lui tant que ses adversaires actuels sont en réalité ses alliés objectifs.

Par Philippe Bouchat.

brignoles-fn
Laurent Lopez (FN) a été élu, dimanche 13 octobre, conseiller général dans le canton de Brignoles (Var).

 

À l’heure où nous écrivons ces quelques lignes, le FN aura donc gagné son pari à Brignoles : son candidat à l’élection cantonale à récolté 53,9% des voix face à la candidate de l’UMP, pourtant soutenue par les différents partis du « front républicain », et malgré une hausse de participation de 12% par rapport au premier tour qui a vu l’élimination de la gauche.

Il y a bien des manières de réagir à cette nouvelle et les médias de la presse subsidiée ne s’en privent d’ailleurs pas, oscillant entre le choc de voir le parti extrémiste avoir un élu supplémentaire, la résignation d’une élection annoncée et la désignation des coupables de ce qu’ils estiment un symptôme d’une démocratie malade.

Pour ma part, je pense que tous les partis sont « gagnants » et que la démocratie française ne récolte finalement que ce qu’elle sème depuis le retrait du Grand Charles. Tous, sans exception, ont ce point commun de vouloir transformer la société par le truchement de l’État. Tous, sans exception, ont fait naître depuis des décennies des espoirs toujours déçus chez les citoyens. Tous, sans exception, créent de la frustration. Pourquoi ? Parce que l’État n’est, en aucun cas, la solution mais bien le problème ! Cette pathologie de l’action étatique a un nom : le constructivisme.

Or, à ce jeu, le FN est le seul qui n’a pas encore eu l’occasion de frustrer ses électeurs, profitant de son statut de parti de l’opposition, pour ne susciter que des espoirs. Cette victoire n’est pas le fruit du hasard. Mais les solutions qu’il prône sont exactement les mêmes que celles des partis traditionnels : l’intervention de l’État, mais en version extrémiste. Marine Lepen a raison lorsqu’elle refuse qu’on qualifie son parti d’extrême-droite : son extrémisme n’est pas de droite, mais constructiviste, le FN est le parti extrême-constructiviste.

Tant que les partis traditionnels prôneront des solutions constructivistes, le FN sera renforcé dans sa légitimité, jusqu’au jour où il accèdera au pouvoir. Que se passera-t-il ? Les énormes espérances qu’il a suscitées seront bien évidemment déçues et la frustration de la population sera inégalée : restera la dernière étape logique : le fascisme ou la national-socialisme qui, comme les partis traditionnels, comme le FN, prônera également des interventions de l’État, mais cette fois-ci au titre de solutions… finales.

Ce scénario catastrophe est-il inéluctable ? Oui ! Sauf… sauf à enfin essayer la liberté, le libéralisme. Non pas les caricatures que sont l’ultra-libéralisme des requins de la finance qui font crever les peuples, ni les capitalistes pourris « crony », ni les oligarques, non, mais le vrai libéralisme, celui de Bastiat, des « autrichiens », de Friedman, de Hayek… bref, celui qui n’a jamais été essayé.

Seul le libéralisme constitue le rempart contre le nationalisme-socialisme qui monte inexorablement ! Que les citoyens se réveillent : il est minuit moins cinq Dr Schweitzer !

Le FN a un boulevard devant lui tant que ses adversaires actuels sont en réalité ses alliés objectifs. Son véritable adversaire, c’est le libéralisme.


Sur le web.