L’immigration : le combat des castrateurs de libertés individuelles

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Quand la schizophrénie sur les flux migratoires, qui tend à vouloir emmurer la liberté de circuler, se heurte à la réalité des faits et des chiffres.

Quand la schizophrénie sur les flux migratoires, qui tend à vouloir emmurer la liberté de circuler, se heurte à la réalité des faits et des chiffres.

Par T. Matique.

L’immigration est devenue le cheval de Troie de ceux qui veulent parasiter les esprits à défaut de les épanouir, de les grandir. Une ruse pour éluder les vrais problèmes d’un pays incapable de relever le défi de la mondialisation, incapable d’être compétitif et d’être le moteur, et encore moins l’un des leaders, de la troisième révolution industrielle en cours.

Alors que l’État, en grand seigneur, impose ses corvées, le cens et le champart nouvelle version, qu’il vide les bas de laine, s’immisce dans les lits, au nom d’une protection et d’un intérêt général dont les vrais bénéficiaires sont environ 5 millions de fonctionnaires et 620 000 élus, auxquels s’ajoutent un peu plus de 3 685 100 bénéficiaires d’allocations en tout genre (RSA, API, AAH, ASS, AI/ATA, AVS/ASPA, AV, AER, et RSO) soit au total près de 15% de la population, certains présentent les symptômes du syndrome de Stockholm au point d’en oublier les réformes structurelles de la Suède. D’autres développent même de l’agoraphobie territoriale au point de vouloir verrouiller les frontières et finissent par ne plus discerner le réel du fantasme à tant faire du nombrilisme national, du patrie-autisme.

Ainsi, dans une autarcie neuronale micro-collective savamment entretenue par une oligarchie familiale, l’immigration devient une colonisation. Pourtant les immigrés en France ne représentent que 11% de la population, alors qu’ils représentent 16% en Autriche, 14% en Suède, en Espagne, et en Allemagne, 13% aux États-Unis (pourtant très stricts en matière d’immigration), et 10% au Pays Bas, au Royaume-Uni et en Belgique. Quant aux étrangers installés en France, ils sont au nombre de 3,8 millions, alors que l’Allemagne en compte 7,1 millions, l’Espagne 5,7 millions, et le Royaume-Uni 4,3 millions. Nous sommes bien loin d’une invasion de masse, et bien en deçà de pays tels que l’Allemagne et les États-Unis, entre autres, où le taux de chômage est bien inférieur et la croissance supérieure. Même un pays comme l’Arabie Saoudite compte près de 7 millions d’étrangers sur son territoire et les immigrés représentent près de 10% de la population. C’est dire si l’immigration est un phénomène mondialisé ! Au total 214 millions d’immigrés dans le monde en 2010 et 1.566.119 Français installés à l’étranger fin 2011, chiffre qui risque de doubler d’ici 2015.

Mais dans un pays où l’État, en plus, enseigne la morale au lieu d’affranchir les esprits et laisser libre cours à la liberté d’entreprendre, il n’est guère étonnant de voir des traumatisés du chiffre rendre les 30.000 régularisations annuelles faites en France aussi alarmantes que les 131.000 régularisations faites par Mitterrand en 1981, voire même les 690.679 régularisations faites par Zapatero en 2005. Ils en oublient même que ce sont des familles entières espagnoles qui se sont déplacées l’an dernier pour faire les vendanges faute de mains d’œuvre, que peu de personnes sont disposées à travailler dans les travaux publics sous une chaleur de 30 degrés, que les horaires de la restauration ne sont pas toujours au goût de certains, que la mobilité géographique en rebute plus d’un, etc. Pourtant, afin de préserver l’activité économique, il faut bien trouver des gens disposés à travailler dans des conditions autres que celles de bien des fonctionnaires.

Cependant, malgré un taux d’immigration plus faible que bon nombre de pays de l’Union européenne et même que les États-Unis, les nationalistes déconnectés des réalités économiques et des chiffres n’en démordent pas et selon eux les immigrés ne viennent en France que pour notre fameuse protection sociale qui coûte une fortune. Ils brandissent le livret d’accueil remis aux immigrés et ne retiennent que la fameuse citation de la page 54 : « Vous n’avez pas travaillé en France ou vous n’avez pas assez travaillé pour avoir des droits à la retraite…Vous pouvez demander l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) » en oubliant de préciser que ce droit est ouvert à tous les Français et que les immigrés ne peuvent s’établir en France qu’avec une carte de séjour leur permettant de travailler et non une carte senior à la retraite. Par ailleurs, même si par miracle ils venaient à s’installer en France peu avant la retraite, de par la loi il leur faut « être titulaire depuis au moins cinq ans d’un titre de séjour autorisant à travailler en France » pour pouvoir bénéficier du RSA. De plus, pour avoir un logement, il leur faut des fiches de paie et une caution avant de prétendre à avoir des APL. Alors pendant cinq ans, ils vivent de l’amour et d’eau fraîche dont ils nourrissent leur famille en attendant de devenir des allocataires de l’État-providence. Si les dépenses concernant l’immigration irrégulière s’élèvent à près de 4,5 milliards d’euros par an, dont 40% dus au travail au noir, les recettes fiscales annuelles liées à l’immigration s’élèvent à 83 milliards d’euros par an, tandis que le RSA versé à tous les bénéficiaires en France se chiffre à 8 milliards d’euros et l’ASPA à près de 700 millions d’euros.

Avec de telles déficiences en matière de calculs et de compréhension des textes pas étonnant que nous soyons tombés si bas dans le classement de Pisa !

Alors quand la schizophrénie sur les flux migratoires, qui tend à vouloir emmurer la liberté de circuler, se heurte à la réalité des faits et des chiffres, c’est la liberté du culte qui devient l’ultime bastion à neutraliser. Dans la précipitation, bon nombre confondent maghrébins et musulmans français, immigrés et étrangers, transformant le moindre teint halé en suspect par ceux qui ne prennent des couleurs que lorsqu’ils sont en vacances. Pourtant si la France comptent 4 millions de musulmans, soit près de 6% de la population, l’Arabie Saoudite compte 1,8 million d’hindouistes soit près de 6,5% de sa population et 1 million de chrétiens sans qu’il n’y ait péril en la demeure avec des conversions massives. De plus, l’immigration stigmatisée par certains Français ne concerne que les natifs du Maghreb ou du Moyen-Orient, alors que ceux-ci ne représentent que 50% de l’immigration, les Portugais, Espagnols et Italiens représentant à eux seuls près de 40% de l’immigration. C’est dire la confusion sur la religion et le statut de chacun ! Il y a même des gaulois à la Mosquée.

En plus d’avoir un socialisme mutilant les libertés et les talents, dépouillant tous les travailleurs et investisseurs, voilà que le conservatisme nationaliste, véhiculé par des socialistes encore plus socialistes, se sert de l’ignorance pour s’imposer et asservir en plus la liberté de circuler et du culte. Dans un pays où l’État est une louve nourricière qui met les libertés individuelles en quarantaine face à la mondialisation, le cordon ombilical demeure tenace et infantilise l’esprit d’entreprise et le discernement. L’immigration et l’islam aveuglent tellement certains Français que faire des procès d’intention envers les opticiens en devient pathétique. Nul besoin d’attiser le mal être, les phobies et les névroses, l’alcoolisme coûte déjà plus de 17 milliards d’euros (traitements, maladies diverses liées, accidents, arrêts de travail, etc.) et la consommation de psychotropes en tout genre coûte à la sécurité sociale plus de 15 milliards d’euros hors soins, accidents et arrêts de travail liés à leur consommation.