Renault monte en gamme au salon de Francfort

Initiale Paris symbolise la volonté de la marque Renault de retrouver une croissance sur son marché domestique, l'Europe.
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Renault monte en gamme au salon de Francfort

Publié le 19 septembre 2013
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Initiale Paris symbolise la volonté de la marque Renault de retrouver une croissance sur son marché domestique, l’Europe.

Par Vladimir Vodarevski.

PSA Peugeot Citroën fait les titres de l’actualité automobile en France, à la fois pour ses nombreuses nouveautés, et pour ses difficultés financières. Renault reste un peu dans l’ombre. Il est vrai qu’au salon de Francfort, ce dernier ne présente pas de modèles tels la nouvelle Peugeot 308, ou le concept Citroën Cactus. Pourtant, Renault présente un concept Initiale Paris, symbolique également pour son avenir.

Renault a beaucoup évolué depuis une vingtaine d’années. Il y a la partie visible : l’alliance avec Nissan, et le rachat de Dacia. L’alliance avec Nissan produit un double effet. Renault peut réduire ses coûts en augmentant sa puissance d’achat auprès de ses fournisseurs. Il partage les coûts de développement de nouvelles plateformes, de nouveaux moteurs. Tout en bénéficiant des composants de son allié. Nissan lui ouvre aussi les portes de l’Asie, où il est implanté. Et peut-être un jour des Etats-Unis. Enfin, en plus des bénéfices industriels et commerciaux, le deuxième effet de l’alliance est que Nissan, dont Renault possède 40%, est un placement très rentable.

Dacia est aussi un succès très visible. Grâce à cette marque, le groupe Renault a limité les pertes de part de marché en Europe. La Sandero est dans le top dix des ventes de voitures en France. Renault a inventé un secteur : l’automobile low cost. En plus, cette activité est très rentable.

Mais la mutation de Renault, c’est aussi ce qui se voit moins. Renault a ainsi profondément fait évoluer sa base industrielle. Le groupe produit moins en France. Ainsi, l’usine de Boulogne Billancourt n’existe plus. Les personnels d’autres usines ont été réduit. À l’étranger, Renault a fermé son usine belge de Vilvoorde. Renault a adapté son outil industriel à la fois aux coûts et à la demande. Au coût, car produire en Turquie, ou en Slovénie, est moins onéreux, et permet de pratiquer les tarifs que souhaitent les consommateurs d’Europe occidentale. Mais Renault s’adapte aussi à la demande : il est un des principaux vendeurs d’automobiles en Turquie.

Ce qui se voit moins, c’est aussi, par la force des choses, l’internationalisation du groupe Renault. Ce dernier produit en Russie, en Inde, au Maroc. Il produit au Brésil depuis longtemps. Cette internationalisation se développe aujourd’hui à travers la gamme entry. Les modèles que les Français connaissent sous la marque Dacia portent la marque Renault en Russie, et dans d’autres pays. Le véhicule le plus vendu du groupe est le Duster, décliné à la fois sous la marque Dacia en Europe, et Renault dans la plupart des autres pays. Renault s’internationalise donc avec sa gamme Entry, essentiellement dans les pays émergents, et de manière rentable.

Cependant, en Europe, Renault est confronté au même problème que tous les constructeurs automobiles. Le marché se segmente de plus en plus, entre les premiers prix, et les marques plus prestigieuses. Le groupe Renault a une marque low cost, qui se développe : Dacia. Mais, quid de la marque Renault ? Le constructeur veut la faire monter en gamme. C’est l’objectif de la future gamme Initiale, présentée à Francfort par le concept car Initiale Paris, qui préfigure le successeur du Renault Espace. L’Espace est considéré comme le haut de gamme de la marque Renault. Mais le public se lasse des silhouettes de monospace. Renault veut donc renouveler le genre, avec une silhouette plus dynamique.

Mais Initiale Paris symbolise également un positionnement plus premium. Et Initiale est destinée à devenir l’appellation des finitions haut de gamme des modèles de la marque Renault. Ce concept car symbolise la volonté de la marque Renault de retrouver une croissance sur son marché domestique, c’est-à-dire l’Europe. Et de favoriser autant les marges que le volume.

Le groupe Renault est en bonne santé financière. Il lui est reproché de ne pas avoir développé suffisamment sa marque phare, de ne pas avoir renouvelé suffisamment tôt ses modèles, du moins en Europe, puisque l’expansion internationale est indéniable. Le groupe a ses relais de croissance, avec sa gamme entry, vendue sous le label Dacia en Europe, et Renault ailleurs. Son défi est de monter en gamme en Europe, pour augmenter les marges sur la gamme Renault, et s’adapter à la segmentation du marché automobile. En ce sens, le concept Initiale Paris est très important pour la marque Renault, et symbolique de sa stratégie.


Sur le web.

Lire aussi : Salon de Francfort : PSA Peugeot Citroën joue son va-tout

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  • Travaillant dans l’auto depuis plus de 10 ans, j’ai travaillé à l’origine de l’alliance RN sur la commonalisation de la logistique. qui n’a jamais fonctionné…
    On soupconne C. Ghosn de vouloir abandonner la marque Renault mal placée et confrontée sur le marché européen à une concurrence féroce (opel, peugeot, fiat, seat….) pour privilégier Dacia sur le lowcost, Initiale Paris sur le premium qui marche en Europe et surtout sur les marchés émergents et Nissan. A terme, je pense que les véhicules moyens de gamme de Renault disparaitront. Trop d’acteurs sur ce marché en Europe. Sans compter les chinois par encore présents….
    LA question de pose également entre PSA et Opel…memes gammes.
    Cela annonce un peu plus de fermetures d’usines constructeurs ET équipementiers.
    Quand je vois comment Nissan, GM et Ford se sont relevés de leurs crises respectives, cela appelle à moins de règlementations !
    Vaut il mieux ne pas prendre de décisions (fermetures, licenciements…) et couler un groupe complet ? Ou fermer des usines immédiatement pour se restructurer et mieux repartir rapidement (comme Nissan l’a fait) ?

    • Fermer des usines en France est rationnel pour eviter le pillage qui y sévit.
      En revanche sur la stratégie de marque je suis plus partagé. Renault a quand même un nom et un réseau aussi. Il faut surtout qu’ils apprennent à arrêter les aneries style Vel Satis et autres voitures invendables.

      • Ca se discute. la Vel Satis avait des problèmes de technologie je crois, mais c’était une superbe voiture bien finie et confortable, qui renouait avec une image haute gamme et INDIVIDUELLE – perdue depuis longtemps à la régie, à la faveur du look indécrottable « laguna du fonctionnaire de base ».

        Vous lui reprochez son peu de succès commercial ? Je lui prédis un avenir de collection.

        • Un echec commercial est une perte d’argent et d’image de marque. Que certains la trouvent belle est une chose. Il y en a bien qui aiment le design du multipla, mais ce n’est pas mon propos. Je veux dire que Renault, une marque que je respecte beaucoup par ailleurs, ne prend toujours le temps de prendre vraiment la tempérture du marché et que ca se manifeste par des réels problèmes en terme de vente et de succes commerciaux.
          Les succes de collection sont des succès à posteriori qui rapportent autant à une entreprises que les peintres connus après leur mort vivent de leur art. C’est bien mais quand même ca pourrait aussi se passer autrement. La 2CV a eu un succes commercial ET de collection, la DS aussi. Sans vouloir fire de la pub à citroen, n’est ce pas un meilleur exemple à suivre d’un pint de vue économique?

  • Le ton du WSJ etait tres différent dans son édition du 11 septembre (French Brands Find Rivals Grab Spotlight). Les allemands fanfaronnent, tandis que Peugeot, Fiat, et dans une moindre mesure Renault et Opel font grise mine.

  • L’important c’est d’avoir un marché plus ou moins captif (national) qui assure la couverture des cout fixes (R&D, investissements de production, etc.).
    Les allemands en ont un en Allemagne. Renault n’en a pas : le traitement fiscal de la berline premium est une horreur pour les entreprises (plafond très bas pour les frais automobiles déductibles) et les cadres (avantage en nature qui se déclare au prix fort), il est interdit de rouler vite, etc.
    Quelque soit la qualité de la stratégie et de la voiture, Renault c’est un « poids plume » qui attaque le championnat « poids lourd »…

  • Une blague cette voiture ! Tout ce stylisme pour une apparence aussi grotesque.
    Initiale Paris, cela fait suite aux « Baccarat ».
    Est ce que Citroën avec les DS dans la même inspiration esthétique réussit à en vendre ?

    • Non seulement les DS se vendent bien et pas seulement en France mais « pire », elles se vendent dans les déclinaisons les plus haut de gamme générant ainsi de belles marges… Citroën est très content d’avoir créer la gamme DS !

  • 6000 euros de malus écologique, je suppose.

  • Je ne m’y connais pas en voiture, mécaniques etc… mais visuellement tout de même j’ai l’impression que les hauts de gamme de Renault, Peugeot et Citroen sont beaucoup plus belles et de qualité qu’avant. J’ai vu les hauts de gamme Peugeot et Citroen, qu’on peut voir notamment quand les politiques se déplacent, je les trouve aussi belle que les Bmw et les Mercedes maintenant. Bonne nouvelle je trouve.

  • Les commentaires sont fermés.

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