Budget 2014 et suivant : la France doit réduire de 5 points de PIB ses dépenses publiques

Nous savons que les ministères doivent économiser 5 milliards sur leurs dépenses structurelles. Et qu’il va falloir trouver aussi 6 milliards de ressources supplémentaires en matière fiscale pour compenser des revenus qui existaient en 2013, mais qui ont disparu en 2014. Malheureusement, je dirai que cela n’est que l’écume des choses.

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Budget 2014 et suivant : la France doit réduire de 5 points de PIB ses dépenses publiques

Publié le 12 septembre 2013
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Nous savons que les ministères doivent économiser 5 milliards sur leurs dépenses structurelles. Et qu’il va falloir trouver aussi 6 milliards de ressources supplémentaires en matière fiscale pour compenser des revenus qui existaient en 2013, mais qui ont disparu en 2014. Malheureusement, je dirai que cela n’est que l’écume des choses.

Par Jean-Luc Ginder.

Au moment où j’écris, on ne sait pas, si pour boucler le budget de 2014, on aura besoin de 5, de 10, de 15 ou de 20 milliards d’euros. Je vais tenter de vous décrire les raisons de cette situation.

Premièrement, l’hypothèse gouvernementale de croissance française pour 2013 était de 0,8% et l’hypothèse de croissance pour 2014 était de 2%. On sait déjà que pour 2013, la croissance ne sera pas de 0,8%, mais sera probablement proche de 0%. On sait déjà aussi que, en 2014, la croissance n’atteindra pas les 2% attendus (selon la commission européenne), mais 1,2%. C’est-à-dire qu’on a déjà perdu près de la moitié de la croissance espérée. Et, en perdant 1,5% de croissance, on perd 0,75% de recette fiscale soit environ 15 milliards. On ne sait pas quelle sera la croissance 2014, mais l’hypothèse la plus probable est autour de 1% et là, on est très loin de la prévision initiale du gouvernement.

Deuxièmement, quel est le niveau de déficit français négocié avec Bruxelles pour 2014 ? La France avait prévu un déficit de 3% en 2013 et 2,2% en 2014. On sait déjà qu’à la fin de cette année, il ne sera pas à 3%, mais à 3,7% (selon la commission européenne) et la même commission indique que si rien n’est fait, la France sera à 3,9% en 2014. Notons l’écart qu’il y a entre le 3,9% projeté par la CE et le 2,2% prévu par la France. Cela prouve qu’en termes budgétaires, l’État français est très loin du compte et en conséquence, ce ne sont plus 5 milliards qu’il faut prévoir, mais beaucoup plus. En ne touchant à rien et en ne prenant pas, dès à présent, les mesures nécessaires, on démontre que l’on n’a pas pris ni conscience, ni mesure de la situation économique. Nous devons savoir que la France est en récession économique. Nous sommes depuis 6 ans à une croissance égale à 0. Le niveau de la richesse nationale est égal ou même inférieur au niveau de 2008. Nous sommes dans une stagnation économique complète.

Donc si la richesse nationale est clairement au même niveau qu’il y a 5 ans et demi et que, pendant ce même temps, la population a augmenté, la richesse par habitant a diminué, nous nous trouvons dans une situation où nous nous appauvrissons globalement et où les dépenses continuent de croître.

Je prends ici la plume en toute simplicité pour lancer une motion d’alarme qui indique que dans le cadre du budget de 2014, la France doit réduire en urgence et sans détour ses dépenses en s’attaquant au caractère structurel du déficit, et qu’il va falloir trouver rapidement de nouvelles recettes fiscales. Mais tout ceci est et restera malheureusement trop insuffisant, car ô combien trop tard.

Portons néanmoins notre regard vers l’avenir et posons-nous les bonnes questions : quand faut-il prendre ces décisions douloureuses pour nous tous ? Et dans quelles limites ? La zone euro est en récession. On apprend à l’école que lorsqu’une zone économique de l’importance de l’Europe est en récession et quand, en plus, le moteur de la consommation et de l’investissement est en panne, la dernière chose à faire est de couper la dépense publique. Donc, a priori, la politique qui est menée en ce moment en Europe est une folie. Et pourtant, la France la suit. Pourquoi ? Comment la France pourra-t-elle sortir de ce piège ? Parce que la France a peur de la pression des marchés, parce qu’elle a pris des engagements vis-à-vis des partenaires européens, parce que nous, Français, avons perdu toute crédibilité au cours des 10 dernières années. En effet, nous avons pris régulièrement des engagements de baisse des dépenses, engagements que nous n’avons jamais tenus.

Alors la vraie question est de savoir comment restaurer la crédibilité de la France sans détruire ce qui reste de croissance et sans plonger l’ensemble de l’Europe dans une récession qui risque de durer 10 ans.

À mon avis, les termes de l’accord sont assez simples. Il faut que la France dise clairement haut et fort : voici les réformes structurelles que je vais entreprendre, voilà ce que cela va me rapporter par année, voilà comment je vais crédibiliser ma tendance à la décroissance, car il faut accepter de diminuer de 1 point de PIB par an le déficit que nous avons actuellement. L’effort de 2012-2013 a été trop violent, car il a été réalisé essentiellement avec des hausses d’impôts et non pas avec des baisses de dépenses.

Donc, ce qu’il faut à la France aujourd’hui c’est de réussir à crédibiliser sa démarche et, si elle est encore capable de convaincre, en mettant en place des réformes structurelles qui vont permettre la décrue sur la moyenne durée de ses dépenses publiques. Alors, elle pourra négocier avec Bruxelles une moindre contrainte en matière de coupure dans les dépenses et là, une plus grande stimulation de la croissance.

On sait très bien ce qu’il faut faire, il n’est plus l’heure de débattre à l’infini. Si je prends l’exemple des régimes de retraite, il est évident qu’il n’y a aucune raison pour qu’un régime de retraite soit en déficit. Cet exemple est simple à comprendre. Ou bien on adopte un système qui est un système de type suédois de comptes notionnels (plus simplement de compte à point) qui interdit le déficit, et qui oblige à l’équilibre par ajustement instantané, ou bien on affine le modèle français en ajoutant des trimestres de cotisations, on recule l’âge de départ à la retraite, on dégrade le mode d’indexation des pensions et on crée une clause d’équilibre automatique. Mais il n’y a aucune raison qui justifie que le système soit en déficit.

Il est grand temps maintenant d’être sérieux et responsable : dire ce que l’on va faire, annoncer les effets produits année par année, indiquer la trajectoire de notre réduction des dépenses avec l’objectif simple de réduire la dépense de 5 points de PIB. C’est exactement ce que les Allemands ont instauré au début des années 2000 et leur dépense publique a été réduite de 5 points de PIB. Cela prouverait que la démarche est possible.

Pourtant, 10 ans de vache maigre nous attendent. On ne pourra que réduire les surcoûts et les déficits accumulés, mais malheureusement en aucun cas on ne saura réduire la dette globale française qui, elle, continuera d’augmenter.

 

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  • Voeux pieux. « Grand temps », « être sérieux et responsable » etc.

    Tout cela n’a aucun sens.

    Les changements dont vous parlez :
    -sont des révolutions (au sens propre). Impossible dès lors d’en faire des « réformes » (ça fait 30 ans que les politiciens usent et abusent du mot « réformes »)

    -ne pourront advenir que sous la contrainte. Là encore, ça fait 30 ans qu’on veut « réformer » pour réduire les déficits (état, sécu etc.). Ca fait 20 ans qu’on fait des « réformes » des retraites.

    Bref.

    En outre, vous réduisez délibérement la portée de votre message en évoquant « 10 années de vaches maigres ».

    Sous entendu : les vaches redeviendront grasses après.

    Ce qui est une impossibilité arithmétique.

    La « croissance » n’est le résultat que de la dépense publique (grosso modo), elle même financée par de la dette. Un vaste Potemkine.

    Dès lors, si vous réduisez, coupez les « dépenses »… vous créez automatiquement de la récession, voire même une dépression, c’est à dire une baisse massive du niveau de vie.

    Je prends toujours cet exemple simple : le fonctionnaire est payé par de la dette… mais ce fonctionnaire est mon client (moi entreprise 100 % privée).

    Supprimez le premier, et vous… faites mourir le second.

    La construction du rond-point « public » payé par de la dette… est réalisée par une entreprise 100 privée, qui elle-même paye le salaire de ses ouvriers, qui eux-même consomment etc.

    La « croissance du PIB » depuis 30 ans… fut un mirage (grosso modo). Un enrichissement volé.

    Nous allons donc tout naturellement REVENIR à ce que devrait être notre niveau de vie « normal ». L’étiage.

    Il ne s’agira donc pas d’une « baisse » (d’un niveau réel vers un niveau réel plus bas), mais simplement d’un « retour » (d’un niveau fictif vers un niveau réel).

    La sémantique est importante ici.

    Mais bien entendu les gens -dans leur majorité- le vivront très mal.

    C’est exactement pour cette raison que JAMAIS un politicien lambda n’a souhaité et ne souhaitera énoncer cette vérité, et s’en faire le porte parole.

    Donc rien à attendre du côté des « réformistes » (mot orwélien).

    La seule solution c’est de pousser le système à fond, pour qu’il explose. Ce que j’appelle la « contrainte ».
    Exemple : les taux sur les obligations d’état. A 2,50 % aujourd’hui pour le 10 ans.

    La dette pèse pour 47 milliards d’euros d’intérêt SUR UNE SEULE ANNEE, sur le budget de l’état…

    Il suffit d’imaginer si les taux passaient à 5 %…

    • « Je prends toujours cet exemple simple : le fonctionnaire est payé par de la dette… mais ce fonctionnaire est mon client (moi entreprise 100 % privée). »

      Exemple on ne peut plus mal choisi. Le fait est que le secteur public se nourrit du secteur privé. Faites mourir le secteur public est seuls quelques rares acteurs du privé en souffriront, la plupart en bénéficieront.

      Parlons des routes. Ce sont des entreprises privées qui créent et entretiennent les routes. Certes, via un partenariat avec le public. Mais si l’Etat se désengage, vous croyez que les routes vont arrêter d’être entretenues ou créées? Ces mêmes entreprises n’auront que des clients différents. Pour savoir quels seront ses clients, il faut se poser la question suivante : Qui a besoin de routes? Les municipalités, les vendeurs de véhicules, les vendeurs de carburant et une myriade d’autres acteurs.

      Ne vous en faites pas, si vous faites mourir le premier, le second saura en profiter.

      • Tout à fait. C’est une erreur d’analyse majeure de croire que l’hôte aurait besoin du parasite pour vivre alors que la réalité est exactement l’inverse. Que les entreprises qui vivent des dépenses publiques disparaissent est une bonne chose car leur existence se fait au détriment d’autres entreprises taxées à mort pour les financer.

        En outre, les dépenses publiques d’investissement pour la création et l’entretien des routes est un mauvais exemple, car elles représentent moins de 15 milliards par an, autoroutes comprises. C’est une goutte d’eau dans l’océan des 1200 milliards de dépenses publiques.

        Enfin, on peut constater qu’une bonne partie de ces 15 milliards correspond à des mauvais investissements, au mieux inutiles mais plus souvent contreproductifs quand il s’agit de construire des ronds points inutiles, des pistes cyclables, des voies de bus élargies, de multiplier les feux, les radars, les ralentisseurs, les zones « 30 », d’installer des portiques pour taxer les camions, de réduire les voies de circulation pour faire passer un tramway…

        • Vous m’avez mal compris. Il ne s’agit pas ici de déterminer qui est l’oeuf ou qui est la poule

          C’est même parfaitement dérisoire.

          Comme il est dérisoire de gloser sur les fameux « 15 milliards d’économies » promis (?) sur le budget 2014, qui ne sont en effet pas du tout à la hauteur des enjeux, et qui en plus seront totalement… fictifs (comme d’habitude).

          Je dis simplement qu’en coupant réellement (en nominal) et de manière massive les dépenses publiques, nous aurons une récession massive… un retour à notre niveau de vie « normal », l’étiage, correspondant à notre production.

          Mais c’est ce que j’appelle des mes voeux. C’est ce que j’appelle la contrainte.

          Audiard en parlait parfaitement (« Un idiot à Paris »): « Finie la ptite auto, finies les vacances au Crotoy, fini le tiercé ».

          http://tinyurl.com/oxbn7ym

          Retour sur Terre. Fin de l’hallucination collective. Tout le monde descend.

          Enfin, et plus largement, vous sous estimez la « soviétisation » de l’économie française.

          Dire que seuls quelques acteurs privés souffriront est une erreur.

          • « en coupant réellement (en nominal) et de manière massive les dépenses publiques, nous aurons une récession massive » : ce serait le cas si les dépenses supprimées n’étaient pas rendues sous forme de suppression d’impôts (Etat) ou de suppression de charges (sécu). L’argent libéré par la privatisation de pans entiers du secteur public sera immédiatement consommé et investi par le secteur privé, n’en doutez pas une seconde.

            Reste la dette accumulée. Celle-ci peut être valorisée grâce à l’excédent des comptes public. Sans nouvelle accumulation sous l’effet du déficit, la dette publique deviendra rare, permettant d’allonger sa maturité moyenne actuellement de 7 ans à, pourquoi pas, plus de 30 ans, à faibles taux. Le simple fait de présenter des comptes publics en excédent permet de diluer la charge de la dette. C’est ce qui se produit actuellement en Allemagne, qui bénéficie de taux LT faibles. Comme la croissance sera boostée par les privatisations, la dette stabilisée en valeur absolue mais réduite relativement au PIB deviendra rapidement insensible.

            Ces dernières années, l’Allemagne a réduit ses dépenses publiques. A-t-on vu son PIB s’effondrer ? Non ! C’est exactement le contraire qu’on a pu observer. Deux fois non d’ailleurs, car sur la même période, l’Allemagne a dû digérer la RDA en faillite.

            A notre tour !

      • Je comprends le souci de christophe. On dit que le socialisme est un parasite. Je souscris complètement à cette assertion. Néanmoins, passé un certain stade il arrive qu’un parasite comme le lierre fasse tenir l’arbre qui est complètement pourri. On retire le lierre, la majorité de l’arbre s’effondre. Le redémarrage, qui intervient nécessairement dans le cas de l’économie, se fait petit à petit, par des petites pouces saines. Mais il faut que l’arbre tombe, éliminer la pourriture. J’ai peur que ce soit un scénario possible pour l’économie francaise.

  • 1 point de PIB, c’est environ 20 milliards selon le PIB 2012. 1 point d’inflation, c’est 20 milliards également. Appeler à une réduction de 5 points de PIB en 5 ans, ce n’est pas faire un effort. Stabiliser les dépenses publiques par rapport à l’inflation n’est pas les réduire. Profiter de l’inflation est d’ailleurs ce qui peut être proposé pour libérer les jeunes générations des retraites par répartition, sans effort, sans douleur pour les retraités actuels.

    Avec 20 milliards, on est très loin du compte des 190 milliards de dettes supplémentaires annuelles, plus de 1 milliard supplémentaire chaque 2 jours, que l’Etat obèse affamé engloutit sur les marchés, pour couvrir le déficit courant cumulé à la cavalerie sur la dette passée.

    Se cantonner au levier de l’inflation pour corriger les déficits publics est une politique sans ambition qui ne peut qu’échouer, puisqu’elle ne s’attaque pas aux racines du mal rongeant le pays : le socialisme poussant continument à la collectivisation du pays. On sait que l’économie française est désormais sur une tendance de long terme nulle ou récessive : sans changement en profondeur au-delà de la seule inflation, la croissance, c’est fini !

    Jouer uniquement sur l’inflation est une proposition de l’UMP… Indécrottable UMP, engluée dans son socialisme honteux !

    • Merci pour vos contributions et regards sur ce texte.

      Malheureusement je pense que la crise de 2007 n’est pas terminée, la crise mondiale n’est pas terminée, les USA vont très mal, le japon va très mal, la croissance mondiale se ralentie, elle n’est que de 3% alors qu’elle devrait être à 5 ou 6%. Donc il y a un vrai ralentissement de l’économie mondiale, en même temps notre dette française continue à se développer de façon vertigineuse et pyramidale, nous sommes à 93% du PIB en ce moment et on va atteindre 100% l’année prochaine et de fait nous ne sommes en aucun cas sorti de la crise et al zone euro encore moins.

      A un moment ou un autre on va se rendre compte que la dette n’est pas remboursable et qu’il faudra un moratoire…un peu comme pour la Grèce. La crise est grande et elle va durer. Je souhaite avant tout avec cet article créer avec d’autres les conditions d’une prise de conscience. C’est en prenant conscience que les enjeux sont gigantesques qu’on arrivera à s’en sortir.

      La dette publique est avant toute chose la mesure de la lâcheté de la politique. C’est le fait qu’on repousse les problèmes à plus tard, mais cela ne durera pas, à 100% de la dette publique en France l’année prochaine on constatera durement que les problèmes sont loin d’d’être réglés. Des reformes vite, la fenêtre de tir est très petite.

      Jean-Luc Ginder

      • Ca fait longtemps qu’on est à plus de 100 % de dette/PIB avec les dettes hors bilan des retraites non provisionnées.

      • Merci pour votre réponse. Je partage entièrement votre conclusion : des réformes, vite !

        Comme vous, je suis convaincu que la crise n’est pas terminée, et pour cause, puisque cette crise est la crise terminale de la social-démocratie, énième avatar du socialisme, affectant à divers degrés l’ensemble des économies occidentales. Ceci dit, si nous en appelons aux réformes, c’est précisément pour éviter la catastrophe et parce que nous sommes convaincu que cette dernière n’est pas inéluctable. Sinon, à quoi bon ? Laissons l’obèse crever, et nous avec !

        Je crains qu’un moratoire sur la dette soit une mauvaise solution parce qu’elle nous ferait accepter le défaut comme pouvant être une option légitime, alors que c’est une option parfaitement immorale. Nous savons que, si les comptes publics sont en excédent, il est possible de maîtriser la dette stockée de telle sorte que le poids du service de la dette cumulé aux échéances de remboursement soit dilué dans le temps, contractuellement, sans léser les créanciers. Générer un excédent définitif des comptes publics (et pas seulement un excédent primaire) est nécessaire et suffisant pour que la dette passée ne soit plus un problème.

        Plutôt qu’un moratoire sur la dette, je préfèrerais un « moratoire sur la politique » et un « moratoire sur l’administration », ce qui signifie l’interdiction stricte de toute dette publique (y compris pour l’investissement public), avec peines de prison (type Madoff) et peines financières (type Kerviel) pour le moindre responsable public qui ne dégagerait pas un excédent sur son budget. Les faire payer lourdement, ruiner leurs familles et leurs héritiers, ajouté la certitude de finir leur vie en prison, devraient ramener la plupart des politiciens et des hauts fonctionnaires à la raison.

  • Quelqu’un pour relater la metaphore de la queue du chien ?

  • « On apprend à l’école que lorsqu’une zone économique [..] est en récession et quand, en plus, le moteur de la consommation et de l’investissement est en panne, la dernière chose à faire est de couper la dépense publique ».

    Dites-donc les admins de Contrepoints, vous relisez les articles avant de les publier ? Parce que ce genre de raisonnement ne s’apprend que dans une « école » et c’est l’école des socialo-collectivistes Keynesiens (aussi connue comme l’ENA).

    Honte à vous de publier ainsi les délires d’un soi-disant « économiste » à la solde de l’Etat-providence.

    …Effectivement, quand on lit la suite on se rend bien compte que les « mesurettes » proposées (par exemple pour les retraites), sont bien le fait d’un type qui à moins d’imagination que mon sèche-cheveux et qui est aussi libéral qu’une carte de rationnement.

  • Je comprends ce que dit Christophe.
    Pour l’instant, le deficit public est tellement gigantesque que reduire les depenses permettrait seulement de reduire le deficit, mais pas de diminuer les impots.
    Donc la diminution des depenses aura un effet recessif sans precedent!
    Accompagner cette diminution des depenses de quantites de liberalisation, de dereglementations pour liberer l’entreprenariat et l’initiative privee sera alors indispensable si l’on ne veut pas mourrir gueri. Sinon, je ne vois pas comment eviter l’asphyxie.
    Dites-moi svp si je fais une erreur de raisonnement.

    • Votre raisonnement est valable. J ‘y ajoute « Il est grand temps maintenant d’être sérieux et responsable : dire ce que l’on va faire, annoncer les effets produits année par année, indiquer la trajectoire de notre réduction des dépenses avec l’objectif simple de réduire la dépense de 5 points de PIB. C’est exactement ce que les Allemands ont instauré au début des années 2000 et leur dépense publique a été réduite de 5 points de PIB. Cela prouverait que la démarche est possible.

      Pourtant, 10 ans de vache maigre nous attendent. On ne pourra que réduire les surcoûts et les déficits accumulés, mais malheureusement en aucun cas on ne saura réduire la dette globale française qui elle, continuera d’augmenter. »

      • Je reviens sur un point qui me semble important, et qui demeure incompris.

        Attention à ne pas voir qu’un jeu de chaise musicales.

        Du style :
        -on coupe les dépenses publiques, donc les impôts baissent

        -donc les économies sont immédiatement récupérées et mise à profit (investissement et conso) par les acteurs privés -> la machine repart comme en 14.

        Dans le cas de la France… il y a deux facteurs qui viennent heurter ce raisonnement :

        -la dette déjà accumulée (pour ne parler que de la dette publique)… Rappel : une large partie de cette dette est détenue par les nationaux… Rappel bis : ces dettes sont… les actifs de beaucoup (assurance vie, collatéral pour d’autres actifs etc.)

        Donc défaut ? Si oui, vous tuez Madame Michu et son assurance vie qu’elle croyait en toute sécurité investie sur de l’obligataire souverain en béton (c’est du moins ce que lui avait expliqué son banquier)…

        Et je ne parle même pas des leviers totalement déments des banques françaises (qui sont gorgées de souverain foireux, France et europe du sud). -> faillite… recapitalisation ? Avec quoi ?

        -la soviétisation de l’économie française. Je sais le mot est fort, mais c’est pour frapper les esprits.
        Amusez vous à dénombrer le nombre de ménages, et in fine, d’individus, qui vivent directement (ou indirectement) de l’argent « public ».
        C’est proprement vertigineux.

        Penser que tous ces gens retrouveront (hop !) un emploi dans le privé, bien payé, une fois que le privé aura été libéré et le secteur public passé à la tondeuse… est une grosse erreur.

        En clair : je vous (Cavaignac) trouve trop optimiste.

        Et l’exemple historique de l’Allemagne qui a avalé la RDA… me semble profondément faux.

        -c’était il y a 20 ans… La situation macro est très différente aujourd’hui.

        -effet de base favorable : l’Allemagne ne partait pas avec un fardeau de 2000 milliards de dettes publiques… et n’avait pas un secteur public aussi démesuré que le secteur français en 2013

        -l’Allemagne… avait sa propre monnaie à l’époque (les parités pour l’Euro ont été fixées fin 1998).

        Bref, je suis profondément convaincu (et c’était le début de mon propos) qu’il n’y a pas de solution « technique » (les fameuses « réformes »), telles que vous les décrivez.

        Du style : un homme politique un peu courageux, un peu de lois Hartz, on secoue un peu le cocottier, et zou, le moteur France repartirait à tout vitesse.

        Ca aurait pu marcher… il y a 20 ans… C’était sans doute encore possible.

        Mais aujourd’hui ?

        • « Penser que tous ces gens retrouveront (hop !) un emploi dans le privé, bien payé, une fois que le privé aura été libéré et le secteur public passé à la tondeuse… est une grosse erreur. »

          Qu’est ce qui empêchera bon nombre d’entre eux de créer à leur tour des entreprises ?

          • Qu’est ce qui empêchera ?
            Rien en théorie. Mais en réalité, combien le feront ?
            N’oubliez pas que ceux qui profitent des aides et sont habotués à être assisté n’aiment pas prendre des risques et comptent sur l’état pour les faire vivre. Il faudrait un profond changement des mentalités afin de d’en finir avec cet esprit soviétique. Ce changement, s’il prend forme, prendra beaucoup de temps, à moins d’une thérapie de choc telle que celle infligée au peuple Chilien par Pinochet.

          • D’accord avec vous : on ne sort jamais des conséquences du communisme sur un claquement de doigt ou en serrant très fort ses poings, surtout qu’en fRance, ça fait 70 ans que ça dure.

    • Il faut quand même bien voir que la réduction des impôts en nombre et en taux ne signifie pas réduction en produit, sauf peut-être dans les premiers mois.
      Déjà, il y a un certain nombre d’impôts idéologiques, genre ISF, dont on sait qu’ils coûtent plus (en baisse des autres rentrées) qu’ils ne rapportent. Mais il y en aussi qui rapporteraient plus à des taux plus faibles, ou dont la suppression serait plus que compensée par du gain ailleurs.

      Enfin, il faut expliquer au peuple la différence entre PIB et PIB marchand, et admettre de charger la barque une bonne fois en coupant drastiquement dans les dépenses de l’état. Les milliards annoncés aujourd’hui sur les 34 plans d’avenir, ils seraient bien plus efficaces s’ils n’étaient ni prélevés ni redistribués.

  • Plutôt qu’un moratoire sur la dette, je préfèrerais un « moratoire sur la politique » et un « moratoire sur l’administration », ce qui signifie l’interdiction stricte de toute dette publique (y compris pour l’investissement public), avec peines de prison (type Madoff) et peines financières (type Kerviel) pour le moindre responsable public qui ne dégagerait pas un excédent sur son budget. Les faire payer lourdement, ruiner leurs familles et leurs héritiers, ajouté la certitude de finir leur vie en prison, devraient ramener la plupart des politiciens et des hauts fonctionnaires à la raison

    he @cavaignac vous rêvez . Tant que l’UMPS (ou Marine) sont là, aucune chance

  • J’aime beaucoup l’expression  » le degré de déficit négocie avec Bruxelles »

    En clair, ça veut dire que le gouvernement abdique tout idée d’honnêteté de la gestion des comptes publics et essaie d’obtenir une autorisation d’irresponsabilité de la part d’une autorité supérieure. Impressionnant.

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