Pologne : main basse de l’État sur les fonds de pension privés

Donald Tusk a décidé de nationaliser les fonds de pensions privés pour réduire la dette publique. C’est au transfert de fonds accumulés sur des comptes privés depuis 1999 vers les fonds de retraites publics que l’on va assister à une nationalisation de facto d’épargne privée pour financer le paiement des retraites actuelles.

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Pologne : main basse de l’État sur les fonds de pension privés

Publié le 7 septembre 2013
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Donald Tusk a décidé de nationaliser les fonds de pensions privés pour réduire la dette publique. Les fonds accumulés sur des comptes privés depuis 1999 seront transférés vers les fonds de retraites publics. Il s’agit de facto d’une nationalisation de l’épargne privée pour financer le paiement des retraites actuelles.

Par la rédaction de Contrepoints.

Donald Tusk et son ministre des Finances Jacek Rostowski ont pris la décision de nationaliser les fonds de pension privés connus sous le nom de OFE en Pologne (Otwarty Fundusz Emerytalny) en les transférant dans le fonds public ZUS, organisme d’État qui verse les pensions et retraites. Avec des ventes massives d’actions, l’indice des vingt valeurs vedettes de Warsaw Stock Exchange (WSE), la principale place boursière en Europe centrale, a chuté de 4,63% jeudi, après avoir déjà perdu 2,49% mercredi.

Début juillet, au moment de l’annonce de trois variantes de la réforme des OFE, Tusk avait déjà suscité beaucoup d’inquiétudes parmi ses adeptes qui pour la plupart, malgré tout, croyaient à une transformation en douceur du système de retraites. En définitive, c’est bien au transfert de fonds accumulés sur des comptes privés depuis 1999 vers le fonds de retraites publics que l’on va assister et donc à une nationalisation de facto d’épargne privée pour financer le paiement des retraites actuelles. Cela ne solutionne en rien les problèmes du système de retraite. Le ZUS est un puits sans fonds et les 270 milliards de złoty (65 milliards d’euros) en provenance des OFE ne feront que retarder la chute d’un organisme dont l’endettement est endémique.

En conférence de presse hier soir, le ministre des Finances a déclaré que le budget pour l’année prochaine prévoit déjà les changements dans les OFE, que le gouvernement planifie d’intégrer dans le courant de l’année 2014 c’est-à-dire le transfert de la partie obligataire entre le 1er et 2ème trimestre et le transfert des montants résultant de la décision par les épargnants (ou non décision car ceux-ci ont trois mois pour déclarer qu’ils souhaitent conserver leurs fonds en l’état) d’être totalement dépendants du ZUS qui « devrait survenir entre le 2ème et 3ème trimestre 2014 » selon Rostowski.

Le Ministre a également déclaré sa conviction que le transfert de la partie obligataire de l’OFE vers le ZUS est parfaitement constitutionnel. Il a souligné que des constitutionnalistes jugent que la construction du deuxième pilier (OFE) en 1999 était non constitutionnelle. « S’il [le transfert] devait passer devant le Tribunal constitutionnel, je prévois, en observant la situation au Parlement, que diverses plaintes peuvent apparaître, pas seulement sur notre proposition, mais également sur la construction initiale du système », a commenté Rostowski.

Rostowski a également dit que le flux d’investissement par l’OFE sur le marché des capitaux pouvait provoquer une baisse du prix des actions de certaines compagnies. D’où la réaction des marchés « assez surprenante » ce jeudi, a-t-il déclaré en faisant allusion à la baisse brutale de la bourse de Varsovie. Il a observé que la situation s’est stabilisée vendredi, ce qui prouve que certains investisseurs jugeaient ce marché « artificiellement gonflé ».

En réponse à la déclaration de l’ancien Premier ministre Jerzy Buzek et de l’ancien Vice-Premier ministre Jerzy Hausner qui jugent que les propositions du gouvernement n’assurent pas une amélioration durable de l’état des finances publiques, ni la sécurité économique des assurés, Tusk a déclaré qu’ils croient que les OFE ont un impact important et positif  sur l’économie principalement par le soutien au marché des capitaux.

« Mais Rostowski et moi-même, ainsi que le gouvernement avons une autre manière de voir les choses » a déclaré Tusk. Il a ajouté que le marché des capitaux ne devrait pas être soutenu par l’argent des contribuables. « Comme nous jugeons également que les fonds de retraite ne devraient pas être soumis aux risques boursiers. Si quelqu’un souhaite jouer en bourse, si quelqu’un souhaite assurer son avenir, par exemple sa vie de retraité, en bourse, il devrait le faire à son propre compte. C’est ce que nous pensons et c’est la raison de la liberté de choix », a souligné le chef du gouvernement.

Beaucoup d’observateurs sont convaincus que peu de gens prendront l’initiative de déclarer leur choix de conserver leurs fonds dans les organismes de pension privés.

Cette expropriation des retraites privées est loin d’être une première historique. Ainsi, les retraites accumulées par capitalisation furent utilisées par le régime de Vichy et le Maréchal Pétain pour lancer la répartition. Plus récemment, le gouvernement de centre-droit hongrois a nationalisé des actifs de retraites pour équilibrer le budget après les élections d’avril 2010. Si les citoyens avaient en théorie la liberté de rester fidèles aux caisses privées, l’État hongrois avait pris des mesures faisant en sorte que ceux qui optaient pour ce choix perdraient dans les faits tous leurs droits à la retraite d’État et en plus devraient continuer à verser des cotisations au système public.


Lire aussi : Le « libéral » Tusk, le plus cher premier ministre de l’histoire en Pologne

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  • Expérience en forme d’avertissement sans frais à ceux qui croient possible de faire cohabiter répartition et capitalisation. La répartition étant par nature parasitaire (socialiste), elle finira tôt ou tard par phagocyter la capitalisation jusqu’au dernier centime épargné.

    Il n’existe aucune alternative crédible à la suppression et à l’interdiction définitives de la répartition pour assainir la gestion des retraites et en sauver le principe même.

    • Tusk… Et dire qu’on le trouvait plutôt libéral. Putain, le salaud.

      @Cavaignac:

      Indiquez moi comment gérer la transition instantanée d’un régime de répartition à un régime de capitalisation sans dire à toute la population qui n’a pas eu la chance de capitaliser, le système actuel étant ce qu’il est, qu’elle aille se faire mettre, et si vous avez une proposition crédible, je vous suis immédiatement.

      Mais, probablement, vous n’en avez pas (et ne me dites pas « le chili », parce que malheureusement, nous ne partons pas avec des conditions de départ vraiment identiques), car il faut trouver à peu près 12% du PIB de recettes supplémentaires pour financer la transition, pdt la durée d’extinction des droits des retraités actuels. Où ?

      Si vous n’avez pas de réponse à cette question, alors vous conviendrez que pendant la période de transition (chiffrée par Lane-garello entre 25 et 71 ans selon hypothèses. Disons 50 pour couper la poire en 2), les deux systèmes devront cohabiter.

      Et donc le risque de confiscation est réel. (on peut aussi imaginer une confiscation par l’inflation, moins visible mais tout aussi dommageable).

      Le seul moyen est de concilier une réforme de la répartition vers un système à « cotisations définies », qui ne peut être structurellement en déficit, basé sur un compte notionnel de point en premier pilier, de mettre en place conjointement une vrai capi en second pilier, et ensuite, de réduire d’1/50ème le taux d’abondement du 1er pilier chaque année (je simplifie) pour arriver à 100% capi en 50 ans. Là, on réduit le risque de vol des fonds de pension pour financer la retraite par répartition, puisque celle ci ne promet pas une prestation mais au contraire que ce qui sort ne pourra excéder ce qui rentre.

      Problèmes:

      – Le risque d’un Pétain-Tusk sera toujours présent. Il se dit que l’entourage d’Obama voudrait confisquer les comptes 401K des épargnants US pour étendre la « social security » de base par répartition.

      – Une réforme à 50 ans n’intéresse pas le genre de politicards que nous avons.

      – Tout miser sur la capi quand Bernanke et ses amis peuvent déclencher une inflation de folie pour boucher les trous des états n’est pas rassurant.

      Voilà pourquoi on ne peut que faire cohabiter deux systèmes, en rénovant la répartition pour la rendre structurellement in-déficitable, et déclencher la transition que si des garanties à la fois constitutionnelles très fortes, et un retour à un système monétaire sérieux (étalon or) permet de sécuriser la capitalisation dans le temps.

      • « on ne peut que faire cohabiter deux systèmes » : jusqu’à la spoliation de la capitalisation pour « sauver » la répartition. Sacrée arnaque ! En vérité, Ponzi et Madoff s’en sentirait presque insultés !

        « un système à « cotisations définies », qui ne peut être structurellement en déficit » : vous rêvez éveillé. Un système ne peut être structurellement équilibré que s’il est volontaire. Quelles que soient les corrections désespérées, la répartition fera inexorablement faillite… parce qu’on n’en veut pas.

        « Indiquez moi comment. » En résumé :
        – interdiction légale de la répartition pour les « primo-cotisants » et entrée dans la capitalisation des plus jeunes génération après génération
        – possibilité d’abandonner la répartition pour les cotisants du système par répartition qui en feraient la demande, quitte à leur verser une indemnité partielle et dégressive à titre de dédommagement pour la spoliation passée
        – poursuite de la répartition résiduelle jusqu’à son extinction
        – maintien d’un équivalent du FSV pour les derniers cas marginaux exclus à la fois de la répartition et de la capitalisation

        Où trouver le financement ? En détachant l’évolution des pensions de la croissance et/ou de l’inflation. Ici, il est faux de parler de confiscation car la répartition n’ouvre aucun droit réel, contrairement à la capitalisation fondée sur la propriété privée. En effet, si vous avez « droit à » la répartition en cotisant, vous n’avez aucun droit sur le montant de votre future pension avant de l’avoir liquidée, encore moins de droit sur son pouvoir d’achat après l’avoir liquidée. Dès à présent, les gouvernements agissent sur le pouvoir d’achat des pensionnés actuels et futurs par le truchement de la fiscalité et des « paramètres » de la répartition. Il s’agit donc d’utiliser exactement la même méthode, non plus pour sauver temporairement le monstre parasitaire, gâchis économique et moral, mais pour libérer les futurs retraités du drame de la répartition.

        Le gel des pensions présentes et à venir, ainsi que l’interdiction d’inclure des cotisants supplémentaires dans le système, permettra d’éliminer le poids économique de la répartition en douceur, lentement, progressivement, en 2 ou 3 décennies, peut-être 4, voire 5 comme vous l’anticipez de manière pessimiste.

        « Tout miser sur la capi quand Bernanke et ses amis peuvent déclencher une inflation de folie » : là, vous inversez la réalité du risque. Ce sont les pensionnés de la répartition qui seront immédiatement ruinés si l’inflation est déchaînée par les apprentis sorciers centraux. Au contraire, la capitalisation est par construction suffisamment souple pour « aspirer » n’importe quel niveau d’inflation dans son rendement propre de long terme, comme on peut l’observer pour les actions, l’immobilier…

        Conclusion : il ne s’agit pas de rompre brutalement avec le système de répartition en lui-même mais d’interdire son principe légal appliqué aveuglément. Autrement dit, il faut mettre l’économie en cure de désintoxication du socialisme.

        •  » possibilité d’abandonner la répartition pour les cotisants du système par répartition qui en feraient la demande, quitte à leur verser une indemnité partielle et dégressive à titre de dédommagement pour la spoliation passée »

          C’est +/- le système de transition Chilien. Les cotisants actuels reçoivent un « voucher » de l’état qui compense la « non-capitalisation » des gens trop près de la sortie ?

          Je ne demanderais pas mieux, mais ou trouvez vous l’argent pour le financer ? Nous avons déjà vendu nos bijoux de famille (moins de 100 Mds de participations « liquides » privatisables au bilan de l’état), notre endettement est déjà « skyrocketing » (emprunter ?), notre pression fiscale est au taquet.

          Bien sûr, on peut décréter une baisse de 12% d’autres dépenses publiques pour abonder le fonds de transition pendant quelques années…. Juste préciser lesquelles….

          « Quelles que soient les corrections désespérées, la répartition fera inexorablement faillite… parce qu’on n’en veut pas. »

          Ce sont les régimes à prestation définie qui font faillite (y compris les fonds de pension US gérés selon ce principe), les régimes à cotisation définie, par définition, ne le font pas, puisque la « sortie » est calculée en fonction des « entrées ». Relire l’ouvrage de Madelin « qd les autruches prendront leur retraite » pour les détails.

          Je voudrais sincèrement que vous ayiez raison, mais vous ne répondez pas de façon crédible au problème de la transition, que Philippe Simonnot décrit d’ailleurs fort bien dans l’article sur Vichy.

          « Quelles que soient les corrections désespérées, la répartition fera inexorablement faillite… parce qu’on n’en veut pas. »

          Nous sommes assez minoritaires sur ce point… En fait, l’immense majorité des gens « normaux » qui ne passent pas leur vie sur contrepoints ne comprennent pas les enjeux. Et je ne crois pas que nous ayons le temps d’éduquer tout le monde.

          Alors pour faire changer le système, il faudra ruser et user de compromis. Une position dogmatique ne répondant pas aux préoccupations de l’immense majorité de ceux qui n’ont pas étudié le problème ni lu les bons auteurs n’a aucune chance de franchir les obstacles politiques qui se dresseront devant la réforme.

          • « Nous sommes assez minoritaires sur ce point » : possible, encore que ça reste à prouver puisque n’avons aucune latitude ni d’action ni d’expression, mais nous sommes certainement plus nombreux en terme de financement. A observer les exils extérieur et intérieur de très nombreux jeunes cotisants, il est évident que lorsque la « majorité de financement » ne souhaite plus payer, même si cette majorité est réduite au silence, la faillite n’est plus loin.

            « franchir les obstacles politiques » : bien d’accord avec vous. Encore faudrait-il déjà que la proposition soit portée par un courant politique, même minoritaire, pour qu’elle soit confrontée à des « obstacles ».

            « ou trouvez vous l’argent pour le financer ? » : la croissance en valeur du PIB, ou même simplement l’inflation, non reportée sur les pensions de la répartition durant quelques années finance amplement les sorties des jeunes générations de la capitalisation. Très schématiquement, si les retraites représentent 300 milliards, le déficit lié à une génération ne cotisant plus à la répartition est de 300/42 pour 42 tranches d’âge d’activité, soit environ 7 milliards. Les retraites désindexées de seulement 2,33% de croissance nominale du PIB représente une économie de 7 milliards.

            Bref, on peut basculer vers la capitalisation, génération après génération, sans jamais toucher aux pensions de la répartition telle qu’elles sont aujourd’hui : personne n’est agressé, personne n’est mis à la rue, les zacquis sont garantis à vie… Il est même possible d’augmenter légèrement la répartition de la différence si le PIB nominal est supérieur à 2,33% : il ne s’agit que d’une désindexation partielle. On peut ainsi attendre que la répartition disparaisse, faute de combattants.

            Si, par ailleurs, les budgets publics sont à l’équilibre ou excédentaires, il sera possible d’accélérer le mouvement de disparition. Et pourquoi pas d’ailleurs, car les effets vertueux de l’épargne nouvelle de la capitalisation ne manqueront d’avoir un effet de revitalisation du PIB, par un classique effet de levier. La capitalisation est vertueuse pour tout le monde, retraités comme actifs, l’exact contraire de la répartition, vicieuse pour tous.

          • Bien sûr, il restera à financer les « derniers des mohicans », lorsque la répartition ne disposera plus d’aucun cotisant. Mais à ce moment là, les 300 milliards de l’exemple ci-dessus, même régulièrement revalorisés hors le financement de la capitalisation, ne représenteront plus qu’une part minime du PIB, quelques %, et pourront aisément être couverts par un emprunt public limité, dégressif jusqu’à être insignifiant, étalé sur les dernières années d’expiration de la répartition, remboursé au-delà même des derniers versements de la répartition.

            Ainsi, globalement, les cotisants de la capitalisation n’auront pas à payer la charge insensée de la répartition telle qu’elle est supportée aujourd’hui, en plus de leur effort de capitalisation. Leur contribution à la répartition, sous forme d’impôt, sera reportée à terme et finalement marginalisée dans les dépenses publiques.

  • Et hop. Et on brûle les meubles pour se chauffer…

  • Es-ce une nouvelle « chypriotisation » de l’épargne?Moi qui croyais que la Pologne avait un système de retraite à contributions définies à la Suédoise ,c’est a dire on fait avec ce qu’on a décider de consacrer aux retraites..Es-ce qui attend bientôt les Chiliens avec le probable retour au pouvoir de la socialiste Bachelet?J’en ai bien peur !

  • « Le gel des pensions présentes et à venir, ainsi que l’interdiction d’inclure des cotisants supplémentaires dans le système, permettra d’éliminer le poids économique de la répartition en douceur, lentement, progressivement, en 2 ou 3 décennies, peut-être 4, voire 5 comme vous l’anticipez de manière pessimiste. »
    Il me semble que mathématiquement il n’existe aucune méthode pour organiser la bascule d’une répartition vers la capitalisation sans un lourd effort (effort insoutenable ?) pour les jeunes générations.
    En effet, le paiement des retraites par répartition impose un grand nombre de cotisants. L’amorcage d’une capitalisation, même en réduisant progressivement la répartition, est une pression sur les plus jeunes.
    À titre personnel, je proposerai pour la France un système mixte par tranche d’âge. De 50 à 60 ans, les personnes seraient en répartition. Sous 50 ans, elles seraient sur un système mixte par paliers jusqu’à 20 ans. Ainsi, une part irait en répartition et le reste serait laissé au travailleur pour un placement de son choix. En dessous de 20, il n’y aurait plus de cotisation retraite obligatoire. Pour limiter le déficite de la répartition, il n’y aurait plus d’age de départ à la retraite obligatoire. Ainsi, ceux qui le veulent selon leurs particularités financières pourraient travailler jusqu’à 70 ans s’ils le voulaient ou en auraient un besoin vital.
    Cette bascule serait longue et de toute façon déficitaire. On peut jouer sur tous les paramètres, c’est incontournable. Le système ne peut être en équilibre qu’à la mort du dernier ayant droit par répartition (dont il faudra faire payer sa retraite par ceux qui sont à 100% en capitalisation.).

    • « Il me semble que mathématiquement il n’existe aucune méthode pour organiser la bascule d’une répartition vers la capitalisation sans un lourd effort pour les jeunes générations »

      C’est exact, et pas que pour les « jeunes », les quadra, quinqua aussi sont concernés. Dans l’article sur Pétain lié, écrit par Philippe Simonnot, l’auteur évoque ce problème, vers la fin.

      D’ou, comme vous le dites, la solution généralement retenue d’organiser cette transition sur une période longue. Le Chili est une exception: lorsque la transition a été opérée, les hommes prenaient leur retraite à 65 ans et mouraient à 68. En outre, Allende avait tellement nationalisé qu’il y avait pas mal de « bijoux de famille » à vendre. Le double financement a donc pu être assuré à cout modéré par une taxe complémentaire sur les salaires dont je ne me rappelle plus le taux, mais pas dramatique. Quelques pourcent.

      En France, malheureusement, le nombre de retraites à servir est tel, et sur une telle durée, qu’ un double financement « quasi indolore » est un rêve. D’ou une proposition « philosophiquement impure » mais pragmatique pour tenter d’avancer quand même.

    • « Il me semble que mathématiquement il n’existe aucune méthode pour organiser la bascule d’une répartition vers la capitalisation sans un lourd effort pour les jeunes générations »
      Je ne suis pas d’accord. La méthode existe, c’est de rétablir la vérité, ce qui signifie :
      dire aux vieux et futur vieux que dans un système par répartition les prestations s’aligne sur les cotisations, et pas le contraire. Et que donc quand on leur a promis X euros de pension, ce n’est pas des « euros », mais des « euros de pensions »… dévalués. Dévalués de combien ? 50 % à la louche.
      Par ailleurs il faut établi la capitalisation, mais ça, ce n’est pas un effort : ça ne vous appauvrit pas, ça vous enrichi même un peu.

  • Cette nationalisation est non seulement scandaleuse sur le plan éthique et politique (le rappel de Vichy l’atteste à suffisance), mais surtout une ineptie sur le plan économique : les régimes par répartition ont atteint leurs limites et engendrent une tension sociale entre les générations; ils doivent être complétés (sinon remplacés) par les régimes par capitalisation. C’est une question de bon sens. Merci à Contrepoints pour cet article qui nous rappelle – si besoin est – la dangerosité du colbertisme, ce constructivisme économique… phb

  • Ils sont sympas les liberaux-conservateur Polonais ;-))

    cela donne envie…. non ?

    je dis cela… mais c’est notoire que je n’y connais rien…

    source wiki
    … PO est un parti politique polonais de type libéral-conservateur, démocrate-chrétien et pro-européen, généralement situé au centre-droit.
    Idéologie ==> Centre-droit + Démocratie chrétienne,néolibéralisme, europhilie
    Affiliation internationale ==> Internationale démocrate centriste
    Affiliation européenne ==> Parti populaire européen

    • @Cap 2006 : Cela pose effectivement question.

      Genre « un parti libéral est il condamné à trahir ses idéaux, ses promesses, son peuple, une fois au pouvoir » ? Le système démocratique, et son penchant démagogique, condamne-t-il un dirigeant libéral à de telles abominations ?

      Notez que les autres partis le font tout le temps et sans se poser de question, mais nous voudrions faire de la politique différemment.

      Questions philosophiques que je laisse pour un autre jour.

  • Et comme d’habitude, on écrit n’importe quoi sur Jules Ferry. Mais pourquoi faudrait-il avoir un minimum de culture historique, je vous le demande ?

  • « La méthode existe, c’est de rétablir la vérité, ce qui signifie :
    dire aux vieux et futur vieux que dans un système par répartition les prestations s’aligne sur les cotisations, et pas le contraire. Et que donc quand on leur a promis X euros de pension, ce n’est pas des « euros », mais des « euros de pensions »… dévalués. Dévalués de combien ? 50 % à la louche. »
    Votre présentation est pure théorie. Dans le monde réel, cela ne marche pas.
    Les retraités et futurs retraités établissent leurs anticipations sur un revenu stable et garanti (c’est deux données peuvent être absurdes économiquement mais ce sont celles qui existent.). Et du jour au lendemain, vous allez leur annoncer « seul sont stables les cotisations ». Humour!
    Procéder de la sorte va les ruiner or, il y a un petit détail : ils ne peuvent reprendre un emploi pour se refaire. C’est la particularité des retraités, leur situation est irréversible. Même avec la solidarité familiale.
    Que l’on soit contre ou pour la répartition n’est même pas un sujet ici puisque ces gens ont été forcés d’être dans un système. Ils n’ont pas eu le choix. Considérant cela, je pense qu’il est absurde de vouloir changer les règles du jour au lendemain pour cette population.

    « Par ailleurs il faut établi la capitalisation, mais ça, ce n’est pas un effort : ça ne vous appauvrit pas, ça vous enrichi même un peu. »
    Si, si. Passer à la capitalisation sera un effort car jusqu’au décès du dernier bénéficiaire de la retraite par répartition, ceux qui capitalisent devront continuer d’abonder à la retraite des derniers « repartitionnés ». Il y aura enrichissement mais Répartition également.
    Mais peut-être allez-vous répondre que non. On verse ce qui entre. Que se passe-t-il quand le dernier cotisant par répartition prend sa retraite ? Comme il n’y a plus que des capitalisants derrière lui, qui va lui payer sa retraite ? Il faudra bien un impôt, une taxe.

    • « C’est la particularité des retraités, leur situation est irréversible. » Ce n’est pas tout à fait exact. Nombreux sont les retraités actifs jusqu’à ce que leur état physique leur interdise effectivement d’occuper un emploi, bien après leur départ à la retraite.

      Mais par ailleurs, on sait que le travail n’est pas l’emploi. Ainsi, investir son capital est travailler, souvent bien plus qu’en emploi. C’est ici qu’on voit la différence majeure entre la capitalisation et la répartition pour les retraités : le capital. Travailler son capital reste possible même à un âge avancé, même avec des facultés physiques réduites, sans compter que l’effort intellectuel nécessaire les maintiendra longtemps en bonne santé mentale, plus efficacement que les mots croisés ou le loto. Eh oui, le capitalisme a aussi des vertus thérapeutiques !

    • 3ils ne peuvent reprendre un emploi pour se refaire. C’est la particularité des retraités, leur situation est irréversible.3
      Euh… allez faire un petit tour aux US.

  • Euh je suis en Pologne et j’ai cette part de retraite capitalisee. Cette retraite capitalisee est geree par des societes privees (on a le choix de decider a quel fond de gestion on la confie).
    Ce qui se passe c’est que l’etat a decide de devenir le gestionnaire de cette retraite capitalisee, pas de la saisir (encore heureux).
    Donc elle existe toujours, mais elle revient dans le giron de l’etat qui devient gestionnaire unique. Je crois que l’etat fait ca pour ameliorer le bilan de la branche retraite, en ayant ces actifs en portefeuille a gerer, ce qui leur permet d’emprunter a meilleur compte.
    Mais jusqu’a preuve du contraire cette retraite capitalisee est toujours la.
    Si elle avait disparu dans la repartition il y aurait eu du grabuge dans la rue.

  • on doit dire : main basse de l’État sur la « gestion » des fonds de pension privés. et pas main basse de l’État sur les fonds de pension privés.

    article racoleur, qui fait tres mal son travail journalistique….mais existe t´il encore des journalistes ?

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